Réligions et Spiritualités

De nombreux blogueurs ont souhaité que l’on parle davantage de la réligion et de la spiritualité qui sont les socles sur lesquels reposent toutes les recettes mystiques qu’ils ont l’occasion de découvrir ou expérimenter.

Certains,par scrupule ou peu informés sur la licéité de quelques recettes,ont éprouvé le désir d’en référer à la Chari’a avant toute application et avoir un avis fiable et sûr.

D’autres,autant intéressés par les recettes que par la spiritualité,voudraient pouvoir obtenir des réponses à leur questionnements et expériences spirituelles.

Avec enthousiasme il leur est dédié une rubrique distincte des « recettes mystiques ».

Elle est ouverte à tous,sans distinction de réligion,pour échanger sur les expériences spirituelles,les différents dogmes réligieux et les aspects du mysticisme dans toutes les réligions.

C’est un espace d’échange et de partage dans un esprit mutuel de comprendre la foi et les expériences de « l’autre »,celui qui pratique une réligion différente de son frère,appréhender les sources d’autres vies mystiques.

Bien que distincts,ésotérisme (recettes et formules mystiques) et mysticisme(contemplation divine) ont des points communs,source de moult confusions.

Beaucoup de blogueurs le devinent sans pouvoir se l’expliquer et,au lieu d’entretiens et échanges individuels par mail,il est utile que nous partageions nos connaissances.

De nombreux autres qui évoluent individuellement cherchent des mots à leurs maux,demandent de l’aide et un accompagnement,des explications à ce qu’ils ne comprennent pas ou plus.

Certains autres doutent de leur évolution spirituelle,se posent mille et une questions dont les réponses les apaiseraient. On redoute ce qu’on ne connaît pas…

Pour la cohérence des posts et exposés,nous souhaitons évoluer par thèmes choisis par les blogueurs,après des thèmes généraux qui seront abordés cette semaine.

Toute remarque ou suggestion bienvenue.

Davidoffolle

 

LE COEUR,ORGANE SPIRITUEL

Le coeur,organe biologique,est le lieu de toutes les manifestations spirituelles,ce qui lui confère une fonction spirituelle.
Cette fonction ne peut s’exercer tant qu’il est  » noirci » par les impuretés et le péché,
C’est un miroir qu’il faut polir par le jeûne,les privations,qu’il faut débarrasser de ce qui l’obscurcit,le péché,l’attachement aux biens matériels,la non observance des principes religieux.
En effet,chaque faute ou péché laisse une marque sur le coeur et à la longue l’obscurcit comme il est dit dans le Coran,Sourate 83,verset 14 « Non,non! Ce qu’ils s’acquièrent rouille leurs cœurs ».
Les expériences spirituelles ne commencent qu’avec cette purification du coeur.

La profondeur des marques et tâches laissées sur le coeur spirituel sont fonction du nombre et de la nature des péchés,mineur ou majeur.
C’est pour prévenir cet obscurcissement total qu’il faut pratiquer régulièrement l’Istighfâr.
Ces marques peuvent être ôtées oû effacées par des actes spirituels déterminés en fonction du péché qui les ont values,et le zikr est le moyen le plus rapide et le plus certain,même si dans certains cas la faute demeure.

Les zikrs connus pour agir sur toutes les formes de péché et les marques qu’ils laissent sur le coeur sont :
La salat alà nabi
Lâ ilâha illallah
Istighfar
Hayou Qayoum

Les actes pieux connus pour polir le coeur sont :
Le jeûne
L’aumône
La retraite spirituelle
Les prières nocturnes

LE COEUR,BARZACH

De par ses fonctions organiques et spirituelles,le coeur est un  » barzach « ,un intermonde entre le corps( fonction biologique) et l’âme( fonction spirituelle).

Il tient une position centrale qui lui permet d’être en contact avec le réel( le corps et la vie),le sensible(zâhir) et le non sensible (bâtin)
D’où un autre sens du verset 20 de la Sourate Le Miséricordieux verset 20 :
» Il a donné libre cours aux deux mers pour qu’elles se rencontrent,comme il y a entre les deux un intermonde,elles ne se mélangent pas ».
La première « mer » désigne le monde sensible et la seconde le monde spirituel.
Le coeur joue le rôle d’intermonde où les deux sources communiquent.

Lorsque ce canal de communication entre le ciel et la terre qu’est le coeur est fermé (Le Coran dit  » apposer un sceau sur le coeur »),le fidèle est éloigné de Dieu et de toute piété!

Il devient sourd à tout rappel,tout prêche et s’ouvre aux lumières trompeuses du Monde au détriment de sa foi et de son salut.

Cela ne survient qu’en cas d’obscurcissement total du coeur par le nombre inqualifiable de péchés et de turpitudes sans repentir.

Ici se situe l’importance de l’Istighfâr. En effet tant que le fidèle,conscient de sa faute, demande pardon au Seigneur pour ses péchés,il ne connaîtra jamais cet état fatal pour sa foi car le coeur,même marqué conserve la capacité de se pôlir par le pardon.

Le but ultime de tous nos actes de dévotion,d’adoration et de piété est d’abord de maintenir cette communication ouverte,ensuite l’entretenir pour en retirer tout ce qui pourrait la boucher (péchés,actes d’impiété,mauvaise vie…) enfin l’élargir pour recevoir le maximum d’informations spirituelles.

L’élargir consiste à la « vider » de tout élément parasite qui pourrait corrompre ou perturber la communication. Ces éléments parasites peuvent être généraux (les marques laissées par les interdits réligieux) ou particulières à chaque individu (désir inconsidéré du Monde, quête effrenée de biens matériels…etc).

Lorsque ce canal de communication qu’est le coeur devient propre et libre de tout désir matériel et même humain,il est apte à recevoir les théophanies et illuminations divines sans aucun intermédiaire.

Toute l’aventure mystique revient à ce travail d’orfèvre qu’est pôlir le miroir du coeur afin que la communication soit complète et totale. La méthode nous est donnée : le respect scrupuleux des principes réligieux,l’ascèse et la bonté.

A chacun est transmis ce qui peut passer par son canal de communication.

Le rôle d’Ibliss est d’encombrer au maximum votre canal de communication jusqu’à la fermer totalement. Comment ? par le péché et et l’impiété qui laissent de grandes marques et parasites dans le coeur. Le combat consiste,à défaut d’éviter les péchés et leur marque,à « nettoyer » au plus vite chaque trace laissée par une faute,soit par une bonne action,soit par le jeûne,soit par l’istighfâr! Ne jamais laisser les fautes s’accumuler mais récurer régulièrement le canal de communication pour éviter qu’il se bouche totalement!

 

LES NOMS DIVINS DITS « ASMAOUL IDRISSIYA » OU « ASMAOUL ‘IZÂM »

Ce générique regroupe une série de 41 invocations commençant toutes par des « asmaoul housnâ »

exemple 1 : yâ hamîdal fi’âli zal manni ‘alâ jamî-i khalqihi biloutfihi  : HAMÎD

exemple 2 :yâ rahima koulli sarîkhin wa makroubin wa ‘iyâssahou wa ma’âzahou : RAHIM

exemple 3 :yâ qayoûmou falâ yafoutou chayioun mine hifzihi wa la yaoudouhou QAYOUM

 

On ne peut aborder ces noms sans évoquer leur source et leur origine ni présenter l’ordre mystique qui nous l’a transmis :

LA CHATTÂRIYA

Formation de l’ordre mystique Chattâriya

La Chattâriya est apparue en Inde au début du XVe siècle,fondée par Abd Allah Chattârî(mort en 1485). Originaire de la région de Boukhara,il migra en Inde orientale pour s’installer. Déjà rattaché à la ‘Ichqiya et à la Suhrawardiya,deux ordres soufis,il était contrarié par l’essor de la Naqchbandiya en Asie Centrale.

C’est ainsi qu’il prétendit posséder une voie meilleure à toutes les autres,la Chattâriya, de « chattâr »,mystique qui s’est séparé du monde. Son ordre s’implanta du Bengale au Gudjarat grâce à deux disciples connus,Cheick Mouhamad ‘Alâ Qâzîn et Zuhûr Bâbâ Hâmid(mort en 1524).

Deux disciples du Bengali Zuhûr Bâbâ Hâmid,Cheick Phûl(mort en 1539) et son jeune frère Mouhamad Ghawth(1500-1562) contribuèrent à la célébrité de l’ordre après la mort d’Abd Allah Chattârî dans le Malwâ(ouest de l’inde).

La confrérie fut célèbre dans dans le sous continent indien jusqu’à la fin du XVIIIe siècle puis sombra dans l’obscurité.

De tous ses disciples,celui qui nous intéresse est :

MOUHAMAD GHAWTH (1500-1562)

Etabli à Gwalior(ville de l’Inde),Mouhamad Ghawth entreprit une retraite spirituelle sur l’ordre de son Maître.

C’est ainsi qu’il s’installa sur une montagne dite « citadelle de Jîtar »,près de Chunar dans la vallée du Gange.

Il y est resté pendant 13 ans sans contact avec aucun humain et personne ne peut dire de quoi il s’est nourri toutes ces années sans ravitaillement.

Sujet de multiples expériences et illuminations spirituelles après toutes ces années et détenteur de beaucoup de secrets mystiques et ésotériques, c’est Mouhamad Ghawth qui est descendu de la montagne avec les Asmaoul idrissiya comme il l’explique lui même dans son plus célèbre ouvrage « Jawâhîr Khamsa »,écrit en Arabe en 1522 puis réédité en Persan en 1549.

Redoutable et redouté depuis lors,auteur de nombreux prodiges grâce aux pouvoirs de ces fameux noms,certains actes frôlant la magie,des Ulémas,à tort ou à raison,émirent contre lui une Fatwa de mort pour hérésie!

Il faut dire que,grâce à lui ou à cause de lui,de nombreuses dynasties se créèrent et furent défaites dans la région.

Il dut fuir Gudjarat un moment,fatwa de mort sur le dos,et put y revenir sous le règne de Akbar(1556-1605) qui le réhabilita et lui permit de s’établir à Gwalior où il mourut et fut enterré en 1562.

Sa tombe demeure aujourd’hui encore un centre de pélérinage.

(Bibliographie :Les Voies d’Allah ,popovic et Veinstein;La Chattâriyya,Marc Gaborieau;Gûzlâril Abrâr,Mouhamad Ghawth)

Expansion de l’ordre hors de l’Inde

Grâce à un relais établi en Arabie dans les Lieux saints de l’Islam, la chattâriyya continua à jouer un rôle important dans le monde.

A la fin du XVIe siècle,un chattâri du Gudjurat,Sibghat Allah Ibn Rûh Allah(mort à Médine en 1606),élève de Wâdjîh al Din,le disciple de Mouhamad Ghawth introduisit la Chattâriyya et y popularisa les livres de Mouhamad Ghawth. Son oeuvre y fut continuée par une lignée de disciples, dont un très connu Ahmad Chinnawî(mort en 1609),qui recevaient des étudiants de diverses régions du monde.

C’est ainsi que le recueil des « asmaoul idrissiya » de Mouhamad Ghawth fut connue dans le monde arabe musulman.

Dans cette carrière hors de l’Inde,la Chattâriyya conserve une réputation d’ésotérisme et de pouvoirs magiques qui font encore recette. Le « jawâhir alKhamsa » de Mouhamad Ghawth est toujours imprimée dans le monde arabe jusqu’au Maroc.

 

QU’EST CE QUE DONC CES FAMEUX NOMS REVELES PAR MOUHAMAD GHAWTH?

Il faut savoir que,avant Mouhamad Ghawth,aucun ouvrage ancien ne traite des « asmaoul idrissiyya ». Seul le « Jawâhir Khams » codifie la méthode et la pratique de leur utilisation.

La version qui est imprimée et sur le marché,celle de Mouhamad Bin Bayazîd al’Athâr,est une version expurgée et résumée de la version complète,celle de Ahmad Channawî,introuvable.(j’en ai une copie consultable.Pour la petite histoire,cette copie provient d’un original volé à la bibliothèque d’Alexandrie par un des gardiens et vendu à un touriste qui m’a permis de le reproduire en 1991.Il y a prescription depuis longtemps.)

PARTICULARITE DES NOMS:

Ces séries de 41 Noms dits « idrissiyâ » sont des formules en langue arabe mais des formules qui s’affranchissent de toute règle de construction grammaticale et qu’il n’est pas permis de corriger ni rectifier.

Règles de lecture

En effet,bien que comportant des fautes évidentes de langage,ces invocations sont à réciter à la lettre,sous peine d’effets inverses,contraires ou autres que ceux souhaités.

Exemple 1

yâ hamidal fî’âli zal man-ni ‘alâ jamî-i khalqihi biloutfihi (1ere lecture)

yâ hamidal fa’âli zal man-ni ‘alâ jamî-i khalqihi biloutfihi (2e lecture)

vous remarquez que dans la 1ere lecture on pronnonce « fi’âli » et dans la 2e « fa’âli »,nuance verbale. Selon que vous choisissez l’un ou l’autre vous devenez riche ou misérable au point de manquer même du strict minimum et toute personne que vous fréquentez subit la même chose!

Exemple 2

yâ mouzilla koulla jabârin ‘anîdin biqahri ‘azîzi soultânihi (1ere lecture)

yâ mouzilla koulla jabârin ‘anîdin biqahrin ‘azîzin soultânouhou (2e lecture)

vous remarquez dans la 1ere lecture « qahri ‘azîzi soultânihi » et dans la 2e « qahrin ‘azîzin soultânouhou » soit Kasra et tanwin. Selon la lecture que vous choisissez vous n’aurez pas les mêmes résultats ni les mêmes effets,souvent contre vous mêmes.

Règles d’utilisation

Contrairement à toutes les invocations ou zikrs,il est absolument interdit d’interrompre le zikr d’aucun de ces noms une fois que l’on s’y met,même en cas de maladie. C’est un engagement à vie sous peine des pires réprésailles et calamités immédiates et les initiés le savent mieux que quiconque!!!

Ensuite,les invocations sont à faire à heures fixes et immuables. Si vous choisissez la première fois de les faire le matin ou la nuit,à telle ou telle heure,vous y êtes tenus toute votre vie!

En effet il est dit que les rawhânes des noms invoqués viennent assister à votre zikr et une fois présents à l’heure fixée sans que vous soyez en zikr,ils vous jettent des sorts ou vous souhaitent le pire,ce qui vous arribe i-né-luc-ta-ble-ment!!! Selon le nom utilisé,le délai de réprésailles varie de la journée même à trois mois sans que vous n’y compreniez rien!

A cet égard,et au vu de certaines pratiques possibles avec ces noms,des plus diaboliques aux plus étranges,certaines du kufr à l’état pur(voir « jawâhir khams),ou en relation avec des esprits supérieurs puissants et dangereux,certains Docteurs de la Loi ont décrété l’emploi de ces noms « haram » et les ont rangé dans l’hérésie.

 

En effet les asmaoul idrissiyâ constituent la 3e partie du « jawâhir khams » originel et ce chapitre s’intitule « Evocation des Esprits par la Récitation des Noms Divins ». Cela constitua un des arguments de l’accusation d’hérésie et la Fatwa demandant la mise à mort de son auteur,Mouhamad Ghawth.

Délai de réponse des « asmaoul idrissiyâ »

Ce ne sont pas des invocations de l’urgence. Les rawhânes attachés à chacun des noms ne sont assujetis qu’après plusieurs années de pratique,en fonction du nom évoqué, si l’on se limite à des chiffres réduits de zikr journalier tel 360 fois,commun à la plupart de ces noms.

Il est possible de réduire ou raccourcir ce temps,selon la méthode de zikr choisie,certaines demandant une bonne connaissance de l’astrologie sinon on y laisse la vie. Toutes ces méthodes sont commentées dans le « Jawâhir Khams »,ouvrage de référence. Cependant il est capital d’en recevoir l’enseignement d’un Maître car tout ce qui est écrit n’est pas ce qui est ni ce qui se fait.

 

PAROLES  A MÉDITER:

Le développement d’une science la rend utile,accessible et agréable pour l’auditeur intelligent car sa raison peut saisir cette science indépendamment en réfléchissant.

Mais les science mystiques et ésotériques ne sont pas ainsi. Quand elles sont développées,elles s’altèrent,leur sens s’obscurcit,la raison les rejette car elle dépasse leur perception et ne peut les atteindre. Celui qui apprécie la science mystique quand elle est exposée et explicitée à une disposition et une intuition certaines pour elles. Mais ceci à condition que le coeur en soit convaincu et véritablement sûr. La raison n’y a aucune place à moins que cette science ne soit transmise par un être infaillible : dans ce cas le coeur de l’homme intelligent est rassuré. Les paroles d’un être faillible ne peuvent s’apprécier que par un initié expérimenté.

Si vous écoutez un individu qui parle de mystique en vous appuyant sur votre raison et votre compréhension,vous suivez votre compréhension et non la science qu’il vous délivre.

Non! Il faut les écouter le coeur vide,sans pré-acquis ni préjugé pour profiter de leur science et comprendre leurs paroles. Celui qui les approche,qu’il voie ce qu’ils lui apportent,prenne ce qu’il peut emporter et leur laisse ce qu’il ne peut supporter,ils en sont plus dignes que lui. Mais qu’il ne le transporte pas chez autre que ces mystiques,les conséquences néfastes se retourneraient contre lui. ( c’est en cela qu’il faut comprendre la raison de ne pas divulguer ces connaissances aux non initiés).

LA MÉDITATION (FIKR):

Ceux qui s’adonnent à la méditation méditent soit sur les Attributs de Dieu soit sur ses Actes car on ne peut méditer sur l’Essence Divine. Non seulement cela est défendu mais Dieu lui-même nous met en garde contre cela!

Ceux qui pratiquent la méditation sont  » voilés  » de même que ceux qui s’adonnent au zikr. Mais celui qui se contente de reproduire le zikr n’est pas voilé vis-à-vis de Celui qu’il invoque par son zikr.

Les Noms qui te rapprochent de Dieu sont les mêmes qui t’en éloignent car on ne se rapproche du Seigneur qu’en se conformant à son Ordre. Ses Noms sont ses voiles. Au delà il y a tes noms.

De même qu’il ne vient à toi que voilé par ses Noms,tu ne vas à lui que par les tiens. Telle est la quête des mystiques.

 

La prière de celui qui est en état d’extrême nécessité est exaucée ( Sourate Les Fourmis,verset 62),qu’il soit croyant ou impie. C’est la preuve que la proximité la plus grande est atteinte par tes noms et non par les Siens. On peut se rapprocher de Dieu par nos noms de n’importe qu’elle manière tandis que seul un croyant peut se rapprocher de Lui par Ses Noms à lui.

Le disciple qui fréquente ses contraires est en régression sur la voie. S’il fréquente ses semblables il est en distraction. S’il reste seul,il se retrouve dans la perplexité. S’il se tourne vers son Seigneur il demeure dans les voiles. S’il fréquente son Cheick,les portes lui sont ouvertes,les moyens lui sont facilités et Dieu se manifeste à lui par le Nom « Al Wahâb »(celui qui donne sans compter).

Hors du Maître point de salut,dès lors que l’on a choisi le voyage vers Dieu…

 

 

Dieu nous dit : »Et vers lui vous retournerez » dans de multiples textes du Coran. Efforcez vous de connaître le chemin par lequel vous êtes venus à l’existence car c’est par le même chemin qu’il faudra retourner à Lui.

Si vous connaissez le chemin avant le grand voyage de retour( la mort), vous serez homme d’intimité,vous y serez familiers,donc sans crainte car habitués à le parcourir. Sinon vous serez homme de solitude,terrifié,sans repères,égaré sans secours pour vous retrouver loin,très loin de votre destination…en Enfer! Dieu nous en éloigne…

 

ENSEIGNEMENT ET DISCIPLE:

La véritable intention,l’objectif réel d’un enseignement spirituel est de conduire à la transformation de l’Etre et non de lui proposer un nouveau système de croyance particulier.

Même si cela peut s’accompagner d’un code moral et de règles spéciales,ce n’est pas l’intention première.

La recherche de la Vérité et de la conformité à la volonté de Dieu sont cependant d’un niveau intérieur si subtil qu’un chemin précis doit être emprunté avec l’aide d’un Guide. Quelle que soit la stature spirituelle du Maître,il faut toujours des recommandations et instructions précises pouvant aider les disciples à se transformer.

Les méthodes,les techniques et les formulations peuvent être différentes mais elles concernent toutes un changement de niveau,d’état d’Etre et de conscience.

C’est à ce niveau de transformation cruciale de l’âme à l’esprit que se situe l’ascèse,passage difficile qui nécessite l’assistance d’un Maître spirituel pour conduire le disciple au-delà de son individualité limitée,des difficultés propres à ses connaissances,ses pré-acquis et son niveau psychique.

La difficulté vient du disciple lui-même,de tout ce qu’il a étudié ou acquis pour vérité,à ses certitudes et son aveuglement.

Si le chemin est difficile à emprunter,il est encore plus difficile à trouver ou identifier. Mis à part le souci de trouver le vrai guide,trouver le chemin requiert une quête sincère,ardente et persévérante du disciple qui,même avec l’appui d’un guide spirituel devra expérimenter lui-même ses propres tâtonnements.

Etre disciple demande donc une certaine qualification qui se développera et s’approfondira au cours de l’initiation intérieure. En effet,la compréhension est difficilement assimilée et changeante au départ.

Il faut un long processus de purification pour être en mesure d’intégrer peu à peu les vérités essentielles de l’enseignement. Le temps joue donc son rôle dans la quête mystique et il faut impérativement en tenir compte.

Pour passer d’un état d’être à un autre,il faut dépasser et traverser nombre d’obstacles et de pièges de la même façon qu’un navigateur doit affronter la mer,les vagues,le vent,les tempêtes,tous les éléments qui rendent la traversée périlleuse.

Dans toutes les traditions vivantes,on retrouve l’importance du Maitre spirituel,du Guide qui instruit,enseigne et oriente les élèves selon leur itinéraire personnel.

En effet,il est très difficile de concevoir un enseignement spirituel sans la présence vivante d’un Maitre qui l’incarne à la fois par sa présence,sa parole et ses instructions précises.

Le disciple étant limité par ses propres connaissances,logiques ou cartésiennes,n’est pas suffisamment outillé pour déchiffrer ou comprendre le symbolisme des enseignements car,d’un état d’être à un autre les règles sont différentes et la logique du Monde Réel n’est pas celle du Monde Spirituel.

Pour celui qui a toujours appris et su que « 1+1=2 », comment lui faire admettre et accepter ensuite que « 2=1 » si un Maître ne lui dévoile pas tout le mécanisme qui conduit à l’égalité « 2=1″ ? Parler de mécanisme sous-entend  » procédé « , »étape » de démonstration. L’on comprend ainsi que l’initiation spirituelle procède par étapes,de niveau à niveau.

 

NAISSANCE DE LA PENSÉE MUSULMANE,LE QALAM:

Les deux grandes crises qui ébranlèrent l’Islam à ses débuts furent celle du Califat,la plus importante,et celle causée par le contact des fidèles musulmans avec les civilisations étrangères. En effet,après la rencontre des armes il y eut celle des idées. Les musulmans ont vite compris que la soumission des peuples ne pouvait plus se faire par la seule force matérielle car une plus grande force se présentait,celle de la pensée.

L’Islam avait besoin alors d’un corps de doctrines pour défendre ses dogmes.

1- Le problème du Califat

Ce problème se présenta très épineux au départ et donna naissance à trois sectes qui,loin de limiter le différend au seul champ politique,l’étendirent jusqu’aux considérations religieuses et morales.

La première secte fut celle des Khawârij qui rejetèrent catégoriquement l’arbitrage entre l’Imam Ali et Mu’âwiya et posèrent le principe de la libre élection du Calife parmi les musulmans,sans tenir compte ni de sa tribu ni de ses liens de parenté avec Rassoul ( sas ). Ils établirent ensuite et surtout que le Calife,une fois élu,ne pourra plus quitter le pouvoir ni avoir recours aucun arbitrage.Il sera destitué dans le seul cas où il n’aura pas observé fidèlement la Loi de Dieu.

En résumé le choix du Calife est démocratique puisque c’est le peuple qui choisit. D’après leurs principes donc,les califâts d’Abu Bakr et de ‘Omar sont légitimes. Celui de ‘Osman l’est tant qu’il s’est conformé à la loi;dès qu’il a commencé à destituer les gouverneurs et désigner ses propres parents à leur place il devint infidèle et il eut fallu alors le destituer.

De même,Ali était le chef légitime des croyants puisqu’il fut choisi à l’unanimité et non à cause de ses liens avec Rassoul (sas); mais il devint infidèle en acceptant l’arbitrage avec Mu’âwiya. Et,logiques avec eux-mêmes,les Khawârij,après avoir condamné Ali et Mu’âwiya comme infidèles,se choisirent un chef! Cette attitude des Khawârij,politique à ses débuts,ne tarda pas à se doubler de considérations théologique et morale,ce qui conduisit à la séparer en vingt fractions différentes.

 

La deuxième secte fut celle des Chi’a ( les chiites ) qui étaient partisans d’une théocratie. Mouhamad (sas) ayant été élu Prophète par Dieu et non par les croyants,il appartient à ses héritiers légitimes d’être à la tête de la communauté des fidèles. Il y avait deux héritiers légitimes,’Abbas et Ali,chacun ayant ses partisans.

La lutte s’engagea entre les deux factions comme elle s’engagea aussi entre eux et les partisans de Mu’âwiya,le gouverneur de Syrie,qui devint Calife mais que les chi’ites regardent comme un usurpateur du pouvoir.

Khawârij et chi’ites devinrent les ennemis de Muâwiya et de ses partisans,les Umayyades,qu’ils taxaient d’infidélité. Cependant,les Murji’a,qui forment la troisième secte,soutinrent que Khawârij,chi’ites et Umayyades sont tous des fidèles,et que si certains d’entre eux se sont induits en erreur et dautres non,c’est à Dieu qu’il revient de déterminer le fautif et non aux fidèles. ils appuient leur thèse sur l’argument suivant: tous les sectaires croient en Dieu et son prophète,ils ne sont donc pas des infidèles( kâfir). Et comme c’est Dieu qui connaît le fond des cœurs,nous devons nous remettre par conséquent à son jugement.

Le premier noyau des Murji’a comprenait d’abord quelques fidèles qui n’ont pas voulu participer aux luttes qui détruisaient les musulmans à la fin du califât de ‘Osman. Ils se regroupèrent ensuite en secte pour répondre aux Khawârij et aux chi’ites. On les regarde comme un groupe « d’isolés » qui ont préféré rester à l’écart et ne pas se prononcer sur tel calife ou tel fidèle.

Le principe de la situation intermédiaire

Telle fut la position de chacune des sectes envers les différents califes. Chacune de ces sectes formaient une véritable école dont les maîtres et disciples cherchaient des arguments pour appuyer leurs thèses.

Al Hassan al Basri présidait une réunion d’argumentation un jour où on lui demanda :

 » Vous,homme versé dans les sciences de la religion,vous savez que de nos jours certaines gens traitent d’infidèles ceux qui ont commis un grand péché car ils soutiennent que par suite de ce péché on a quitté la communauté des croyants. Ces gens sont les Khawârij. Par contre d’autres,les Murji’a,affirment que le grand péché ne peut nuire si on a la foi et que les actes extérieurs qu’accomplit l’homme ne font pas partie intégrante de la foi. Qu’en pensez vous? »

A sa place répondit un de ses élèves:  » Je ne dis pas que celui qui a commis un grand péché est absolument croyant ni absolument infidèle mais je soutiens qu’il est dans une situation intermédiaire,ni croyant ni infidèle ». L’élève,Wâsil ben ‘Ata s’eloigna ensuite d’eux,suivi dautres disciples. Al Hassan dit alors : » Wâsil se sépare de nous.il est devenu scissionniste ( mu’utazila) ».

La question qui a été posée à Al Hassan visait incontestablement les deux parties qui ont pris part à la bataille du Jamal et de Siffin ( Ali et Mu’âwiya).

Ainsi,avec Wâsil naissait une nouvelle secte,celle des Mu’utazila. Cette secte édifiera tout un système philosophique dans lequel la Raison occupe une place primordiale.

Ce furent les premiers penseurs de l’Islam,à l’origine du Qalam,philosophie religieuse islamique.

 

2-Le problème du déterminisme et du libre arbitre

A la fin des guerres de conquête et d’expansion,le tassement des luttes intestines, le deuxième grand problème après celui du Califât,qui préoccupa les musulmans, épineux lui aussi ,fut celui du déterminisme et du libre arbitre.

La question devait inéluctablement se poser aux conquérants qui avaient pénétré des territoires déjà influencés par la philosophie grecque,le christianisme ou le manichéisme,tels la Syrie,l’Irak et la Perse. Il est évident que la position des musulmans ne pouvait être nette sur le sujet.                                                                                      En effet,si des chrétiens,des juifs et des persans embrassaient la nouvelle religion,ils gardaient quand même leurs anciennes convictions sur beaucoup de sujets non résolus en Islam,parmi lesquels précisément le problème du déterminisme et du libre arbitre. Bien plus,ces nouveaux convertis exercèrent une influence considérable sur les musulmans qui se heurtaient pour la première fois à des systèmes philosophiques bien établis alors qu’eux cherchaient à en établir un. C’est ainsi que des chrétiens convertis à l’Islam propagèrent autour d’eux la croyance au libre arbitre alors que c’est plutôt la croyance à la prédestination qui prévalait déjà en Islam à cette époque.

Ce premier courant d’idées soutenant le libre arbitre était représenté,en Islam,par Ma’bad alJohni et Ghaylân alDimishqî,tous deux disciples d’un chrétien de l’Irak,nommé Susan,converti à l’Islam qu’il renia ensuite pour retourner au christianisme. Ma’abad frequentait le groupe d’alHassan alBasri et comptait déjà plusieurs adeptes à Basra. Wâsil avait donc connu Ma’abad puisque le principe du libre arbitre s’est formé autour d’alHassan. Quant à Ghaylân,fils d’un affranchi du Calife Osman,il vivait à Damas. Excellent orateur et très éloquent,il fut un défenseur très zélé du libre arbitre,il eut les mains et les pieds coupés sur ordre du calife Umayyades Hishâm ben Abdel Malik.

Les défenseurs du libre arbitre sont appelés les Qadariyya,le verbe qadara signifiant le pouvoir qu’à l’homme de produire ses propres actes et d’en être responsable.

Wâsil ben ‘Ata sera donc le continuateur de Ma’abad alJohni et le principal défenseur du libre arbitre à Basra. Il aura à combattre un autre courant,opposé et aussi puissant,celui du déterminisme dont le principal représentant est alors alJahm ben Safwân,un affranchi de Khorâssan qui vécut à Koufa.

Les déterministes sont appelés les Jabriyya,de l’arabe majbour qui signifie déterminé. Ils soutiennent que l’homme n’est point libre mais que Dieu lui a prescrit certains actes qu’il doit nécessairement exécuter. Les actes de l’homme sont donc aussi déterminés que les mouvements de son corps et ceux des corps bruts qui obéissent aux lois immuables de la physique.  » De même,disent-ils,que nous disons que l’arbre produit des fruits,que la pierre tombe,que l’eau coule,que le soleil se lève,ainsi nous disons: un tel a obéi,tel autre a désobéi alors qu’en réalité les deux séries d’actes sont absolument identiques,c’est à dire déterminés « .

Il faut reconnaître que les versets du Coran sur lesquels pouvaient s’appuyer les partisans du déterminisme sont nombreux. Ainsi ces versets  » Allah a mis un sceau sur leurs coeur et leurs oreilles et un voile recouvre leurs yeux. A eux est réservé un grand châtiment. »  » Nous avons envoyé à chaque peuple un apôtre leur dire « Servez Allah et rejetez Thâgout. Parmi eux il en fut qu’Allah dirigea et parmi eux il en fut que l’erreur entraîna ».  » Celui contre qui a été prononcé la parole du châtiment,peux-tu le délivrer du feu? ».  » Mais mon avis ne vous serait d’aucune utilité; si je désirais vous aviser et qu’Allah veuille vous égarer. Il est votre seigneur et c’est à Lui que vous retournerez ».

 

Parler de la philosophie islamique nous ayant conduit à aborder des positions litigieuses sur le déterminisme et le libre arbitre chez les Qadariya et les Jabriya,il est important de donner la position de la Sunna sur les deux concepts.

Soulignons d’emblée que croire à la prédestination est un principe fondamental de la foi. La nier c’est rejeter la religion.

Bien que de nombreux versets coraniques valident chacun des deux courants,il est évident pour nous que la vérité se situe à un autre niveau. De tous les commandements de la Loi,nous avons des directives,des commentaires ou des explications tirées du Coran ou de la Sunna. Sauf les sujets qui touchent au déterminisme ou au libre arbitre. On nous demande d’y croire,sans plus. Ce n’est pas que Dieu et son Prophète(sas) s’y refusent mais parce que tout commentaire ou explication est au-dessus de l’entendement et la compréhension humaines. S’y aventurer c’est s’égarer certainement et absolument.

Le Messager lui-même (sas) de son vivant avait interdit d’en discuter et personne n’en discuta jamais pendant sa vie et après sa mort,ni calife ni compagnon.

Il est plus sage pour nous de les suivre et considérer toutes ces polémiques comme vaines car les partisans du libre arbitre ont été excommuniés par les quatre Imams sunnites…

 

MAITRE ET DISCIPLE:

Il n’est pas de méthode unique ni figée pour la direction du disciple. Certains sont aptes à l’adoration pure,à la pratique des œuvres formelles et à suivre la voie des justes; d’autres sont prédisposés et faits pour la Proximité Divine, suivre la voie des Rapprochés des êtres  » désirés  » par Dieu grâce à la nature de la relation de leur coeur avec Dieu et avec les autres en conformité avec la Sunna.

Chacune des deux voies,celle des Justes et des Rapprochés a ses débuts et ses étapes finales. Il s’agit de semer la graine dans la terre qui lui convient.

Le Maitre régit les êtres intimes de ses disciples. Il connaît parfaitement chaque individu et ce qui lui convient. Toute personne qui avance sur le chemin,désirant que le Guide le mène où il  pense ou croit accéder fait preuve de mauvaise disposition et n’aboutira jamais nulle part.

A chacun est donné en fonction de ses dispositions selon la volonté de Dieu et le Maitre est soumis à cette même volonté car il vous dirige selon le plan de Dieu et non de lui-même.

Les relations Maitre-disciple sont particulières et n’obéissent pas à une logique rationnelle. Tantôt cordiales et franches,tantôt distantes et froides sans explication précise. C’est votre propre nature qui crée ces états et le remède se trouve dans ces réactions. Le Maitre est dans son rôle et vous n’imaginez pas un seul instant la difficulté de la tâche: vous préparer à affronter le voyage vers la Vérité…

Le Maitre et le disciple se choisissent-ils ? Tout est prédéterminé. Chaque ruisseau ou cours d’eau grossit toujours en un même fleuve qui se jette dans le même océan. L’alchimie qui réalise cela est de l’ordre de Dieu.

Tel Maître a la seule faculté de te montrer le chemin sans pouvoir t’accompagner. Tel autre pourra te conduire jusqu’à la porte du Royaume et ne pourra faire plus. Un autre aura la capacité de te conduire jusqu’au Roi. De nombreux walis se sont entendus répondre par celui qu’il pensait pouvoir leur favoriser l’illumination spirituelle:  » c’est un Tel le vrai Maître qui te la donnera. Il est dans telle ville ». Certains se sont vus guider vers un Maitre par istikhar alors qu’ils ne le connaissaient pas…et ce Maître les attendait !

Dans tous les cas,si vous êtes sincères,remettez-vous en à votre Seigneur et demandez qu’il vous guide à lui. Une voie vous sera ouverte par sa Toute-Puissance.

Je ne le répéterai jamais assez, n’empruntez pas seul une voie dont vous ne connaissez pas le début,encore moins la longueur ni oú elle vous fera aboutir. Vous mangerez du pain de l’amertume et boirez l’eau du désespoir. Que d’épines et de ronces…livrés à vous mêmes,sans boussole ni repère. Que de montagnes froides et plaines désertes,que de souffrance et de douleur…

Et si jamais vous accédez un jour à la fin du voyage,la surprise est immense et vous rendra plus perplexe car vous n’y avez pas été préparés et ne possédez aucun code de déchiffrement. Le risque de mécréance est certain et peut vous être spirituellement fatal.

Seigneur,fais nous voir les choses comme elles sont et non comme elles nous apparaissent!

Seigneur,nous avons pour tout bien notre foi,ne nous la reprend pas,Seigneur,ce dépôt nous te le confions car tu es meilleur Gardien!

Seigneur pardonne aux plus faibles de notre communauté et ne nous juge pas selon la Loi ni la Justice mais selon l’immensité de ta misericorde. Nous attestons que le Messager (sas) a accompli sa mission,c’est nous qui avons failli…par ignorance! misericorde…miséricorde !

 

NE NOUS FIONS PAS AUX APPARENCES

Au Maroc vivait un homme connu pour sa vie ascétique,pieux et scrupuleux. il vivait de la pêche,se nourrissant d’une partie de sa pêche et faisant aumône de tout le reste. Ce cheick avait de nombreux disciples attirés par son mode de vie.

Un de ses fidèles voulut entreprendre un bref déplacement vers un autre pays de la région et s’en ouvrit au Maître qui lui dit :  » Quand tu y seras,porte mon salut à mon frère,un tel,et demande lui de me faire des bénédictions car c’est un des walis de Dieu ».

Voici ce que le disciple raconte:

 » J’entrepris mon voyage. L’on me conduisit jusqu’à la porte du wali dont m’avait parlé le Maître. Sa maison me parut celle d’un roi et j’en fus très surpris! Quand je demandai à le rencontrer,l’on me répondit qu’il était avec le Roi en son palais,ce qui me troubla encore plus! Après une attente d’une heure environ,il apparut dans des habits luxueux et un véhicule qui ne conviennent qu’à un roi. Mon trouble augmenta. Profondément déçu,j’allais renoncer à le rencontrer et me dit que je ne pouvais désobéir à mon maître.

On me fit entrer et je vis un grand nombre de serviteurs et un luxe insolent. Je m’adressai au maitre des lieux : « Ton frère,un tel,te transmet ses salutations ».                                                                                     Il me dit: » tu viens de chez lui? » Je répondis oui.                                                                                                   Il reprit :  » Lorsque tu retourneras,dis lui ceci : Jusqu’à quand désireras-tu les biens de ce monde? Jusqu’à quand t’intéresseras-tu au monde? Quand finiras donc ta recherche des biens? ».                           Ces mots me troublèrent plus que tout ce que j’avais observé.

Lorsque je retournai au Maroc auprès de mon maître,il voulut savoir si j’avais pu rencontrer le wali. Je répondis oui.  » Que t’as-t’il dit pour moi ? ». Je répondis « rien ».                                                                          Il me dit : » impossible! Tu vas me dire ce qu’il t’a dit ». C’est ainsi que je lui répétai tout ce que le wali m’avait confié.

Le maître pleura longtemps et me dit:  » mon frère t’a dit la vérité. Lui,Dieu a purifié son cœur du Monde mais le lui a offert.Quant à moi,il me l’a arraché mais l’a conservé dans mon coeur ».

 

 

LA SUNNA ET LA SCIENCE DU HADITH,UNE DES SOURCES DE LA LOI ISLAMIQUE

La sunna,autre source de la loi,regroupe l’excellent comportement du Prophète (sas),indiqué par la parole,l’action,le silence de l’Envoyé de Dieu (sas). Elle trace pour le croyant la meilleure voie à suivre.

Dieu nous dit : » wa mâ yantiqou ‘anil hawâ ,il ne parle  pas sous l’emprise de passion »,Sourate Najm,verset 3. Par conséquent,ses actes et propos religieux sont sous le privilège de l’infaillibilité et inspirés par Dieu.

Bien que Dieu n’ait rien omis dans le Livre ( sourate Les Bestiaux,verset 38), qui,mieux que son Messager (sas),pouvait nous commenter et expliciter le Coran,détailler,préciser et confirmer les commandements de Dieu et sa volonté ?

Beaucoup de prescriptions divines et obligations sont inscrites dans le Livre mais les détails et exécutions sont donnés  et développés par celui qui les a transmis,Rassoul ( sas) lui-même. C’est ainsi que sa Sunna devient une autre source de la Loi,et,pour certains,a la même valeur légale que le Coran,donc opposable à tous les croyants.

Temoins de sa vie,les Compagnons ( sahâba) sont les mieux qualifiés,avec les Suivants ( tâbi’oûna),à un moindre niveau,pour rapporter ses paroles et ses actes. Cette première génération qui a survécu au Prophète (sas) près de 40 ans est censée avoir consciencieusement observé sa conduite. Les adeptes des Suivants s’appliqueront ensuite à recenser,consigner et communiquer tout ce qu’ils pouvaient ou pensaient savoir de sa vie et ses faits et gestes.

La Sunna « authentique  » est,à l’origine,la coutume pratiquée sous les yeux du Prophète (sas),avec son accord exprimé ou tacite et soigneusement enregistré par eux. Une somme énorme d’écrits et de notes diverses et variées ainsi réunie va préciser,expliquer et compléter le Coran.

PREMIERE FORME DE LA SUNNA : LE HADITH

Dès le 1er siècle de l’hégire,la Sunna prend la forme du hadith,témoignage ou récit rapportant une décision attribuée à Mohamed(sas),la certification ( hudjat) d’une pratique quelconque ou sa confirmation.

un hadith se divise en deux parties : d’abord une chaîne ( silsilat) de personnes autorisées qui atteste que la transmission ( riwâya ) du récit s’est faite successivement de l’un à l’autre,en remontant du dernier râwî jusqu’au premier transmetteur qui l’a reçu d’un Compagnon : c’est l’isnâd,garant de l’intégrité et de la véracité du hadith.

exemple :  » un Tel nous a dit,d’après un Tel qui l’a reçu d’un Tel,lequel l’avait entendu d’un Tel que ». Suit ensuite le texte du témoignage.C’est de cette formule type que naîtra un nouvel instrument législatif. Dès lors,en effet que l’on tient pour correct tout acte,toute parole ou tout jugement qui peut être justifié par une tradition rattachée à un Compagnon,lequel,témoin oculaire ou auditif d’un comportement du Prophète (sas) ,l’aura transmis comme sa volonté,la Sunna devient le moyen le mieux indiqué d’expliquer les prescriptions coraniques,une source absolue pour la science du Livre,l’établissement et le développement du dogme et des normes juridiques.

On ira ainsi parfois loin,très loin pour rechercher les hadiths. Le premier risque,vu la facilité de formulation d’un hadith( silsilat,isnâd et riwâya) fut de collecter des récits falsifiés. En effet,les hadiths vont servir d’arme de combat dans les rivalités politiques. Les Omeyyades,les ‘Abbassides et les chi’ites vont l’utiliser dans leurs polémiques et chaque secte,chaque école avait ses hadiths.

L’invention de hadiths  » politiques » commence dès la moitié du 2ème siècle de l’hégire et des voix s’élevèrent contre les hadiths dont l’isnad est incomplet ou douteux. L’imam Châfi’i ( ra) est le premier des fondateurs d’école juridique qui opta catégoriquement pour leur rejet alors que l’on retrouvait des hadiths d’isnâd incomplet dans le  » Mouwatta » de l’imam Malick ( ra ). La méthodologie de tri des hadiths n’existait pas encore et c’est la rédaction des grands recueils du IIIe siècle qui permettra à la critique scientifique d’apparaître dans ses traits essentiels.

A partir du  IIIe siècle de l’hégire,le grand souci est de trier lès hadiths authentiques des faux. L’effort fut énorme mais l’islam,longtemps menacé par des idéologies diverses,s’acheminait enfin vers un apaisement des doctrines et prendre sa forme traditionnelle des quatre écoles juridiques Sunnites. La science du hadith jouera un grand rôle dans cette stabilisation.

LA SCIENCE DU HADITH:

La partie essentielle de la science nouvelle,la science du hadith,est la critique de la chaîne des transmissions(silsilat). L’isnâd,qui est « une des prérogatives de la religion « , a des synonymes divers qui soulignent son importance,tels  » jambes du hadith », » frein et rênes  » et va être l’objet de l’examen le plus minutieux. Le  » matn « ,le texte effectif du hadith sera moins sollicité.

L’examen qui décide de la prise en compte du hadith ( i’tibâr) porte d’abord sur le mérite des personnages de la chaîne de transmission.

L’information ( khabar) du transmetteur est considérée comme un témoignage et soumise au mêmes règles que le témoignage en islam,tant en ce qui concerne la capacité (ahlîya) du témoin que la réception ( tahammul) du texte et sa fixation par l’audition ( sama’) ou l’écriture ( kitâbat).

La qualité de l’isnâd dépend donc de l’honorabilité (‘adl), la bonne réputation,laquelle donne lieu à une constatation de sincérité ( tazkia) ou à un reproche (djarh), autrement dit une approbation ( ta’dil) ou un désaveu ( tadjrih).

La connaissance (ma’rifa) des  » hommes du hadith » conduit au classement des principaux transmetteurs en catégories successives ou séries ( tabakât) et en  » autorités fortes ou faibles ». La régularité et la continuité de la transmission, la circonstance qu’un autre transmetteur originel a rapporté le même hadith,ou qu’un deuxième hadith vient confirmer,même sous une forme différente,le texte de la première,confère à l’ensemble une valeur intrinsèque essentielle.

Les tares ( ‘illa) du hadith,dont la dénonciation ( ta’llîl) ou diagnostic altère la qualité,se retrouvent donc le plus souvent dans l’isnâd qui est dit : relâché ( moursal) lorsque dans la chaîne un Suivant( tâbi’oûn) a omis le Compagnon qui le rattache au Prophète (sas), ou lorsqu’on établit que deux transmetteurs annoncés comme successifs ne se sont jamais rencontrés ! Le HADITH peut être aussi interpolé ( moudradj), interverti ( maklûb), interrompu ( mounkata’) ou discontinu ( mou’allak).

Le vice peut aussi provenir du texte. Par exemple,le hadith est anormal ( shâdhdh) en ce sens que son premier transmetteur est en contradiction avec tous les autres; il est isolé ( fard),vacillant ( mouztarab) par ses textes discordants,enfin,interpolé dans le texte. La pire des tares est la fabrication de toutes pièces du récit,que l’on fait précéder d’un isnâd correct. On a alors un hadith présumé ( mawdou’). Les hadiths peuvent être contradictoires ( moukhtalaf). Il faut alors les concilier ( jam’) en examinant les arguments qui militent en faveur de tel texte plutôt que tel autre. On aborde alors la distinction entre l’abrogeant ( nâssik) et l’abrogé ( mansoûk) commune au Coran et à la Sunna.

Selon que le hadith est indemne de ces vices ou en est atteint,il est parfait ( sahîh ) ou bon ( Hassan) ou faible ( da’îf ).

Les hadiths dits  » parfaits » sont d’abord ceux qu’ont réunis deux auteurs appréciés entre tous,AlBoukhârî ( mort en 870 ) et Mouslim ( mort en 875 ), dans deux ouvrages différents baptisés Authentiques ( al Sahîhîn ) parce que les hadiths apocryphes en ont été sévèrement et très rigoureusement éliminés. AlBoukhârî,par exemple,n’a conservé que 8000 hadiths sur plus de 300 000 dont il a eu connaissance. Mais la matière du hadith parfait n’en n’est pas pour autant épuisée car la perfection a des degrés.

En effet on distingue à cet égard :                                                                                                                                                                                                                                                           1- Les hadiths rapportés par les deux auteurs

2- Ceux rapportés par un seul d’entre eux

3- Ceux admis par aucun des deux bien que remplissant les conditions exigées par les deux

4- Ceux qui remplissent les conditions de validation d’un seul des deux

5- Le hadith parfait selon l’opinion d’autres auteurs

La perfection de ces cinq catégories de traditions est incontestable et la connaissance qu’elle établit est elle même apodictique.

Les hadiths  » bons  » sont ceux de provenance connue,rapportés par des transmetteurs notoires.

Théoriquement,il est difficile de distinguer les hadiths  » bons  » des hadiths parfaits. La question est tranchée,en pratique,par le fait que les textes ainsi qualifiés ont été groupés dans des recueils et sont mis en œuvre par tous les jurisconsultes.

Pour le musulman,le hadith reconnu comme vrai par les autorités qualifiées est une interprétation ou commentaire de la parole de Dieu et une imitation de la conduite de son Prophète.

Davidoffolle

 

LE MARIAGE TEMPORAIRE EN ISLAM : LICITE,TOLÉRÉ OU INTERDIT ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

893 commentaires pour Réligions et Spiritualités

  1. Modibo dit :

    Est-ce que la numérologie, la science des lettres et l’utilisation mystique des Noms Divins font partie des sciences prodiguées dans la Tariqa Tidjaniya, car je connais de nombreux Mouqadem qui s’y consacrent ?

    REPONSE

    Concernant votre question, en effet, nous constatons nous aussi que trop de disciples nous contactent encore dans le but de recevoir un Nom Suprême caché ou d’autres secrets mystiques qui leur ouvriront l’accès aux biens éphémères de ce monde. Certains Mouqadem trahissent leurs pactes en se laissant entraîner dans ces domaines qui non seulement n’ont aucun lien avec l’enseignement de la voie, mais pire, détournent ceux qui s’y adonnent du véritable cheminement. À travers ce genre de sciences, les postulants recherchent des Noms cachés ou d’autres évocations particulières qui leur permettraient d’accéder à certaines particularités et certains en font même un métier. Quelle perte de temps plus évidente que celle-là !

    Certes, le cheminement spirituel que Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) reçut du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) n’a rien à voir avec ces activités. Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) avait eu accès à cette science avant d’obtenir le dépôt de la Tariqa, mais ensuite, il se détourna entièrement de tels agissements, conformément aux recommandations prophétiques à son égard.

    Parmi les conseils que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) fit transmettre à Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret), il y a : « Ne convoite aucune chose, et ne fournit aucun effort dans l’aspiration d’acquérir quelque chose, mais consacre tes efforts dans l’adoration et l’opposition aux désirs de l’âme (Nefs), car l’aspiration et l’effort ne doivent être qu’en vue de l’adoration et de l’opposition aux désirs de l’âme. Toute autre aspiration, convoitée par l’homme au travers de l’adoration, retarde l’Ouverture. Dis-lui que cela retarde l’Ouverture, dis-lui que cela retarde l’Ouverture, dis-lui que cela empêche l’Ouverture et répète-le-lui trois fois. » Puis il dit : « Occupe-toi d’être au service de Ton Maître dans ce qu’Il t’a ordonné en étant entièrement dépouillé de toute convoitise, mais seulement afin d’Exalter Allah, de Le Magnifier, de Le Louer et Le Sanctifier autant qu’Il le mérite, que ce soit cela qui régit ton vouloir et l’ensemble de tes aspirations. »

    Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui a dit aussi : « les Hommes qui désirent la Connaissance et l’accès à la Manifestation, s’ils se retrouvent face à Lui, ils n’attendent rien d’autre et ils ne placent rien d’autre avec Lui dans leur cœur qui pourrait de la sorte changer de l’Un pour l’autre, mais c’est par Lui qu’ils accèdent à Lui et ils n’implorent que l’aspiration et le soutien pour Son Amour, et ils L’implorent dans l’absolution et la préservation pour leur sommeil et leur éveil, pour leur manger et leur boire, et ils adorent Allah en toute sincérité. Ils n’attendent de Lui que l’exécution de Sa seule Décision et ils n’implorent que Sa sauvegarde de par le sens des termes utilisés par lesquels ils glorifient leur Maître. Ils ne convoitent par Son adoration rien d’autre que d’honorer Son Noble Visage et ils persistent dans cette attitude jusqu’à ce qu’une lumière se répande sur eux depuis leur cœur et qu’ils ne contemplent absolument plus rien qu’à travers elle, au point que s’ils se remémorent un aspect exotérique de la Loi tel qu’ils le concevaient avant l’obtention de cette lumière, ils constatent que c’est comme comparer une vision en pleine nuit par rapport à celle en plein jour. »

    Certes, la science des lettres est une science vénérable mais elle s’acquiert par un don particulier et personnel, elle a ni à être recherchée, ni à être enseignée aux communs des gens.

    Le célèbre Connaissant Mouhiydine ibn ‘Arabi (qu’Allah l’agrée) a dit : « La science des « lettres » est une science noble parmi les sciences qui s’acquièrent par don. Il est blâmable d’en faire l’objet de préoccupation dans les domaines spirituels ou temporels. En somme, ces sciences qui s’acquièrent par don, sont toutes louables quelque soit leur objet. Mais il est blâmable de les rechercher. Seul l’ignorant cherche à les acquérir et seul l’ignorant les conteste. Admets-les : tu seras sauvé. »

    Par conséquent, la préoccupation qu’engendre ce genre d’activité est une source certaine de déviation par rapport à l’enseignement de cette noble voie prophétique et une cause incontestable nous coupant d’Allah. À tel point, qu’à cause de l’emprise dans cette discipline, ce qui a toujours été considéré comme primordial par Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) et ses compagnons est devenu dérisoire et banal. Ainsi, on constate que la pratique convenable des oraisons essentielles de la Tariqa, l’intérêt porté à la prière sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) par la Salat Fatihi, le respect des conditions et l’assiduité à préserver ses prières en groupe, tout cela est négligé au profit de la convoitise dans l’acquisition de formules d’évocations non essentielles, soi-disant rares et mystérieuses qui non seulement n’apportent que très peu sinon rien mais en plus fait perdre beaucoup.

    Le célèbre érudit et Connaissant Hajj Malick Sy, évoquant les propos de Cheikh Zarrouq sur le comble des malheurs qui affectent les dévots et les jurisconsultes, il a cité entre autres : « …Parmi les choses que l’on déplore le plus, relativement à cette question, figure l’attachement exagéré aux sciences traitant des secrets spirituels véhiculés par des lettres et des Noms de Dieu, entre autres. Ce sont des sciences que l’on acquiert par un don et par une Ouverture mystique, que seuls les spécialistes ont abordé pour aider ceux qui jouissent d’une certaine Ouverture (Fath) et édifier ceux qui pratiquent la Haqiqa. Mais nous n’avons jamais vu ni entendu dire que leur simple utilisation permet d’en faire bénéficier aux autres. » (Kifaya ar-raghibin – trad. Hajj Ravane Mbaye)

    Voici d’ailleurs, sur ce sujet, ce qu’en ont dit d’autres grands savants et références de cette Tariqa Tidjaniya :

    Sidi ‘Arbi ibn Sa-ih (qu’Allah l’agrée) a dit dans le Boughiyat : « La source de l’éducation et de la purification intérieure dans notre voie-ci Mohamediya vient de l’accomplissement du Ouird de base connu sans lequel n’est pas valide l’entrée dans la voie qu’il soit parmi les élites ou le commun avec ce qui s’y rattache comme oraisons essentielles et qui sont la Wadhifa et le dhikr du Heïlala le vendredi après le ‘Asar. En préservant tout cela selon leurs conditions et avec l’Adeb requis ce qui est le summum du bien et l’aboutissement de la perfection. La plus grande et la plus immense de ses conditions, c’est la préservation des cinq prières dans le cadre des convenances tracées par la Loi à son sujet autant que possible, en se perfectionnant dans ses conditions, son Adeb et en tout ce qui a trait à ses piliers. Ensuite, c’est de combler son temps, autant que faire se peut, par la prière sur le Prophète (spécialement avec Salat Fatihi) […]. C’est cela la voie de Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) qu’il a parcourue et qui lui a été ordonné de faire parcourir par le maître de l’existence (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), source de l’irrigation et de la bienveillance. »

    Il a dit aussi : « Tous ceux qui font partie de cette Tariqa et qui dirigent les autres membres de cette Tariqa vers autre que Salat Fatihi, c’est qu’ils veulent égarer ou qu’eux-mêmes ont été dupés. »

    Sidi Ahmed Soukeïrij (qu’Allah l’agrée) a dit dans Jouniyat Montaseb : « La Tariqa Mohamediya que reçu Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) directement du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) à l’état de veille et non en songe, c’est ce que transmette les Mouqadem détenteur de l’autorisation, à ceux qui la leur demande, avec ses piliers établis et ses conditions connues et il n’y a rien à rajouter à ses oraisons essentielles après l’accomplissement des obligations dont nous sommes responsables, et tout autre rajout ne fait pas partie de la Tariqa. Tout ce qui se rajoute à cela est un surplus dont ceux qui sont avides d’actes de biens saisissent l’occasion d’acquérir.

    Or, il y a des surplus qui précipitent leurs auteurs dans la perte soit en ce monde, soit en l’autre selon le degré d’implication de celui qui se plonge dans cette faute. Et cela nous l’avons affirmé et répété à plusieurs occasions afin que tout le monde puisse identifier que celui qui resplendit dans ce domaine n’a rien à voir en rien avec la Tariqa. En effet, les gens ont propagé beaucoup de rumeurs au sujet de cette Tariqa et cela par le concours de Mouqadem ignorants et de disciples sans sincérité jusqu’au point où ce fut à cause de ces rumeurs que certains venaient s’affilier à la Tariqa Tidjaniya [….].

    Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) mettait en garde de plonger dans de telles choses et il défendit à ses compagnons, ceux qui étaient auprès de lui, qui s’affilièrent à lui, qui ont appris de lui, et qui furent autorisés dans les Oraisons essentielles comme méritoires, et bien il leur défendit de s’étendre abondamment dans ce genre de choses qui détournent du but ultime dans la proximité de la Présence Divine et dans le témoignage de l’affection pour la Présence Mohamedienne par l’excès de la prière sur lui, et dans l’application de ses recommandations et l’éloignement de ce qu’il a interdit.

    Il mit excessivement en garde de ne pas s’occuper de ce qui ne nous concerne pas, de ce qui nous détourne d’Allah et qui nous procure des difficultés dont on craint une issue malheureuse. Cela survint à l’éminent intermédiaire Sidi Mohamed ibn ‘Arabi Damraoui (qu’Allah l’agrée) qui gérait une modalité de secret attribué à l’imam Abou Hamid El Ghazzali (qu’Allah l’agrée). Il en faisait usage au milieu de frères, parmi ses proches, avec une petite monnaie qu’il faisait fructifier et eux le regardaient. Ils en reçurent alors plusieurs dinars en or qu’ils dépensèrent joyeusement pendant plusieurs jours. Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) lui ordonna dorénavant d’abandonner de telles choses en lui disant : « Si jamais tu retournes à de tels agissements il n’y aura plus rien entre toi et moi ».

    Et depuis, l’éminent intermédiaire s’en détourna définitivement et les frères cessèrent de le réclamer. Cela parce que la Tariqa Tidjaniya se base sur l’effort et la persévérance dans les œuvres pieuses et non pas sur la manifestation de ce genre de phénomènes devant le commun des gens et il ne convient point à l’élite d’être préoccupée par de telles choses. Il en est de même dans l’écriture des talismans, et la transmission de formules d’évocations pour l’obtention de dons particuliers et de biens personnels […] ».

    Puis il retranscrit les propos de l’illustre maître Sidi ‘Arbi ibn Sa-ih (qu’Allah l’agrée) : « Voici sur ce sujet l’extrait d’une lettre du connaissant Sidi ‘Arbi ibn Sa-ih envoyée au Mouqadem de la Zaouiya de Meknès Sidi Mohamed fils du Mouqadem Sidi Mohamed ibn Qacem Basri Meknessi (qu’Allah les agrée), lorsqu’il accéda à la fonction de son père dans la transmission du noble Ouird, il lui a dit :

    « Tu te dois, et qu’Allah te soutienne en te cantonnant exclusivement à ton cheminement et à ton engagement, de suivre la voie que suivait ton père, qu’Allah l’agrée. Et cela ne peut être qu’en préservant les oraisons essentielles du Lazim, de la Wadhifa et du Dhikr du Joumou’a avec les conditions connues et la bienséance requise ainsi qu’en multipliant la prière sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) de nuit comme de jour par gratitude et amour. C’est tout cela, avec la préservation des prières obligatoires selon ce qui en est recommandé, qui représente la Loi et la Voie.

    Si certains parmi les frères désirent accomplir des formules d’évocations méritoires, s’il s’agit de supplications telles que Sayfiyyou ou ce qui se rapporte à cela, alors que ce genre d’accomplissement soit dans le simple but d’agir dans la conformité tout en étant dépouillé de convoitise vis-à-vis de toutes formes de biens. S’il s’agit d’autre chose que les supplications alors que son accomplissement soit dans un but de servitude envers Allah qu’Il soit Exalté, en s’orientant sincèrement, ne recherchant que Lui, qu’Il soit glorifié, faisant abstraction de vouloir en retirer une bonne fortune. N’en fait point partie (de cette recherche de bonne fortune) le fait de tenir compte des récompenses promises, s’il s’agit d’une confiance placée en la promesse véridique, car cela revient à croire en l’invisible et non pas à convoiter des biens. Comme n’en fait point partie aussi la recherche d’une protection par ses évocations connues, car il s’agit de craindre Allah, qu’Il soit Exalté, de par ses soldats en ce qu’il se trouve et cela fait partie des orientations vers Allah.

    Quant à ce dont s’adonnent les gens dans un dessein particulier, s’accrochant à des supplications et des évocations étrangères cela ne constitue en rien la Tariqa, il s’agit plutôt de résidus provenant d’autres voies qui éloignent profondément vers l’errance ceux qui les accomplissent, on demande à Allah qu’Il nous épargne et nous préserve par Sa Bonté. » »

    Sidi Ahmed Soukeïrij (qu’Allah l’agrée) a dit à la suite de cet extrait : « Sache alors que ce que font certains Mouqadem dans ces domaines en en faisant leur métier, en attendant dans les Zaouiya ou des lieux spécifiques afin que le commun des gens vienne leurs adresser leurs besoins, leur procurant alors des formules d’évocations, des Noms ou des versets, leur inscrivant des talismans, des amulettes et ce genre de choses qui ne proviennent point de la Tariqa, et qui par cela porte atteinte à la dignité de la Tariqa, qui, elle, est propre et loin de ces futilités, ceux-là sont des égarés dont il convient de s’éloigner. C’est un signe montrant qu’il ne convient point de les suivre en raison de leur extrême éloignement de la station des véritables Mouqadem, ceux qui préservent sur quoi se trouvaient Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) et ceux de ses compagnons qui ont eu l’Ouverture, ceux qui ont cheminé sur un sentier dont ne s’en détourne que le perdu, nous nous en remettons à Allah et quel bon Protecteur. »

    Sidi Hajj Malick Sy a affirmé dans « Kifaya ar-raghibin » : « Il faut assimiler à ce qui précède, ce que certains, parmi ceux qui se réclament de la science des secrets spirituels, qui ne sont que néfastes pour eux, ont inventé et qui consiste à vendre les Noms de Dieu en échange d’argent, alors qu’à l’origine, on les confiait à ceux qui étaient totalement désintéressés. Passant outre, l’initiateur était sévèrement menacé par les Tenants des secrets. Consulte Djawahirou-l-Ma’ani en examinant les choses avec toute la circonspection dont sont capables tes yeux et ton esprit […] » (cf. La voie Tidjaniya « Rubrique Enseignement de la voie » : Thèmes des secrets – mise en garde)

    Il a dit aussi : « L’évocation du Nom de Dieu pour un autre dessein que celui de mériter Son Agrément était naguère assimilée au polythéisme. Que penser alors de la vente des Noms de Dieu que l’acquéreur utilise pour satisfaire des désirs personnels. Le vendeur oriente le commun des hommes dans la mauvaise voie. Dieu seul détient le gouvernement des choses. Le vendeur lui dira : « En évoquant le Nom, tu obtiendras tel prestige, telle fortune ou telle influence ». Dis-lui : « Si l’on peut en tirer les avantages dont tu parles, pourquoi le vendrais-tu, toi qui l’as déjà expérimenté. Tu dois t’en repentir, car Dieu aime ceux qui se repentissent, si toutefois tu désires que Dieu t’ouvre les portes du bonheur et t’aplanisse toutes les difficultés ? »… » (cf. page 2)

    Il a dit encore : « Celui qui veut obtenir l’Ouverture Spirituelle (Fath) la plus parfaite ainsi que le véritable secret spirituel, doit se conformer aux commandements de Son Seigneur (qu’Il soit Glorifié et Exalté) et se garder d’enfreindre Ses interdictions. Dieu est le plus savant ! Sache ainsi que ce que les docteurs de la loi appellent « polythéisme d’intérêt » (Chirk el Aghrad) consiste à vouloir accomplir des œuvres pieuses à des fins autres que l’amour de Dieu, ou à une quelconque fin […] » (cf. page 2)

    Il a dit enfin : « On assimile au « Chirk el Aghrad » des choses telles que les amulettes et les talismans que l’on porte sans attribuer leurs heureux effets à Dieu (Qu’Il soit exalté). Il est rapporté dans Al Jami’ As-saghir (de l’Imam Souyouti) ceci : « Celui qui porte quelque chose (une amulette) sera laissé à la merci de celle-ci. » »

    Et le commentateur, en l’occurrence Al ‘Azizi, dit dans la Nihaya : « C’est-à-dire que celui qui porte sur lui des amulettes, des talismans et consorts avec la conviction qu’ils lui procureront un avantage ou leur écarteront un péril, Dieu fera dépendre sa guérison de ces amulettes qui ne peuvent nullement le servir ». Al Hifni a dit : « l’expression : « porte quelque chose » signifie : le porter avec la conviction, par exemple, que sa guérison ou sa protection sera assurée par cette prière ou cette amulette, ou qu’untel le protégera, ce qui l’amène à se détourner de Dieu. Cependant, s’il a la conviction que la guérison en réalité vient de Lui et que ces amulettes ne sont que des moyens, il n’y a rien de grave à cela. Car avoir la totale confiance en Dieu n’exclut pas le recours à des moyens […] » (cf. page 2)

    Il a été rapporté par Sidi ‘Arbi ibn Sa-ih (qu’Allah l’agrée) qu’un personnage, nommé Abdsalem ‘Alami El Jabali (qu’Allah l’agrée), apprenait la science dans une école et il recherchait aussi les Adhkar particuliers et secrets ésotériques sur la science des lettres, faisant usage de la science de l’alchimie mais comme il ne parvenait à rien il douta sur la capacité de certaines gens, aussi il fut orienté vers Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret). Par conséquent, il se dirigea vers lui avec l’intention de lui réclamer la façon d’utiliser le pouvoir de la Sourate « Alam nachrah laka… ».

    Or Seïdina su (qu’Allah sanctifie son précieux secret) sa requête par dévoilement et avant qu’il ne soit l’occasion de le lui demander, il lui fit l’allusion suivante : « Une certaine personne lisait la Sourate « Alam Nachrah laka […] » et soudainement deux serviteurs spirituels apparurent devant lui et lui dirent : « Nous sommes les serviteurs de cette Sourate, l’un est au service de Maoulana Mohamed Ben Nasr et l’autre est au service de Maoulana Mohamed Charqi, et tu ne peux parvenir à nous à travers eux deux car ils s’interposeront entre nous et toi. » »

    Ensuite, Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) se tourna vers notre personnage et lui déclara : « Ô vous nos maîtres les étudiants, vous détenez en vous le Livre d’Allah et vous apprenez la religion et pourtant vous vous accrochez à ce qui contient le mécontentement d’Allah. Si vous vous tourniez vers la prière sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), elle vous aurait suffi face à toute chose. »

    Il implora alors le pardon et se repentit entre ses mains puis il réclama la Tariqa à Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret), qui la lui donna. Ainsi, Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) le prit en main et l’orienta vers ce qui lui serait plus profitable, le conseillant et le mettant en garde contre l’adoration en vue de biens intéressés ou la recherche des Adhkar particuliers afin de maîtriser les prodiges et les faits extraordinaires et il récolta de lui bien plus que tous les secrets puisqu’il reçut l’autorisation dans la Tariqa.

    Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit à Sidi Mohamed ibn ‘Arabi Damraoui : « Notre Tariqa est certes celle de l’élite mais elle n’est pas fondée sur l’utilisation des formules secrètes. »

    En effet, l’éducation et l’évolution au sein de cette noble voie ne dépendent point de la connaissance et de l’engagement dans des Adhkar rares et mystérieux, tout est concentré dans l’amour du Cheikh (qu’Allah sanctifie son précieux secret) et la véracité dans notre respect du pacte et de ses conditions, en suivant fidèlement l’enseignement de l’honorable gardien de ce dépôt prophétique qu’est la Tariqa Ahmediya Mohamediya Ibrahimiya Al Hanifiya.

    Le compagnon célèbre de Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) et Connaissant parfait, celui qui était surnommé « la langue de la Tariqa », Sidi Hajj Kensoussi (qu’Allah l’agrée), a dit : « Sache, ô mon frère, qu’Allah nous le permette à toi et à moi, que l’amour et la véracité envers ce Cheikh (qu’Allah sanctifie son précieux secret) sont la garantie des bienfaits en ce monde et en l’au-delà. C’est le trésor qui ne s’épuise pas, c’est l’élixir de richesse qui enrichit son détenteur d’un seul coup, c’est la forteresse invincible en laquelle celui qui y pénètre n’a rien à craindre des maux de ce monde et de l’au-delà. Louange Allah pour cela et adore ton Seigneur sincèrement pour Son Noble Visage et non dans un but intéressé, certes c’est cela l’élixir de richesse, c’est cela l’élixir de richesse, c’est cela l’élixir de richesse.

    Cheikh Abou-l-Hassan Chadhili (qu’Allah l’agrée) a dit : « Un jour, une personne m’a tenu compagnie pour l’éducation et s’est consacrée à mon service ; or je ressentais une réticence envers lui sans connaître la cause d’un tel sentiment. Un jour je me suis alors isolé avec lui et je lui ai demandé : « Ô mon enfant, que désires-tu donc à travers ma compagnie et mon service ? ». Il me répondit : « J’ai entendu les gens dire que tu connaissais la fabrication de l’élixir de richesse et je voudrais que tu me l’enseignes. » Je lui dis : « Certes mon enfant, les gens ont raison mais seulement je ne pense pas que tu sois capable de faire l’élixir que je connais. » Il me dit : « Si, j’en suis capable. »

    Je lui dis : « Alors écoute-moi bien mon enfant. J’ai observé les créatures vis-à-vis de moi et j’ai remarqué qu’elle se départage en deux catégories : Une partie qui m’aime et une partie qui me déteste. J’ai alors observé ceux qui m’aimaient et j’ai constaté qu’ils ne pourraient même pas m’apporter l’utilité d’un atome de ce dont Allah ne veut pas me donner l’utilité, je les ai alors délaissés sans jamais tirer un espoir d’eux. Ensuite j’ai observé ceux qui me détestent et j’ai constaté que s’ils voulaient me nuire avec ne serait-ce qu’un atome en lequel Allah ne veut pas me nuire, ils en seraient alors incapable, alors je les ai délaissés et je fus ainsi tranquillisé face à ces deux catégories m’orientant totalement vers Allah.

    Suite à cela je me suis entendu interpeller en ces termes : « Tu ne pourras atteindre ton objectif que si tu délaisses tout espoir vis-à-vis de Nous comme tu l’as fait pour les deux groupes. » Je me suis dis en moi-même : « Mais comment abandonner mon espoir en Allah ? » J’ai alors entendu : « C’est que tu cesses d’espérer de Nous que L’on te donne ce que Nous n’avons pas décrété pour toi. » C’est cela l’élixir que je connais mon enfant. » »

    Qu’Allah nous permette, ainsi qu’à chaque disciple et Mouqadem dans cette voie, d’être dignes de puiser dans l’océan de Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) et cela en nous conformant à son éducation et en pratiquant son enseignement, noble dépôt confié par la meilleure des créatures, notre bien aimé Prophète Mohammed (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).

  2. Modibo dit :

    Joyeux Anniversaire, ô Mohamed ya Habib Allah!

    A l’occasion de la célébration de l’anniversaire du Prophète Mohamed (paix et salut de Dieu sur lui) je vous livre quelques témoignages de grands penseurs non musulmans sur le prophète Mohammed:
    Gandhi :
    « Je suis désormais plus que jamais convaincu que ce n’était pas l’épée qui créait une place pour l’Islam dans le cœur de ceux qui cherchaient une direction à leur vie. C’était cette grande humilité, cet altruisme du prophète, l’égard scrupuleux envers ses engagements, sa dévotion intense à ses amis et adeptes, son intrépidité, son courage, sa confiance absolue en Dieu et en sa propre mission. »
    Georges Bernard Shaw :
    « Si un homme comme Mohammed gouvernait le monde, il parviendrait à résoudre ses problèmes et à lui assurer la paix et le bonheur dont il a besoin »
    « J’ai étudié – le merveilleux homme – et à mon avis, loin d’être un AntéChrist, il mérite le titre de sauveur de l’humanité. »
    Le professeur Rao :
    « Le monde a vu en la personne du prophète de l’Islam, le plus rare phénomène sur terre, évoluant en chair et en os »
    Annie Besant
    « Il est impossible, pour quelqu’un qui étudie la vie et le caractère du grand Prophète d’Arabie, pour quelqu’un qui sait comment il enseignait et de quelle façon il vivait, d’avoir d’autre sentiment que le respect pour ce prophète prodigieux, l’un des grands messagers de l’Etre Suprême. Même si mes discours contiennent bien des choses qui sont familières à beaucoup d’entre vous, chaque fois que moi-même je les relis, je sens monter en moi une nouvelle vague d’admiration, un nouveau sentiment de révérence, pour ce prodigieux grand maître arabe »
    Montgomery :
    « La façon dont il accepta les persécutions dues à sa foi, la haute moralité des hommes qui vécurent à ses côtés et qui le prirent pour guide, la grandeur de son œuvre ultime, tout cela ne fait que démontrer son intégrité fondamentale. La supposition selon laquelle Mohammad serait un imposteur soulève plus de problèmes qu’elle n’en résout. Et pourtant aucune des grandes figures de l’histoire n’est si peu appréciée en Occident que le Prophète Mohammad »
    Alphonse de LAMARTINE :
    « Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’ idées, restaurateur de l’esprit humain, révélateur de dogmes rationnels d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet! A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ?»
    « Jamais homme ne se proposa volontairement ou involontairement un but plus sublime, puisque ce but était surhumain: saper les superstitions interposées entre la Créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l’idolâtrie.
    Jamais homme n’entreprit, avec si faibles moyens, une œuvre si démesurée aux forces humaines, puisque il n’ a eu dans la conception et dans l’exécution d’ un grand dessein, d’autre instrument que lui-même, et d’ autres auxiliaires qu’une poignée de barbare dans un coin du désert.
    Enfin, jamais homme n’accomplit en moins de temps une si immense et si durable révolution dans le monde, puisque, pas plus de deux décennies après sa prédication, l’islamisme prêché et armé régnait sur les trois Arabies conquérait à l’unité de Dieu la Perse, le Khorasan, la Transoxiane, l’Inde occidentale, la Syrie, l’Egypte, l’Ethiopie, tout le continent connu de l’Afrique septentrionale, plusieurs des îles de la Méditerranée, l’Espagne et une partie de la Gaule.
    Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, et l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mohammad ?
    Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires; ils n’ont fondé quand ils ont fondé quelque chose que des puissances matérielles écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations des empires, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité; mais il a remué de plus des autels, des dieux, des religions, des idées, des croyances, des âmes; il a fondé sur un livre dont chaque lettre est devenue loi une nationalité musulmane, la haine des faux dieux, et la passion du Dieu un et immatériel. Ce patriotisme, vengeur des profanations du ciel, fut la vertu des enfants de Mohammad: la conquête du tiers de la terre à son dogme fut son miracle, ou plutôt ce ne fut pas le miracle d’un homme, ce fut celui de la raison…»
    Victor Hugo

    L’AN NEUF DE L’HEGIRE
    
Comme s’il pressentait que son heure était proche, 

    Grave, il ne faisait plus à personne une reproche ;
    Il marchait en rendant aux passants leur salut ; 

    On le voyait vieillir chaque jour, quoiqu’il eût 

    A peine vingt poils blancs à sa barbe encore noire ; 

    Il s’arrêtait parfois pour voir les chameaux boire, 

    Se souvenant du temps qu’il était chamelier. 

    Il semblait avoir vu l’Eden, l’âge d’amour, 

    Les temps antérieurs, l’ère immémoriale. 

    Il avait le front haut, la joue impériale, 

    Le sourcil chauve, l’oeil profond et diligent, 

    Le cou pareil au col d’une amphore d’argent, 

    L’air d’un Noé qui sait le secret du déluge. 

    Si des hommes venaient le consulter, ce juge
    Laissait l’un affirmer, l’autre rire et nier, 

    Ecoutait en silence et parlait le dernier. 

    Sa bouche était toujours en train d’une prière ; 

    Il mangeait peu, serrant sur son ventre une pierre ; 

    Il s’occupait de lui-même à traire ses brebis ; 

    Il s’asseyait à terre et cousait ses habits. 

    Il jeûnait plus longtemps qu’autrui les jours de jeûne, 

    Quoiqu’il perdît sa force et qu’il ne fût plus jeune. 

    A soixante-trois ans une fièvre le prit. 

    Il relut le Coran de sa main même écrit,
    Puis il remit au fils de Séid la bannière,
    En lui disant :  » Je touche à mon aube dernière.
    Il n’est pas d’autre Dieu que Dieu. Combats pour lui. » 

    Et son oeil, voilé d’ombre, avait ce morne ennui 

    D’un vieux aigle forcé d’abandonner son aire. 

    Il vint à la mosquée à son heure ordinaire, 

    Appuyé sur Ali le peuple le suivant ; 

    Et l’étendard sacré se déployait au vent. 

    Là, pâle, il s’écria, se tournant vers la foule ; 

     » Peuple, le jour s’éteint, l’homme passe et s’écroule ; 

    La poussière et la nuit, c’est nous. Dieu seul est grand. 

    Peuple je suis l’aveugle et je suis l’ignorant. »

    Le lendemain matin, voyant l’aube arriver
    :
« Aboubèkre, dit-il, je ne puis me lever,

    Tu vas prendre le livre et faire la prière.»

    Et sa femme Aïscha se tenait en arrière ; 

    Il écoutait pendant qu’Aboubèkre lisait,
    Et souvent à voix basse achevait le verset ;

    Et l’on pleurait pendant qu’il priait de la sorte.

    Et l’ange de la mort vers le soir à la porte

    Apparut, demandant qu’on lui permît d’entrer.

    «Qu’il entre!» On vit alors son regard s’éclairer

    De la même clarté qu’au jour de sa naissance ;

    Et l’ange lui dit : « Dieu désire ta présence.

    — Bien » dit-il. Un frisson sur ses tempes courut,

    Un souffle ouvrit sa lèvre, et Mahomet mourut.

    De Voltaire :
    1) De tous les législateurs et de tous les conquérants, il n’en est aucun dont la vie ait été écrite avec plus d’authenticité et dans un plus grand détail, par ses contemporains, que celle de Mahomet. Ôtez de cette vie les prodiges dont cette partie du monde fut toujours infatuée, le reste est d’une vérité reconnue. Il naquit dans la ville de Mecca, que nous nommons la Mecque, l’an 569 de notre ère vulgaire, au mois de mai. Son père s’appelait Abdala, sa mère, Emine : il n’est pas douteux que sa famille ne fût une des plus considérées de la première tribu, qui était celle des Coracites. […]
    2) […]. De tous les législateurs qui ont fondé des religions, il est le seul qui ait étendu la sienne par les conquêtes. D’autres peuples ont porté leur culte, avec le fer et le feu, chez des nations étrangères; mais nul fondateur de secte n’avait été conquérant. Ce privilège unique est aux yeux des musulmans l’argument le plus fort, que la Divinité prit soin elle-même de seconder leur prophète. […]
    Ce n’était pas sans doute un ignorant, comme quelques-uns l’ont prétendu. Il fallait bien même qu’il fût très savant pour sa nation et pour son temps, puisqu’on a de lui quelques aphorismes de médecine, et qu’il réforma le calendrier des Arabes, comme César celui des Romains. Il se donne, à la vérité, le titre de prophète non lettré; mais on peut savoir écrire, et ne pas s’arroger le nom de savant. […]
    3) Il n’y a point de religion dans laquelle on n’ait recommandé l’aumône. La mahométane est la seule qui en ait fait un précepte légal, positif, indispensable. Le Coran ordonne de donner deux et demi pour cent de son revenu, soit en argent, soit en denrées.
    4) La prohibition de tous les jeux de hasard est peut-être la seule loi dont on ne puisse trouver d’exemple dans aucune religion. […]
    Toutes ses lois qui, à la polygamie près, sont si austères, et sa doctrine qui est si simple, attirèrent bientôt à sa religion le respect et la confiance. Le dogme surtout de l’unité d’un Dieu, présenté sans mystère, et proportionné à intelligence humaine, rangea sous sa loi une foule de nations, et jusqu’à des Nègres dans l’Afrique, et des insulaires dans l’Océan indien.
    Le peu que je viens de dire, dément bien tout ce que nos historiens, nos déclamateurs et nos préjugés, mais la vérité doit les combattre.
    Bornons-nous toujours à cette vérité historique: le législateur des musulmans, homme puissant et terrible, établit ses dogmes par son courage et par ses armes; cependant sa religion devint indulgente et tolérante. […]
    5) Le mahométisme était sans doute plus sensé que le christianisme. On n’y adorait point un Juif en abhorrant les Juifs; on n’y appelait point une Juive mère de Dieu; on n’y tombait point dans le blasphème extravagant de dire que trois dieux font un dieu; enfin on n’y mangeait pas ce dieu qu’on adorait et on n’allait pas rendre à la selle son créateur. Croire un seul Dieu tout puissant était le seul dogme; et si on n’y avait pas ajouté que Mahomet est son prophète, c’eût été une religion aussi pure, aussi belle que celle des lettrés chinois. C’était le simple théisme, la religion naturelle, et par conséquent la seule véritable. […]
    6) Sa religion est sage, sévère, chaste, et humaine : sage, puisqu’elle ne tombe pas dans la démence de donner à Dieu des associés, et qu’elle n’a point de mystères; sévère, puisqu’elle défend les jeux de hasard, le vin et les liqueurs fortes, et qu’elle ordonne la prière cinq fois par jour; chaste, puisqu’elle réduit à quatre femmes ce nombre prodigieux d’épouses qui partageaient le lit de tous les princes de l’Orient; humaine, puisqu’elle nous ordonne l’aumône bien plus rigoureusement que le voyage de la Mecque.
    Le Suédois Tor Andra, professeur à l’université d’Upsala, a pu écrire :
    « L’inspiration de Mahomet était authentique… Il est peu vraisemblable, en effet, qu’un homme puisse gagner la confiance de ses semblables d’une façon pour ainsi dire illimitée. Muhammad a compris sa vocation avec le plus grand sérieux ; il a senti son cœur trembler devant le Roi du Jugement dernier ; il a accompli sa tâche prophétique avec crainte et terreur. » (Mahomet et sa doctrine).
    Francesco Gabrieli, un universitaire italien écrit :
    « Quelques points au moins peuvent être à présent considérés comme acquis. Avant tout, l’absolue sincérité de Mahomet . » (Mahomet et les grandes conquêtes arabes).
    Gaudefroy Demonbynes a, par ailleurs, écrit en conclusion d’une longue enquête sur le Prophète de l’Islam :

    « Il a cru à la révélation descendue sur les Prophète d’Israël ; il plaça à leur suite Jésus qui devenait leur prédécesseur, chargé d’annoncer son ultime et décisive mission. La main d’Allah le dirigea dans sa prédication, dans son activité politique, par la fondation d’un Etat, et dans la construction logique de sa réforme sociale… On rappelle son intuition d’une volonté du Tout-Puissant à ne révéler aux humains, par la voie de ses Prophètes, qu’une partie des destins qu’Il leur assigne. Muhammad ne fut pas un théologien, mais ce fut une âme supérieure et une intelligence exceptionnelle. » (Mahomet)

    « Puisque la foi d’Ismaël reste ouverte au mystère chrétien, la prophétie de Muhammad ne relèverait-elle point d’une grâce charismatique, orientée comme tout charisme à l’accroissement de l’Eglise ? L’Islam se présente comme une religion de devenir, comme une salle nuptiale où se tient le festin… L’Islam apparaît sous l’image habituelle d’une route. L’Incroyant s’est égaré. Dieu le ramène vers une voie droite… la direction de Dieu, c’est bien la grâce implorée cinq fois par jour par tout croyant dans sa prière ». (Charles Ledit, Mahomet, Israël et le Christ)

    Emile Dermenghem in La Vie de Mahomet écrit :

    « Mahomet est à coup sûr un Prophète de la lignée biblique, lyrique, inspiré, âme ardente, cœur intrépide, avec les grandeurs et les faiblesses humaines… Il a en commun avec Israël un monothéisme intraitable… Mais il fut, surtout au début, beaucoup plus près des Chrétiens, affirmant la mission de Jésus, Messie, Verbe et Esprit de Dieu, sa naissance virginale, l’immaculée conception de Marie, insistant sur l’Antéchrist, la résurrection, le jugement dernier, la vie éternelle ».

    Après avoir vu le Coran, Goethe ne dit-il pas :  » si tel est l’islam, ne sommes-nous pas tous musulmans ? »

    En effet, l’Islam est bien la Religion, celle qui fut professée par Adam, Noé, Abraham, Moïse, Jésus et Mohamed. Et il en sera ainsi pour toujours.

  3. Modibo dit :

    LES SUBLIMES QUALITES DU PROPHETE

    « [Ô Muhammad !] Tu es assurément doté de vertus éminentes »
    « Vous avez, avec le Messager de DIEU, un excellent modèle de conduite »
    (Coran 64 : 4, 33 :21)

    Le Modèle du Prophète
    Interrogée sur le comportement du Saint Prophète, sa femme Aicha, le témoin le plus intime de sa vie privée, résuma ses qualités et son comportement en ces termes : «Le comportement du Prophète, c’est le Coran. » En d’autres mots, la vie quotidienne du Prophète fut l’illustration parfaite des enseignements du Coran, représentant ainsi le symbole vivant de toutes les recommandations du Livre Saint. De la manière dont le Livre de Dieu constitue un code de conduite pour l’épanouissement des nombreuses facultés humaines, la vie du Prophète fut la mise en pratique et la démonstration concrète de ces valeurs morales. C’est pourquoi le musulman dispose d’une double source de conduite : le Saint Coran, en tant que principe, et la vie du Prophète, en tant que parfait modèle.

    Aucune tâche ne lui paraissait humiliante
    La sincérité fut le trait le plus marquant du caractère du Prophète. Il aimait la vertu en soi. Les éminentes vertus qui distinguent si remarquablement son caractère ne constituent point des qualités acquises mais plutôt des qualités innées faisant partie intégrante de sa nature profonde. Le Prophète avait l’habitude de tout faire de ses propres mains. Ainsi avait-il l’habitude, à chaque fois qu’il voulait donner de l’aumône à un mendiant, de la lui remettre directement de sa propre main. Il avait également l’habitude d’aider souvent ses femmes dans leurs travaux domestiques, de traire lui-même ses chèvres, de recoudre lui-même ses habits et de raccommoder seul ses chaussures. Il lui arrivait aussi de dépoussiérer tout seul sa demeure, d’attacher des ses propres mains son chameau et de le surveiller personnellement. Aucun labeur n’était jugé trop avilissant à ses yeux. Il travailla ainsi comme maçon/labourer dans la construction de la mosquée. De la même manière, lorsqu’il fallut creuser une tranchée pour défendre Médine contre une incursion imminente de l’ennemi, on vit le Prophète à l’ouvrage dans les rangs des fideles préposés à cette tâche. Il lui arrivait aussi de faire lui-même son marché, non seulement pour sa maisonnée mais également pour ses voisins et ses amis. En résumé, il ne dédaignait aucune tâche, aussi humble soit-elle, en dépit de la dignité attachée à son titre de Prophète et de souverain. Il démontra, ce faisant, à travers son exemple personnel, que le statut social d’un homme, fut-il considéré comme élevé ou modeste, ne constitue pas le critère fondamental de sa valeur véritable. Et que c’est, en définitive, les vertus propres et le degré de considération d’un homme envers ses semblables qui déterminent sa noblesse ou non. Ainsi l’humble (labourer) itinérant, le coupeur de bois et le porteur d’eau sont tous de respectables membres de la Communauté Musulmane au même titre que le riche commerçant ou le haut dignitaire…

    Sa Simplicité
    Tous les actes et mouvements du Prophète étaient caractérisés par la simplicité et le naturel. Son tempérament était par nature réfractaire à tout ce qui pouvait ressembler à l’hypocrisie et à l’artifice.
    Il n’hésitait pas, par exemple, lorsqu’il se trouvait sur une monture, de prendre derrière lui un autre passager en croupe, comme n’importe qui. Il n’aimait pas que ses compagnons se lèvent à son arrivée. Il le leur interdit une fois, en disant : « Ne vous levez pas pour moi comme le font les peuples étrangers», avant d‘ajouter qu’il n’était qu’une humble créature de Dieu, mangeant comme les autres créatures mangent, s’asseyant exactement comme elles le font. Lorsqu’une fois, quelqu’un voulut embrasser sa main, il la retira en lui faisant remarquer que cela était un usage des étrangers envers leurs rois [et que lui n’était pas un roi]. Et même lorsqu’un humble esclave l’invitait chez lui, il ne dédaignait jamais d’y aller. Il prenait ses repas en compagnie de personnes issues de toutes les classes sociales. Lorsqu’il se trouvait dans une assemblée, il lui arrivait de garder le silence pendant de très longs moments. Et s’il arrivait qu’il ait quelque chose d’important à dire, il prenait alors la parole mais n’aimait point parler pour ses propres intérêts. Il ne s’accordait aucune préférence sur les autres. Lorsqu’il marchait en groupe, il se trouvait des gens qui marchaient aussi bien devant lui que derrière lui. Lorsqu’il était assis dans une assemblée, il ne faisait rien qui puisse le mettre en évidence par rapport aux autres, de sorte qu’un étranger ne pouvait souvent le distinguer des autres et était obligé de demander lequel d’entre eux était le Prophète (la Paix et les Bénédictions de Dieu soient sur lui). Telle était l’humilité de son comportement. Lorsqu’il était agenouillé au sol [au cours d’une prière en groupe], il prenait un soin particulier à ce que ses genoux ne dépassent pas ceux des autres. Il n’interrompait jamais ceux qui parlaient. Lorsqu’il y avait sujet à rire, il s’associait en toute simplicité au rire des autres par un simple sourire. Il avait l’habitude de parler si posément que les mots qu’il prononçait pouvaient être comptés. Il marchait si rapidement que ses compagnons étaient quelques fois obligés de courir pour se mettre à son niveau.

    Sa nourriture
    Sa manière de vivre était également marquée par la simplicité. Quoi qu’on lui offrait, il l’acceptait toujours avec joie. Cependant si la chose offerte comportait quelque mal, il ne s’en nourrissait point mais n’en tenait pas pour autant rigueur au donateur. Il se nourrissait de ce qui se trouvait à sa disposition, que ce soient des dates, de l’orge, du blé, de la viande, du lait etc. Lorsqu’un repas somptueux lui était présenté, il s’en nourrissait également mais, par principe, n’en abusait pas et ne prenait qu’un seul repas à la fois. Il appréciait beaucoup la propreté et aimait particulièrement le miel. (…) Lorsqu’il était invité à manger chez quelqu’un, et qu’il se trouvait des hommes non prévus l’accompagnant à ce moment, il faisait tout pour éviter de mettre son hôte dans l’embarras et s’excusait poliment [de ne pouvoir honorer son invitation] aussi bien auprès de son hôte qu’auprès des intrus involontaires. Il se lavait les mains toujours avant et après les repas et se rinçait soigneusement la bouche.

    Son habillement
    Son habillement était également simple. Il lui arrivait de porter des habits usés comme il ne dédaignait pas d’arborer un beau vêtement. Il n’aimait pas, cependant, que les hommes portent des habits en soie pour ne pas paraître efféminés. Il prenait un soin particulier à la propreté de ses habits. Une fois, il fit faire une bague à cachet lorsqu’il eut besoin d’apposer un sceau aux lettres qu’il envoyait aux différents rois ; il consentit à porter cette bague bien après.

    Sa négligence envers le confort terrestre
    Son habitat habituel consistait en de modestes chambres en terre cuite comportant comme tout ameublement un lit/bedstead et une jarre d’eau ; c’est dans ce cadre sobre qu’il vécut, même après avoir conquis le Khaibar. A l’occasion de son mariage avec Safiyyah, le Prophète n’eut pas les moyens d’organiser une fête pour honorer ses amis. C’est ainsi qu’il fut demandé à ces derniers d’apporter chacun son repas de sorte que la fête de mariage consista essentiellement en orge moulu et en dattes. Il arrivait également que, pendant plusieurs jours d’affilée, nul feu ne soit allumé dans la maison du Prophète et que toute sa famille n’eut que des dattes et de l’eau pour repas. Il considérait essentiellement ce monde-ci comme un lieu de passage éphémère. « Ma situation », dit-il une fois, « est comparable à celle d’un voyageur qui, à midi, descend de sa monture pour faire une courte halte sous l’ombre d’un arbre, tout juste le temps de se reposer un petit moment avant de poursuivre son chemin.» Les considérations purement terrestres, les richesses de ce bas-monde et son confort n’avaient, en réalité, aucun attrait pour lui…

    Sa propreté
    A travers tous les actes du Prophète, la propreté s’alliait toujours harmonieusement à la simplicité. Il utilisait fréquemment un bout de bois frais en guise de cure-dent et se nettoyait les dents plusieurs fois par jour. Il prenait constamment soin de son corps, il lavait et huilait souvent sa barbe et ses cheveux, les conservant toujours bien arrangés. Il se parfumait également souvent.

    Son attachement à ses amis
    Le Prophète avait un profond attachement pour ses amis. Ainsi lorsqu’il échangeait des poignées de main avec eux, il n’était jamais le premier à retirer sa main et accueillait tout le monde avec un visage souriant. Jarîr ibn Abdallah raconte qu’il n’a jamais vu le Prophète sans le sourire au visage. Il échangeait quelques fois des traits d’esprits et des plaisanteries innocentes avec ses amis. Il avait l’habitude de parler librement, sans affecter une retenue artificielle pour se donner un air de supériorité et sans jamais se vanter dans ses propos. Il prenait souvent, tel un père, les enfants de ses amis dans ses bras. Et bien que ceux-ci le souillaient des fois, on n’observait nul signe de contrariété sur son visage. Il détestait la médisance et interdisait à ses visiteurs de dire du mal d’un de ses amis en leur absence, car il préférait, disait-il, continuer à penser du bien de tous. Il était toujours le premier à saluer ses amis et à leur serrer la main. Il les appelait souvent par leur surnom en signe d’affection. Il continuait de se souvenir avec une tendre affection de la fidélité de Khadija, sa première femme, bien longtemps même après sa disparition. Zaid, son ancien esclave qu’il affranchit, lui était tellement attaché qu’il préféra rester avec lui plutôt que de partir vivre avec son propre père dans sa ville natale. Il considérait avec mansuétude les défauts des autres et évitait d’y faire allusion. Toutefois, au cours de ses sermons publics, il ne manquait pas d’aborder la manière de se débarrasser d’un défaut particulier, sans donner l’impression à aucun membre de l’assistance d’être personnellement visé. Il abhorrait le faux et le mensonge. Il ne tenait nul compte d’une offense personnelle, aussi grande soit-elle. Ainsi à la bataille de Uhud, lorsque les archers musulmans délaissèrent la position qu’il leur avait demandé de garder, avec pour conséquence la perte de parents et d’êtres chers en meme temps que sa propre blessure, il ne les fit jamais juger ou punir et ne les blâma pas non plus. Et en parlant de ceux d’entre eux qui avaient fui le champ de bataille, il se contenta de dire qu’ils s’étaient un peu trop loin éloigné du terrain d’action…

    Sa générosité envers les ennemis
    La générosité du Saint Prophète, même à l’endroit de ses ennemis, constitue un cas unique dans les annales de l’histoire du monde. Abdallah ibn Ubay, [la tête de file des hypocrites à Médine] était ainsi un ennemi juré de l’islam qui passait tout son temps à comploter contre les croyants, allant même jusqu’a inciter les quraish et les juifs à écraser les musulmans. Pourtant, à sa mort, le Prophète pria le Seigneur de lui pardonner, allant même jusqu’à offrir même son propre habit pour envelopper sa dépouille. Les mecquois qui lui firent endurer, durant son apostolat, les tortures les plus barbares, lui et ses compagnons, bénéficièrent tous d’une amnistie générale [lorsqu’il triompha d’eux et entra victorieusement à la Mecque]. Le traitement qu’un autre conquérant leur aurait infligé à sa place peut être facilement imaginé. Mais le sens du pardon du Prophète fut illimité ; ainsi treize longues années de persécutions et de conspirations furent totalement pardonnées et oubliées. Les prisonniers de guerre, estimés alors à près de 6 000, furent tous généreusement libérés. Aicha rapporte que le Prophète ne s’est jamais vengé d’un mal fait à sa propre personne. Il y eut certes des cas, quoique très rares et très isolés, où une punition se devait d’être infligée. Mais tous furent des cas de perfides trahisons de la part de personnes envers qui le pardon n’avait plus aucun effet de réforme. Laisser de tels méfaits impunis aurait signifié ni plus ni moins qu’avaliser le crime. Ainsi une sanction n’était jamais administrée tant qu’il existait la moindre chance que le pardon ait un effet dissuasif et, à défaut, soit une occasion pour le coupable de s’amender honorablement. Il faut préciser que cette générosité était étendue à toutes les croyances ; aussi bien aux juifs, qu’aux chrétiens, aux idolâtres etc.

    Une justice égale pour tous
    Dans l’administration de la justice, le Prophète était d’une impartialité implacable. Musulmans aussi bien que non-musulmans, amis ou ennemis, tous étaient égaux devant lui. Bien avant même d’être investi de la prophétie, son impartialité, son honnêteté, et son intégrité étaient de notoriété publique dans son entourage, de sorte que les gens se référaient souvent à lui pour régler leurs différends. A Médine, aussi bien les idolâtres que les juifs acceptaient volontiers son arbitrage dans toutes leurs disputes. Ainsi, en dépit de la profonde malveillance des juifs envers l’Islam, lorsqu’il arrivait au Prophète de juger une affaire opposant un juif à un musulman, il n’hésitait pas, le cas échéant, à trancher en faveur du juif même si les musulmans, fut-il l’ensemble de sa tribu, pouvait subir un grave préjudice à travers cette décision. Et il n’est pas difficile d’imaginer les préjudices que de telles déconvenues pouvaient occasionner pour l’Islam, en ces temps de faiblesse et d’épreuves. En résumé, le Prophète était le symbole vivant du verset coranique qui dit : « Que la haine contre un peuple ne vous incite pas à agir avec injustice. Soyez toujours équitables car cela est plus proche de la piété. » (5:8) Il avertit ainsi un jour sa propre fille Fatima que seules ses œuvre personnelles lui seraient utiles au Jour du Jugement et que si elle se rendait coupable d’un mal, elle en serait punie comme n’importe quel autre membre de la communauté musulmane. Sur son lit de mort, il fit annoncer publiquement, immédiatement avant de rendre le dernier soupir : « Si je dois quelque chose à quelqu’un, il peut la réclamer. Si j’ai jamais offensé quelqu’un, il a le droit de s’en venger. »

    Son humilité
    Dans ses rapports avec les autres, il ne faisait jamais montre d’une quelconque condescendance et se conduisait juste en homme comme les autres. Il arriva une fois, alors qu’il occupait la position de souverain à Médine, qu’un juif à qui il devait une certaine somme d’argent vint le voir pour lui réclamer son dû en l’apostrophant en des termes très durs et fort grossiers. « Vous les Banî Hâchim », observa t-il railleusement, « ne payez jamais vos dettes une fois que vous réussissez à soutirer quelque chose de quelqu’un.» Omar s’emporta alors vivement contre l’insolence du juif mais le Prophète le réprimanda en lui disant : « Ô Omar, il aurait été beaucoup plus judicieux pour toi de nous ramener tous les deux à la raison : en m’incitant, moi, le débiteur, à payer ma dette avec reconnaissance, lui, le créditeur, à la réclamer d’une manière plus conciliante.» Il paya alors au juif au-delà même de la somme due et ce dernier fut si impressionné par le sens de la justice et la loyauté du Prophète qu’il se convertit à l’Islam.
    Une autre illustration de son humilité fut donnée le jour où il se retrouva en campagne avec ses compagnons et que vint l’heure de la préparation du repas. Une tâche spécifique fut alors assignée à chacun, lui même s’en allant rassembler du bois pour le feu. Bien qu’étant un éminent seigneur, aussi bien spirituel que temporel, il accomplissait toujours sa part de travail comme un homme tout à fait ordinaire. Dans le traitement de ses serviteurs, il observait le même principe d’égalité. Anas rapporte ainsi qu’au cours des dix années qu’il demeura au service du Prophète, il ne le réprimanda pas une seule fois. Il n’admonestait jamais ses serviteurs pour les erreurs que ceux-ci commettaient et ne conservait jamais un homme en esclavage. Aussitôt qu’il acquérait un esclave, il se hâtait de le libérer. Au cours de toute sa vie, il n’avait jamais battu un serviteur ou une femme.

    Sa compassion envers les pauvres et les malheureux
    Il a été observé que le Prophète n’avait jamais déçu un mendiant. Il ne lui opposait jamais de refus brutal mais préférait plutôt le faire attendre dans l’espoir qu’un bien lui advienne entre-temps [pour satisfaire sa demande]. Il comblait les différentes sollicitations même au prix du sacrifice de son propre bien-être. Il nourrissait ainsi les affamés tout en ayant le ventre vide et n’avait pas l’usage de garder de l’argent par devers lui. En agonie sur son lit de mort, il envoya chercher tout ce qui se trouvait encore dans sa maison et le fit distribuer aux pauvres. Même à l’endroit des créatures primitives de Dieu, son cœur était rempli de miséricorde. Il parla ainsi d’un homme qui, un jour, tira de l’eau d’un puits pour étancher la soif d’un chien, qu’il avait acquis le paradis par cet acte de bonté à l’endroit d’une faible créature de Dieu. Il fit également savoir une fois, à propos d’une vieille femme décédée, qu’elle était entrain de subir le châtiment d’outre-tombe du fait que, durant sa vie, elle avait l’habitude d’attacher son chat et de le laisser affamé. Depuis sa prime jeunesse, il éprouvait une profonde compassion pour les veuves, les orphelins et les faibles sans recours. Il disait souvent : « Celui qui prend soin d’un orphelin et moi sont aussi proches que ces deux doigts, » en montrant son index et son majeur accolés. Le Saint Coran est également rempli d’une miséricorde semblable envers les pauvres et les faibles : « Vois-tu celui qui traite la Rétribution de mensonge ? C’est celui qui repousse l’orphelin et qui n’encourage pas à nourrir le pauvre. » (107 :1-3) Le Prophète pouvait endurer avec sérénité les plus grandes épreuves qui le frappaient mais la peine des autres le touchait énormément. Il demeurait toujours du coté des opprimés et défendait les droits des femmes sur les hommes, ceux des esclaves sur leurs maitres, ceux des gouvernés sur les gouvernants, ceux des sujets sur les souverains…
    Il aimait beaucoup les enfants. Lorsqu’il marchait dans la rue, il prodiguait force tapes amicales ou des caresses à ceux d’entre eux rencontrés sur le chemin. Il ne manquait jamais de visiter les malades pour s’enquérir de l’état de leur santé et de les réconforter. Il se joignait également aux processions mortuaires.

    Son hospitalité
    Avec le Prophète, le sens de l’hospitalité a atteint un sommet. Il prenait toutes les peines pour s’occuper personnellement de ses invités dans la mesure du possible et les servait lui-même. Lorsque le nombre d’invités était trop important à gérer pour lui tout seul, il répartissait le surplus entre ses compagnons qui, à l’instar de leur Maitre, en prenait grand soin. Il leur arrivait quelques fois même d’offrir toute la nourriture dont ils disposaient à leurs hôtes, s’en allant au lit le ventre vide…

    Sa Bonté
    Le Prophète n’a jamais, au cours de sa vie, proféré des propos insultants. Ne prononçant jamais de termes agressifs, il l’interdisait de même aux autres. A chaque fois qu’il voulait sermonner quelqu’un, il le faisait avec un ton paisible et affectueux. Par exemple les juifs avaient l’habitude de l’aborder et de le saluer [en déformant la formule usuelle de salutation] par « Al-sâ’m-u-‘alaikum» (la mort soit sur vous) au lieu de « Al-salâm-u-‘alaikum» (la paix soit sur vous). En entendant cela un jour, Aicha, ne put se retenir et s’emporta involontairement contre eux : « Puisse Dieu vous apporter plutôt la mort, à vous ! » Le Prophète la désapprouva alors en lui disant que Dieu n’aimait pas les propos agressifs.

    Sa Sincérité
    Son intégrité, sa vertu et sa sincérité furent unanimement reconnues dans toute l’Arabie [bien même avant son apostolat], au point qu’on le nommait Al-Amîn, le Digne de confiance. Même son pire ennemi, Abû Jahl, reconnut qu’il ne le tenait pas en réalité pour un menteur mais que c’était plutôt le message qu’il apportait qu’il considérait comme faux. Un autre, Nadr ibn Hârith, témoigna également un jour de sa sincérité en présence de ses pairs, en leur disant : « Muhammad a grandi devant vous et fut de tout temps le garçon le plus honnête et le plus digne de confiance. A présent qu’il est devenu adulte et vous apporte un message, vous le qualifiez de mage. Par Dieu ! Ce n’est assurément pas un mage. » Ainsi à chaque fois qu’il promettait une chose, il respectait sa promesse dans les situations les plus délicates et même si cela devait lui coûter énormément. Par exemple il fut convenu, selon une clause de l’accord de Hudaibiyah [passé avec les idolâtres mecquois] que le Prophète s’engageait à renvoyer aux quraish tous les musulmans qui fuiraient la Mecque pour venir chercher refuge à Médine. Il s’en tint, par la suite, rigoureusement à cet engagement et l’appliqua dans des conditions qui affligèrent hautement les musulmans. En matière de chasteté et de piété, il fut également un parfait modèle. Il mena ainsi, en tant que célibataire, une vie éminemment pure, jusqu’à [son mariage], à l’âge de vingt cinq ans, et même ses plus malveillants détracteurs ne purent trouver la moindre tâche sur le tableau immaculé de son caractère…

    Son Sens du Pardon
    Le sens du pardon fut un autre joyau étincelant du caractère du Prophète ; cette vertu ayant trouvé son expression la plus sublime en sa personne. Le Saint Coran lui enjoignit de « tenir fermement au Pardon », ce que le Seigneur lui explicita ainsi : « Quiconque rompt ses relations avec vous, persévérez à renouer vos rapports. Quiconque refuse de vous donner, donnez-lui. Quiconque vous fait du mal, pardonnez-lui. » Ces injonctions ne demeurèrent point, avec le Prophète, lettre morte car il se conforma à ces valeurs sous les situations les plus difficiles. Au cours de la bataille de Uhud, alors qu’il était blessé et tombé à terre, un de ses compagnons lui demanda d’invoquer la malédiction de Dieu sur l’ennemi. Il lui répondit alors : « Je ne suis pas envoyé comme malédiction envers les hommes, mais en tant que [Prophète] pour inviter les hommes vers le bien et à titre de miséricorde. Ô Seigneur ! Accorde la bonne guidée aux gens de mon peuple, car ils ne savent pas… » Un bédouin le frappa un jour et lorsqu’on lui fut demanda par la suite pour quelle raison il pensait qu’on ne lui rendra pas la monnaie de sa pièce, il répondit qu’il savait que le Prophète ne rendait jamais le mal par le mal. Le sens du pardon dont il fit montre à la conquête de la Mecque constitue assurément un exemple sans précédent dans toute l’histoire du monde. Toutes les tentatives imaginables furent entreprises pour détruire l’Islam et ôter la vie à son Prophète. Mais nul reproche ne fut proféré à propos de ces graves méfaits [lorsque les musulmans prirent le dessus]. Un pardon sublime fut étendu même jusqu’à un ennemi comme Abû Sufyan qui fit tout ce qu’il put pour combattre l’Islam, de même qu’à sa femme Hind qui se rendit coupable de la barbarie innommable de mutiler le corps de Hamza [un oncle du Prophète].

    Sa Modestie
    Le Saint Prophète était extraordinairement modeste. Selon lui, la modestie fait partie de la religion, ce que d’ailleurs le Saint Coran confirme. Le Prophète était quelques fois blessé par l’ignorance des autres à son égard mais se gardait d’exprimer une quelconque réprobation ; ce dont le Coran parle en ces termes : «Assurément, [votre manque de savoir-vivre] fait de la peine au Prophète, mais il se gênait de vous le dire. » (33:53) Il ne faisait jamais nommément allusion au travers des autres et préférait exprimer ses remontrances d’une manière générale. Toutefois, en matière religieuse, il ne manquait jamais de préciser lorsque quelqu’un était dans l’erreur. A la disparition de son fils Ibrahim, il y eut une éclipse solaire complète, ce que certains musulmans crédules prirent pour un signe de deuil céleste. Le Prophète n’aima point cette superstition et prononça, plus tard, un sermon pour expliquer qu’une éclipse n’avait rien à voir avec la naissance ou la mort de quiconque.

    Son Affection
    Le Prophète avait un cœur très sensible et rempli d’affection pour son prochain. Son cœur se déchirait souvent de peine en constatant l’état de corruption morale de ses semblables ; ce dont témoigne le Coran en ces termes : « Il se peut que tu te consumes de chagrin parce qu’ils ne sont pas croyants » (26:3) Il prenait un grand intérêt au bien-être de ceux qui le suivaient, priaient pour eux et leur prédit même les malheurs qui leur arrivèrent plus tard et les en consola. S’il recevait une quelconque faveur d’une personne, il ne l’oubliait jamais le reste de sa vie. Ainsi, par fidélité à la mémoire de Khadija, sa première femme, il continuait d’envoyer des dons aux anciennes relations de celle-ci. Lorsqu’une délégation provenant du négus d’Abyssinie arriva à Médine, il veilla personnellement à leur confort. Ses compagnons furent volontaires pour s’occuper entièrement d’eux mais il leur dit qu’il préférait les servir de ses propres mains car ils avaient offert l’asile à ses compagnons durant leur exil [en Abyssinie, en des temps d’épreuves]. Lorsque la fille de Hâtim Tâ’î fut faite prisonnière avec d’autres, il dit que la fille d’un homme aussi généreux ne devrait pas rester prisonnière et tous les autres prisonniers furent ainsi libérés grâce à elle.

    Son respect pour les autres
    Il faisait toujours preuve de beaucoup de considération aussi bien envers les vieux que les jeunes. Il se levait à chaque fois qu’apparaissaient son ancienne nourrice ou sa fille, et leur étendait son propre manteau pour s’asseoir. Il avait également du respect pour sa propre fille. « Respectez vos enfants, » fut une de ses nombreuses recommandations. Il insistait beaucoup sur la grande déférence due à la mère. « Le Paradis se trouve sous les pieds des mères, » disait-il.

    Son Courage
    Tout en étant humble et doux au plus haut degré, il avait le courage des grands héros. Jamais, en aucun moment de sa vie, il ne nourrit une quelconque peur envers ses ennemis. Même quand les mécréants ourdissaient des plans pour prendre sa vie à la Mecque, il continuait de se déplacer sans aucune crainte parmi eux. Même après avoir recommandé à tous ses compagnons d’émigrer de la Mecque, il demeura lui-même sur place, presque seul au milieu de ses ennemis. Même lorsque, au cours de l’hégire, ses poursuivants suivirent ses traces qui les menèrent à l’entrée de la caverne de Thaur, il ne se départit pas de son calme. « Ne t’en fais pas, [Dieu est avec nous]» consola t-il [Abu Bakr] son compagnon. Sur le champ de bataille de Uhud, alors que toute son armée s’était retrouvée piégée et fuyait en déroute, il continuait à rallier à haute voix ses soldats désemparés, sans tenir le moins compte du danger pour sa propre personne. En une autre occasion, alors que le groupe des musulmans s’enfuyait, il avança seul vers l’ennemi, en criant : « Je suis le Messager de Dieu ! » Une nuit que les musulmans redoutaient un assaut, il fut l’un des premiers à assurer la garde de la ville de Médine. Au cours d’un voyage, alors qu’il se reposait seul sous un arbre, un ennemi survint à l’improviste et le surprit. Dégainant son sabre, il lui cria : « Qui peut te sauver en ce moment contre moi ?» Le moins du monde troublé, il lui répondit calmement : « Dieu ». Et, aussi étrange que cela fut, le sabre tomba aussitôt des mains de son ennemi. Reprenant alors le même sabre, le Prophète lui posa la même question à quoi il répondit avec humiliation ; le Prophète le laissa alors partir.

    Son Endurance
    Les biographies du Prophète (la Paix et les Bénédictions de Dieu soient sur lui), aussi bien celles écrites par ses partisans que ses ennemis, sont unanimes dans leur admiration pour sa ferme endurance et sa détermination immuable dans les calamites les plus dures. Le désespoir et l’abattement lui étaient inconnus. Constamment encerclé de tous cotés par de sombres perspectives et une opposition résolue, sa foi au triomphe ultime de la Vérité ne fut jamais un seul moment ébranlée. Les plus violentes tempêtes d’épreuves, de privations et de persécutions ne réussirent pas à le faire reculer un tant soit peu de son objectif. Il usait dans toute la mesure du possible des moyens octroyés par Dieu tout en confiant la bonne fin à Sa Grace. Les retournements de destins les plus inattendus ne purent diminuer son ardeur ou le décourager. Apres le terrible désastre de Uhud, il se remit sans attendre à la poursuite de l’ennemi, le lendemain même. En un mot, sous les circonstances les plus pénibles et dans la dure adversité, son cœur continua de briller de la flamme du triomphe infaillible de la Vérité sur l’erreur…

    • Abdoulaye-garib27 dit :

      maître vous dites
      « Le Prophète pouvait endurer avec sérénité les plus grandes épreuves qui le frappaient mais la peine des autres le touchait énormément. Il demeurait toujours du coté des opprimés et défendait les droits des femmes sur les hommes, ceux des esclaves sur leurs maitres, ceux des gouvernés sur les gouvernants, ceux des sujets sur les souverains…
      Son cœur se déchirait souvent de peine en constatant l’état de corruption morale de ses semblables ; ce dont témoigne le Coran en ces termes :
      « Il se peut que tu te consumes de chagrin parce qu’ils ne sont pas croyants » (26:3)
      S’il recevait une quelconque faveur d’une personne, il ne l’oubliait jamais le reste de sa vie. Ainsi, par fidélité à la mémoire de Khadija, sa première femme, il continuait d’envoyer des dons aux anciennes relations de celle-ci. »
      ——————–
      donc il ne s’agit pas Là de gharib le pécheur… La La La
      il ne s’agit pas Là non d’un Roy dans MUFTiKAL HARAîME… La La La
      mais il s’agit Là du dernier Prophète MOHAMMAD sur Lui Paix et et sur sa famille
      qui a passé toute sa vie dans souffrances sur souffrances, épreuves sur épreuves.
      qui mangeait peu de viande et de poulet !
      ——————–
      traité historique assez bien structuré
      ini baradji cheikh oustaz Modibo Flâdô
      salam A vous et A tous !

  4. Modibo dit :

    « Protocole secret des prophéties »
    Jean de Jérusalem – 1099

    Je vois et je sais.

    Mes yeux découvrent dans le Ciel ce qui sera et je franchis le temps d’un seul pas.
    Une main me guide vers ce que vous ne voyez ni ne savez.

    Mille ans auront passé et Jérusalem ne sera plus la ville des Croisés du Christ.
    Le sable aura enfoui sous ses grains les murailles de nos châteaux, nos armures et nos os. Il aura étouffé nos voix et nos prières.

    Les Chrétiens venus de loin en pèlerins là où étaient leur Droit et leur Foi, n’oseront s’approcher du Tombeau et des Reliques qu’escortés par des Chevaliers Juifs qui auront ici (…) leur Royaume et leur Temple. (1)

    Les Infidèles seront une foule innombrable qui se répandra partout
    et leur foi résonnera comme le tambour d’un bout à l’autre de la Terre. (2)

    Je vois la Terre immense.

    Des continents qu’Hérodote ne nommait que dans ses rêves se seront ajoutés au-delà des grandes forêts dont parle Tacite, et loin au bout de mers illimitées qui commencent après les Colonnes d’Hercule. (3)

    Mille ans auront passé depuis le temps que nous vivons et les fiefs se seront partout rassemblés en de grands royaumes et de vastes empires.

    Des guerres aussi nombreuses que les mailles de la cotte que portent les Chevaliers de l’Ordre se seront entrecroisées, défaisant les royaumes et les empires, en tissant d’autres. (4)

    Et les serfs, les manants, les pauvres sans feu se seront mille fois révoltés, brûlant les récoltes, les châteaux et les villes, jusqu’à ce qu’on les écorche vifs et qu’on force les survivants à rentrer dans leurs tanières.

    Ils se seront crus Rois. (5)

    Mille ans auront passé et l’homme aura gagné le fond des mers et des cieux
    et il sera comme une étoile au firmament.

    Il aura acquis la puissance du soleil et il se sera pris pour Dieu,
    bâtissant sur l’immense terre mille tours de Babel. (6)

    Il aura construit des murs sur les ruines de ceux qu’avaient élevés les Empereurs de Rome, et ils sépareront une nouvelle fois des Légions et des Tribus Barbares.

    Au-delà des grandes forêts sera un Empire.
    Quand les murs s’effondreront l’Empire ne sera plus qu’une eau boueuse.
    Les peuples seront une nouvelle fois mêlés. (7)

    Alors commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille.

    Je vois et je sais ce qu’il sera.
    Je suis le scribe.

    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille l’homme sera devant la bouche d’ombre d’un labyrinthe obscur.
    Et je vois au fond de cette nuit dans laquelle il va s’enfoncer les yeux rouges du Minotaure.

    Prends garde à sa fureur cruelle, toi qui vivras l’An Mille qui vient après l’An Mille.

    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après L’An Mille…

    1
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    L’Or sera dans le Sang
    Qui regardera les étoiles y comptera des deniers
    Qui entrera dans le Temple y rencontrera les marchands
    Les Souverains seront changeurs et usuriers
    Le Glaive défendra le Serpent

    Mais le feu couvera
    Chaque ville sera Sodome et Gomorrhe
    Et les enfants des enfants deviendront la nuée ardente
    Ils lèveront les vieux étendards

    2
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    L’Homme aura peuplé les Cieux et la Terre et les Mers de ses Créatures
    Il ordonnera
    Il voudra les pouvoirs de Dieu
    Il ne connaîtra aucune limite

    Mais chaque chose se retournera
    Il titubera comme un roi ivre
    Il galopera comme un chevalier aveugle
    Et à coup d’éperon il poussera sa monture dans la forêt
    Au bout du chemin sera l’abîme
    3
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Se dresseront en tous points de la Terre des Tours de Babel
    Ce sera Rome et ce sera Byzance
    Les champs se videront
    Il n’y aura de loi que de soi et de sa bande

    Mais les Barbares seront dans la ville
    Il n’y aura plus de pain pour tous
    Et les jeux ne suffiront plus
    Alors les gens sans avenir
    Allumeront les grands incendies

    4
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    La faim serrera le ventre de tant d’hommes
    Et le froid bleuira tant de mains
    Que ceux-là voudront voir un autre monde
    Et des marchands d’illusions viendront qui proposeront le poison

    Mais il détruira les corps et pourrira les âmes
    Et ceux-là qui auront mêlé le poison à leur sang
    Seront comme bête sauvage prise au piège
    Et tueront et violeront et rançonneront et voleront
    Et la vie deviendra une apocalypse de chaque jour

    5
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Chacun cherchera à jouir tout ce qu’il peut
    L’Homme répudiera son épouse autant de fois qu’il se mariera
    Et la femme ira par les chemins perdus (creux) prenant celui qui lui plaira
    Enfantant sans donner le nom du Père

    Mais aucun Maître ne guidera l’Enfant
    Et chacun parmi les autres sera seul
    La tradition sera perdue
    La loi sera oubliée
    Comme si l’Annonce n’avait pas été faite et l’homme redeviendra sauvage

    6
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Le père prendra son plaisir avec sa fille
    L’homme avec l’homme la femme avec la femme
    Le vieux avec l’enfant impubère
    Et cela sera aux yeux de tous

    Mais le sang deviendra impur
    Le mal se répandra de lit en lit
    Le corps accueillera toutes les putréfactions de la terre
    Les visages seront rongés les membres décharnés
    L’amour sera haute menace pour ceux qui ne se connaissent que par la chair

    7
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Celui qui parlera de Serment et de Loi
    Ne sera pas entendu
    Celui qui prêchera la Foi du Christ
    Perdra sa voix dans le désert

    Mais partout se répandra les eaux puissantes des religions infidèles
    De faux messies rassembleront les hommes aveuglés
    Et l’infidèle armé sera comme jamais il ne fut
    Il parlera de justice et de droit et sa foi sera brûlante et tranchante
    Il se vengera de la Croisade

    8
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Le bruit de la mort donnée roulera comme l’orage sur la terre
    Les barbares seront mêlés aux soldats des dernières légions
    Les Infidèles vivront dans le cœur des Villes Saintes
    Chacun sera tour à tour barbare, infidèle et sauvage

    Il n’y aura plus d’ordre ni de règle
    La haine se répandra comme la flamme dans la forêt sèche
    Les barbares massacreront les soldats
    Les infidèles égorgeront les croyants
    La sauvagerie sera de chacun et de tous et les villes périront

    9
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Les hommes se jugeront entre eux selon leur sang et leur foi
    Nul n’écoutera le cœur souffrant des enfants
    On les dénichera comme des oisillons
    Et personne ne saura les protéger de la main raidie par le gantelet

    La haine inondera les terres qui se croyaient pacifiées
    Et nul ne sera épargné ni les vieux ni les blessés
    Les maisons seront détruites ou volées
    Les uns prendront la place des autres
    Chacun fermera les yeux pour ne pas voir les femmes violées

    10
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Chacun saura ce qui est en tous les lieux de la terre
    On verra l’enfant dont les os percent la peau
    Et celui dont les yeux sont couverts de mouches
    Et celui qu’on pourchasse comme un rat

    Mais l’homme qui verra détournera la tête
    Car il ne se souciera que de lui
    Celui-là donnera une poignée de grains comme aumône
    Alors qu’il dort sur des sacs pleins
    Et ce qu’il donnera d’une main il le reprendra de l’autre

    11
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    L’homme fera marchandise de tout
    Chaque chose aura son prix
    L’arbre l’eau et l’animal
    Plus rien ne sera vraiment donné et tout sera vendu

    Mais l’homme alors ne sera plus que poids de chair
    On troquera son corps comme un quartier de viande
    On prendra son œil et son cœur
    Rien ne sera sacré ni sa vie ni son âme
    On se disputera sa dépouille et son sang comme une charogne à dépecer

    12
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    L’homme aura changé le visage de la terre
    Il se voudra le Maître et le Souverain des forêts et des troupeaux
    Il aura creusé le sol et le ciel
    Et tracé son sillon dans les fleuves et les mers

    Mais la terre sera nue et stérile
    L’Air deviendra brûlant et l’eau sera fétide
    La vie se fanera car l’homme épuisera la richesse du monde
    Et l’homme sera seul comme un loup
    Dans la haine de lui

    13
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    L’enfant sera lui aussi vendu
    Certains se serviront de lui comme d’une quintaine
    Pour jouir de sa neuve peau
    D’autres le traiteront comme un animal servile

    On oubliera la faiblesse sacrée de l’enfant
    Et son mystère
    Il sera comme un poulain qu’on dresse
    Comme un agneau qu’on saigne qu’on abat
    Et l’homme ne sera plus rien que barbarie

    14
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Le regard et l’esprit des hommes seront prisonniers
    Ils seront ivres et l’ignoreront
    Ils prendront les images et les reflets pour la vérité du monde
    On fera d’eux ce que l’on fait d’un mouton

    Alors les carnassiers viendront
    Les rapaces les mettront en troupeau pour mieux les guider vers l’abîme
    Et les dresser les uns contre les autres
    On les écorchera pour prendre leur laine et leur peau
    Et l’homme s’il survit sera dépouillé de son âme

    15
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Régnerons des Souverains sans croyance
    Ils ordonneront aux foules humaines innocentes et passives
    Ils cacheront leurs visages et garderont leurs noms secrets
    Et leurs châteaux forts seront perdus dans les forêts

    Mais ils décideront du sort de tout et de tous
    Personne ne participera aux assemblées de leur ordre
    Chacun sera vrai serf et se croira homme libre et chevalier
    Seuls se dresseront ceux des villes sauvages et des fois hérétiques
    Mais ils seront d’abord vaincus et brûlés vifs

    16
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Les hommes seront si nombreux sur les terres
    Qu’ils ressembleront à une fourmilière dans laquelle on enfonce le bâton
    Ils grouilleront et la mort les écrasera du talon
    Comme des insectes affolés

    De grands mouvements les pousseront d’une contrée à l’autre
    Les peaux brunes se mêleront aux peaux blanches
    La Foi du Christ à celle de l’Infidèle
    Certains prêcheront la paix jurée
    Mais partout ce sera la guerre des tribus ennemies

    17
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Les hommes voudront franchir toutes les enceintes
    La mère aura les cheveux gris d’une vieille
    Le chemin de la nature sera abandonné
    Et les familles seront comme des grains séparés que rien ne peut unir

    Ce sera donc un autre monde
    Chacun errera sans lien comme un cheval emballé
    Allant en tout sens sans guide
    Malheur au chevalier qui chevauchera cette monture
    Il sera sans étrier et chutera dans le fossé

    18
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Les hommes ne s’en remettront plus à la loi de Dieu
    Mais voudront guider leur vie comme une monture
    Ils voudront choisir leurs enfants dans le ventre de leurs femmes
    Et tueront ceux qu’ils n’aimeront pas

    Mais que sera l’homme qui se prendra ainsi pour Dieu ?
    Les Puissants se saisiront des meilleures terres et des plus belles femmes
    Les pauvres et les faibles seront du bétail
    Chaque masure deviendra donjon
    La peur sera en chaque cœur comme un poison

    19
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Un ordre noir et secret aura surgi
    Sa loi sera de haine et son arme le poison
    Il voudra toujours plus d’or et étendra son règne sur toute la terre
    Et ses servants seront liés entre eux par un baiser de sang

    Les hommes justes et les faibles subiront sa règle
    Les Puissants se mettront à son service
    La seule loi sera celle qu’il dictera dans l’ombre
    Il vendra le poison jusque dans les églises
    Et le monde marchera avec ce scorpion sous son talon

    20
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Bien des hommes resteront assis les bras croisés
    Ou bien iront sans savoir où les yeux vides
    Car ils n’auront plus de forge où battre le métal
    Et plus de champ à cultiver

    Ils seront comme une graine qui ne peut prendre racine
    Errants et démunis humiliés et désespérés
    Les plus jeunes et les plus vieux souvent sans lieux
    Ils n’auront que la guerre pour salut
    Et ils se combattront d’abord eux-mêmes et ils haïront leur vie

    21
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Les maladies de l’eau du ciel et de la Terre
    Frapperont l’homme et le menaceront
    Il voudra faire renaître ce qu’il a détruit et protéger ce qui demeure
    Il aura peur des jours qui viennent

    Mais il sera bien tard
    Le désert rongera la terre et l’eau sera de plus en plus profonde
    Elle ruissellera certains jours en emportant tout comme un déluge
    Et elle manquera le lendemain à la terre
    Et l’air rongera le corps des plus faibles

    22
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    La terre tremblera en plusieurs lieux et les villes s’effondreront
    Tout ce que l’on aura construit sans écouter les sages
    Sera menacé et détruit
    La boue submergera les villages et le sol s’ouvrira sous les Palais

    L’homme s’obstinera car l’orgueil est sa folie
    Il n’entendra pas l’avertissement répété de la terre
    Mais l’incendie détruira les nouvelles Rome
    Et dans les décombres accumulés
    Les pauvres et les barbares pilleront malgré les Légions les richesses abandonnées

    23
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Le soleil brûlera la terre
    L’Air ne sera plus le voile qui protège du feu
    Il ne sera qu’un rideau troué
    Et la lumière brûlante rongera les peaux et les yeux

    La mer s’élèvera comme une eau qui bout
    Les villes et les rivages seront ensevelies
    Et des continents entiers disparaîtront
    Les hommes se réfugieront sur les hauteurs
    Et ils reconstruiront oubliant déjà ce qui est survenu

    24
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Les hommes sauront faire vivre des mirages
    Les sens seront trompés et ils croiront toucher ce qui n’est pas
    Ils suivront des chemins que seuls les yeux verront
    Et le rêve pourra ainsi devenir vivant

    Mais l’homme ne saura plus séparer ce qui est de ce qui n’est pas
    Il se perdra dans de faux labyrinthes
    Ceux qui sauront faire naître des mirages
    Se joueront de l’homme naïf en le trompant
    Et beaucoup d’hommes deviendront des chiens rampants

    25
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Les animaux que Noé avait embarqués sur son Arche
    Ne seront plus entre les mains de l’Homme
    Que bêtes transformées selon sa volonté
    Et qui se souciera de leur souffrance vivante?

    L’homme aura fait de chaque espèce ce qu’il aura voulu
    Et il en aura détruit d’innombrables
    Que sera devenu l’homme qui aura changé les lois de la vie
    Qui aura fait de l’animal vivant une motte de glaise
    Sera-t-il l’égal de Dieu ou l’enfant du Diable?

    26
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Il faudra avoir peur pour l’enfant de l’homme
    Le poison et le désespoir le guetteront
    On ne l’aura désiré que pour soi et non pour lui ou pour le monde
    Il sera traqué pour le plaisir et parfois on vendra son corps

    Mais même celui qui sera protégé par les siens
    Sera menacé d’avoir l’esprit mort
    Il vivra dans le jeu et le mirage
    Qui le guidera puisqu’il n’y aura plus maître
    Personne ne lui aura enseigné à espérer et à agir

    27
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    L’homme se croira Dieu alors qu’il ne sera rien de plus qu’à sa naissance
    Il frappera toujours vaincu par la colère et la jalousie
    Mais son bras sera armé de la puissance dont il se sera emparé
    Et Prométhée aveuglé il pourra tout détruire autour de lui

    Il restera un nain de l’âme et il aura la force d’un géant
    Il avancera d’un pas immense mais il ignorera quel chemin prendre
    Sa tête sera lourde de savoir
    Mais il ne saura pas pourquoi il vit et il meurt
    Il sera comme toujours le fou qui gesticule ou l’enfant qui geint

    28
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Des contrées entières seront la proie de la guerre
    Au-delà du limès romain et même sur l’ancien territoire de l’Empire
    Les hommes des mêmes cités s’égorgeront
    Ici sera la guerre entre tribus et là entre croyants

    Les Juifs et les enfants d’Allah n’en finiront pas de s’opposer
    Et la terre du Christ sera leur champ de bataille
    Mais les infidèles voudront partout défendre la pureté de leur foi
    Et il n’y aura en face d’eux que doute et puissance
    Alors la mort s’avancera partout comme l’étendard des temps nouveaux

    29
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Des hommes en multitude seront exclus de la vie humaine
    Ils n’auront ni droits ni toit ni pain
    Ils seront nus et n’auront que leurs corps à vendre
    On les rejettera loin des tours de Babel de l’opulence

    Ils grouilleront comme un remords et une menace
    Ils occuperont des contrées entières et prolifèreront
    Ils écouteront les prédications de la vengeance
    Et ils se lanceront à l’assaut des tours orgueilleuses
    Le temps sera revenu des invasions barbares

    30
    Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
    L’homme sera entré dans le labyrinthe obscur
    Il aura peur et il fermera les yeux car il ne saura plus voir
    Il se défiera de tout et il craindra à chaque pas
    Mais il sera poussé en avant car aucune halte ne sera permise

    La voix de Cassandre sera pourtant haute et forte
    Il ne l’entendra pas
    Car il voudra toujours plus posséder et sa tête sera perdue dans les mirages
    Ceux qui seront ses Maîtres le tromperont
    Et il n’y aura que des mauvais bergers

    Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille

    31
    Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Les hommes auront enfin ouvert les yeux
    Ils ne seront plus enfermés dans leurs têtes et dans leurs cités
    Ils se verront et s’entendront d’un point à l’autre de la terre
    Ils sauront que ce qui frappe l’un blesse l’autre

    Les hommes formeront comme un grand corps unique
    Dont chacun d’eux sera une part infime
    Et ils constitueront ensemble le cœur
    Et il y aura enfin une langue qui sera parlée par tous
    Et il naîtra ainsi enfin le grand humain

    32
    Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
    L’homme aura conquis le ciel
    Il créera des étoiles dans la grande mer bleu sombre
    Et il naviguera sur cette nef brillante
    Nouvel Ulysse compagnon du Soleil pour l’Odyssée Céleste

    33
    Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Les hommes pourront s’enfoncer sous les eaux
    Leur corps sera nouveau et ils seront poissons
    Et certains voleront haut plus haut que les oiseaux
    Comme si la pierre ne tombait pas

    Ils communiqueront entre eux
    Car leur esprit sera si grand ouvert qu’il recueillera tous les messages
    Et les rêves seront partagés
    Et ils vivront aussi longtemps que le plus vieux des hommes
    Celui dont parle les Livres Saints

    34
    Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
    L’homme saura quel est l’esprit de toute chose
    La pierre ou l’eau le corps de l’animal ou le regard de l’autre
    Il aura percé les secrets que les Dieux anciens possédaient
    Et il poussera porte après porte dans le labyrinthe de la vie nouvelle

    Il créera avec la puissance et le jaillissement d’une source
    Il enseignera le savoir à la multitude des hommes
    Et les enfants connaîtront la terre et le ciel plus qu’aucun avant eux
    Et le corps de l’homme sera agrandi et habile
    Et son esprit aura enveloppé toutes choses et les aura possédées

    35
    Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
    L’homme ne sera plus le seul souverain car la femme viendra saisir le sceptre
    Elle sera la grande maîtresse des temps futurs
    Et ce qu’elle pensera elle l’imposera aux hommes
    Elle sera la mère de cet An Mille qui vient après l’An Mille

    Elle répandra la douceur tiède de la mère après les jours du Diable
    Elles sera la beauté après la laideur des temps barbares
    L’An Mille qui vient après l’An Mille se changera en temps léger
    On aimera et on partagera
    On rêvera et on enfantera les rêves

    36
    Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
    L’homme connaîtra une seconde naissance
    L’Esprit saisira la foule des hommes
    Qui communieront dans la fraternité
    Alors s’annoncera la fin des temps barbares

    Ce sera le temps d’une nouvelle vigueur de la Foi
    Après les jours noirs du commencement de l’An Mille qui vient après l’An Mille
    S’ouvriront des jours heureux
    L’homme retrouvera le chemin des hommes
    Et la terre sera ordonnée

    37
    Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Des voies iront d’un bout à l’autre de la terre et du ciel à l’autre bout
    Les forêts seront à nouveau denses
    Et les déserts auront été irrigués
    Les eaux seront redevenues pures

    La terre sera comme un jardin
    L’Homme veillera sur tout ce qui vit
    Il purifiera ce qu’il a souillé
    Il sentira toute la terre comme sa demeure
    Et il sera sage pensant aux lendemains

    38
    Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
    Chacun sera comme un pas réglé
    On saura tout du monde et de son corps
    On soignera la maladie avant qu’elle n’apparaisse
    Chacun sera guérisseur de soi et des autres

    On aura compris qu’il faut aider pour maintenir
    Et l’homme après des temps de fermeture et d’avarice
    Ouvrira son cœur et sa bourse aux plus démunis
    Il se sentira chevalier de l’ordre humain
    Et ainsi ce sera un temps nouveau qui commencera

    39
    Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
    L’homme aura appris à donner et à partager
    Les jours amers de solitude seront enfouis
    Il croira à nouveau à l’Esprit
    Et les barbares auront acquis droit de cité

    Mais cela viendra après les guerres et les incendies
    Cela surgira des décombres noircies des tours de Babel
    Et il aura fallu la poigne ferrée
    Pour que s’ordonne le désordre
    Et que l’homme retrouve le bon chemin

    40
    Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
    L’homme saura que tous les vivants sont porteurs de lumière
    Et qu’ils sont créatures à respecter
    Il aura construit les nouvelles cités
    Dans le ciel sur la terre et sur la mer

    Il aura la mémoire de ce qui fut
    Et il saura lire ce qui sera
    Il n’aura plus peur de sa propre mort
    Car il aura dans sa vie vécu plusieurs vies
    Et la Lumière il le saura ne sera jamais éteinte

    • Abdoulaye-garib27 dit :

      text plein de sagesse et très philosophique
      salam alkm grand oustaz Modibo ini baradji !
      texte plein de lumière et très philosophique

  5. Modibo dit :

    Les mérites de l’évocation d’Allah
    Le mérite le plus important de l’évocation d’Allah est l’éloignement du diable. En effet, lorsque nous louons Notre Seigneur, l’ennemi d’Allah s’éloigne de nous. À ce sujet, le Messager d’Allah (‘alayhi salat wa salam) a dit dans un hadith rapporté par At-Tirmidhy : « Je vous recommande d’invoquer le Nom d’Allah. L’image de l’invocateur est celle d’un homme que des ennemis pourchassent à grande vitesse, mais qui arrive tout de même à se mettre à l’abri dans une forteresse ; de même le serviteur ne peut se mettre à l’abri de Satan que par le dhikr d’Allah. » Éloignons nous de Satan le banni en invoquant le Nom de notre Seigneur d’autant plus qu’il n’y a pas plus simple que cela sobhanAllah !

    De plus, lorsque nous évoquons Allah, nous nous protégeons du châtiment d’Allah car il est Très Miséricordieux mais Il est également dur en punition. En effet, Mu’adh ibn Jabal (qu’Allah l’agrée) a dit : « L’Envoyé d’Allah (‘alayhi salat wa salam) a dit : « Pour se sauver du châtiment d’Allah, le fils d’Adam n’accomplit pas une œuvre plus salutaire que le dhikr d’Allah » ». En évoquant Notre Seigneur, nous nous protégeons de Sa Punition : n’est ce pas un mérite des plus spectaculaires ?

    Par ailleurs, l’évocation de notre Créateur est un acte qu’Allah apprécie. Ainsi, lorsque nous invoquons Allah, Il nous élève en degrés comme le rapporte At-Tirmidhy. En effet, Mu’adh (qu’Allah l’agrée) a entendu le Messager d’Allah (‘alayhi salat wa salam) dire : « Ne vous enseignerais-je pas la meilleure des œuvres que vous pouvez accomplir et la plus pure d’entre elles au regard de votre Souverain, celle qui constitue le plus haut degré que vous pouvez atteindre et qui sera pour vous préférable que le don d’or et d’argent, celle qui vaudra mieux pour vous que d’affronter vos ennemis et les frapper à la nuque ou de recevoir d’eux des coups sur la nuque ? – Certes, ô Envoyé d’Allah ! Répondirent les Compagnons. – Le dhikr d’Allah » conclut le Prophète (‘alayhi salat wa salam).

    Les bienfaits de l’évocation d’Allah
    Les avantages de l’évocation d’Allah sont nombreux, nous n’en citerons que quelques uns incha Allah. Parmi ces avantages, il faut savoir que lorsque nous invoquons notre Seigneur, Il nous invoque en retour. En effet, Le Très Haut dit : {Invoquez-Moi, Je vous invoquerai.} (Sourate 2 : Verset 152). Ce bienfait est tellement beau macha Allah ! Il nous suffit d’invoquer Notre Seigneur pour qu’Il nous invoque ! De même, le Messager d’Allah (‘alayhi salat wa salam) relate cette parole de Notre Créateur : « Celui qui M’invoque en lui-même, Je l’invoque en Moi-même et celui qui M’invoque dans une assemblée, Je l’invoque dans une assemblée meilleure. » Macha Allah ! Quelle meilleure invocation que celle de Notre Seigneur ?

    De plus, lorsque nous louons Allah, Il nous accorde des dons plus importants que ceux qui les demandent. En effet, ‘Umar ibn Al-Khattab (qu’Allah l’agrée) rapporte que l’Envoyé d’Allah (‘alayhi salat wa salam) a dit : « Celui qui s’occupe tellement de l’invocation de Mon Nom au point que cela le distrait de Me demander ce qu’il veut, Je lui donne mieux que ce que Je donne aux demandeurs. » Et Allah est le Très Généreux et le Très Miséricordieux. Les dons de notre Seigneur sont un bienfait non négligeable macha Allah.

    Par ailleurs, celui qui invoque Allah aura des bienfaits au Paradis incha Allah. At-Tirmidhy rapporte que Jabir (qu’Allah l’agrée) a entendu le Messager d’Allah (‘alayhi salat wa salam) dire : « Celui qui dit : « Gloire à Allah et louange à Lui », aura au Paradis un palmier planté à son intention. » Macha Allah ! En invoquant notre Seigneur, Allah nous accorde des bienfaits au Paradis ! Invoquons-Le, Il est le Très Clément et le Très Généreux. Louons notre Créateur qui par Sa Grâce, nous accorde Ses Bienfaits !

    Qu’Allah nous permette de l’invoquer aussi longtemps que nous vivrons. Qu’Il nous récompense dans l’au delà pour avoir glorifié Son Nom.

  6. Modibo dit :

    Un des premiers points qu’il convient d’évoquer lorsque l’on traite de la mystique est celui de la diversité des prédispositions et des vocations :

    « La conception de Dieu diffère selon les individus : un philosophe ne L’envisage pas de la même manière que l’homme de la rue. Le Prophète Muhammad admirait la ferveur de la foi des gens simples, et donnait souvent l’exemple de ‘‘la foi des vieilles femmes’’, inébranlable et pleine de conviction sincère. La jolie petite histoire de l’éléphant et du groupe d’aveugles est bien connue : Ils n’avaient jamais entendu parler d’un éléphant. A son arrivée, un jour dans leur village, chacun d’eux s’approcha de l’étrange animal.

    Quelqu’un parvint à mettre la main sur sa trompe, l’autre sur son oreille, un autre sur sa patte, un quatrième sur sa queue, etc. Au retour, ils échangèrent leurs impressions et chacun décrivit l’éléphant à sa façon et selon son expérience personnelle, à savoir que l’éléphant était comme une colonne courbée (trompe), comme une aile (oreille), comme une pierre polie (défenses), mince et cylindrique (queue)…Chacun avait raison mais aucun ne savait toute la vérité, laquelle était au-delà de leurs capacités perceptives.

    Si nous remplaçons les aveugles de cette parabole par les chercheurs du Dieu invisible, nous pouvons facilement nous rendre compte de la véracité relative des expériences individuelles. Un certain mystique du début de l’Islam remarquait : ‘‘Il y a une vérité sur Dieu connue des hommes de la rue, une autre connue des initiés, une autre propre aux prophètes inspirés, et une autre, enfin, connue de Dieu seul.’’

    Dans l’exposé donné plus haut, attribué au Prophète Muhammad, il y a assez d’élasticité pour satisfaire aux besoins des différentes catégories d’hommes, des gens instruits comme des ignorants, des intelligents comme des simples, des poètes, des artistes, des juristes, des théologiens et de tout le reste. » (Initiation à l’Islam, § 135)

    La parabole de l’éléphant et du groupe d’aveugles – citée par Ghazâlî et Rûmî entre autres – souligne la relativité de la connaissance humaine. Dans ce paragraphe, M. Hamidullah invite donc son lecteur à prendre conscience des limites de sa connaissance et a fortiori de sa connaissance de Dieu. Dans ce domaine, les hommes sont diversement disposés et le Prophète a clairement établi une hiérarchie spirituelle entre eux :

    D’après Ibn ‘Abbâs : « Le bas monde est illicite pour les gens de l’Au-delà, l’Au-delà est illicite pour les gens du bas monde, et les deux – bas monde et Au-delà – sont illicites pour les gens de Dieu. »
    (Cité par Daylamî. Hadith valide)

    De même, le Coran[1] établit une hiérarchie équivalente en distinguant trois catégories d’hommes :

    – ‘‘les gens de la gauche’’ (ashâb al-mach’ama) qui sont voués à l’Enfer : ils sont « nombreux parmi les premières générations et nombreux parmi les dernières générations. »
    – ‘‘les gens de la droite’’ (ashâb al-maymana) lesquels sont promis au Paradis : ils sont « nombreux parmi les premières générations et nombreux parmi les dernières générations. »
    – ‘‘les Précesseurs’’ (al-sâbiqûn) dont le Coran nous dit qu’ils sont les ‘‘Rapprochés de Dieu’’ (al-muqarrabûn) : ils sont « une multitude parmi les premières générations et rares parmi les dernières générations. »
    Les initiés dont parlent M. Hamidullah sont les mystiques de l’Islam et ils sont désignés dans le hadith précédent par l’expression ‘‘gens de Dieu’’ (ahl Allâh) et dans le Coran par ‘‘Rapprochés de Dieu’’.

    * * *

    A la lecture du paragraphe précédent, on peut s’interroger sur la nature de la proximité de Dieu dont parlent le Coran et le Hadith :
    « Les questions de ce domaine sont du ressort du mysticisme[2]. L’équivalent de ce terme en Islam a plusieurs synonymes :
    – Ihsân : Le Prophète l’a défini dans les termes suivants : ‘‘L’Ihsân (ou embellissement de tout) est que tu adores Dieu comme si tu le voyais…’’
    – Qurb : ou rapprochement avec le Seigneur.
    – Tarîqa : ou chemin du voyage vers Dieu.
    – Sulûk ; ou voyage vers Dieu.
    – Tasawwuf : qui signifie étymologiquement ‘‘se vêtir de lainage’’. Ce dernier terme est devenu on ne sait pourquoi le plus courant.

    Il est exact que les mystiques musulmans – tout comme ceux d’autres civilisations – n’aiment pas divulguer leurs pratiques et leurs particularités en dehors du cercle restreint de leurs disciples ou confrères. Non pas qu’il y ait là des secrets scandaleux, mais probablement parce que les gens du commun ne comprennent pas pourquoi on se donne de la peine, « inutilement », en renonçant à bien des choses délicieuses de la vie, et aussi parce qu’ils n’ajoutent pas foi aux expériences personnelles mystiques. Donc, mieux vaut cacher tout cela à ceux qui n’ont pas la capacité de l’apprécier. Incidemment, il arrive que le secret et le mystère entourant une chose la rende plus chère aux yeux de ceux qui, tout en l’ignorant, la cherchent. »
    (Initiation à l’Islam, § 201-202)

    L’attitude des mystiques de l’Islam est celle que recommanda le Prophète lorsqu’il enjoignit les Compagnons à ne pas dépasser les capacités de compréhension de leur entourage :

    D’après ‘Alî b. Abî Tâlib : « Parlez aux gens en fonction de leur connaissance : aimeriez-vous que l’on traite Dieu et Son Envoyé de mensonge ? »
    (Cité par Bukhârî. Hadith authentique)

    La connaissance spirituelle dont jouissent les mystiques n’est évidemment pas le fruit d’une étude ou d’un apprentissage : elle résulte d’une inspiration que Dieu octroie au cœur qui, s’étant purifié, est devenu capable de recevoir une lumière divine :

    « Il y a aussi l’ilham, que nous pouvons traduire par ‘‘inspiration divine’’. Des choses sont suggérées au cœur (esprit) d’un homme dont l’âme est suffisamment développée dans les vertus de justice, de charité, de désintéressement, de bienveillance envers autrui. Les saints de toutes les époques, de tous les pays ont joui de cette grâce. Lorsque quelqu’un se consacre à Dieu et cherche à s’oublier, il y a des moments, de très courte durée certes, où la présence divine brille comme un éclair, état dans lequel on comprend sans effort ce qu’aucun effort n’aurait réussi à faire comprendre. L’esprit humain – ou son cœur, comme disaient les anciens – est ainsi éclairé et, par conséquent, il a un sentiment de certitude, de contentement et de prise de conscience de la vérité. C’est Dieu qui le guide et le contrôle dans ses pensées tout comme dans ses actions… »
    (Initiation, § 141)

    Pour tenter de définir simplement en quoi consiste la voie mystique en Islam, Hamidullah s’exprime en dans termes suivants :

    « Faute d’un meilleur terme, on peut dire que le mysticisme est la méthode du meilleur comportement individuel : la façon dont on acquiert le contrôle de soi-même, la sincérité, la réalisation de la présence constante de Dieu dans nos actes comme dans nos pensées, un effort pour aimer Dieu, toujours davantage. »
    (Initiation,§ 207)

    Cette façon de s’exprimer est très proche de ce qu’a dit Ghazâlî[3] de la voie mystique :

    « Je suis resté en retraite dix ans : j’eus, durant cette période, le dévoilement de choses innombrables. Il me suffira de déclarer que les Soufis cheminent dans la seule Voie qui mène à Dieu le Très-Haut : leur chemin est le meilleur des chemins et leur voie la meilleure des voies. Ils se comportent de la manière la plus pure…

    Leurs actions comme leur repos, intérieurement comme extérieurement, sont tirés de la source de la lumière prophétique ; il n’y a point d’autre lumière à la surface de la terre pour s’éclairer. »
    (Munqidh, p.100)

    Afin de saisir ce que peut être une ‘‘illumination intérieure’’, Hamidullah cite Walî Allâh al-Dihlawî (m. 1762)[4] :

    « Parlant des ‘‘secrets de la prière’’, le grand mystique Wali Allah ad Dihlawîy s’exprime ainsi :

    « Sache que l’homme est parfois enlevé comme un éclair auprès de l’enceinte de la sainteté (présence divine), et se trouve adhérent, avec le plus grand attachement possible, au seuil de Dieu. Là, descendent sur cet homme des transfigurations divines, qui dominent son âme. Il y voit et sent des choses que la langue humaine est incapable de décrire. L’état-éclair une fois passé, l’homme revient à sa condition précédente, et se trouve tourmenté par cette perte de l’extase.

    Il essaie donc de rejoindre ce qui lui échappait, et il se met dans sa condition d’ici-bas, la plus proche de la condition d’absorption dans la connaissance de Dieu. C’est la condition du respect, du dévouement et de la conversation presque directe avec Dieu, condition qu’accompagnent les gestes ainsi que les paroles appropriées. La prière consiste essentiellement entre trois éléments : d’abord le sentiment d’humilité devant la présence majestueuse de Dieu, ensuite la reconnaissance de cette supériorité divine et humilité humaine, par des paroles convenables, et enfin l’adoption pour son corps et tous ses organes de la posture de respect nécessaire…

    Pour rendre hommage à quelqu’un, on se lève et l’on se tourne vers l’objet de son respect et de son invocation. Plus respectueux encore, l’homme s’incline et baisse la tête par révérence… le faîte et le sommet de l’humilité est de baisser la tête – qui concentre, en son plus haut degré, le « moi » de la conscience – si bien qu’elle touche le sol devant l’objet du respect… Comme l’homme n’atteint l’apogée de son évolution spirituelle que graduellement, il est évident qu’une telle ascension doit traverser ces trois étapes : une prière complète comportera les trois postures à savoir : rester debout, s’incliner et poser le front sur le sol en présence de Dieu – tout cela pour acquérir l’évolution nécessaire de l’âme, en vue de sentir la sublimité divine et l’humilité devant Dieu » (Hujjatallah al-Bâlighat, tome 1, § Secrets de la prière). »

  7. Modibo dit :

    On parle couramment et avec raison des chrétiens syriaques à l’origine de l’essor de la philosophie musulmane. Mais en retour, d’immenses penseurs comme Fârâbî ou Avicenne les ont influencés dans l’élaboration de la théologie chrétienne quand ils devaient se défendre de polythéisme et autres horreurs, au sujet de la Trinité et de l’Incarnation. Ainsi certaines définitions trinitaires ont pu être inspirées par des musulmans ayant beaucoup travaillé sur des écrits néo-platoniciens, ou bien s’étant abreuvés à la même source plotinienne, ont élaboré dans leurs débats, des définitions de la déité, assez proches, bien qu’adaptées à leurs religions respectives :

    Une façon très fréquente de présenter la Trinité chez les auteurs nestoriens est celle qui considère les trois hypostases comme « l’Intelligence, l’Intelligent et l’Objet de l’Intelligence ( ‘aql, ‘âqil, ma’qûl). Selon cette conception, Dieu est considéré comme l’Intelligence suprême; cette intelligence doit s’exercer et avoir un objet qui soit digne d’elle, c’est-à-dire que Dieu seul peut être cet objet. On obtient ainsi les trois termes envisagés. Le jacobite Yahyâ ibn ‘Adî est le premier auteur chrétien connu à avoir défini ainsi la Trinité, tandis qu’à la même époque – ou même antérieurement à lui – Fârâbî affirmait dans les mêmes termes que Dieu était à la fois intelligence, intelligent et objet d’intelligence. Par la suite, tous les auteurs nestoriens qui ont parlé de la Trinité ont repris cette explication, au point qu’un auteur qui ne l’emploie pas a de bonnes chances d’être antérieur au dixième siècle.

    Tout cela rappelle fort la triade Intelligence, Intelligible, Intelligé de Plotin, en plus de sa conception de trois hypostases :

    Retrouver l’origine de l’image antérieurement à Fârâbî et Yahyâ b. ‘Adî n’est pas chose aisée. Il faut la replacer dans le cadre des spéculations sur l’intelligence et la connaissance divines qui étaient nombreuses depuis l’Antiquité. Elle doit être certainement être cherchée dans le milieu encore peu connu des philosophes et traducteurs chrétiens qui cultivaient Aristote et les néoplatoniciens et dans lequel furent traduits et adaptés les textes si importants pour le développement ultérieur de la philosophie arabe que sont la Pseudo-Théologie d’Aristote et le Livre du Bien pur de Proclus.

    Pour Aristote, dans le célèbre passage de sa Métaphysique (L9), Dieu pense et ne peut penser qu’un objet aussi élevé que lui : il se pense donc lui-même et devient son propre objet de pensée. Par cette affirmation, Aristote introduisait en Dieu une certaine dualité qui gênera l’unitarisme jaloux de Plotin. Celui-ci conçoit donc son Premier Principe comme au-delà de la pensée et de l’être, et ce n’est qu’au niveau de la deuxième hypostase qu’il imagine la réflexion de Dieu sur lui-même, réflexion d’où naîtra la pluralité et le monde. Les chrétiens qui lisaient Plotin ne pouvaient admettre un dieu en qui on nierait l’être et la pensée. Mais dans les trois hypostases originelles de Plotin, ils pouvaient retrouver une image ou une approximation de la Trinité chrétienne.

    Au début du neuvième siècle, un événement capital fut la traduction en arabe, par ‘Abd al-Masîh al-Homsî, d’une partie des trois dernières Ennéades de Plotin sous le nom de Théologie d’Aristote. Ainsi qu’on l’a vu, le traducteur y adaptait la pensée plotinienne de manière à la faire cadrer le plus possible avec la croyance monothéiste. Dieu était assimilé au Premier Principe plotinien et on évitait soigneusement les passages qui auraient pu laisser supposer qu’il était au-delà de l’être et de la pensée.

    En Occident, saint Augustin avait comparé la Trinité à « Celui qui aime, ce qui est aimé et l’amour même ». En Orient, le premier texte à avoir ainsi associé le participe actif, le participe passé et le terme abstrait d’une même racine semble être la Théologie d’Aristote, mais il s’agit assez étrangement d’un passage qui ne se trouve pas dans le texte moderne des Ennéades de Plotin. Dans la célèbre évocation de l’extase : « Souvent, m’éveillant à moi-même… » on trouve dans le texte d’Abd al-Masîh al-Homsî : »Je devins la connaissance, celui qui connaissait et ce qui était connu tout à la fois (al-‘ilm wa’l-‘âlim wa’l-ma’lûm jamî’an). Il n’est pas possible actuellement de savoir si cette phrase est due à ‘Abd al-Masîh al-Homsî ou si elle est plus ancienne, ‘Abd al-Masîh ayant pu traduire un texte déjà adapté des Ennéades, ou différent du texte actuel.

    Saint Augustin, auteur latin, n’avait rien à faire dans les sphères intellectuelles gréco-syriaco-arabes. Mais des siècles plus tard, tout en reprenant de Fârâbî le lien trinitaire de l’intelligence, de l’intelligent et de l’Objet intelligé, Avicenne décline lui aussi Dieu selon les termes d’amour, reprenant l’idée d’Aristote selon laquelle Dieu ne peut que Se penser Lui-même; pour le maître persan, Dieu dans sa perfection ne peut aimer que Lui-même, et sans cet amour il n’y aurait pas de liens d’amour entre Dieu et les hommes :

    Dans le K. al-Najât, Avicenne a un chapitre sur ce que « l’Être nécessaire est en son essence intelligence, objet d’intelligence et intelligent. »

    À l’intelligence de soi-même, Avicenne associe l’amour de soi-même. Le chapitre précédent est suivi d’un autre sur ce que Dieu « est en son essence aimé et aimant, objet de délectation et se délectant. ». Dans son Épitre sur l’amour, il revient sur le même sujet : « Puisque Dieu est le bien infini, il est l’aimable infini, je veux dire sa propre essence Très Haute et Très Sainte ». Dieu aimant sa propre essence aime les âmes supérieures dans la mesure où elles lui ressemblent. Avicenne rejoint ici l’association augustinienne de « Celui qui aime, ce qui est aimé et l’amour. »

    Pour être aimé de Dieu il faut donc se rapprocher le plus de Son aimé, c’est-à-dire Lui-même, objet d’amour. Cette idée ne sera pas perdue pour les soufis qui s’attacheront par ascèse ou adoration à se polir le cœur de sorte d’en faire un miroir sans tache ne reflétant plus que Lui, et donc recevant l’amour de Dieu à proportion qu’Il puisse se contempler en eux-mêmes.

    Autre exemple possible de ‘contamination’ théologique entre musulmans et chrétiens : pour expliquer l’Incarnation,

    ‘Abd Ishô emploie encore l’image de la lumière dans une niche, faisant peut-être allusion à un passage du Coran.

    C’est-à-dire la fameuse Sourate de la Lumière (24, 35) :

    Allah est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans un (récipient de) cristal et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat; son combustible vient d’un arbre béni : un olivier ni oriental ni occidental dont l’huile semble éclairer sans même que le feu la touche. Lumière sur lumière. Allah guide vers Sa lumière qui Il veut. Allah propose aux hommes des paraboles et Allah est Omniscient.

    À l’inverse, un terme arabe adopté par les chrétiens aura une grande fortune chez les musulmans :
    Le mot « incarnation » étant peu utilisé par les auteurs nestoriens, deux termes la désignent habituellement dans leurs œuvres apologétiques et théologiques : celui d' »inhabitation » (hulûl) et celui d' »union » (ittihad).

    Pour faire bref, chez les musulmans strictement orthodoxes, hulûl désignant la présence de l’âme dans le corps est correct; mais désignant la présence de Dieu dans l’âme du mystique, ou d’une créature quelconque, ou de la Création, c’est mal vu, car ‘associationniste’, tout comme l’ittihad. Al-Hallâdj paya cher une telle conviction, de même que plus tard Ibn Arabî fut qualifié de kafir (mécréant) par Ibn Taymiyya. C’est pourquoi les chrétiens sont vus essentiellement comme hululistes ainsi que les sectes ‘extrêmes’ (ghulat), comme les Alévis, les Nusayris, etc.

    Bénédicte Landron, Chrétiens et musulmans en Irak: Attitudes nestoriennes vis-à-vis de l’Islam, chapitres XII et XIII : La Trinité, l’Incarnation.

  8. Modibo dit :

    Une vision Islamique de la mort

    Par Docteur Abdallah

    En tant que médecin généraliste français converti à l’islam depuis dix-neuf ans, je ne me sens pas particulièrement qualifié pour parler d’un sujet aussi grave qui met en scène les bases mêmes des sciences de la foi musulmane : la « Akida ». J’essaierai donc de donner un simple aperçu de la vision islamique de la mort mais j’invite les personnes intéressées à se renseigner plus avant auprès d’imams musulmans beaucoup plus compétents que moi. Il existe certaines divergences entre les savants concernant tel ou tel détail, j’ai voulu ici rester dans ce qui unit notre communauté plutôt que de rentrer dans ce qui risque de la diviser.

    I INTRODUCTION

    Nous mourrons tous un jour, c’est inéluctable. La conscience de la mort n’est pas le propre de l’être humain. On peut qualifier l’angoisse de la mort comme l’angoisse suprême, enfouie au plus profond de notre cerveau le plus ancien. Montrez à des poulets un couteau, vous constaterez immédiatement une augmentation de leur rythme cardiaque et une consommation accrue de leur réserve de graisse, ce qu’il est possible d’interpréter comme un stress causé par la conscience de sa disparition prochaine. Les religions et les philosophies sont des moyens mis à la disposition des hommes notamment pour maîtriser cette angoisse originelle.

    La mort nous renvoie à notre fin inévitable. Philosophiquement, qui dit fin dit commencement et qui dit commencement dit création. Notre existence, mais aussi le monde dans lequel nous vivons est essentiellement précaire c’est à dire destiné à disparaître et cette précarité appelle la notion de Créateur.

    Dieu, Allah en arabe, est par définition ce Créateur de l’univers et donc des créatures. En tant que créatures, nous sommes soumis au temps qui passe, Lui est le créateur du temps, Il ne lui est pas soumis, Il est éternel.

    Notre mort constitue également la fin de notre passage dans ce monde précaire. Le credo monothéiste affirme qu’il existe une autre forme de vie après la mort, de même qu’il existait une vie avant notre naissance. Comme il est impossible de demander à un foetus d’imaginer le monde dans lequel il va naître, il nous est difficile d’imaginer un autre monde que le monde précaire dans lequel nous vivons.

    Notre connaissance de la vie après la mort ne peut se faire qu’à travers le Créateur de l’univers. Dieu n’a pas créé ce monde en vain, il ne nous a pas abandonnés après nous avoir créés, il nous a envoyé des prophètes, êtres humains choisis par Dieu pour nous transmettre les volontés du Créateur envers ses créatures.

    II L’ÊTRE HUMAIN KHALIFE (VICAIRE) DE DIEU SUR TERRE

    L’islam nous enseigne, par l’intermédiaire du Coran et des traditions prophétiques, que Dieu proposa d’abord aux montagnes de faire d’elles ses « Khalifes » sur terre mais, dans leur sagesse, et malgré leur puissance et leur stabilité, elles refusèrent. Le premier homme, Adam, dans son ignorance accepta.

    Selon la vision islamique de notre univers précaire, Dieu confie à l’homme le Khalifat (la lieutenance, la gestion) de la Terre, pour cela, il lui a donné le libre arbitre qui est soutenu par la conscience, la morale et la responsabilité. Ces qualités lui permettent d’accéder à la connaissance du fonctionnement des choses, ce qui fait qu’il peut être supérieur aux anges auxquels Dieu demande de se prosterner devant Adam.

    Mais l’homme a un ennemi, Satan, qui refuse par orgueil de se prosterner devant Adam malgré l’ordre divin. Il demande à Dieu, et obtient, un délai jusqu’au Jour du Jugement dernier pour tendre des pièges aux hommes et les faire dévier du chemin droit de l’adoration de leur Créateur. Ceux qui tomberont dans ses pièges le suivront en Enfer et ceux qui déjoueront ses pièges et adoreront leur Créateur iront au Paradis.

    C’est ainsi que Dieu a envoyé des prophètes aux êtres humains pour leur enseigner comment L’adorer, comment Le servir et comment déjouer les pièges de Satan. Le premier d’entre eux fut Adam, puis vinrent de très nombreux autres parmi lesquels Abraham, Moïse, Aaron, Isaac, Jacob, Joseph, tous les prophètes de l’Ancien Testament. L’islam reconnaît également la qualité de prophète à Jean Baptiste, le Saint Coran cite longuement la Vierge Marie. Jésus, fils de Marie est le Messie, il est un des principaux envoyés de Dieu mais le Coran nous informe qu’il ne sied pas à Dieu d’avoir un fils. Après Jésus, Dieu nous a envoyé le Sceau des prophètes et de la prophétie, Mohamed fils de Abdullah, prophète de l’islam qui nous a transmis le Saint Coran qui est la parole de Dieu directement révélée aux hommes. Outre les querelles dogmatiques, l’homme est sur terre pour adorer son Créateur en se mettant à Son service en faisant le bien. Le bien est que qui est décrit comme tel par les prophètes mais c’est aussi ce qui est reconnu par tous comme une bonne chose. Par exemple, si j’aide une personne âgée à traverser la rue, tout le monde sera d’accord pour dire que c’est un bien. En faisant le bien, le croyant remplit sa mission de vicaire de Dieu sur terre et Dieu le récompense en le rendant heureux, en lui donnant une existence harmonieuse et en apaisant ses angoisses puis en le faisant rentrer au Paradis.

    La vie est donc cette courte période de notre existence totale durant laquelle nous avons la charge d’être vicaire de Dieu sur terre et durant laquelle nous disposons du libre arbitre qui nous permet de choisir entre le bien et le mal et d’agir en conséquence. Selon un célèbre Hadith (tradition du prophète), cette vie est comparable à l’ombre d’un arbre sous lequel le voyageur vient se reposer avant de reprendre sa route. Si l’homme est responsable de ses choix et de ses actes, il peut également compter sur la capacité qui lui est offerte durant cette vie de se repentir de ses péchés, car Dieu est Le Miséricordieux, il aime le repentir de ses serviteurs et aime leur pardonner et il est dit dans un hadith que ³tous les fils d¹Adam sont des pécheurs et le meilleur d¹entre eux est celui qui se repent² (Hadith [sûr] rapporté par Tirmidi, Ibn Maja, Dalimi et Ibn Hambal.)

    Mais le Coran nous prévient de faire bien attention à nos actes car c’est sur eux que nous serons jugés le Jour du Jugement dernier. La manière dont nous gérons la vie terrestre que Dieu nous accorde temporairement a une influence directe sur notre vie future dans l’au-delà.

    III CHRONOLOGIE DE LA MORT

    Le jour et l’heure de notre mort est décrétée par Dieu. L’Ange de la mort se présente alors et sépare notre âme de notre corps. Nous restons conscients et nous voyons et nous entendons mais il ne nous est plus possible d’agir et nous n’avons plus le choix du bien et du mal.

    Nous assistons donc à nos funérailles et voyons la tombe qui se referme sur nous. Nous entendons ce que disent nos proches, nous pouvons leur répondre mais ni les humains ni les djinns (génies, êtres qui nous sont invisibles et qui vivent dans un monde parallèle au nôtre) ne peuvent nous entendre. Viennent alors deux anges qui nous posent trois questions sans qu’il nous soit possible de mentir ou de répondre à côté :

    – Qui était ton Seigneur ?
    – Quelle était ta religion ?
    – Qui était ton prophète ?

    De nos réponses ou absence de réponse dépends la suite des événements. Pour résumer, un bon musulman qui aura fait de très bonnes choses en évitant les péchés, verra ses bonnes actions le protéger du châtiment de la tombe. Par contre un hypocrite qui n’aura fait que de mauvaises choses expiera déjà en partie ses péchés dans la tombe. La notion de temps sera également plus ou moins élastique en fonction de nos mérites, séjour très court pour les bienfaisants, très long pour les malfaisants.

    S’il ne nous est plus possible de faire le bien après la mort, il est possible de bénéficier d’un bien que quelqu’un ferait pour nous : Invocation à Dieu d’un musulman en faveur du mort, rattrapage du Hajj (pèlerinage à la Mecque), de jours de jeûne, distribution de richesses en notre nom, prières dans une mosquée que nous avons construite, distribution de biens et de services dans une institution charitable que nous avons fondée et dont nous avons assuré la pérennité.

    Ce monde des morts, le Barzakh, est également précaire, il se termine également à la fin des temps lorsque Dieu décrète la résurrection dans une nouvelle création qui commence par le Jour du Jugement dernier.

    Ce jour là, l’ange Asrafil, sur l’ordre du Créateur, soufflera dans une trompe qui nous ressuscitera. Nous nous réunions tous en un même lieu. Les animaux seront ressuscités pour qu’ils prennent leurs droits sur nous avant de disparaître. Le soleil sera très proche et nous aurons l’impression de pouvoir le toucher, il fera très chaud et nous transpirerons beaucoup, chacun déjà en fonction de ses bonnes ou mauvaises oeuvres.

    Puis chaque communauté demandera à son prophète d’intercéder auprès de Dieu pour qu’Il accepte de commencer le jugement. Chacun des prophète rappellera qu’il a commis au moins une faute durant sa vie. Tous alors se retourneront vers le prophète de l’islam qui a gardé la faveur d’une requête pour ce jour là. Il s’adressera à Dieu en Le louant et lui demandera de commencer le jugement.

    Chaque être humain passera alors individuellement devant son créateur : les anges chargés de l’écriture de ses actes durant sa vie dérouleront leur rôle et chacun verra ce qu’il a fait. L’ange de gauche pour les choses mauvaises et l’ange de droite pour les bonnes oeuvres. Il est dit que si la miséricorde divine se divisait en cent parts égales, Il en réserverait une pour ce monde matériel et quatre-vingt dix neuf pour le Jour du Jugement. Puis les hommes passeront sur le pont au dessus de l’Enfer et qui conduit au Paradis. Ceux qui ont fait beaucoup de bien le passeront en un clin d’œil tandis que les pécheurs progresseront difficilement certains trébuchant et tombant dans le feu de l’Enfer.

    Ceux qui arriveront au Paradis découvriront un monde merveilleux qui n’obéira pas aux mêmes lois que ce monde matériel. Il nous est impossible de le décrire et de l’imaginer précisément. Chacun aura un corps nouveau éternellement jeune avec des signes distinctifs qui le fera reconnaître par ses contemporains d’ici bas.

    Entrer au Paradis de Dieu est le but de tout musulman.

    IV CONSÉQUENCES DE L’OMNIPRÉSENCE DE LA MORT DANS LA VIE D’UN MUSULMAN

    La conscience du déroulement exact de notre mort et surtout la conscience d’être jugé pour chacun de nos actes agit comme un aiguillon poussant les croyants à toujours se remettre en question et à faire constamment plus de bien.

    Évidemment, les musulmans, comme les autres êtres humains, commentent des péchés mais ils gardent l’espoir d’être pardonné par leur créateur en se repentant sans cesse. Les savants musulmans disent que la crainte de Dieu et l’espoir de Son pardon sont comme deux ailes qui permettent à la foi de s’élever.

    Loin d’être paralysante, la crainte de Son châtiment constitue un puissant garde-fou pour le croyant que Satan tente. Elle lui permet de canaliser ses pulsions pour les utiliser comme moteur à faire le bien. En se transformant ainsi en serviteur actif de son Créateur, le musulman contribue à construire une société harmonieuse dans laquelle règnent paix, justice et fraternité.

    Nous avons tous des angoisses. Si nous n’en avions pas, nous ne nous lèverions pas le matin pour aller travailler, on est si bien dans son lit douillet ! L’islam nous permet de domestiquer nos angoisses, notamment notre angoisse de la mort pour la transformer en un moteur au service du bien.

  9. Modibo dit :

    Du dépassement de la raison dans le soufisme

     » Le fait de voir Dieu par l’oeil de la foi et de la certitude nous a libéré de tout recours à la pensée discursive  » Abû l-Hasan al-Shâdhilî

    Par Eric « Younès » Geoffroy

     » Le fait de voir Dieu par l’oeil de la foi et de la certitude nous a libéré de tout recours à la pensée discursive « , disait Abû l-Hasan al-Shâdhilî (m. 656/1258), maître soufi bien connu à Tunis .

     » La sphère de la sainteté s’étend au-delà du champ du mental, car elle est fondée sur le dévoilement spirituel (kashf) « . Cette dernière phrase a été prononcée par le « grand cadi » égyptien Zakariyyâ al-Ansârî (m. 926/1520), qui fut lui aussi un soufi . Elle résume fort bien la position des spirituels de l’islam sur le « rationnel » ; en effet, le but du soufisme n’est-il autre que de parvenir à la sainteté (walâya) ? Le même savant affirme ailleurs que  » la connaissance de Dieu passe par la « gustation spirituelle » (dhawq), qui efface les arguments de la raison et ceux venant de l’enseignement transmis (dalâ’il al-‘aql wa shawâhid al-naql) .

    Les mystiques de l’islam ont souvent souligné l’indigence de la raison humaine ; ils se plaisent à rappeler que le terme arabe ‘aql ( » esprit « ,  » raison « ) signifie étymologiquement l’entrave, le lien. Un maître syrien du XVIe siècle se livrait ainsi à un jeu de mots – intraduisible en français – en écrivant que  » les juristes musulmans (fuqahâ’) sont prisonniers de leur mental (bi-‘uqûli-him ma‘qûlûn)  » . Pour les soufis, il ne s’agit aucunement de rejeter cet instrument qu’est la raison, mais de lui assigner une place relative, contingente, face à cet Absolu que le spirituel musulman a pour but. En cela, ils se distinguent des exotéristes de l’islam, auxquels ils reprochent de restreindre le terme ‘ilm ( » science « ) aux deux catégories traditionnelles que sont le ma‘qûl (produit de la réflexion discursive) et le manqûl (le corpus transmis de génération en génération). ‘Alî Wafâ, maître égyptien de l’ordre shâdhilî, invectivait en ces termes les juristes (fuqahâ’) :

     » Eh toi, faqîh ! par le ma‘qûl, tu es distrait de la Réalité essentielle, et tu ne peux t’échapper du sens apparent du manqûl !  » .

    Les soufis dénoncent tout particulièrement les déficiences des théologiens, de ceux qui s’adonnent au ‘ilm al-kalâm.  » Humain, trop humain « , ainsi pourrait se résumer la vision qu’ont les soufis de cette discipline ; la théologie rationnelle se résume pour eux en  » supputations  » (zunûn, sing. : zann) – nous reviendrons sur ce terme -, qu’ils opposent à la certitude que procure la contemplation.  » Parmi les écoles islamiques (firaq), il n’y a pas pire que les théologiens qui discourent sur l’Essence divine avec leur esprit limité « , proclamait le soufi cairote ‘Alî al-Khawwâs (m. 939/1532) . N’est-ce point vanité de réduire Dieu à l’entendement humain ? Quiconque approche de près ou de loin les réalités divines est frappé de perplexité (hayra) devant les abysses de  » l’océan du tawhîd  » . Le tawhîd est simple attestation de l’Unicité divine pour le commun des musulmans, et réalisation intérieure de cette Unicité pour l’élite spirituelle.

    Pour les soufis, le mystère de l’Unicité divine est ineffable ; il ne sied pas à l’homme de l’évoquer car la perception qu’il en a est obligatoirement en-deçà de la réalité. D’où la réponse abrupte, et célèbre, d’Abû Bakr al-Shiblî (m. 334/945) – un des maîtres de l’école soufie de Bagdad – à celui qui l’interrogeait sur le sens profond du tawhîd :  » Malheur à toi ! Celui qui définit le tawhîd de façon explicite est un apostat, celui qui y fait allusion est un bithéiste, celui qui l’évoque est un idolâtre, celui qui discourt sur lui est un inconscient, celui qui garde le silence à son sujet est un ignorant, celui qui se croit proche est loin, celui qui en fait son extase est déficient ; tout ce que vous distinguez par votre imagination et ce que vous saisissez par votre intelligence, tout cela est rejeté, vous est retourné, car contingent et créé comme vous-mêmes  » . Un autre maître de cette première période disait que le tawhîd à son stade ultime  » aveugle le clairvoyant, confond celui qui raisonne et stupéfait celui qui est sûr de son jugement  » .

    Depuis l’école de Bagdad du IIIe/IXe siècle, les mystiques ont donc développé le tawhîd soufi, qu’al-Junayd (m. 298/911) appelle  » tawhîd de l’élite spirituelle  » . Il s’agit véritablement d’une alternative à la spéculation théologique, car la portée en est illuminative : le dogme de l’Unicité divine, ou tawhîd exotérique, se transpose par le processus initiatique en réalisation effective de cette Unicité. C’est ainsi que le soufi égyptien ‘Alî al-Nabtîtî (m. 917 / 1511) semble résoudre  » en termes fort simples  » (bi-‘ibâra sahla) les questions épineuses de théologie qu’on lui soumet de l’ensemble du Moyen-Orient. ‘Abd al-Ghanî al-Nâbulusî (m. 1143/1731), le grand maître damascène de l’école d’Ibn ‘Arabî n’affirme-t-il pas l’impossibilité de connaître l’Être (al-wujûd), c’est-à-dire Dieu, par le recours exclusif à la spéculation ?

    De ce point de vue, les soufis s’inscrivent dans l’ambiance sunnite, qui réprouve la philosophie hellénistique (falsafa) puisque celle-ci donne la précellence à la raison et non à la Révélation : exotéristes et ésotéristes sunnites s’accordent sur ce point . L’école mu‘tazilite qui, en vertu de son postulat rationaliste, niait la réalité des miracles des saints (karâmât) est également visée. Quand Abû l-Hasan al-Shâdhilî affirme que les ahl al-jidâl ( » ceux qui affectionnent la dialectique, la controverse « ) représentent les adversaires les plus acharnés des soufis et de la sainteté, on sait qu’il vise les théologiens, et rétrospectivement les mu‘tazilites . Certains points délicats de théologie, affirment les soufis, ne peuvent être résolus qu’au moyen du dévoilement spirituel ; ainsi en va t-il de l’attribution de l’acte humain à Dieu ou à l’homme (kasb al-af‘âl), et nous trouvons maints autres exemples, dans les sources, de réponses à des problèmes théologiques par l’illumination, et non par l’argumentation .

    L’au-delà de la raison prôné par les spirituels de l’islam constitue également à leurs yeux un remède aux mesquineries des juristes (fuqahâ’), pour amener ceux-ci à élargir leur champ de vision tributaire d’un mode de raisonnement trop binaire.  » Celui qui pense que les arguments consignés [par les juristes] limitent de quelque façon le dévoilement spirituel, ne fait que restreindre l’immense miséricorde divine « , affirme al-Ghazâlî . On aura donc retiré de ce qui précède que le dépassement de la raison discursive fait partie des méthodes usuelles du soufisme. Pour ‘Imâd al-Dîn al-Wâsitî (m. 711/1311), disciple d’Ibn Taymiyya, ce dépassement constitue un préambule nécessaire à toute démarche initiatique .

    D’où provient une telle assurance des soufis face aux  » savants de la lettre  » (‘ulamâ’ al-rusûm) ? C’est que le tasawwuf, loin d’être un procédé empirique, est présenté par les mystiques comme une science ésotérique et initiatique qui a ses règles et ses méthodes. Encore faut-il s’entendre sur le terme ‘ilm ( » science « ) que s’approprient, nous l’avons vu, les savants exotéristes. Les soufis distinguent la science acquise (al-‘ilm al-kasbî), encore appelée la science spéculative (al-‘ilm al-nazarî), de la science octroyée par grâce divine (al-‘ilm al-wahbî). Pour Ibn ‘Arabî, le ‘ilm wahbî est fondamental puisqu’il constitue la modalité de toute prophétie : al-nubuwwât kullu-hâ ‘ulûm wahbiyya, écrit-il . Cette science correspond au ‘ilm ladunî, science que Khadir, l’initiateur invisible des saints, reçoit directement de Dieu . Hormis Ibn ‘Arabî, nombreux sont les auteurs musulmans à avoir médité la rencontre, mentionnée dans le Coran, entre le personnage énigmatique de Khadir et Moïse . Le second s’en tient aux normes extérieures de la Loi divine qui lui est révélée, tandis que le premier perçoit la réalité profonde des choses par la connaissance directe que Dieu lui en donne : sa science transcende donc la raison.

    Ces deux modes d’appréhension du monde déterminent chez Ibn Khaldûn, par exemple, un paramètre essentiel dans son approche du soufisme. Selon lui, les soufis sont les héritiers de Khadir ; l’accès à la science mystique (‘ilm ladunî ou wahbî) passe en effet par le dévoilement des sens (kashf) et l’inspiration (ilhâm) . Le savant tunisois ne fait ici que présenter la doctrine générale du tasawwuf, mais il faut noter qu’il apporte un élément spécifique, qui sera repris par des auteurs plus tardifs. En effet, il agrée le kashf des premiers mystiques, grâce momentanée résultant d’une foi saine (istiqâma), mais considère comme illégitime l’effort méthodique de l’école de l’  » unicité de l’Être  » (wahdat al-wujûd) d’Ibn ‘Arabî, qui veut  » soulever le voile  » pour avoir accès aux réalités divines. En opposant un kashf idéalement pur et spontané à la  » recherche délibérée du dévoilement  » (mujâhadat al-kashf ou mukâshafa), l’auteur du Shifâ’ al-sâ’il manie la thèse facile de la rectitude des anciens soufis face aux errances des « Modernes », c’est-à-dire Ibn ‘Arabî et ses pairs .

    De fait, on constate qu’à partir du XIIIe siècle grosso modo, le dévoilement intuitif (kashf), l’inspiration (ilhâm), la « vision certaine » (yaqîn) – bref, tout ce qui relève du supra-rationnel – sont davantage reconnus qu’auparavant comme méthodes d’investigation des réalités spirituelles. Al-Ghazâlî, précurseur dans ce domaine comme dans d’autres, voyait déjà dans la science du dévoilement (‘ilm al-mukâshafa) le moyen d’accéder à la  » perception sûre et directe  » (al-‘iyân al-ladhî lâ yushakku fîhi) de ces réalités . Le Syrien Ibn Taymiyya, (m. 728/1328), qui reste pour beaucoup un redoutable adversaire du soufisme doctrinal, fait de la mukâshafa  » une sorte de science déchirant le voile des habitudes  » (jins min al-‘ilm al-khâriq), en référence à l’expression kharq al-‘âdât ( » rupture du cours habituel des choses « ) . Il pense que les cheikhs enclins au dévoilement tantôt disent vrai et tantôt se fourvoient, tout comme les savants maniant spéculation et argumentation en vue de l’ijtihâd . Ne justifie t-il pas l’inspiration (al-ilhâm) face à certains ‘ulamâ’ qu’il trouve trop « juristes » sur ce point ? Il va jusqu’à reconnaître à cette inspiration une autorité en matière juridique, lorsque les sources scripturaires font défaut bien sûr . Si le polémiste adopte une position aussi souple, c’est sans doute parce que les soufis ont toujours pris soin de rappeler que les sources scripturaires restaient pour eux, au même titre que pour les fuqahâ’, l’unique référence.

    Ibn Khaldûn, un peu postérieur au cheikh syrien, va au-delà, et se fait l’interprète, ici encore, de la doctrine soufie. En vertu de celle-ci, en effet, les saints sont les héritiers des prophètes, thème qui n’a pas manqué d’inquiéter les fuqahâ’. Or Ibn Khaldûn stipule que prophètes et saints ont en commun la faculté de connaître le monde spirituel (al-malakût) par la mukâshafa. Pour les premiers, il s’agirait d’une disposition innée (jibilla wa tabî‘iyya) tandis que les seconds ne l’acquièreraient que par l’effort (bi-takalluf wa iktisâb), et à un moindre degré, bien évidemment . Voici encore ‘Alâ’ al-Dîn al-Bukhârî (m. 841/1438), sévère censeur des doctrines d’Ibn ‘Arabî, qui accepte l’usage du dévoilement (kashf) et du stade supra-rationnel (tawr mâ warâ’ al-‘aql) chez les mystiques – en-dehors d’Ibn ‘Arabî et de son école ! – .

    Un peu plus tard, le grand savant – et soufi – Jalâl al-Dîn al-Suyûtî (m. 911/1505) donne au dévoilement et à l’inspiration un statut scientifique en introduisant ces phénomènes spirituels dans le domaine de la fatwâ, chasse gardée jusqu’alors du droit (fiqh) et des autres sciences exotériques. Dans une fatwâ, il lie implicitement le kashf et la vision (ru’yâ) au processus de la Révélation (wahî) : parmi ses contemporains, dit-il, beaucoup nient l’authenticité de la vision et de son interprétation, car ils négligent la Révélation et la Sunna au profit des sciences rationnelles et philosophiques . Chez cet auteur, la science spirituelle des soufis prend un statut quasiment infaillible. L’inspiration qui les traverse est généralement véridique, et leurs dévoilements et visions, qui leur ouvrent l’accès aux réalités divines, nécessitent une exégèse (ta’wîl) comme s’il s’agissait de textes scripturaires .

    L’infaillibilité du kashf, affirmée par d’autres soufis ou savants de cette période , doit bien sûr être relativisée, puisque les soufis ne possèdent pas la ‘isma des prophètes ( » impeccabilité, infaillibilité stricto sensu) ; ils jouissent néanmoins de la protection divine (hifz) face à l’erreur et au péché . La véracité du dévoilement proviendrait du fait que, précisément, il n’y a plus de voile s’interposant entre le contemplatif et Dieu. Le mental, ou la pensée discursive, ne représente évidemment pas le moindre de ces voiles, ainsi que l’énonce ‘Alî al-Khawwâs maître égyptien déjà évoqué.  » Les vrais ‘savants ne s’en remettent ni à la réflexion (fikr) ni à la spéculation (nazar), affirme t-il, car ils boivent directement à la source de l’enseignement divin (al-ta‘rîf al-ilahî) . Il précise toutefois que le novice doit se hisser par la pensée (fikr, tafakkur) jusqu’à une certaine perfection ; parvenu à ce niveau-là, il percevra par dévoilement ce qu’il appréhendait jusqu’alors par le mental .

    Les soufis ne se bornent pas à prôner la reconnaissance d’un kashf qui resterait en marge du grand processus islamique de l’ « effort d’interprétation en matière juridique » (ijtihâd) ; ils prennent pied dans cette arène et y apportent leur propre vision. Cela les amène d’abord à privilégier l’ijtihâd face à l’imitation en matière de jurisprudence (al-taqlîd). L’ijtihâd correspond mieux en effet à leur conception d’une Loi vivante se révélant à chaque instant à l’intimité du croyant. On connaît le défi que lança Abû Yazîd al-Bistâmî (m. 261/874) aux juristes de son temps :  » Vous prenez votre science de « savants de la lettre » (‘ulamâ’ al-rusûm) mortels qui se succèdent les uns aux autres, tandis que nous, les soufis, recevons la nôtre du Vivant (al-Hayy) qui ne meurt pas  » .

    Que les soufis soient favorables à une interprétation vivante de la Loi peut déjà engendrer, chez les fuqahâ’, la crainte de certains débordements ; le péril devient plus imminent lorsque ces mêmes soufis prétendent en outre à l’ijtihâd, en s’appuyant non pas sur l’argumentation rationnelle (al-istidlâl) mais sur leurs dévoilements. Ils placent en effet l’accomplissement de l’ijtihâd dans la certitude (yaqîn) qu’apporte la  » vision intérieure  » (basîra), bien au-delà, donc, des conjectures (zann) des juristes . L’emploi du terme zann est d’importance, si l’on se réfère au sens hypothétique et péjoratif qu’il a dans le Coran : les déductions incertaines des juristes ont donc besoin d’être mesurées à l’aune du kashf, critérium suprême dans l’interprétation de la Loi. Les « hommes de la lettre », remarque Suyûtî, n’ont aucun moyen d’apprécier le kashf, car leurs bases d’analyse diffèrent totalement de celles des soufis ; ils sont donc démunis face à tout ce qui sort du cadre de leur science acquise . On conçoit que maints juristes et théologiens exotéristes aient vu dans cette pratique spirituelle de l’ijtihâd – notion relevant usuellement du seul domaine de la raison – une pure hérésie .

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    Les diverses modalités du supra-rationnel chez les soufis – kashf, ilhâm, yaqîn…- restent encore abstraites pour nous. Evoquons brièvement à présent deux figures de mystiques musulmans chez lesquels le dépassement de la raison constitue la clé de leur type spirituel.

    • Le cheikh ummî tire son nom du mot umm ( » mère « ), car il est resté tel que sa mère l’a enfanté. L’état d’enfance qui le caractérise provient du fait que ce mystique possède pleinement la fitra, c’est-à-dire la  » disposition naturelle des créatures à connaître Dieu « , comme le note Ibn Manzûr dans le Lisân al-‘Arab . Cet  » état d’enfance  » permet au ummî d’être investi d’une science à laquelle n’ont pas accès les lettrés, ou du moins ceux d’entre eux qui ne peuvent se départir de leur science acquise. L’archétype spirituel en est bien entendu le Prophète, al-nabî al-ummî ,  » récepteur virginal de la Révélation  » , lequel, s’il n’avait pas appris l’écriture selon  » l’usage et le mode d’acquisition ordinaires  » (al-istilâh wa l-ta‘allum min al-nâs), la connaissait en vertu de l’ouverture spirituelle (al-fath al-rabbânî) qui lui fut accordée. Nous reprenons ici les termes du grand saint marocain ‘Abd al-‘Azîz al-Dabbâgh, recueillis par son disciple Ahmad b. Mubârak dans le fameux Kitâb al-Ibrîz .

    L’ « homme à la science innée » peut concrètement ne savoir ni lire ni écrire, mais il est avant tout celui dont  » le coeur n’a pas été souillé par la pensée spéculative et discursive (al-nazar al-fikrî)  » et est donc apte à recevoir l’ouverture spirituelle évoquée plus haut . Si le cheikh ummî ignore parfois les conventions humaines en matière d’écriture, c’est qu’il puise directement à la source de l’Ecriture : al-Lawh al-mahfûz, la « Table bien gardée » dans laquelle Dieu a inscrit depuis la pré-éternité le devenir de l’ensemble de Sa création, et qui est justement appelée « la Mère du Livre » (Umm al-Kitâb). Al-Bistâmî affirme être cette Table , et ‘Alî al-Khawwâs, modèle du cheikh ummî pour l’Egypte mamelouke, tient ses dévoilements de ce même Lawh .

    Que le mystique ummî soit totalement illettré ou qu’il écrive sous inspiration, la fulgurance de son expression se moule rarement dans les codes ordinaires du langage humain. Sa langue écrite et parlée est souvent incompréhensible pour le profane, tant dans son contenu que dans sa forme. En outre, le cheikh ummî a accès, grâce à sa virginité spirituelle, à la langue matricielle appelée le suryânî, langue primordiale qui aurait été parlée par Adam . De façon générale, la glossolalie est l’apanage de ces mystiques très particuliers dont l’histoire du soufisme recèle quelques exemples. Les savants exotéristes manifestent leur trouble devant de tels phénomènes, mais leur scepticisme apparent ne cache pas la fascination que ces ummîs exercent sur eux.

    • L’  » extatique  » (majdhûb) constitue une autre figure majeure du supra-rationnel dans le soufisme. Le majdhûb partage avec le cheikh ummî plusieurs traits, comme l’  » état d’enfance « , l’accès à la langue primordiale et une grande propension au dévoilement spirituel (kashf). Il est aussi appelé « fou de Dieu » car sa raison lui a été  » ravie  » (de la racine J-Dh-B) par Dieu, le plus souvent de façon abrupte. D’où l’ambiguïté qui règne dans la culture islamique entre le « fou » (majnûn) et le « fou de Dieu » (majdhûb). Ainsi, le livre ‘Uqalâ’ al-majânîn d’Abû l-Qâsim al-Nîsâbûrî conteint en son titre même un paradoxe qui retient l’attention. Dans cet ouvrage, nous plongeons bien dans la sphère de la folie (al-junûn), mais les fous dont il est question ont leur propre expérience du ‘aql, l’esprit que nous appelons communément la raison ou le bon sens. Sans doute est-il plus juste de dire l’Esprit, car de grands spirituels figurent dans le livre d’al-Nîsâbûrî. Tandis qu’Uways al-Qaranî (m. 31/657) aurait été le premier « fou de Dieu » en islam, al-Shiblî, cité plus haut, est présenté dans cet ouvrage faisant l’éloge de sa folie face à ses diciples  » sains d’esprit  » (asihhâ’). On y voit aussi Abû Yazîd al-Bistâmî confesser les trois degrés de junûn qu’il eut à traverser, et qui correspondent en réalité à des étapes terminales de la Voie initiatique .

    Ibn ‘Arabî ne laissera plus de place à l’équivoque. Pour lui, le vrai majdhûb n’est pas déficient : son esprit est saisi et retenu (mahbûs) auprès de Dieu et jouit de la contemplation divine . Ibn Khaldûn affirme à son tour qu’à la différence des déments (majânîn), l’  » âme raisonnable  » (al-nafs al-nâtiqa) des extatiques n’est pas anéantie . L’auteur de la Muqaddima place d’ailleurs les « fous de Dieu » parmi les soufis, et leur reconnaît l’accès aux différents degrés de la sainteté (maqâmât al-walâya) .

    Ce qui caractérise le majdhûb est son insouciance des normes sociales et religieuses. Toutes les sources biographiques attestent chez ce personnage d’une excentricité qui se manifeste notamment dans l’apparence physique. Le jadhb produisant une rupture avec l’état de conscience ordinaire, et donc avec les codes culturels, il est fréquent que la personne concernée se dénude entièrement ou ne couvre que ses parties sexuelles. Cette nudité exprime la fitra, l’innocence édénique déjà évoquée à propos du ummî. Plus généralement, l’extatique ne prête aucune attention à ses vêtements, et porte le même habit été comme hiver, jusqu’à ce qu’il tombe en loques !

    A la différence d’autres types de mystiques, le majdhûb transgresse souvent la Loi tout en jouissant d’une certaine impunité. Les ‘ulamâ’ le considèrent en effet comme  » non responsable juridiquement  » (ghayr mukallaf) – à l’instar des enfants ou des fous – et eux-mêmes lui rendent visite, quêtant de sa bouche quelque sagesse. C’est que les défis qu’il lance aux musulmans sont lourds de sens : les attitudes provocantes qu’il adopte ont manifestement pour but de choquer, d’ébranler la bonne conscience du croyant ordinaire, afin d’inciter celui-ci à soulever le voile de la soit-disant « raison ».

    La contemplation du monde invisible dans lequel le majdhûb est absorbé fait de lui un « voyant », comme le disait Rimbaud. Ainsi, un des « fous de Dieu » qu’a rencontrés Ibn ‘Arabî traite d’aveugle la foule à laquelle il s’adresse, car celle-ci croit que ce sont des colonnes qui soutiennent le plafond de la mosquée où ils se trouvent, alors que lui voit, à la place des piliers, des hommes invoquant Dieu . Invisible au commun des mortels, le monde du Ghayb est également l’Inconnaissable, littéralement ce qui est absent de la connaissance, de la conscience des hommes.

    Sans être des extatiques définitifs, les grands maîtres du soufisme ont tous plus ou moins traversé des périodes de « ravissement » à leur raison ; on parle alors de hâl, de l’  » état spirituel  » qui investit un être avec fulgurance et sans qu’il s’y attende. Une fois revenu à la lucidité, celui-ci peut formuler son expérience pour en faire profiter autrui. La doctrine soufie n’est donc pas théorique : elle est fondée sur la « gustation spirituelle » (dhawq) et sur la praxis initiatique. Pouvons-nous voir à notre tour dans le soufisme, fait à la fois d’ivresse et de sobriété, d’extase et de contrôle de soi, une science expérimentale décrivant avec assez de précision l’au-delà de la raison ?

  10. Modibo dit :

    Du dépassement de la raison dans le soufisme

     » Le fait de voir Dieu par l’oeil de la foi et de la certitude nous a libéré de tout recours à la pensée discursive  » Abû l-Hasan al-Shâdhilî

    Par Eric « Younès » Geoffroy, Maitre de Conférences, Université de Strasbourg

     » Le fait de voir Dieu par l’oeil de la foi et de la certitude nous a libéré de tout recours à la pensée discursive « , disait Abû l-Hasan al-Shâdhilî (m. 656/1258), maître soufi bien connu à Tunis .

     » La sphère de la sainteté s’étend au-delà du champ du mental, car elle est fondée sur le dévoilement spirituel (kashf) « . Cette dernière phrase a été prononcée par le « grand cadi » égyptien Zakariyyâ al-Ansârî (m. 926/1520), qui fut lui aussi un soufi . Elle résume fort bien la position des spirituels de l’islam sur le « rationnel » ; en effet, le but du soufisme n’est-il autre que de parvenir à la sainteté (walâya) ? Le même savant affirme ailleurs que  » la connaissance de Dieu passe par la « gustation spirituelle » (dhawq), qui efface les arguments de la raison et ceux venant de l’enseignement transmis (dalâ’il al-‘aql wa shawâhid al-naql) .

    Les mystiques de l’islam ont souvent souligné l’indigence de la raison humaine ; ils se plaisent à rappeler que le terme arabe ‘aql ( » esprit « ,  » raison « ) signifie étymologiquement l’entrave, le lien. Un maître syrien du XVIe siècle se livrait ainsi à un jeu de mots – intraduisible en français – en écrivant que  » les juristes musulmans (fuqahâ’) sont prisonniers de leur mental (bi-‘uqûli-him ma‘qûlûn)  » . Pour les soufis, il ne s’agit aucunement de rejeter cet instrument qu’est la raison, mais de lui assigner une place relative, contingente, face à cet Absolu que le spirituel musulman a pour but. En cela, ils se distinguent des exotéristes de l’islam, auxquels ils reprochent de restreindre le terme ‘ilm ( » science « ) aux deux catégories traditionnelles que sont le ma‘qûl (produit de la réflexion discursive) et le manqûl (le corpus transmis de génération en génération). ‘Alî Wafâ, maître égyptien de l’ordre shâdhilî, invectivait en ces termes les juristes (fuqahâ’) :

     » Eh toi, faqîh ! par le ma‘qûl, tu es distrait de la Réalité essentielle, et tu ne peux t’échapper du sens apparent du manqûl !  » .

    Les soufis dénoncent tout particulièrement les déficiences des théologiens, de ceux qui s’adonnent au ‘ilm al-kalâm.  » Humain, trop humain « , ainsi pourrait se résumer la vision qu’ont les soufis de cette discipline ; la théologie rationnelle se résume pour eux en  » supputations  » (zunûn, sing. : zann) – nous reviendrons sur ce terme -, qu’ils opposent à la certitude que procure la contemplation.  » Parmi les écoles islamiques (firaq), il n’y a pas pire que les théologiens qui discourent sur l’Essence divine avec leur esprit limité « , proclamait le soufi cairote ‘Alî al-Khawwâs (m. 939/1532) . N’est-ce point vanité de réduire Dieu à l’entendement humain ? Quiconque approche de près ou de loin les réalités divines est frappé de perplexité (hayra) devant les abysses de  » l’océan du tawhîd  » . Le tawhîd est simple attestation de l’Unicité divine pour le commun des musulmans, et réalisation intérieure de cette Unicité pour l’élite spirituelle.

    Pour les soufis, le mystère de l’Unicité divine est ineffable ; il ne sied pas à l’homme de l’évoquer car la perception qu’il en a est obligatoirement en-deçà de la réalité. D’où la réponse abrupte, et célèbre, d’Abû Bakr al-Shiblî (m. 334/945) – un des maîtres de l’école soufie de Bagdad – à celui qui l’interrogeait sur le sens profond du tawhîd :  » Malheur à toi ! Celui qui définit le tawhîd de façon explicite est un apostat, celui qui y fait allusion est un bithéiste, celui qui l’évoque est un idolâtre, celui qui discourt sur lui est un inconscient, celui qui garde le silence à son sujet est un ignorant, celui qui se croit proche est loin, celui qui en fait son extase est déficient ; tout ce que vous distinguez par votre imagination et ce que vous saisissez par votre intelligence, tout cela est rejeté, vous est retourné, car contingent et créé comme vous-mêmes  » . Un autre maître de cette première période disait que le tawhîd à son stade ultime  » aveugle le clairvoyant, confond celui qui raisonne et stupéfait celui qui est sûr de son jugement  » .

    Depuis l’école de Bagdad du IIIe/IXe siècle, les mystiques ont donc développé le tawhîd soufi, qu’al-Junayd (m. 298/911) appelle  » tawhîd de l’élite spirituelle  » . Il s’agit véritablement d’une alternative à la spéculation théologique, car la portée en est illuminative : le dogme de l’Unicité divine, ou tawhîd exotérique, se transpose par le processus initiatique en réalisation effective de cette Unicité. C’est ainsi que le soufi égyptien ‘Alî al-Nabtîtî (m. 917 / 1511) semble résoudre  » en termes fort simples  » (bi-‘ibâra sahla) les questions épineuses de théologie qu’on lui soumet de l’ensemble du Moyen-Orient. ‘Abd al-Ghanî al-Nâbulusî (m. 1143/1731), le grand maître damascène de l’école d’Ibn ‘Arabî n’affirme-t-il pas l’impossibilité de connaître l’Être (al-wujûd), c’est-à-dire Dieu, par le recours exclusif à la spéculation ?

    De ce point de vue, les soufis s’inscrivent dans l’ambiance sunnite, qui réprouve la philosophie hellénistique (falsafa) puisque celle-ci donne la précellence à la raison et non à la Révélation : exotéristes et ésotéristes sunnites s’accordent sur ce point . L’école mu‘tazilite qui, en vertu de son postulat rationaliste, niait la réalité des miracles des saints (karâmât) est également visée. Quand Abû l-Hasan al-Shâdhilî affirme que les ahl al-jidâl ( » ceux qui affectionnent la dialectique, la controverse « ) représentent les adversaires les plus acharnés des soufis et de la sainteté, on sait qu’il vise les théologiens, et rétrospectivement les mu‘tazilites . Certains points délicats de théologie, affirment les soufis, ne peuvent être résolus qu’au moyen du dévoilement spirituel ; ainsi en va t-il de l’attribution de l’acte humain à Dieu ou à l’homme (kasb al-af‘âl), et nous trouvons maints autres exemples, dans les sources, de réponses à des problèmes théologiques par l’illumination, et non par l’argumentation .

    L’au-delà de la raison prôné par les spirituels de l’islam constitue également à leurs yeux un remède aux mesquineries des juristes (fuqahâ’), pour amener ceux-ci à élargir leur champ de vision tributaire d’un mode de raisonnement trop binaire.  » Celui qui pense que les arguments consignés [par les juristes] limitent de quelque façon le dévoilement spirituel, ne fait que restreindre l’immense miséricorde divine « , affirme al-Ghazâlî . On aura donc retiré de ce qui précède que le dépassement de la raison discursive fait partie des méthodes usuelles du soufisme. Pour ‘Imâd al-Dîn al-Wâsitî (m. 711/1311), disciple d’Ibn Taymiyya, ce dépassement constitue un préambule nécessaire à toute démarche initiatique .

    D’où provient une telle assurance des soufis face aux  » savants de la lettre  » (‘ulamâ’ al-rusûm) ? C’est que le tasawwuf, loin d’être un procédé empirique, est présenté par les mystiques comme une science ésotérique et initiatique qui a ses règles et ses méthodes. Encore faut-il s’entendre sur le terme ‘ilm ( » science « ) que s’approprient, nous l’avons vu, les savants exotéristes. Les soufis distinguent la science acquise (al-‘ilm al-kasbî), encore appelée la science spéculative (al-‘ilm al-nazarî), de la science octroyée par grâce divine (al-‘ilm al-wahbî). Pour Ibn ‘Arabî, le ‘ilm wahbî est fondamental puisqu’il constitue la modalité de toute prophétie : al-nubuwwât kullu-hâ ‘ulûm wahbiyya, écrit-il . Cette science correspond au ‘ilm ladunî, science que Khadir, l’initiateur invisible des saints, reçoit directement de Dieu . Hormis Ibn ‘Arabî, nombreux sont les auteurs musulmans à avoir médité la rencontre, mentionnée dans le Coran, entre le personnage énigmatique de Khadir et Moïse . Le second s’en tient aux normes extérieures de la Loi divine qui lui est révélée, tandis que le premier perçoit la réalité profonde des choses par la connaissance directe que Dieu lui en donne : sa science transcende donc la raison.

    Ces deux modes d’appréhension du monde déterminent chez Ibn Khaldûn, par exemple, un paramètre essentiel dans son approche du soufisme. Selon lui, les soufis sont les héritiers de Khadir ; l’accès à la science mystique (‘ilm ladunî ou wahbî) passe en effet par le dévoilement des sens (kashf) et l’inspiration (ilhâm) . Le savant tunisois ne fait ici que présenter la doctrine générale du tasawwuf, mais il faut noter qu’il apporte un élément spécifique, qui sera repris par des auteurs plus tardifs. En effet, il agrée le kashf des premiers mystiques, grâce momentanée résultant d’une foi saine (istiqâma), mais considère comme illégitime l’effort méthodique de l’école de l’  » unicité de l’Être  » (wahdat al-wujûd) d’Ibn ‘Arabî, qui veut  » soulever le voile  » pour avoir accès aux réalités divines. En opposant un kashf idéalement pur et spontané à la  » recherche délibérée du dévoilement  » (mujâhadat al-kashf ou mukâshafa), l’auteur du Shifâ’ al-sâ’il manie la thèse facile de la rectitude des anciens soufis face aux errances des « Modernes », c’est-à-dire Ibn ‘Arabî et ses pairs .

    De fait, on constate qu’à partir du XIIIe siècle grosso modo, le dévoilement intuitif (kashf), l’inspiration (ilhâm), la « vision certaine » (yaqîn) – bref, tout ce qui relève du supra-rationnel – sont davantage reconnus qu’auparavant comme méthodes d’investigation des réalités spirituelles. Al-Ghazâlî, précurseur dans ce domaine comme dans d’autres, voyait déjà dans la science du dévoilement (‘ilm al-mukâshafa) le moyen d’accéder à la  » perception sûre et directe  » (al-‘iyân al-ladhî lâ yushakku fîhi) de ces réalités . Le Syrien Ibn Taymiyya, (m. 728/1328), qui reste pour beaucoup un redoutable adversaire du soufisme doctrinal, fait de la mukâshafa  » une sorte de science déchirant le voile des habitudes  » (jins min al-‘ilm al-khâriq), en référence à l’expression kharq al-‘âdât ( » rupture du cours habituel des choses « ) . Il pense que les cheikhs enclins au dévoilement tantôt disent vrai et tantôt se fourvoient, tout comme les savants maniant spéculation et argumentation en vue de l’ijtihâd . Ne justifie t-il pas l’inspiration (al-ilhâm) face à certains ‘ulamâ’ qu’il trouve trop « juristes » sur ce point ? Il va jusqu’à reconnaître à cette inspiration une autorité en matière juridique, lorsque les sources scripturaires font défaut bien sûr . Si le polémiste adopte une position aussi souple, c’est sans doute parce que les soufis ont toujours pris soin de rappeler que les sources scripturaires restaient pour eux, au même titre que pour les fuqahâ’, l’unique référence.

    Ibn Khaldûn, un peu postérieur au cheikh syrien, va au-delà, et se fait l’interprète, ici encore, de la doctrine soufie. En vertu de celle-ci, en effet, les saints sont les héritiers des prophètes, thème qui n’a pas manqué d’inquiéter les fuqahâ’. Or Ibn Khaldûn stipule que prophètes et saints ont en commun la faculté de connaître le monde spirituel (al-malakût) par la mukâshafa. Pour les premiers, il s’agirait d’une disposition innée (jibilla wa tabî‘iyya) tandis que les seconds ne l’acquièreraient que par l’effort (bi-takalluf wa iktisâb), et à un moindre degré, bien évidemment . Voici encore ‘Alâ’ al-Dîn al-Bukhârî (m. 841/1438), sévère censeur des doctrines d’Ibn ‘Arabî, qui accepte l’usage du dévoilement (kashf) et du stade supra-rationnel (tawr mâ warâ’ al-‘aql) chez les mystiques – en-dehors d’Ibn ‘Arabî et de son école ! – .

    Un peu plus tard, le grand savant – et soufi – Jalâl al-Dîn al-Suyûtî (m. 911/1505) donne au dévoilement et à l’inspiration un statut scientifique en introduisant ces phénomènes spirituels dans le domaine de la fatwâ, chasse gardée jusqu’alors du droit (fiqh) et des autres sciences exotériques. Dans une fatwâ, il lie implicitement le kashf et la vision (ru’yâ) au processus de la Révélation (wahî) : parmi ses contemporains, dit-il, beaucoup nient l’authenticité de la vision et de son interprétation, car ils négligent la Révélation et la Sunna au profit des sciences rationnelles et philosophiques . Chez cet auteur, la science spirituelle des soufis prend un statut quasiment infaillible. L’inspiration qui les traverse est généralement véridique, et leurs dévoilements et visions, qui leur ouvrent l’accès aux réalités divines, nécessitent une exégèse (ta’wîl) comme s’il s’agissait de textes scripturaires .

    L’infaillibilité du kashf, affirmée par d’autres soufis ou savants de cette période , doit bien sûr être relativisée, puisque les soufis ne possèdent pas la ‘isma des prophètes ( » impeccabilité, infaillibilité stricto sensu) ; ils jouissent néanmoins de la protection divine (hifz) face à l’erreur et au péché . La véracité du dévoilement proviendrait du fait que, précisément, il n’y a plus de voile s’interposant entre le contemplatif et Dieu. Le mental, ou la pensée discursive, ne représente évidemment pas le moindre de ces voiles, ainsi que l’énonce ‘Alî al-Khawwâs maître égyptien déjà évoqué.  » Les vrais ‘savants ne s’en remettent ni à la réflexion (fikr) ni à la spéculation (nazar), affirme t-il, car ils boivent directement à la source de l’enseignement divin (al-ta‘rîf al-ilahî) . Il précise toutefois que le novice doit se hisser par la pensée (fikr, tafakkur) jusqu’à une certaine perfection ; parvenu à ce niveau-là, il percevra par dévoilement ce qu’il appréhendait jusqu’alors par le mental .

    Les soufis ne se bornent pas à prôner la reconnaissance d’un kashf qui resterait en marge du grand processus islamique de l’ « effort d’interprétation en matière juridique » (ijtihâd) ; ils prennent pied dans cette arène et y apportent leur propre vision. Cela les amène d’abord à privilégier l’ijtihâd face à l’imitation en matière de jurisprudence (al-taqlîd). L’ijtihâd correspond mieux en effet à leur conception d’une Loi vivante se révélant à chaque instant à l’intimité du croyant. On connaît le défi que lança Abû Yazîd al-Bistâmî (m. 261/874) aux juristes de son temps :  » Vous prenez votre science de « savants de la lettre » (‘ulamâ’ al-rusûm) mortels qui se succèdent les uns aux autres, tandis que nous, les soufis, recevons la nôtre du Vivant (al-Hayy) qui ne meurt pas  » .

    Que les soufis soient favorables à une interprétation vivante de la Loi peut déjà engendrer, chez les fuqahâ’, la crainte de certains débordements ; le péril devient plus imminent lorsque ces mêmes soufis prétendent en outre à l’ijtihâd, en s’appuyant non pas sur l’argumentation rationnelle (al-istidlâl) mais sur leurs dévoilements. Ils placent en effet l’accomplissement de l’ijtihâd dans la certitude (yaqîn) qu’apporte la  » vision intérieure  » (basîra), bien au-delà, donc, des conjectures (zann) des juristes . L’emploi du terme zann est d’importance, si l’on se réfère au sens hypothétique et péjoratif qu’il a dans le Coran : les déductions incertaines des juristes ont donc besoin d’être mesurées à l’aune du kashf, critérium suprême dans l’interprétation de la Loi. Les « hommes de la lettre », remarque Suyûtî, n’ont aucun moyen d’apprécier le kashf, car leurs bases d’analyse diffèrent totalement de celles des soufis ; ils sont donc démunis face à tout ce qui sort du cadre de leur science acquise . On conçoit que maints juristes et théologiens exotéristes aient vu dans cette pratique spirituelle de l’ijtihâd – notion relevant usuellement du seul domaine de la raison – une pure hérésie .

    Les diverses modalités du supra-rationnel chez les soufis – kashf, ilhâm, yaqîn…- restent encore abstraites pour nous. Evoquons brièvement à présent deux figures de mystiques musulmans chez lesquels le dépassement de la raison constitue la clé de leur type spirituel.

    • Le cheikh ummî tire son nom du mot umm ( » mère « ), car il est resté tel que sa mère l’a enfanté. L’état d’enfance qui le caractérise provient du fait que ce mystique possède pleinement la fitra, c’est-à-dire la  » disposition naturelle des créatures à connaître Dieu « , comme le note Ibn Manzûr dans le Lisân al-‘Arab . Cet  » état d’enfance  » permet au ummî d’être investi d’une science à laquelle n’ont pas accès les lettrés, ou du moins ceux d’entre eux qui ne peuvent se départir de leur science acquise. L’archétype spirituel en est bien entendu le Prophète, al-nabî al-ummî ,  » récepteur virginal de la Révélation  » , lequel, s’il n’avait pas appris l’écriture selon  » l’usage et le mode d’acquisition ordinaires  » (al-istilâh wa l-ta‘allum min al-nâs), la connaissait en vertu de l’ouverture spirituelle (al-fath al-rabbânî) qui lui fut accordée. Nous reprenons ici les termes du grand saint marocain ‘Abd al-‘Azîz al-Dabbâgh, recueillis par son disciple Ahmad b. Mubârak dans le fameux Kitâb al-Ibrîz .

    L’ « homme à la science innée » peut concrètement ne savoir ni lire ni écrire, mais il est avant tout celui dont  » le coeur n’a pas été souillé par la pensée spéculative et discursive (al-nazar al-fikrî)  » et est donc apte à recevoir l’ouverture spirituelle évoquée plus haut . Si le cheikh ummî ignore parfois les conventions humaines en matière d’écriture, c’est qu’il puise directement à la source de l’Ecriture : al-Lawh al-mahfûz, la « Table bien gardée » dans laquelle Dieu a inscrit depuis la pré-éternité le devenir de l’ensemble de Sa création, et qui est justement appelée « la Mère du Livre » (Umm al-Kitâb). Al-Bistâmî affirme être cette Table , et ‘Alî al-Khawwâs, modèle du cheikh ummî pour l’Egypte mamelouke, tient ses dévoilements de ce même Lawh .

    Que le mystique ummî soit totalement illettré ou qu’il écrive sous inspiration, la fulgurance de son expression se moule rarement dans les codes ordinaires du langage humain. Sa langue écrite et parlée est souvent incompréhensible pour le profane, tant dans son contenu que dans sa forme. En outre, le cheikh ummî a accès, grâce à sa virginité spirituelle, à la langue matricielle appelée le suryânî, langue primordiale qui aurait été parlée par Adam . De façon générale, la glossolalie est l’apanage de ces mystiques très particuliers dont l’histoire du soufisme recèle quelques exemples. Les savants exotéristes manifestent leur trouble devant de tels phénomènes, mais leur scepticisme apparent ne cache pas la fascination que ces ummîs exercent sur eux.

    • L’  » extatique  » (majdhûb) constitue une autre figure majeure du supra-rationnel dans le soufisme. Le majdhûb partage avec le cheikh ummî plusieurs traits, comme l’  » état d’enfance « , l’accès à la langue primordiale et une grande propension au dévoilement spirituel (kashf). Il est aussi appelé « fou de Dieu » car sa raison lui a été  » ravie  » (de la racine J-Dh-B) par Dieu, le plus souvent de façon abrupte. D’où l’ambiguïté qui règne dans la culture islamique entre le « fou » (majnûn) et le « fou de Dieu » (majdhûb). Ainsi, le livre ‘Uqalâ’ al-majânîn d’Abû l-Qâsim al-Nîsâbûrî conteint en son titre même un paradoxe qui retient l’attention. Dans cet ouvrage, nous plongeons bien dans la sphère de la folie (al-junûn), mais les fous dont il est question ont leur propre expérience du ‘aql, l’esprit que nous appelons communément la raison ou le bon sens. Sans doute est-il plus juste de dire l’Esprit, car de grands spirituels figurent dans le livre d’al-Nîsâbûrî. Tandis qu’Uways al-Qaranî (m. 31/657) aurait été le premier « fou de Dieu » en islam, al-Shiblî, cité plus haut, est présenté dans cet ouvrage faisant l’éloge de sa folie face à ses diciples  » sains d’esprit  » (asihhâ’). On y voit aussi Abû Yazîd al-Bistâmî confesser les trois degrés de junûn qu’il eut à traverser, et qui correspondent en réalité à des étapes terminales de la Voie initiatique .

    Ibn ‘Arabî ne laissera plus de place à l’équivoque. Pour lui, le vrai majdhûb n’est pas déficient : son esprit est saisi et retenu (mahbûs) auprès de Dieu et jouit de la contemplation divine . Ibn Khaldûn affirme à son tour qu’à la différence des déments (majânîn), l’  » âme raisonnable  » (al-nafs al-nâtiqa) des extatiques n’est pas anéantie . L’auteur de la Muqaddima place d’ailleurs les « fous de Dieu » parmi les soufis, et leur reconnaît l’accès aux différents degrés de la sainteté (maqâmât al-walâya) .

    Ce qui caractérise le majdhûb est son insouciance des normes sociales et religieuses. Toutes les sources biographiques attestent chez ce personnage d’une excentricité qui se manifeste notamment dans l’apparence physique. Le jadhb produisant une rupture avec l’état de conscience ordinaire, et donc avec les codes culturels, il est fréquent que la personne concernée se dénude entièrement ou ne couvre que ses parties sexuelles. Cette nudité exprime la fitra, l’innocence édénique déjà évoquée à propos du ummî. Plus généralement, l’extatique ne prête aucune attention à ses vêtements, et porte le même habit été comme hiver, jusqu’à ce qu’il tombe en loques !

    A la différence d’autres types de mystiques, le majdhûb transgresse souvent la Loi tout en jouissant d’une certaine impunité. Les ‘ulamâ’ le considèrent en effet comme  » non responsable juridiquement  » (ghayr mukallaf) – à l’instar des enfants ou des fous – et eux-mêmes lui rendent visite, quêtant de sa bouche quelque sagesse. C’est que les défis qu’il lance aux musulmans sont lourds de sens : les attitudes provocantes qu’il adopte ont manifestement pour but de choquer, d’ébranler la bonne conscience du croyant ordinaire, afin d’inciter celui-ci à soulever le voile de la soit-disant « raison ».

    La contemplation du monde invisible dans lequel le majdhûb est absorbé fait de lui un « voyant », comme le disait Rimbaud. Ainsi, un des « fous de Dieu » qu’a rencontrés Ibn ‘Arabî traite d’aveugle la foule à laquelle il s’adresse, car celle-ci croit que ce sont des colonnes qui soutiennent le plafond de la mosquée où ils se trouvent, alors que lui voit, à la place des piliers, des hommes invoquant Dieu . Invisible au commun des mortels, le monde du Ghayb est également l’Inconnaissable, littéralement ce qui est absent de la connaissance, de la conscience des hommes.

    Sans être des extatiques définitifs, les grands maîtres du soufisme ont tous plus ou moins traversé des périodes de « ravissement » à leur raison ; on parle alors de hâl, de l’  » état spirituel  » qui investit un être avec fulgurance et sans qu’il s’y attende. Une fois revenu à la lucidité, celui-ci peut formuler son expérience pour en faire profiter autrui. La doctrine soufie n’est donc pas théorique : elle est fondée sur la « gustation spirituelle » (dhawq) et sur la praxis initiatique. Pouvons-nous voir à notre tour dans le soufisme, fait à la fois d’ivresse et de sobriété, d’extase et de contrôle de soi, une science expérimentale décrivant avec assez de précision l’au-delà de la raison ?

  11. Modibo dit :

    DIFFICILE D’Y CROIRE EN CES TEMPS PRESENTS….ALLAH FORTIFIE NOTRE FOI !

    La richesse, une épreuve pour le croyant

    L’aumône, troisième pratique de l’islam, « renvoie spirituellement parlant à la nudité primordiale de l’homme qui vient nu dans ce monde et repart, également, de ce monde dépouillé de tout. Il a beau courir après les richesses, amasser des biens, thésauriser des fortunes, il ne fera que gérer au mieux ce qui ne lui appartient pas. Il ne jouit que de l’usufruit de ce qui est à Dieu ».

    « Money doesn’t make you happy ».
    Ainsi enseignait bien le vieil adage anglais, même si pour certains le bonheur est la bonne fortune dans tous les sens du mot. L’homme cherche à être heureux, mais il se rend compte le plus souvent que ce n’est sûrement pas l’abondance des biens matériels qui doit être liée nécessairement à l’idée du bonheur.

    A ce sujet, et d’une manière anecdotique, on rapporte que le calife abbasside al Ma’mûn (813-833) fils de Haroun al-Rachid, avait, quant à lui, une conception du bonheur nullement assujettie à l’argent. En effet, un épisode resté célèbre dans l’histoire, raconte qu’un jour le grand calife demanda à ses commensaux de lui exposer leur définition du bonheur. Les réponses furent celles habituelles des courtisans : pour la plupart un mélange de flatterie, d’hypocrisie, de flagornerie et même de duplicité, s’arrêtant sur les biens de ce monde et les vanités du siècle. Puis, quelques-uns mirent en avant, la recherche, beaucoup plus honorable, de la connaissance et l’acquisition du savoir comme condition du bonheur ; d’autres, jouant sur la corde sensible de la piété proposèrent le recueillement et la méditation dans une attitude spirituelle. Mais, la réponse du riche et puissant al Ma’mûn fut d’énoncer tout simplement que le bonheur absolu est d’avoir une épouse qui vous aime et que vous aimez : « Vous avez de quoi vivre votre journée et vous n’avez pas affaire au calife ! ». La condition première du bonheur se trouvait donc, pour le commandeur des croyants, dans la tendresse des liens conjugaux et dans la modestie d’une vie simple loin du vacarme tumultueux de la grande ville et ses richesses étalées.

    Dans la tradition islamique, l’argent n’est pas la condition nécessaire au bonheur. Bien au contraire, c’est plutôt la générosité qui rendra heureux et procurera un sentiment de satisfaction. Il est bien spécifié dans le Coran que la piété va de pair avec le don :

    « Craignez Dieu autant que vous pouvez, écoutez, obéissez et faites largesses. Ce sera un bien pour vous. Et, ceux qui se seront préservés de leur propre avarice, voilà qui seront heureux »

    Sourate 64, la grande perte, verset 16.

    Tout comme dans un contexte de croyance religieuse, la notion du bonheur est relative à la conformité de la guidance divine :

    « …Puis, si jamais un guide vous vient de Ma part, quiconque suit Mon guide ne s’égarera point et ne sera pas malheureux. » Sourate 20, ta ha, verset 123.

    Pascal dans ses pensées exprime cette même idée du bonheur liée à la foi, en la formulant autrement :

    « Tous les hommes recherchent d’être heureux. C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes. Jusqu’à ceux qui vont se pendre. Et cependant depuis un si grand nombre d’années jamais personne, sans la foi, n’est arrivé à ce point où tous visent continuellement. »

    La richesse, est-ce bien vu ?
    D’un point de vue purement spirituel, la richesse est beaucoup plus perçue comme une épreuve que comme un bien en soi. Religieusement parlant, la fortune est une sorte de mise à l’examen de l’homme argenté quant à son attachement viscéral aux biens de ce monde. Mais à vrai dire, tant que la richesse n’est pas une fin en soi, elle est neutre. Elle n’a pas à être mal ou bien vue. S’enrichir pour entreprendre et fructifier les investissements en vue de produire et faire profiter tout l’entourage et par delà l’ensemble de la société, devient un acte louable. En revanche amonceler des fortunes sans les recapitaliser ni les réinjecter dans les circuits de production est vraiment détestable. Combien de fois l’homme fortuné a-t-il agi avec arrogance ? Le comportement des riches dans certaines situations fait glisser sur la pente raide de la tyrannie. Dans la tradition islamique, le Coran attire l’attention des croyants sur cette conduite afin de se prémunir de ses méfaits :

    « Prenez-garde ! Vraiment l’homme devient rebelle, dès qu’il estime qu’il peut se suffire à lui-même à cause de sa richesse. » Sourate 96, l’adhérence, versets 6 et 7.

    C’est pour cela que le troisième pilier de la pratique cultuelle en islam est l’aumône, qualifiée parfois de légale. Curieux adjectif pour un acte charitable qui doit être spontané, laissé à l’élan de générosité des croyants. En principe cet acte ne doit pas être soumis à l’obligation de la loi. Mais il se trouve qu’effectivement, l’aumône est une prescription fondamentale légalisée par de nombreuses injonctions coraniques. Elle relève de la loi de Dieu et est essentiellement orientée vers le divin via le visage de l’homme ici-bas. Elle est nommée tantôt zakat, tantôt sadaqa signifiant à la fois purification et accroissement avec des notions de caution et même d’émanation assainissante dans un cas et signifiant aussi sincérité et véridicité dans l’autre. C’est dire l’importance dans la vie religieuse des croyants, que revêt l’acquittement de l’aumône. Elle est homogène à la foi et va de pair avec la piété.

    S’acquitter de l’aumône revient, en vérité, à purifier l’âme de l’animosité infâme et du vice de l’avarice afin de recevoir les bénédictions divines par l’action bienfaitrice du prophète de Dieu.

    En réalité, l’aumône renvoie spirituellement parlant à la nudité primordiale de l’homme qui vient nu dans ce monde et repart, également, de ce monde dépouillé de tout. Il a beau courir après les richesses, amasser des biens, thésauriser des fortunes, il ne fera que gérer au mieux ce qui ne lui appartient pas. Il ne jouit que de l’usufruit de ce qui est à Dieu. Autant en donner, alors, une part à ceux qui sont dans le besoin. C’est un droit divin qui leur est accordé. Dans une optique de répartition équitable des richesses, les pauvres recevront ce qui leur est dû de la part de leur Seigneur par l’intermédiaire du croyant qui, riche et aisé, est encore une fois éprouvé par la fortune ! Il doit assumer ses responsabilités dans la Cité et contribuer à alléger la souffrance de ses semblables.

    Toutefois, la discrétion est recommandée. Il n’y a pas à obliger ostensiblement le nécessiteux récipiendaire de la zakat ni à en faire état. Un tel comportement est réprouvé. Celui qui donne, aura à le faire avec circonspection.

    L’argent peut-il être honnête ?
    L’argent doit être honnêtement gagné, comme tout bien, il ne doit pas être mal acquis, sinon, comme le souligne le vieil adage, il ne profitera jamais. Après toutes les considérations spirituelles avancées précédemment, il n’y a tout de même aucune raison de ne pas vouloir gagner de l’argent pour améliorer notablement ses conditions et celles de ses proches. Mais pour être surtout un élément constructif dans le tissu social et économique dans la société, il y a lieu d’investir et de fructifier les capitaux pour l’intérêt de tous. Si l’argent n’a pas d’odeur, comme disait Vespasien, la pauvreté en a une et parfois elle « piquante ». Aussi est-il est légitime de s’en sortir. La dignité de l’être humain chez les personnes pauvres doit être absolument respectée, mais il faut œuvrer pour que l’état de pauvreté cesse et pour qu’il soit mis fin à l’indigence. Hormis les cas extrêmes d’allergie véritable à l’argent dans les comportements ascétiques et de vie acceptée dans le dénuement, la pauvreté ne constitue pas une fin en soi. Lorsque la misère s’abat, il est du devoir du miséreux de l’annihiler. C’est certes par des moyens légaux et licites qu’il faut en finir avec le manque et la gêne. Auquel cas, un travail justement rémunéré, un commerce honnêtement entrepris et une activité sérieusement menée sont autant de biais louables pour gagner sa vie honorablement et sortir donc de la situation de contraintes et de privations accablantes dans laquelle se trouve la personne indigente. Dans cette configuration, il n’y a plus aucun scrupule à recevoir de l’argent dûment et honnêtement gagné. C’est comme s’il y avait toujours quelque chose de louche et de suspect à être riche. Sans vouloir faire absolument l’éloge du faste, il paraît curieux de tenter de justifier un train de vie conséquent. Le malaise devant la richesse mine les relations entre les êtres. Et il n’y a aucune raison de susciter des problèmes avec la richesse en tant que telle, lorsqu’il n’y en a pas et lorsque l’argent est dûment et honnêtement gagné.

    Pour revenir à l’aumône, considérée comme un droit divin sur les riches pour les pauvres. Ces derniers la reçoivent et la dépensent comme un bien honnête. D’ailleurs, ce ne sont pas que les pauvres qui reçoivent l’aumône. En effet, les destinataires bénéficiaires de la zakat sont spécifiés dans le Coran. Outre les pauvres et les nécessiteux, d’autres catégories sont mentionnées comme celle des percepteurs qui travaillent à sa collecte.

    Ce sont les légistes et les jurisconsultes qui, par la suite, décideront des modalités de son acquittement. En numéraire ou en bien nature. Généralement, le croyant musulman calcule chaque année sa contribution. C’est une somme défalquée sur ce qu’il a pu épargner pendant une révolution d’un an lunaire hégirien. Elle est égale au quart du dixième de l’épargne.

    Comment vivre l’amour de Dieu ?
    L’amour de Dieu est, pour un croyant, la raison d’être lors de sa grande pâque sur terre. Le sentiment amoureux reflète bien des attitudes dans l’aventure humaine ici-bas. S’il met Dieu au-dessus de toutes ses passions et s’il fait triompher l’amour qu’il porte à Dieu sur toutes les autres inclinations, alors il aime vraiment Dieu. De même, il a vraiment la foi.

    Si le commun des mortels n’éprouve amitié ou amour que pour un vulgaire profit mondain, le croyant qui désire obtenir l’agrément de Dieu et la satisfaction divine, a des vues plus élevées, des buts sublimes, loin du bourbier de la terre. Ainsi est le croyant véritable, que Dieu protège jalousement, qu’Il aime et chérit, et à l’appel duquel il accourt.

    Il est enseigné dans la tradition prophétique que parmi les personnes que Dieu protégera de Son ombre, le Jour de la Résurrection, quand il n’y aura pas d’autre ombre que la Sienne, « … Deux êtres qui s’aiment en Dieu, qui se réunissent et se séparent ainsi ».

    Il est vrai qu’aimer autrui, par amour de Dieu, n’est pas aisé et n’est pas donné, c’est une affaire subtile, fine, sérieuse, qui implique de lourds devoirs. Aimer son frère en Dieu, c’est d’abord lui donner le pas sur soi-même, le tenir pour plus méritant et s’en faire la rançon. C’est être son conseiller sincère et fidèle, l’avocat et le défenseur de son sang, sa famille, son bien et son honneur. C’est s’inquiéter de son absence, lui rendre visite. Tout cela en vue d’une seule chose : l’agrément de Dieu.

    Aimer pour Dieu conduit au parachèvement de la foi.

    L’amour que porte le croyant pour ses frères les hommes est pur, désintéressé. Il aime pour eux ce qu’il aime pour lui-même, en leur accordant la priorité. Le Prophète a retourné la fameuse golden rule : « Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimes qu’on te fasse »

    « Nul d’entre vous ne peut prétendre être croyant jusqu’à ce qu’il aime pour son frère ce qu’il aime pour lui-même. »

    Mais cet amour ne doit pas signifier complaisance, complicité dans le mal et l’injustice. La meilleure façon d’aimer quelqu’un en Dieu, c’est d’être pour lui un miroir de l’âme où il puisse constater ses défauts et ses faiblesses. C’est aussi de ne pas le laisser s’égarer dans les vallées tortueuses de la passion aveugle, de lui ordonner le Bien, de lui proscrire le Mal.

    Quand le croyant aime son frère en Dieu, il doit l’en informer. Pour que leur amour soit réciproque. Le prophète Muhammad a montré à ses compagnons comment faire pour parvenir à s’aimer en Dieu :

    « Par celui qui tient mon âme dans Sa Main ! Vous n’entrerez au Paradis que lorsque vous serez croyants, et vous ne serez croyants que lorsque vous vous aimerez ! Vous indiquerai-je une chose qui vous permettra de vous aimer les uns les autres si vous la faites ? Commencez par bien vous saluer mutuellement ! »

  12. Modibo dit :

    L’imam Ahmad ibn Habal -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- a dit : « Les gens ont plus besoin de la science que de boire et de manger, car il suffit à l’homme de boire et de manger une ou deux fois par jour alors qu’il a besoin de la science autant qu’il a besoin de respirer. »

  13. Modibo dit :

    DES SOUFIS ET PAUVRES EN ALLAH swt

    Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. Prière et salut sur celui après qui il n’y a point de prophète. Le Shaykh de l’Islam [Ibn Taymiyya]– qu’Allah sanctifie son âme – fut interrogé au sujet des soufis (ṣoūfiyya). Ils sont [de plusieurs] sortes (aqsām), et il en est de même pour les « pauvres en Allah » (fouqarāʾ). Par conséquent, quelle est la particularité de chaque fraction (qism) ? Quelle obligation incombe à chacune d’elles et quelle voie doit-elle suivre de préférence (yastaḥibbou)?

    Il répondit :

    La louange est à Allah. Quant au terme ṣoūfiyya, il n’était pas répandu dans les trois premières générations [de l’islam] (qouroūn), mais cela s’est produit par la suite. Il a été rapporté que plus d’un imam et plus d’un maître (shaykh) l’ont employé, tels l’imam Aḥmad Ibn Ḥanbal, [le shaykh] Aboū Soulaymān Ad-Dārānī et bien d’autres. Il est rapporté que Soufyān Ath-Ṯhawrī fit usage de ce terme alors que d’autres mentionnent cela à propos de Ḥasan Al-Baṣrī.

    Il y eut divergence à propos de la signification attribuée au terme ṣoūfī. Il s’agit en réalité d’un adjectif d’attribution, tels qourashī, madanī, etc.

    On a avancé que le terme se rapportait aux « gens du banc » (ahl al-ṣouffa). Ceci est erroné, car s’il en avait été ainsi, on aurait dit ṣouffiyy. De même qu’il est erroné d’attribuer l’origine du terme ṣoūfī au « rang (ṣaff) avancé qui se tient devant Allah » ou bien à « l’élite (ṣafwa) de la création d’Allah ». S’il en avait été ainsi, on aurait dit ṣaffiyy ou bien ṣafawiyy. On a prétendu que le terme ṣoūfī se rapportait à Ṣoufa Ibn Bichr Ibn Addi Ibn Ṭābikha, une tribu arabe qui dans l’ancien temps habitait dans les environs de La Mecque et à laquelle on rattache (younsabou ilay-him) des ascètes (noussāk). Si d’un point de vue lexical cela semble acceptable, en revanche l’argument est faible, car cette tribu n’était point célèbre et la plupart des ascètes ne la connaissaient pas. Et si les ascètes étaient rattachés à cette tribu, ce lien aurait été encore plus probant à l’époque des Compagnons, des Suivants et de leurs successeurs [immédiats]. De plus, la majorité de ceux qui se disaient soufis ne connaissaient pas cette tribu et n’auraient jamais admis la filiation à une tribu antéislamique, n’existant plus à l’époque dont il est question. Il est dit – et cela est connu – que [le terme] ṣoūfī se rapporte au port d’un [habit] de laine.

    En fait, les soufis sont apparus pour la première fois à Bassora et les premiers à avoir bâti un « cloître » soufi (douwayra) furent certains disciples (aṣḥāb) de ʿAbd Al-Wāḥid Ibn Zayd; celui-ci faisait partie des disciples d’Al-Ḥasan [Al-Baṣrī].

    Il y avait à Bassora une certaine exagération, dans le renoncement (zouhd), la dévotion (ʿibāda), la crainte d’Allah (khawf), ainsi que sur d’autres sujets que l’on ne trouvait pas chez les habitants des autres métropoles (amṣār). C’est pourquoi il était d’usage de dire : la jurisprudence selon [les gens de] Couffa et la dévotion selon [ceux de] de Bassora. D’après sa chaîne de transmetteurs remontant à Mouḥammad Ibn Sīrīn, Aboû Ash-Shaykh Al-Aṣbahānī a rapporté que ce dernier avait mentionné un groupe (qawm) ayant préféré des habits de laine, selon les termes suivants : « c’est un groupe qui a opté pour [l’habit de] laine, prétendant imiter le Christ fils de Marie. Cependant, l’exemple (hady) de notre prophète, qui s’habillait de coton et d’autres [sortes de tissus], nous est préférable ». Il y eut également d’autres histoires de ce genre.

    C’est pourquoi la plupart des choses que l’on raconte concernant l’exagération dans ce domaine ne se rapportent qu’aux dévots (ʿoubbād) de Bassora. À l’exemple de l’histoire de celui qui mourut ou qui perdit connaissance lors de l’audition du Coran ; comme l’histoire de Zourāra Ibn Awfā, le juge de Bassora, qui tomba raide mort alors qu’il récitait, lors de la prière du matin, le verset :

    {Lorsque l’on sonnera de la trompette}
    (sourate 74 – verset 8)

    Ou bien l’histoire d’Aboū Jahīr Al-Aʿmā qui mourut, alors que Ṣāliḥ Al-Mourrī lui récitait le Coran. Et ainsi, on rapporte d’autres histoires à propos de ceux qui moururent à l’audition du Coran. D’autres parmi [les gens de Bassora] étaient « foudroyés » (youṣʿaqoūna) lors de la récitation du Coran. Cependant, les Compagnons ne connurent point cet « état spirituel » (ḥāl). Par conséquent, lorsque de tels phénomènes apparurent, une partie des Compagnons et des suivants les désavouèrent, tels Asmāʾ la fille d’Aboū Bakr, ʿAbdoullâh Ibn Az- Zoubayr, Mouḥammad Ibn. Sīrīn et d’autres.

    La réprobation se fit de deux manières :

    Il y avait ceux qui pensaient qu’il ne s’agissait que de feinte et de simulation. Ainsi, il est mentionné que Muḥammad Ibn Sīrīn a dit : « Ce qui permettra de trancher entre nous et ceux qui sont foudroyés (youṣʿaqoūna) lors de l’audition du Coran, c’est [l’épreuve suivante] : celui qui tombe (kharra) lors de la récitation du Coran, tandis qu’il est placé [en hauteur] sur un mur (ʿalā ḥāʾit), alors celui-ci est sincère ». Et parmi les réprobateurs, il y avait ceux qui désavouèrent ceci [totalement] car ils y voyaient une innovation contraire à l’exemple (hady) des Compagnons, ainsi qu’il est mentionné à propos de Asmāʾ et de son fils ʿAbdoullah.

    L’opinion de la majorité des savants est que celui qui est touché [par un tel état], alors qu’il est dans l’incapacité [de le repousser], ne peut être blâmé. Néanmoins, [ces savants estiment] qu’un état inébranlable (ḥāl at-ṯābit – sic) lui est préférable. À cet effet, lorsque l’imam Aḥmad [Ibn Ḥanbal] fut interrogé à ce sujet, il répondit : « Yaḥyā Ibn Saʿīd Al-Qaṭṭān perdit connaissance tandis qu’on lui récitait le Coran. S’il y avait bien eu quelqu’un capable de « repousser » [un tel état], cela aurait été Yaḥyā. En effet, je n’ai vu personne plus raisonnable (aʿqal) que lui ». D’autres histoires de même sorte sont rapportées. On raconte que [l’imam] Ach-Châfi’î fut [également] touché par un tel [état]. Ce fut également le cas de ʿAlī Ibn Fouḍayl IbnʿIyāḍ, dont l’histoire est célèbre. En bref, [cet état spirituel] est arrivé à beaucoup, dont on ne peut mettre en doute la sincérité.

  14. Modibo dit :

    DE CE QUE NOUS PERDONS……
    La porte du paradis (vivre apaisé dans un monde furieux)

    Chères amies, chers amis,

    Ces derniers mois, le monde des hommes a montré l’étendue de sa folie meurtrière.

    À Paris, Orlando, Nice, en Iraq, en Syrie, au Nigéria, ailleurs encore, des terroristes ont frappé à l’aveugle, prélevant leur lot de vies innocentes.

    Et laissant dans nos esprits à tous le sentiment d’un monde devenu trop lourd, trop noir.

    Que faire face à cela ? Se résoudre à cette laideur, abandonner le beau, le bien ?

    Je crois au contraire que c’est précisément dans ces moments-là qu’il faut agir pour ne pas nous laisser submerger. Et chercher pour nous-mêmes des havres de paix.

    Comment ? Je ne peux vous proposer que des pistes, bien sûr, et je compte sur vous pour partager avec les lecteurs de PureSanté vos trésors de beauté et de sérénité intérieure (méditation créative, yoga, peinture, prière, exercice physique, marche, etc.).

    Il vous suffit pour cela de laisser un commentaire sur notre site ou sur notre page Facebook.

    En attendant de découvrir vos commentaires, voici quelques idées pour retrouver l’apaisement intérieur lorsqu’autour de soi le monde s’emballe un peu trop.

    L’immensité qui s’ouvre à nous

    Le Pr Michel Lejoyeux, psychiatre à l’hôpital Bichat de Paris, conseille pour sa part d’écouter tous les jours une sonate de Mozart, la Sonate pour deux pianos k448

    « Vous l’écoutez dix minutes, dit-il, et vous allez apprendre :

    À ralentir votre esprit

    À vous concentrer sur l’instant présent

    À laisser monter en vous les émotions positives

    À vous sentir en meilleure forme, moins fatigué

    À voir s’éloigner comme par enchantement vos émotions négatives »

    J’ai fait l’expérience moi-même, c’est fascinant.

    À l’écoute de la musique, le monde s’allonge littéralement, il est plus vaste, plus beau. Et pourtant vous n’avez pas bougé de votre chaise.

    Un frisson vous parcourt la colonne vertébrale.

    Vous sentez quelque chose qui grandit en vous-même, le sentiment mêlé de puissance et d’apaisement, une impression de force mais aussi de bonté.

    Ces dix minutes de votre vie, c’est un peu comme si vous assistiez à « l’entretien de Dieu avec lui-même, juste avant la Création », comme disait le poète allemand Johann Wolfgang von Goethe.

    Dix minutes seulement et l’immensité s’ouvre à vous. Pour de vrai.

    Bien sûr, d’autres musiques, certains tableaux, les passages les plus émouvants de la littérature ou de la poésie peuvent déclencher la même sensation. Là-encore, n’hésitez pas à me dire ce qui « marche » pour vous.

    Guérit l’âme et le corps

    Cette sérénité, cette paix, on la retrouve aussi dans la nature et auprès des plantes.

    Il suffit de faire quelques pas dans un jardin public, dans l’allée des marronniers puis dans le clos des fleurs les plus délicates, il suffit de sentir une feuille, une tige, de soupeser dans sa main cette beauté fragile, et alors un profond sentiment de pureté rejaillit en nous-même, malgré la violence du monde extérieur.

    Les plantes nous rappellent les valeurs de la terre, de la générosité et de l’amour, elles qui mettent à notre disposition leurs pouvoirs inépuisables de soin et de prévention…

    Découvrir, apprendre, puis à son tour transmettre la connaissance des plantes et de leurs bienfaits, je crois qu’il s’agit là aussi d’un havre de paix, un temps d’apaisement qui peut guérir l’âme aussi bien que le corps.

    C’est pourquoi j’aime tant vous parler des plantes médicinales.

    Cela me permet de replonger dans de vieux ouvrages qui leur sont consacrés, de parcourir les anciennes planches d’herboristes, les formules fantastiques des guérisseurs d’autrefois, etc.

    Bien sûr il n’existe pas d’études scientifiques à ce sujet, mais personnellement j’ai l’impression de remonter ma propre pendule intérieure, de ralentir le temps au contact de ces passionnés au savoir fabuleux.

    Là aussi, on pourrait en nommer cent, tous aussi passionnants à lire, mais je me contenterai juste de citer le nom de Maria Treben, une grande phytothérapeute autrichienne.

    Elle représente à peu près tout ce que notre époque pressée et sûre d’elle regarde avec amusement, si ce n’est du mépris ou de la condescendance.

    Cette femme simple, sans fard, qui est morte en 1991, croyait que le monde n’était pas le fruit du hasard mais de celui qu’elle appelait son Bon Dieu, dont elle était convaincue qu’il avait aussi mis sur le chemin des hommes des plantes pour les soigner.

    À l’époque de la médecine connectée et des robots qui feront bientôt le boulot à la place des médecins, tout cela semble un peu ridicule, n’est-ce pas ?

    Eh bien je crois qu’il ne faut pas être aussi catégorique !

    Maria Treben parlait souvent de la « divine puissance des simples », c’est-à-dire de la supériorité de la plante sur la molécule chimique.

    D’une certaine façon, elle pressentait ce à quoi ressemblera (espérons le) la médecine du futur.

    Non pas une médecine automatisée, robotisée, mais une approche globale, où les techniques de pointe de la chirurgie et de la médecine occidentale chemineront de concert avec les pratiques issues de la tradition, mieux comprises grâce à la science, et les découvertes sur la puissance insoupçonnée de l’esprit.

    Une médecine qui acceptera peut-être aussi que la vie conserve une part de mystère ?

    La « porte du paradis »

    L’apaisement de l’âme, la connexion à la nature. Cette alchimie, on le sent intuitivement, est à la source du bien-être. Et elle agit avec une puissance aujourd’hui reconnue par la science.

    En 1984 déjà, le psychologue américain Roger Ulrich a apporté la preuve scientifique que les malades hospitalisés dans un service de chirurgie souffraient de moins de complications, utilisaient moins de médicaments antalgiques et restaient hospitalisés moins longtemps si la fenêtre de leur chambre s’ouvrait sur la nature plutôt que sur un mur de briques [1].

    En France, le Dr France Pringuey, après avoir été médecin généraliste pendant 25 ans, se consacre désormais à l’aménagement de jardins destinés aux malades.

    Son « premier » jardin est né en 2013 au cœur du Centre hospitalier universitaire Pasteur de Nice, le jardin de l’Armillaire. C’est une oasis de verdure plantée dans le cloître de l’ancienne abbaye qui accueille l’unité de soins psychiatriques.

    « Certains malades ont beaucoup de mal à agir. Mais dès qu’on ouvre un sac de terreau, ils viennent. Le jardin réveille les gens et les vitalise », explique l’ergothérapeute de l’Armiliaire [2].

    À Nancy, le Dr Thérèse Jonveaux a créé un jardin spécial pour les malades d’Alzheimer.

    Ce jardin est clos pour éviter les fugues. Les aménagements sont simples pour permettre à une personne âgée de s’y promener sans risque de s’y blesser. Le Dr Jonveaux a organisé quatre thématiques : la terre, le feu, l’eau et le vent. Elles ont été conçues pour stimuler les sens et les émotions des patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

    S’efforcer de sentir les plantes parfumées d’un jardin, en reconnaître les odeurs, distinguer le thym du romarin, est un exercice très utile pour maintenir ses capacités cérébrales.

    Prendre le temps de toucher, écouter, goûter, sentir et regarder sont les meilleures armes contre cette maladie.

    Et les résultats du Dr Jonveaux sont impressionnants (et pas seulement pour soigner Alzheimer).

    L’exercice physique est favorable à la santé des personnes âgées. La marche et l’équilibre s’améliorent, diminuant ainsi le risque de chutes.

    En évoluant au jardin, les patients réapprennent à s’orienter dans l’espace. Ils retrouvent de l’autonomie. L’effet est également positif sur les troubles de l’appétit, du sommeil et du comportement. La consommation de médicaments psychotropes diminue.

    À tel point que de nombreux hôpitaux partout en France décident à leur tour d’utiliser les jardins pour accompagner les soins des patients. Vous pouvez consulter le site de l’association Jardins & Santé (www.jardins-sante.org) qui recense les nombreuses initiatives de jardins thérapeutiques.

    Partout où les hommes plantent, ils sont plus apaisés, plus libres, plus heureux. Car, comme disait l’écrivain Marie Angel, « un jardin, même tout petit, c’est la porte du paradis » [3].

    Et alors, le vacarme du monde paraît (un peu) moins assourdissant.

    Santé !

    Gabriel Combris (Pure Santé)

  15. Modibo dit :

    DE L’ULTIME VOYAGE…..

    Bismihi Ta’âlâ

    La mort, la première des étapes menant vers l’Autre-monde

    Cette étape comporte des obstacles durs à franchir et des moments difficiles à supporter. En voici deux des plus importants:

    Le premier obstacle:

    L’agonie et la difficulté de l’extraction de l’âme du corps. L’agonie de la mort fait apparaître la vérité: «Voilà ce dont tu t’écartais».(1)

    C’est une étape très difficile, car l’agonisant doit faire face à des épreuves de toutes sortes: les douleurs de la maladie, la paralysie de la langue, la disparition des forces du corps, les lamentations de la famille et leurs adieux, le souci de l’orphelinat des enfants, la séparation des biens, des trésors, des économies qu’on a tant peiné à obtenir durant toute une vie, et dont beaucoup seraient peut-être mélangés avec des propriétés illégales appartenant à autrui et usurpées injustement, ou des biens sur lesquels la part d’Allah (zakât, khoms, etc.) n’a pas été prélevée, ce qui en fait des biens illicites (harâm), problème auquel l’on n’a pas attaché l’importance due et dont le souci n’est né qu’une fois la mort arrivée, souci que l’Imam Ali a si bien décrit dans Nahj-ul-Balâghah:

    «Il (l’agonisant) se rappelle des biens qu’il a amassés sans s’être soucié de la légalité de leur origine, ni de ce qu’ils contiennent de légal et de douteux. Il doit donc assumer les conséquences de leur thésaurisation au moment où il ne peut que s’en séparer pour le laisser à ceux qui lui succèdent et qui vont en jouir. Le résultat est que les autres en seront les heureux bénéficiaires, et à lui d’en assumer la lourde responsabilité».

    D’autre part il y a la terreur de l’entrée dans un monde qu’il n’a jamais vécu avant et de la vue d’un spectacle que ses yeux n’ont jamais vu: «Et bien, Nous ôtons ton voile ta vue est perçante aujourd’hui».(2) où il voit le Messager d’Allah (P) et les Membres de sa Famille (p), les Anges de la Miséricorde et ceux de la colère, s’apprêter à émettre leur jugement à son égard, et éventuellement une recommandation en sa faveur.

    D’un autre côté il voit réuni autour de lui Iblis (Satan) et ses partisans pour lui inculquer le scepticisme et l’empêcher d’avoir la foi, alors que plane sur lui la terreur de la présence de l’Ange de la mort, et la façon dont son âme est arrachée de son corps, situation que l’Imam Ali (p) résume en quelques mots dans Nahj-ul-Balâghah: «Les agonies de la mort s’emparent de lui et ce qui lui arrive est indescriptible».

    Al-Kulayni rapporte de l’Imam al-Sâdiq (p) que l’Imam Ali (p) eut un jour mal aux yeux. Le Prophète (P) lui rendit visite et le voyant crier et se plaindre lui demanda: «Cries-tu par douleur, affliction ou crainte?» L’Imam Ali répondit: «Que la douleur est insupportable, lorsqu’on ne l’a pas connue auparavant». Le Prophète (P) lui dit alors: «Lorsque l’Ange de la mort se présente pour arracher l’âme du mécréant (kâfir), il se pointe avec une barre de feu avec laquelle il arrache son âme. Le mourant crie alors à tue-tête: «C’est l’Enfer», à cause de l’intensité de la douleur». Ayant entendu ce hadith (cette description), l’Imam Ali (p) se leva, puis se rassit et dit: «O Messager d’Allah Répète-moi ce hadith, car il m’a fait oublier ma douleur, et de demander: est-ce que l’âme de l’un des membres de ta Communauté pourrait être arrachée comme tu viens de le décrire?» Le Prophète répondit: «Oui un gouvernant injuste, quelqu’un qui s’approprie les biens d’un orphelin injustement et par transgression, ainsi qu’un faux témoin».(3)

    Ce qui facilite et allège l’agonie de la mort

    Al-Sadûq rapporte le hadith suivant de l’Imam al-Sâdiq (p): «Quiconque désire qu’Allah lui facilite son agonie, les difficultés de la mort seront allégées».(4)

    Il est rapporté que le Prophète (P) assistait un jour à l’agonie d’un jeune homme. Il essayait de lui dicter (faire prononcer) la traditionnelle attestation de foi islamique «Lâ ilâha illâllaâh …» (Il n’y a de divinité qu’Allah …), mais la langue de l’agonisant se bloquait et ne parvenait pas à répéter cette attestation. Le Prophète demanda alors à une dame assise au chevet du mourant si elle était sa mère. Celle-ci répondit par l’affirmative. Le Prophète lui demanda alors: «Es-tu mécontente de lui?». Elle répondit: «Oui, et je ne lui ai pas adressé la parole depuis six ans». Le Prophète (P) lui dit: «Pardonne-lui». La mère acquiesça: «Qu’Allah soit satisfait de lui comme tu es satisfaite de lui». Dès qu’elle exprima ainsi son pardon et sa satisfaction de son fils, la langue de ce dernier se débloqua et le Prophète put ainsi lui faire répéter la formule «Lâ ilâha illâllaâh …».

    Le Prophète (P) demanda alors au jeune agonisant: «Que vois-tu maintenant?». Il répondit: «Je vois un homme noir, d’aspect laid, putréfié, portant des vêtements sales et exhalant une mauvaise odeur. Il vient vers moi, il serre ma gorge et ma trachée». Le Prophète (P) lui commanda alors de dire: «Yâ man yaqbal-ul-yacîr-a wa ya’fû ‘an-il-kathîr-i, iqbal mannî-l-yacîra wa-‘fu ‘annî-l-kathîr-a, Innaka anta-l-Ghafûr-ur-Rahîm-u(5) (Ô Toi Qui accepte le peu (de bonnes actions que le serviteur accomplit tout en pardonnant beaucoup Accepte de moi le peu (que j’ai fait) et pardonne-moi la multitude (de péchés que j’ai commis)». Le jeune mourant s’exécuta. Le Prophète lui demanda, une fois qu’il avait terminé la récitation: «Et maintenant que vois-tu?». Le jeune homme répondit: «Je vois un homme au visage d’une blancheur pure, gracieux, parfumé, portant des vêtements propres, se diriger vers moi, alors que l’homme noir tourne les talons et s’apprête à partir». Le Prophète lui après lui avoir dit de répéter encore une fois la récitation, lui demanda à nouveau: «Et maintenant que vois-tu?». Il répondit: «L’homme noir a fiché le camp sans laisser de traces, et l’homme blanc reste à mes côtés». Sur ce le jeune homme rendit le dernier soupir.(6)

    Ce hadith en dit long sur l’effet néfaste et la gravité de la désobéissance aux parents, car bien que le jeune homme fût au nombre des compagnons du Prophète (P) et que celui-ci se soit assis à côté de son lit en essayant de lui faire répéter l’attestation de foi, il ne put le faire que lorsque sa mère accepta de lui pardonner, ce qui eut pour effet immédiat le déblocage de sa langue.

    Selon l’Imam al-Sâdiq (p): «Quiconque habille son frère de religion d’un vêtement d’été ou d’hiver, Allah se donnera comme devoir de le revêtir d’un vêtement du paradis, de lui faciliter l’agonie et d’élargir son tombeau».(7)

    Selon le Prophète (P): «Quiconque nourrit son frère musulman d’une sucrerie, Allah lui enlèvera l’amertume de la mort».

    La lecture de la Sourate Yâ-Sîn, de la sourate Al-Çâffât et Du’â’ al-Faraj(8) est bénéfique pour l’agonisant.(9)

    Selon l’Imam al-Sâdiq (p): «Quiconque jeûne le dernier jour du mois de Rajab, Allah le préservera des difficultés de l’agonie, de la terreur après la mort et des supplices de la tombe».(10)

    Le jeûne de 24 jours au mois de Rajab appelle beaucoup de mérites spirituels (thawâb), entre-autres, la venue de l’Ange de la mort sous forme d’un jeune homme, luxueusement vêtu et portant dans sa main une boisson du Paradis qu’il offre au mourant afin d’alléger son agonie.

    Selon notre Prophète (P): «Quiconque accomplit la nuit du 7 au 8 Rajab quatre rak’ah de prière en récitant dans chacune d’elles une fois la sourate Al-Hamd, trois fois la sourate Al-Ikhlâç, suivies des sourates Al-Falaq et Al-Nâs, et récite après cette prière 10 fois Allâhumma çalli ‘alâ Muhammadin wa âle Muhammad-in (Ô mon Dieu, prie sur Muhammad et sur les membres de sa Famille), 10 fois al-tasbîhât al-Arba’ah (les quatre glorifications)(11), Allah le placera sous l’ombre de Son Trône, lui accordera le mérite spirituel décerné à celui qui fait le jeûne du mois de Ramadhân, et les Anges se mettront à demander pardon pour lui jusqu’à ce qu’il termine sa prière. De plus, Allah lui facilitera l’extraction de son âme et lui allégera la pression de la tombe. En outre, il ne mourra qu’après avoir vu le Paradis et Allah le préservera de la Peur majeure, La Grande Terreur (al-faza’ al-akbar)».

    Selon al-Kaf’ami, le Prophète (P) dit: «Quiconque lit le Du’â’ suivant chaque jour dix fois, Allah lui pardonnera quatre mille grands péchés, le sauvera des supplices de l’agonie et de la pression de la tombe et de cent mille peurs de celles du Jour de la Résurrection, le préservera du méfait de Satan et ses soldats et enlèvera ses soucis et ses angoisses:

    – A’dadtu li-kulli hawlin lâ ilâha illâllâh-u (Je me prépare à prononcer la formule: «Il n’y a de Dieu qu’Allah», chaque fois que je rencontre une terreur)

    – wa li-kulli hammin wa ghammin: mâchâ’-Allâh-u (et «Allah fait ce qu’Il veut», chaque fois que j’ai un souci ou une angoisse)

    – wa li-kulli ni’matin: al-hamdu li-llâh-i (et «Louanges à Allah», chaque fois que j’obtiens une bénédiction

    – wa li-kulli rakhâ’in: ach-chukru li-llâh-i (et «Merci à Allah», chaque fois que je me trouve dans l’aisance)

    – wa li-kulli u’jubatin subhân-Allâh-i (et «Gloire à Allah», chaque fois que je vois une merveille),

    – wa il-kulli thanbin astagh-fir-ullâh-a (et «Je demande pardon à Allah», chaque fois que je commets un péché)

    – wa il-kulli ma’çiyatin : innâ lillâhi wa innâ ilayhi râji’ûn-a (et «Nous appartenons à Allah et nous retournerons vers Lui», chaque fois que je désobéis à Allah

    – wa li-kulli dhîqin: hasbiya-llâh-u (et «Allah me suffit», devant chaque difficulté)

    – wa il-kulli qadhâ’in wa qadarin: tawakkaltu ‘alâllah-i (et «Je place ma confiance en Allah», chaque fois que je me trouve devant un Décret et une Décision divins)

    – wa li-kulli ‘aduwwin: i’taçamtu billâhi (et «Je me protège auprès d’Allah», chaque fois que je rencontre un ennemi)

    – wa li-kulli tâ’atin wa ma’çiyatin: lâ hawla wa lâ quwwata illâ billâh-il-‘aliyy-il-‘adhîm-i (Et «Il n’y a de force ni de pouvoir qui n’émanent d’Allah, le Très-Haut, le Très-Grand» devant chaque acte d’obéissance et de désobéissance).(12)

    Une autre invocation qui apporte 70 grands mérites spirituels à quiconque la récite, dont celui de lui annoncer la bonne nouvelle lors de sa mort:

    – Yâ Asma’-as-sâmi’în-a wa Yâ Abçar-al-bâçirîn-a wa Yâ Asra’-al-hasibîn-a wa Yâ Ahkam-al-hâkimîn-a, (Ô le Plus Entendant des entendants Ô le Plus Voyant des voyants Ô le Meilleur comptable des comptables Ô le Meilleur Juge des juges)

    Selon al-Kulayni, l’Imam al-Sâdiq (p) recommanda: «Ne vous lassez jamais de lire et relire la sourate Al-Zalzalah (chapt. 99), car quiconque lit cette sourate pendant ses prières surérogatoires, Allah l’écartera des tremblements de terre, il ne mourra pas lors d’une secousse ou d’un tonnerre, ni dans une des épidémies de ce monde. De plus, un Ange généreux descendra auprès de lui et s’assiéra au niveau de sa tête lors de sa mort en disant à l’Ange de la mort: Sois compatissant envers lui, car c’est un ami proche d’Allah et il m’évoquait beaucoup».(13)

    Le Deuxième obstacle:

    La ‘adîlah (l’abjuration ou l’apostasie) lors de la mort.

    ‘Adîlah, signifie abandonner la Vérité ou s’en détourner pour le Faux lors de la mort, sous l’effet de la présence de Satan auprès du mourant et de ses tentations en vue de susciter en lui le scepticisme et de le conduire à l’apostasie.

    Contre le risque de ce mal du dernier moment de l’existence de l’homme, il y a des du’â’ et des ta’withah (invocation de protection):

    Selon Fakhr al-Muhaqqiqîn: «Quiconque veut être à l’abri de la ‘adîlah, qu’il remette en mémoire les preuves de la Foi, qu’il se rappelle clairement les cinq Fondements de la Religion et qu’il y réfléchisse à tête reposée. Puis se confiant totalement à Allah, qu’il récite l’invocation suivante:

    – Allâhumma yâ Arham-ar-râhimîn-a, innî qad wadda’tuka yaqînî hâthâ wa thabâta dînî, wa Anta Khayru Mustawda’in wa qad amartanâ bi-hifdh-il-wadâ’i’i, fa-ruddahu ‘alayya waqta hudhûri mawtî

    (Ô mon Dieu Je Te confie ma certitude (concernant ma foi ferme dans les fondements de la Religion) que voici et ma fermeté dans ma croyance en ma Religion, sachant que Tu es le Meilleur Dépositaire, et que c’est Toi Qui nous ordonnes de bien garder les dépôts Rends-les-moi donc au moment de ma mort)

    De même la récitation du fameux Du’â’ ‘Adîlah(14) est la meilleure prévention contre le danger ou le risque de l’apostasie au moment de la mort.

    Muhammad ibn Sulaymân al-Daylami, cité par al-Tûsî, rapporte: «J’ai dit à l’Imam al-Sâdiq (p) un jour: «Tes Chiites disent que la foi est de deux sortes: l’une est fixe et stable, l’autre déposée et éphémère. Apprends-moi donc un du’â’ par lequel je parferai ma foi, pour qu’elle ne me quitte plus, lorsque je l’aurai lu. L’Imam (p) m’a recommandé alors de lire le du’â’ suivant après chaque prière obligatoire:

    – Radhaytu billâhî Rabban wa bi-Muhammadin çallâ-llâhu ‘alayhi wa âlihi nabiyyan, wa bi-l-Islâmi Dînan, wa bi-l-Qur’âni Kitâban wa bi-l-Ka’bati qiblatan, wa bi-‘Alain wallon wa Imâman, wa bi-l-Hasani wa-l-Husayni wa ‘Aliyy-Ibn-il-Husayn-i wa Muhammad-ibni ‘Aliyyin wa Ja’far-ibni Muhammad-in wa Mûsâ-bni Ja’far-in wa ‘Aliyy-ibni Mûsâ wa Muhammad-ibni ‘Aliyy-in wa ‘Aliyy-ibni Muhammad, wa-l-Hasan-ibni ‘Alain wa-l-Hujjat-ibni-l-Hasan-i çalawât-ullâhi ‘alayhim A’immatan Allâhumma innî radhaytu bihim A’immatan, fa-r-dhanî lahum, Innaka ‘Alâ kulli chay’in qadîr-un.

    (J’ai agréé Allah comme Seigneur, Muhammad -que la Prière d’Allah soit sur lui et sur sa Famille – comme Prophète , l’Islam comme Religion, le Coran comme Livre, la Ka’bah comme Direction (Qiblah), Ali comme Maître obéi (waliyy) et Imam, al-Hassan et al-Hussain, Ali fils de Hussain, Muhammad fils de Ali, Ja’far fils de Muhammad, Mûssâ fils de Ja’far, Ali fils de Mûssâ, Muhammad fils de Ali, Ali fils de Muhammad, al-Hassan fils de Ali, et l’Argument fils d’al-Hassan, que la prière d’Allah soit sur eux tous, comme Imams. O mon Dieu Je les ai agréés comme Imams, fais-les donc m’agréer, Tu as certes Pouvoir sur toute chose)».(15)

    Il est à noter que l’accomplissement des prières quotidiennes obligatoires toujours à l’heure exacte ou dès le début de leur horaires prescrits respectifs(16) aide à franchir cette étape ou à se soustraire à ce danger (la ‘adîlah ou l’apostasie, l’abjuration), car selon le Hadîth l’Ange de la mort regarde tout le monde cinq fois par jour pendant les horaires des Prières quotidiennes, et dicte l’attestation de foi à ceux qui accomplissaient assidûment leurs prières à l’heure et éloigne d’eux ainsi la tentation d’Iblis le Maudit.(17)

    L’Imam al-Sâdiq (p) dit: «Si tu veux qu’Allah scelle tes actes de ce monde avec une bonne mention pour que tu rendes l’âme, en étant crédité des meilleurs actes, tu dois respecter les droits d’Allah en ne dépensant pas Ses bienfaits dans des actes de désobéissance, t’abstenir de considérer Sa clémence envers toi comme une incitation à Sa désobéissance, et être généreux envers quiconque prétend nous aimer, peu importe qu’il dise la vérité ou non, car ton intention sera bénéfique pour toi et son mensonge nuisible pour lui».(18)

    D’autres actes, invocations et pratiques cultuels sont recommandés pour se soustraire au risque de la ‘âdîlah au moment de la mort: la récitation assidue de l’invocation suivante:

    Rabbanâ lâ tuzigh qulûbanâ ba’da ith hadaytanâ wa hab lanâ min ludunka rahmatan Innaka Anta-l-Wahhâb (Seigneur Ne laisse pas dévier nos coeurs après que Tu nous as guidés et accorde-nous Ta miséricorde. C’est Toi, certes, le Grand Donateur) (Sourate Âle ‘Imrane, 3/ 8)

    La lecture assidue de «Tasbîhat al-Zahrâ’» (la Glorification qui porte le nom de Fâtimah al-Zahrâ’) lequel consiste en la récitation de:

    – 34 fois «Allâhu Akbar» (Allah est le plus Grand)

    – 33 fois «Alhamdu lillâh» (Louange à Allah)

    – 33 fois «Subhân-Allâh».(Gloire à Allah)

    Le port d’une bague ‘aqîq (agate), notamment si la mention: Muhammadun rasûlullâh, ‘Aliyyun waliyy-ullâh (Muhammad est le Messager d’Allah, Ali est l’Ami proche d’Allah) est inscrite sur la pierre précieuse.

    La récitation de la sourate Al-Mu’minûn (chapt. 23) chaque vendredi.

    La récitation de cette invocation:

    – Bism-illâh-ir-Rahmân-ir-Rahîm, lâ hawla wa lâ quwwata illâ bi-llâh-il-‘Aliyy-il-‘Adhîm (Au Nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. Il n’y a de force ni de pouvoir qui n’émanent pas d’Allah, le Très-Haut, l’Immense), chaque jour après les Prières du matin et du crépuscule.

    L’accomplissement, le 22 du mois de Rajab, de huit rak’ah de prière dont chacune comporte la récitation de la sourate Al-Hamd une fois et la sourate Al-Kâfirûn (chapt. 109) 7 fois. Et à la fin de la prière, on récite:

    – Allâhumma çalli ‘alâ Muhammadin wa âle Muhammadin (Ô mon Dieu Prie sur Muhammad et sur les membres de la Famille de Muhammad) 10 fois et Astagh-fir-ullâh (Je demande pardon à Allah) 10 fois.

    Selon Ibn Tâwûs, le Prophète (P) dit que quiconque accomplit la nuit du 6 au 7 Cha’bân quatre rak’ah de prière dont chacune comporte la lecture de la sourate Al-Hamd une fois et la sourate Al-Ikhlâç 50 fois, Allah enlève son âme alors qu’il se sent heureux, élargit son tombeau dont il sortira avec un visage pareil à la pleine lune en disant:

    – Ach-hadu anlâ ilâha illâllâh wa ach-hadu anna Muhammadan ‘abduhu wa rasûluh-u (J’atteste qu’il n’y a de Dieu qu’Allah et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager).(19)

    Il est à noter que cette prière qui était également la prière de l’Imam Ali (p) a beaucoup de vertus et commande de grands mérites spirituels (thawâb).

    Deux contes relatifs à ce sujet méritent d’être mentionnés ci-après:

    Le premier conte:

    Fadhîl ibn ‘Ayâdh, cheikh d’une école de Hadith a rendu visite un jour à l’un de ses disciples en agonie. Il s’est assis à côte de son lit de mort près de sa tête et s’est mis à réciter la sourate Yâ-Sîn. Le disciple l’a interrompu net: «Ne lis pas cette sourate, ô Maître». Fadhîl s’est tu et s’est contenté de lui dicter l’attestation de foi islamique. Le disciple a ajouté: «Je ne te dis pas cela (ne pas lire cette sourate) parce que je serais à l’abri de la ‘adîlah, et rendit l’âme tout de suite». Le cheikh, affligé par l’attitude de son disciple, a regagné son domicile et n’en est plus sorti. La nuit pendant son sommeil il a fait un rêve dans lequel il a vu son disciple en train d’être conduit à Géhenne. Aussi lui a-t-il demandé: «A ma connaissance tu étais le plus érudit de mes disciples Comment donc Allah t’a dépouillé du savoir et t’a fait connaître une aussi mauvaise fin? Pourquoi?». Le disciple répondit: «A cause de trois traits de caractère: l’envie, la calomnie et la consommation d’alcool une fois par an que mon médecin m’avait prescrit pour soigner une maladie dont je souffrais. Ces trois défauts m’ont amené à cette triste fin et à mourir dans cet état».

    Sur le même registre et en relation avec le contenu de ce conte Al-Kulaynî rapporte d’Abû Baçîr le témoignage suivant:

    Om Khâlid al-Ma’badiyyah entra chez l’Imam al-Sâdiq (p) alors que j’étais là. S’adressant à l’Imam (p) elle lui dit: «Que mon âme te soit sacrifiée Je souffre de gonflement et de borborygme dans le ventre, et les médecins d’Irak m’ont recommandé de boire du vin, mais je n’ai pas suivi leur conseil, sachant que vous détestez la consommation de l’alcool. Aussi suis-je venue te demander ton avis à ce sujet». L’Imam al-Sâdiq (p) voulant s’assurer de la raison de son abstention de suivre le conseil des médecins, lui demanda de la lui répéter. Elle dit: «J’ai décidé de suivre tes instructions concernant les affaires de ma religion, pour que le Jour de la Résurrection je me défende en disant que Ja’far ibn Muhammad (al-Sâdiq) m’a ordonné de faire ceci et de ne pas faire cela (…) ». L’Imam al-Sâdiq (p) lui dit alors sur un ton ferme: «Non par Allah, je ne te permets pas de prendre même une goutte de cette boisson, autrement tu le regretteras, lorsque l’âme atteindra le gosier». Il répéta cela trois fois et lui dit: «As-tu bien compris ce que je dis?».(20)

    Le second conte:

    Al-Cheikh al-Bahâ’î relate dans son Kach-kûl qu’un homme aisé, lorsqu’il se trouva en agonie et qu’on lui dicta l’attestation de foi islamique, au lieu de répéter celle-ci il récita le vers suivant: «Quelle nostalgie pour cette dame qui, ayant été fatiguée de chercher, demanda le chemin conduisant au hammam de Manjâb».

    Le secret de ce vers était qu’une dame chaste, respectable et belle était sortie un jour de son foyer pour aller à un bain public dénommé hammam Manjâb. Elle s’était égarée. Fatiguée à force de recherche sans résultat, elle demanda à un homme qui se trouvait devant la porte de sa maison l’adresse dudit hammam. L’homme pointa du doigt la porte de sa maison en guise de réponse. La dame le crut et entra dans sa maison. L’homme entra tout de suite derrière elle et referma la porte. Il voulut la violer. Elle comprit alors le piège dans lequel elle était tombée. Elle cherchait donc le moyen de s’en sortir. Elle fit mine alors qu’elle était consentante et qu’elle était prête à satisfaire son désir. Elle lui demanda d’aller lui chercher du parfum et un repas copieux pour l’occasion, sans oublier de lui dire de se hâter pour lui faire croire qu’elle avait le même désir que lui et pour le mettre ainsi en confiance. L’homme, rassuré, sortit hâtivement à la recherche de ce qu’elle demandait, la laissant seule à la maison. Elle profita donc de son absence pour s’échapper et se soustraire à ses mauvaises intentions. A son retour, l’homme comprit, soupira de chagrin et de regret à la perte de sa proie. Au moment de son agonie, ce souvenir est revenu à sa mémoire, et au lieu de l’attestation de foi islamique, il récita ce vers de nostalgie.

    Moralité, ce conte illustre la maxime islamique «ce sont les intentions qui comptent dans les actes». Car comme on le voit, cet homme n’a pas commis son méfait, mais avait l’intention de le faire, et c’est la simple intention qui l’a conduit à être privé de la prononciation de l’attestation de foi islamique lors de sa mort, bien qu’il n’eût pas réussi à traduire en acte sa mauvaise intention.

    Il y a d’autres facteurs qui contribuent à empêcher le croyant à mourir en bon Musulman. Le fait d’omettre de payer la Zakât (aumône purificatrice de 10 prélevée sur certains gains et acquisitions) en est un(21), et le fait de négliger l’accomplissement du pèlerinage obligatoire pour celui qui en a la capacité et les moyens en est un autre.(22)

  16. Sags dit :

    SALAM ALEY KUM MAMAN JAMIN129, MAITRE MODIBO, MAITRE Abdoulaye-garib27 et à tous les autres que je n’ai pu cité.. J’ai deux questions si vous voudriez bien m’éclairer s’il vous plaît. J’attends souvent les amis me dis que le voile est il un signe de piété, est-ce vrai quel partie du coran en parle? Si non quel sont les critères de déterminisme de la piété en une fille dont on veux en mariage selon l’islam?

    • jasmin lila129 dit :

      Le vêtement de piété / Libâs at-Taqwa
      Allâh (ta’âlâ) dit : « Ô enfants d’Adam! Nous avons fait descendre sur vous un vêtement pour cacher vos nudités, ainsi que des parures. – Mais le vêtement de la piété voilà qui est meilleur. » [sourate al-A’râf, verset 26]
      Chaque groupe possède son vêtement particulier. Les Connaissant (‘arifoûn) se vêtissent du vêtement de la Connaissance, les Amoureux (mouhibboûn) se vêtissent du vêtement de l’Amour, les Nostalgiques (mouchtâqoûn) se vêtissent du vêtement de la Nostalgie divine, les Monothéistes (mouwahhidoûn) ayant réalisé le Tawhid se vêtissent du vêtement du Monothéisme, les Ascètes (zâhidoûn) se vêtissent du vêtement de l’ascèse, les Craignant d’Allâh (mouttaqoûn) se vêtissent du vêtement de la piété (Taqwa), les Saints (awliyâ’) se vêtissent du vêtement de la sainteté, les Prophètes se vêtissent du vêtement de la Prophétie, et enfin les Messagers se vêtissent du vêtement de ceux qui portent le Message… et pour chacun de ces vêtements il existe une partie cachée et une autre apparente. La partie cachée est embellie pour le regard du divin, tandis que la partie apparente est embellie pour être le support de la Loi divine (chari’a).
      Dans chaque vêtement se trouve une part pour les hommes, mais dans le vêtement de la piété il n’y a absolument aucune part pour l’égo. Les vêtements du commun sont pour les gens du commun, tandis que les vêtements divins sont pour ceux qui se sont éteint en Allâh et se sont parés de Ses Attributs, et tout habit finit toujours par s’éteindre dans le vêtement divin…

      • Sags dit :

        Merci maman lilia129 pour la rapidité de la réponse et pour cet enseignement clair et limpide.. Merci maman.. Wasalam

        • Modibo dit :

          réfères toi, mon frère, a la sourate la lumière, verset 59-60, la sourate 33 Al Ahzab verset 59 (!). et demande a notre Maitre Allahou de t’éclairer !
          pour ma part, je retiens les 4 raisons que notre bien-aimé prophète Mohamed /psl a citées pour légitimer le choix d’une épouse :
          – la piété
          – la beauté
          -la richesse
          -l’ascendance

          certes pour nous autres africains, une « obligation » du port du voile peut exhaler des relents d’impérialisme religieux et de mepris culturel…. c’est mon avis….

    • Mac dit :

      Salam frère Modibo
      Puis je avoir votre mail
      Machala vos publications sont magnifiques c qu’Allah vous rétribue

  17. Modibo dit :

    LES FORMES DES PRIERES SEEREER

    Les incantations rituelles connues sous divers noms Jat, Leemax, Tak, Moc, Moos, Lug, sont généralement des prières individuelles que l’on récite pour écarter les puissances maléfiques ou obtenir des biens.
    Contrairement aux prières agraires, les formules magico-religieuses, sont souvent intraduisibles. Un simple regard sur ces textes nous permet de constater que ce sont des textes mal composés et incohérents. Ce sont les prières qui invoquent fréquemment les forces secondaires jini et autres créatures nuisibles.
    Quant aux mots arabes que l’on trouve dans certains textes sacrés, ils y seraient introduits par les premiers convertis à l’Islam. Certains devins­guérisseurs prétendent avoir reçu ces Jat des Lutins et des Jini islamisés.
    Le Père H. GRAVRAND insiste sur l’ancienneté de l’influence islamique sur les religions africaines : « … l’influence de l’Islam est ancienne et importante, dans le domaine de la religion et de la vie sociale, même dans les ethnies qui ont lutté contre l’Islam pendant plusieurs siècles » [Pangool.p.174].

    L’assiduité dans la prière

    L’homme seereer adresse constamment ses prières à Roog Seen. De la naissance à la mort, du matin au soir, il prie et implore la puissance de Dieu.
    Lorsqu’un enfant est mis au monde, il est posé à terre, la tante paternelle faap o tew ramasse l’enfant et le présente à Roog Seen :

    Petit Bébé,
    Regarde Roog Seen
    C’est lui qui se trouve à l’Est,
    C’est lui qui se trouve à l’Ouest,
    Regarde Roog Seen,
    C’est lui qui est à gauche,
    C’est lui qui est à droite.

    La présentation de l’enfant à Roog Seen signifie alors le premier contact du nouveau né avec celui qui l’a créé. Des prières seront dites à l’occasion de chaque rite de passage [naissance, sevrage, circoncision, mariage, mort, etc].
    Les travaux champêtres s’accompagnent toujours de prières. En mettant les graines dans le poquet, le Seereer animiste prononce cette prière :

    Jam oo ! Ô la Paix !
    Jam gari ! Paix, viens ici.
    Pariy wati ! Mal, va-t-en.
    Après avoir mis 4 poignées de graines dans le premier poquet, le yaal Mbind termine sa prière :
    « Ce mil que nous semons cette année, que nous le semions en paix et le moissonions en paix ».
    La paix qu’appelle ici le prêtre semeur, c’est l’abondance du mil. Le mal qu’il chasse n’est rien d’autre que la disette.
    Lorsque le Seereer foule son mil, il adresse à Dieu la prière suivante. Que Dieu bénisse ce mil. Et qu’il donne à la famille bonne santé, afin qu’elle puisse manger le mil en paix.
    Avant d’avaler la première bouchée, le Seereer Seen dira : Yaasam Roog a fi teen jam : Que Dieu y mette la paix.
    Pour boire il dira : Foofi jam : O l’eau, la paix !
    Avant d’égorger un animal, le Seereer pangoliste prend congé de Dieu et lui demande le pardon : « Roog waasanaam njapil ne » : Dieu pardonne­moi le couteau. Converti à l’Islam, le même Seereer dira au moment de couper la gorge d’un animal « Au nom de Dieu » ou « Louange à Dieu ». La seule différence est que l’animiste demande le pardon d’avoir supprimé la vie de quelqu’un qui ne lui appartient pas. Tandis que le musulman loue et remercie Dieu d’avoir accompli un acte rituel.
    Avant de plonger dans une eau profonde, le Seereer ramasse un caillou sur lequel il récite cette prière :
    « Pff !…
    Ô rivière,
    Si la paix est dans tes eaux,
    qu’elle m’accompagne toujours,
    si le malheur est dans tes eaux,
    qu’il parte,
    avant que je ne plonge en ton sein !
    Que le malheur s’en aille,
    Je veux me laver en paix ! »
    Et puis, il jette le caillou dans l’eau et plonge en profondeur pour se laver tranquillement.

    PRIERE DE L’ETERNUEMENT [a tisax]

    Lorsque quelqu’un éternue, celui qui l’a entendu dira : Yaasam o ñoow fa jam : Que Dieu te donne la paix et une longue vie !
    Lorsque l’éternuement a eu lieu à l’occasion d’une cérémonie de deuil, l’homme qui se trouve près de celui qui a éternué ajoutera : Ke bisna in mee ta gij : Et que ce qui nous conduit ici ne se reproduise pas de sitôt.

    L’expression de souhait selon l’Islam

    Lorsqu’un musulman éternue, il doit dire : Al-Hamdulilahi : Louange à Dieu. Celui qui l’a entendu lui dira : Yarhamuka Allah : « Que Dieu ait pitié de toi. Celui qui a éternué lui dira à son tour : Que Dieu te guide, te purifie et te pardonne » [Muqqadimatul Izziya, p. 171].

    LES PRIERES DU SOIR

    S’il veut se coucher, le seereer pangoliste murmure des prières comme celles-ci :
    1 – Tu…
    Xaana bugaam fi lang, fat ô yaal ma ref lang : celui qui veut me faire terre, qu’il soit terre !
    2 – wonwaam a Lang, xakandoox bil, xulu a Roog, Hamat fo cini ndeeraam ! « Ce qui peut se rendre approximativement : Je me suis couché par terre,
    Hamat et Djinns m’entourent ! »

    LES PRIERES DU MATIN

    Comme nous l’avons dit, du matin au soir, le Seereer prie et se met sous la protection de Dieu. Précisons que la plupart des prières de protection ne sont pas adressées directement à Roog Seen, mais au soleil qui symbolise la puissance de Dieu.
    Ce fait est interprété par le Père GRAVRAND, comme la survivance d’un Culte de Soleil : « Dans les prières Seereer les plus anciennes et les plus secrètes, il apparaît des traces d’un Culte du soleil » [Pangool.p.164].
    Nous ne possédons pas des renseignements nous permettant de confirmer ou d’infirmer cette interprétation. Seulement, nous savons que les paysans arrêtent leurs travaux champêtres lorsqu’ils voient apparaître à l’horizon les rayons du soleil.

    En voici quelques exemples :

    1 – Jaañaak,
    Goor no Goor we,
    xaay wataa.
    Oxu waageerna o fañit njeeĉ ne a wat baa waaganaam tig.
    Ce qui peut se traduire à peu près ainsi :
    L’homme parmi les hommes,
    sort dignement.
    Celui qui ne peut pas empêcher le Soleil de sortir
    Qu’il n’ait pas pouvoir sur moi !

    2 – Njeeĉ Gulwar,
    Oxuu waageerna yaqan o wat,
    waageer yaqan o mud,
    baa waag na mi tig
    Ce qui peut se rendre à peu près ainsi :
    O Soleil,
    Toi qui ne tardes pas, fidèle au rendez­vous.
    Celui qui ne peut pas t’empêcher de sortir,
    ni de te coucher,
    qu’il n’ait pas pouvoir sur moi !

    Bien que le Coran ait interdit la prière adressée au soleil ou à la lune [« … ne vous prosternez ni pour le soleil ni pour la lune, mais prosternez­vous pour Dieu qui les a créés, si c’est vraiment lui que vous adorez » [cor.41.v.37]], le soleil et certains astres paraissent avoir de tout temps joué un grand rôle dans les pratiques mystiques musulmanes.

    PRIERE POUR SE VETIR

    Avant de porter un habit neuf, le Seereer pangoliste chuchotera la prière suivante :
    Roog o yaal in Seen,
    na ata nof,
    Wo ci’axam ndoki ne.
    Ee naayaaxoong
    ba naayataam.
    Ce qui signifie :
    Dieu, notre Seigneur,
    C’est par ta puissance, que tu m’as donné cet habit.
    Toi, l’habit, je t’ai monté et que tu ne me montes jamais.

    PRIERE DU VOYAGEUR

    Lorsqu’un Seereer s’apprête à sortir pour effectuer un voyage, il doit, avant de quitter la maison, dire la prière suivante :
    Ee ponu ken daabaa ban daawin ; ba jafes a dak ma.
    Ke na daabaxam, bara daawaam :

    Approximativement :

    Ah ! Que je n’attrape pas le malheur qui se trouverait devant moi, et que mes pieds n’y marchent pas.
    Que le malheur qui me suit ne me rejoigne pas.

    Pour manger ou boire, le Seereer pangolistedira : Yaasam Roog a fi teen jam : Que Dieu y mette la paix.
    L’homme qui adressait constamment ses implorations à Roog SEEN, à sa mort, on priera pour lui en ces termes :

    Que Dieu ait pitié de lui !
    Nous demandons à Dieu, notre seigneur, de te donner la paix.
    Quant au mort,
    nous prions Dieu de te protéger.
    Qu’une poule blanche [bonheur] marche devant lui, qu’une poule blanche marche derrière lui
    Par la bénédiction de Dieu,
    et de Son messager Hamat. Amiin !

    Est-il normal de condamner cette attitude de religiosité de l’homme Seereer ?
    Il est insensé de considérer ce comportement religieux comme un acte satanique. Rien n’est plus étonnant que de voir certains musulmans mépriser les pratiques rituelles négro-africaines sous prétexte de la supériorité exclusive de leur religion. Alors que le Saint Coran affirme que toute la créature [des vivants aux inanimés], loue et glorifie la grandeur de Dieu :
    « Les sept cieux et la terre, – et ceux qui s’y trouvent, – exaltent la pureté ! Et il n’est chose aucune qui ne l’exalte, chante, pureté en le louant. Mais vous ne comprenez pas le mode de leur chant » [cor. 17. V. 44].

  18. Modibo dit :

    David – Dawoud

    David tue Goliath

    Les soldats des fils d’Israel s’apprêtaient à livrer combat contre les forces de Goliath. Les fils d’Israel étaient dirigés par leur prophète et roi Talout (Saul). Voulant tester leur bonne foi et leur volonté, Talout leur interdit de boire l’eau de la rivière qu’ils devaient traverser. Peu de soldats lui obéirent et une fois face à l’ennemi, ils firent preuve de lâcheté et refusèrent d’affronter Goliath.

    « Nous voilà sans force aujourd´hui contre Goliath et ses troupes. » (Coran 2.249)

    Sur plusieurs milliers, il ne restait que 320 combattants autour de Talout : ils étaient de vrais croyants, à la foi ferme et animés d’un courage immense : « Combien de fois une troupe peu nombreuse a, par la grâce d´Allah, vaincu une troupe très nombreuse ! Et Allah est avec les endurants. » (Coran 2.249)

    Parmi ces soldats fidèles et résolus, il y avait David, le plus jeune d’entre eux. Talout s’adressa aux soldats : « Celui qui vaincra Goliath, épousera ma fille, devendant ainsi mon gendre. » David se saisit de sa fronde, l’arma d’une pierre, puis visa Goliath. Il l’atteignit en pleine tête, et Goliath tomba raide mort. Ses soldats, voyant leur roi mort, prirent la fuite.

    Les soldats de Talout sortirent vainqueurs et David épousa la fille du roi. Les fils d’Israel aimèrent David et le tinrent en grande estime pour son exploit face à Goliath.

    David devient Roi et Prophète

    Depuis sa victoire sur Goliath, le rayonnement de David ne cessa de s’amplifier à tel point qu’il devint le nouveau roi des fils d’Israel. Allah lui accorda deux fonctions suprêmes : la prophétie et la royauté.

    Ainsi donc, David, par la grâce de son Seigneur, se retrouva prophète et roi du peuple d’Israël. Il fut un excellent roi ; il fit régner la justice avec beaucoup de sagesse, il était juste, équitable et éclairé. Sa cité vivait sous ses ordres dans la sécurité, la sérénité, la paix…

    De même, David était exemplaire dans sa foi en Allah, dieu unique. On avait rarement vu depuis Adam, un homme adorer Allah comme le fit David. Notre prophète Muhammed l’a cité comme un exemple de piété car il jeûnait un jour sur deux, durant toute l’année. Il priait la nuit et il dormait peu. Allah l’avait doté d’une force exceptionnelle ; David consacrait toutes ses capacité physiques et morales au service de la cause d’Allah.

    C’est grâce à sa constitution robuste qu’il jeûnait, priait de jour et de nuit, sans se lasser… De plus, Allah, par un effet de Sa grâce, avait fait en sorte que le fer soit doux et malléable entre les doigts de David. Cette faculté miraculeuse permit à David de fabriquer de ses mains avec facilité des armures pour les soldats afin qu’ils se protègent de l’ennemi, comme en témoigne Allah en Son livre sacré : « Nous avons certes accordé une grâce à David de Notre part… Et pour lui, nous avons amolli le fer, (en lui disant) : « Fabrique des cottes de mailles complètes et mesure bien les mailles ! » (Coran 34.10)

    Cette faveur d’Allah lui permettait de transformer facilement le métal en outils indispensables aux divers corps de métier, notamment à celui des menuisiers. David était un prophète et un roi et pourtant il vivait du produit de son travail ; il ne mangeait qu’une nourriture gagnée à la sueur de son front. Et chaque fois qu’il vendait le fruit de son travail, il n’en prélevait qu’une infime partie pour ses besoins et ceux des siens et distribuait la majeure partie de ses gains aux pauvres, aux mendiants ou aux nécessiteux.

    Il guidait son peuple dans la bonne direction, la voie d’Allah, la foi véritable qui consiste à adorer Allah, sans rien Lui associer. Il fut un grand prophète ainsi qu’un grand roi, veillant sur la sécurité et la sérénité de son peuple.

    David, juge éclairé par la grâce divine

    Allah, Gloire à Lui, ordonna à David de guider son peuple dans la voie tracée par la Thora révélée à Moïse car ce livre sacré renfermait les principes de vérité et de justice. Puis Allah révéla à David les Psaumes (Zabour) afin qu’il les récite aux fidèles et qu’il s’inspire des enseignements contenus dans cette révélation : de la sagesse, des principes de bonne conduite, de justice et de foi véritable. « Et à David Nous avons donné le Zabûr. » (Coran 17.55)

    Ce livre lui a été révélé durant le 18ème jour du mois de Ramadan. David était doté par Allah d’une voix exceptionnelle ; le son de sa voix pouvait avoir 70 timbres différents ! Cela lui permettait de réciter les Psaumes avec des mélodies très belles et très différentes ; la qualité de ses mélodies religieuses était telle qu’elle procurait apaisement aux gens et soulagement aux malades.

    Par la grâce divine, la nature toute entière reprenait en choeur les chants sacrés de David. Tous se prosternaient et louaient la grandeur du Seigneur à l’écoute de David. « Ô montagnes et oiseaux, répétez avec lui (les louanges d’Allah) ! » (Coran 34.10)

    David instruisait les gens avec beaucoup de patience et de douceur. Il commençait toujours ses discours par une formule rituelle qui est reprise de nos jours encore « Gloire et Louange à Allah » puis il ajoutait « ensuite » afin d’attirer l’attention des fidèles sur ce qui allait suivre. « Et Nous lui donnâmes la sagesse et la faculté de bien Juger. » (Coran 38.20)

    David était soutenu par Allah dans sa fonction de juge. Nous citerons ici un exemple de l’aide providentielle qu’Allah accorda à David dans l’exercice de sa fonction de juge. Un jour, un homme se présenta devant David et accusa son voisin de lui avoir volé une vache. L’accusé se présenta à son tour et nia les fait qui lui étaient reprochés…

    David ne sut qui croire. Perplexe, il renvoya l’affaire au lendemain et durant la nuit il implora son Seigneur de l’aider à trancher l’affaire d’une manière équitable. Allah lui révéla de tuer l’accusateur ! Le lendemain matin, David reçut le plaignant et lui dit : « Allah m’ordonne de te tuer : qu’as-tu fait pour mériter cela ? » L’homme lui répondit : « Prophète d’Allah, je jure qu’il ma volé une vache, mais c’est vrai aussi que j’avais tué son père auparavant et cela seul Allah le savait ! »

    David exécuta l’homme sur ordre d’Allah. La nouvelle se répandit parmi le peuple et les fils d’Israël surent qu’Allah révélait à David la vérité sur les affaires qu’il traitait. Aussi s’éloignèrent-ils des actes condamnables de peur d’affronter le tribunal de David ! Le prestige de David ne fit que s’accroître auprès de son peuple comme nous le révèle notre Seigneur en Son verset coranique : « Et Nous renforçâmes son royaume ! » (Coran 38.20)

    Lorsqu’un plaignant se présentait devant lui, David lui demandait de confirmer ses dires par deux témoins. S’il n’avait pas de témoins, il lui demandait d’attester au nom d’Allah, que ce qu’il dit est vrai. Les fils d’Israël savaient qu’Allah révélerait à David tout faux témoignage et dévoilerait la vérité au grand jour, aussi fuyaient-ils tout mensonge ou fausse accusation. Ainsi, la justice régna dans le royaume de David.

    Les deux plaideurs
    Un jour, alors que David était chez lui, il fut surpris de voir apparaître devant lui deux hommes. Il ne comprenait pas comment ils avaient pu pénétrer chez lui alors que ses portes étaient fermées et bien gardées par ses soldats ! Le voyant effrayé, ils lui dirent : « N’aie pas peur ! Nous sommes tous deux en dispute ; l’un de nous a fait du tort à l’autre. Juge donc en toute équité entre nous, ne sois pas injuste et guide-nous vers le droit chemin. » (Coran 38.21)

    Le premier homme dit : « Celui-ci est mon frère : il a quatre-vingt-dix-neuf brebis, tandis que je n’ai qu’une brebis. Il m’a dit : « Confie-la-moi »; et dans la conversation, il a beaucoup fait pression sur moi. » (Coran 38.23)

    David lui répondit : « Il a été certes injuste envers toi en demandant de joindre ta brebis à ses brebis. Beaucoup de gens transgressent les droits de leurs associés, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres – cependant ils sont bien rares. »

    Dés le départ des deux hommes, David comprit qu’il s’agissait d’Anges et non d’humains. Il comprit qu’Allah le mettait à l’épreuve suite à son comportement envers l’un de ses soldats. David avait 99 femmes et épousa une centième qui appartenait à un soldat parti en expedition et dont on n’avait plus de nouvelle. A son retour, il apprit que David épousa sa femme et demanda qu’elle lui soit rendue. Mais David insista pour la garder et lésa le droit de son soldat. Ainsi, à travers la parabole des deux plaideurs, David comprit qu’il venait de prononcer son propre jugement.

    « Et David pensa alors que Nous l’avions mis à l’épreuve. Il demanda donc pardon à son Seigneur et se prosterna et se repentit. Nous lui pardonnâmes. Il aura une place proche de Nous et un beau refuge. Ô David, Nous avons fait de toi un calife sur la terre. Juge donc en toute équité parmi les gens et ne suis pas la passion sinon, elle t’égarera du sentier d’Allah. Car ceux qui s’égarent du sentier d’Allah auront un dur châtiment pour avoir oublié le Jour des Comptes. » (Coran 38.24-26)

    David meurt, Salomon lui succède

    David était d’une grande jalousie pour ses femmes. Il avait pour habitude de fermer ses portes à clefs durant son absence. Un jour, une de ses femmes aperçut un homme au milieu de la cour de la maison,
    Elle s’étonna et demanda aux personnes à ses côtés : « Par où est entré cet étranger ? Si David le surprend, il le châtiera à coup sûr ! »

    Sur ce, David entra. Voyant l’homme chez lui, il lui dit : « Qui es-tu ? » L’homme lui répondit : « Je suis celui qui ne craint ni les rois, ni les gardiens ! Quand je veux me rendre chez quelqu’un, nul ne peut m’en empêcher ! » David lui dit : « Donc, tu es l’Ange de la mort ; tu es venu recueillir mon âme. Bienvenue au commandement d’Allah ! »

    Sur ce, l’Ange recueillit l’âme de David qui mourut apaisé et serein à l’âge de 100 ans. On lava son corps, on le mit dans un linceul et on pria sur lui, puis les gens l’accompagnèrent à sa dernière demeure. Au moment de l’enterrer, les gens étaient indisposés par la chaleur torride du soleil. Pour les soulager, Salomon ordonna aux oiseaux d’ombrager le cimetière avec leurs ailes, ce qu’ils firent. C’était un samedi. Le peuple pleura chaudement son prophète et roi David, sa mort les attrista sincèrement.

  19. jasmin lila129 dit :

    Le ‘héros comique’ de plaisanteries populaires turques Nasr-eddine, selon une histoire, se rend chez un tailleur et lui demande :
    – Pourrais-tu me faire un manteau dans ce tissu gris ?
    – Certainement, avec l’aide de Dieu, répond le tailleur.
    – Quand sera-t-il prêt ?
    – Dans une semaine, avec l’aide de Dieu !
    – Veux-tu être payé maintenant ?
    – Avec l’aide de Dieu, oui, j’aimerais bien !
    Nasr-eddine lui règle ce qu’il lui doit puis revient la semaine suivante.
    – Mon manteau est-il prêt ?
    – Non, je n’ai pas pu. Ma femme est tombée malade. Mais elle a guéri maintenant, avec l’aide de Dieu.
    – Quand penses-tu le finir alors ?
    – Dans trois jours, avec l’aide de Dieu.
    Trois jours plus tard :
    – Alors, mon manteau ?
    – Il me manque du tissu, mais avec l’aide de Dieu …
    – Ecoute, interrompt Nasr-eddine, maintenant je suis pressé. Essaie de travailler sans l’aide de Dieu, ça te retarde !
    Ces récits ne traduisent pas un rejet de la religion en tant que telle, mais le refus d’une attitude sociale qui conduit précisément à en adultérer l’intention religieuse. On pourrait citer ici ce vers du corpus attribué à Omar Khayyam :
    « Mieux vaut Te parler ( à Dieu) dans l’intimité au fond du cabaret
    que venir sans Toi prier au pied d’un minaret »

    L’humour ne servit toutefois pas seulement d’armes aux esprits forts. Les religieux l’utilisèrent à leur tour. L’exemple le plus fameux est constitué par les Récits des imbéciles et des stupides (Akhbâr al-hamqâ wa-al-mughaffalîn) d’Ibn al-Jawzî (m. 1201), qui fut un savant, juriste, prédicateur de premier plan à Baghdad. Son œuvre colossale porte sur le droit, l’histoire, la morale, mais comprend aussi plusieurs recueils d’anecdotes légères ou comiques qui sont intéressantes pour l’histoire de la pensée. Dans l’introduction de ces Récits des imbéciles…, Ibn al-Jawzî répond par avance aux lecteurs qui s’étonneraient qu’un des hommes de religion les plus en vue du monde musulman de cette époque entreprennent de recueillir des anecdotes frivoles. Trois raisons, répond-il, poussent un Musulman à s’intéresser à l’humour et à la bêtise. Elles sont ‘sérieuses’, utiles pour la foi :

    Le lecteur, lisant ces récits, est conduit à remercier Dieu de ne pas être un stupide, d’être doté de la raison qui lui permettra d’obtenir la félicité post mortem ; cette reconnaissance envers Dieu est un des piliers de l’attitude religieuse.

    Un tel ouvrage fait comprendre quelles sont les causes de la bêtise, ce qui est très salutaire pour l’obtention du salut éternel

    La détente et l’humour sont licites et même utiles. Ibn al-Jawzî cite ici le récit de Hanzala, un des Compagnons du Prophète, qui écouta les larmes aux yeux un sermon de Mouhammad (sws)sur les peines de l’Enfer. Rentré chez lui, il se mit à plaisanter avec les membres de sa famille. Soudainement, il eut honte de son attitude et revint voir le Prophète pour s’excuser d’avoir ri si peu de temps après le sermon. Mouhammad(sws) lui répondit : « O Hanzala, il y a un temps pour tout ! » En effet, poursuit Ibn al-Jawzî, un travailleur qui ne se reposerait jamais s’épuiserait et finirait par mal travailler. De même, un croyant qui ne se détend jamais devient aussi un mauvais pratiquant.

    En fait, on s’aperçoit vite qu’Ibn al-Jawzî obéit à une stratégie culturelle à peine masquée : il s’agit de disqualifier tous ceux qui échappent au contrôle moral des religieux, et c’est eux dont la bêtise est dénoncée ici. Il fait le partage entre les ‘imbéciles’ et les ‘stupides’. Sa dérision porte d’abord sur les ‘imbéciles’. Ces gens ne comprennent rien en matière religieuse, ils sont bornés dès leur naissance, ce sont des incurables. « Al-Awzâ‘î rapporte que l’on avait demandé à Jésus fils de Marie : – O esprit de Dieu, peux-tu ressusciter les morts ? Il répondit : – Certes, avec la permission de Dieu. On lui dit : – Peux-tu guérir un lépreux ? Il répondit : – Oui, avec la permission de Dieu. – Et comment soigner un imbécile ? lui demanda-t-on. – Cela, reprit Jésus, je n’en ai pas la capacité ». Qui sont ces imbéciles ? Au fond, tous ceux qui refusent le dogme sunnite : les Mazdéens avec leur croyance absurde en deux dieux, les Chrétiens qui croient que Dieu est devenu un homme et a eu besoin de manger et boire, les Juifs qui ont vu Moïse accomplir des miracles stupéfiants devant eux et qui lui ont quand même désobéi par la suite, ainsi que Chiites qui dénoncent les premiers califes alors que leur premier Imam, ‘Alî, leur avait fait allégeance, etc. Un ‘imbécile’ peut être quelqu’un de cultivé, mais qui est privé d’un élémentaire bon sens dans le domaine de la religion. Une telle conception ne relève ni de l’invective ni de la simple plaisanterie. Elle pose la question de la prédestination et du libre arbitre. Certains hommes sont fondamentalement aveuglés à l’égard des vérités de la religion. Ainsi est expliqué leur refus de l’évidence du monothéisme islamique.

    A la différence des ‘imbéciles’ incurables, les ‘stupides’ le sont par éducation ou fréquentation. Ils peuvent donc être amendés. Les victimes de la dérision d’Ibn al-Jawzî sont ici :
    – les bédouins frustes, qui sont restés à moitié païens. Tel celui qui, parti en pèlerinage, se précipite au petit matin vers la Ka’ba pour transmettre à Dieu sa demande, avant que Celui-ci ne soit trop sollicité par la foule des autres pèlerins. Un autre – durant le pèlerinage également – priait ardemment pour sa mère seule. A qui lui demanda pourquoi il ne priait pas pour son père, il répondit : « C’est un homme, il sait se débrouiller seul ! ».

    – les ascètes ignares, qui récitent le Coran sans le comprendre Ibn al-Jawzî cite un récit d’après Jâhiz d’un homme dont le voisin était ultra-pratiquant et récitait indéfiniment un verset du Coran en pleurant et se frappant la tête. Impressionné et intrigué, l’homme s’approcha de la maison de son voisin et entendit qu’il récitait le verset II 222 : « Ils t’interrogent au sujet de la menstruation des femmes. Réponds : c’est une souillure … ». Un autre ascète ignorant, fut scandalisé lorsqu’il comprit enfin le sens du récit de Joseph en Egypte et de la tentative de séduction par la femme de son maître, et se mit à exhorter les Musulmans à ne pas lire ces versets de débauche. Un autre serait enduit un œil de goudron pour le tenir fermé, jugeant le monde d’ici-bas trop vil pour mériter d’être regardé avec deux yeux.

    – les semi-lettrés, qui se servent uniquement de livres et n’ont pas accès à la transmission orale en présence d’un maître, et commettent de ce fait des fautes de langue et de compréhension grossières.

    – les gouverneurs de province qui ne connaissent rien du droit, tels celui qui, embarrassé par les réquisitoires de deux plaignants s’accusant mutuellement, les aurait fait flageller tous les deux, se félicitant d’avoir ainsi certainement châtié le coupable.

    Toute autre est la dérision religieuse transmise dans les milieux populaires. Dans ces histoires et mises en scène, le petit peuple prend une revanche. Les princes et les grands de ce monde, eux aussi, sont mortels, faibles, pervers, vicieux, et en tant que tel soumis au Jugement de celui qui est plus grand et plus puissant que tous. Les héros de ces types d’anecdotes sont les ‘fous sages’ ; une de nos sources principales à leur endroit est le traité Les fous sensés (‘Uqalâ’ al-majânîn) rédigé par Abû al-Qâsim al-Naysâbûrî, Leurs comportements sont erratiques : ils sont souvent présentés comme de pauvres hères nus, chevauchant un bâton comme si c’était une monture, vivant dans les cimetières « où je fréquente des gens qui ne me font aucun mal, qui ne me calomnient pas derrière mon dos » précise Bahlûl, l’une des plus célèbres de ces figures. Ils tiennent des discours délirants mais où pointe souvent une sagesse insolente. Pénalement irresponsable, le fou ne peut se voir imputer aucun crime de lèse-majesté ou de blasphème. Pas plus, par conséquent, que celui qui rapporte ses dires réels ou supposés.

    Il s’agit là pour des cas assez nombreux de prétextes littéraires pour attaquer les riches, les puissants sous l’angle de la religion. Pauvre parmi les pauvres –il n’a même pas sa raison – le ‘fou sage’ peut rappeler aux grands de ce monde leur condition essentielle de pauvres devant la mort et devant Dieu. Bahlûl, qui aurait habité Bassora, aurait eu un entretien mémorable avec le calife Hârûn al-Rashîd au moment où celui-ci se rendait en pèlerinage à La Mecque. Par humilité réelle ou piété feinte, le souverain écouta la harangue de Bahlûl qui l’accusait de folie pour vivre dans tant de richesse alors que le Jugement de Dieu était imminent. Puis Hârûn transmit une bourse d’argent à Bahlûl, à quoi le fou répondit en offrant un quignon de pain au calife ; mais celui-ci était si sec et dur que le calife ne put y mordre, et le rendit à Bahlûl en lui disant : « Je ne peux le digérer ». Bahlûl lui rendit alors la bourse en lui disant : « Moi non plus, je ne peux pas digérer ton cadeau ». Au final, il s’agit donc de montrer que les vrais fous, ce sont les hommes immergés dans les plaisirs ou les soucis du monde.

    Le ‘fou sage’, lui, est souvent un homme immergé dans la présence divine, et c’est ce qui rend ses comportement incompréhensibles au commun des hommes. A un intellectuel qui lui disait qu’on le prenait pour un dément (majnûn), le ‘fou’ Sa‘dûn répondit : « Les gens affirment que je suis dément, alors que nulle folie ne m’affecte. Mais l’amour pour mon Seigneur a envahi mon cœur et mes entrailles, il circule dans ma chair, mon sang et mes os. Et moi, je suis emporté de passion pour Lui ». Cette dernière affirmation nous permet de passer à un dernier versant de l’humour religieux en Islam : celui qui concerne la mystique et ses paradoxes.

    Le rire n’est en effet pas du tout absent de la littérature mystique. Certes, la mystique musulmane connut des individualités assez sombres, tels Fudayl ibn ‘Iyâd qui, paraît-il, ne rit qu’une seule fois durant sa vie : le jour de la mort prématurée de son fils. A qui l’interrogeait sur ce comportement surprenant, il répondait : « J’avais aimé une chose, et Dieu l’a aimée aussi ». Toutefois, les anecdotes humoristiques sont fréquentes dans les milieux soufis. Les porte-paroles de cette tendance sont des extatiques qui sont ‘restés sur l’autre rive’, les ravis en Dieu, ceux qui ont connu une expérience d’illumination soudaine et qui sont restés commotionnés pour le restant de leurs jours. Le grand historien et penseur Ibn Khaldoun s’interroge dans sa Muqaddima sur cette question paradoxale : un fou peut-il éventuellement être un saint, sachant que pour être un croyant ordinaire, il est nécessaire de jouir de toutes ses facultés mentales ? Il répond qu’il existe deux formes de raison : un raison ‘logique’, qui permet de vivre en société, exercer une profession et des responsabilités etc ; et une raison métaphysique, qui permet de saisir les vérités d’ordre religieux. Les fous ‘ravis’ ont perdu leurs facultés rationnelles ordinaires, mais ils restent conscients, pleinement, face au monde divin. Ils peuvent donc éventuellement être considérés comme des saints. De tels saints peuvent parler ‘en-dehors’ de la Loi, tenir des propos des plus surprenants, provocants. Grâce à eux, la Loi n’est plus un absolu.

    La clé de tous ces dires paradoxaux voire choquants réside, selon l’optique des mystiques, dans le caractère équivoque de toute la création. Dieu ne peut se montrer aux hommes tel qu’Il est en Lui-même : l’univers serait pulvérisé en un clin d’œil s’Il Se manifestait ainsi. Il doit passer par la médiation d’un monde limité. Dieu est partout présent, mais masqué. Il Se manifeste ainsi dans le mal, la souffrance, le manque, lesquels sont inhérents à la création. Le fou vient clamer haut et fort que c’est bien Dieu Qui a voulu cela, qu’il n’y a pas à adoucir la cruauté de cette vie en cherchant des excuses au Tout-Puissant, et que c’est en vivant totalement cette souffrance qu’on peut atteindre quelque chose du Vrai.

    Humour et religion en Islam – Pierre Lory …..

    • Modibo dit :

      Al hamdoulilah…. Tierno Bokar ( ra) disait à juste raison : » trop sérieux n’est pas sérieux » mais il convient de contenir les limites de l’humoi dans le hadith du prophète (psl) : méfiez vous de la plaisanterie, elle engendre la haine.

  20. Abdoulaye-garib27 dit :

    salam alkm
    LES PROPHÈTES & MESSAGERS Face Aux BiENS MATÉRiELS
    —————————
    le prophète
    براهيم Ibrahîm Aleyhi salat wa salam
    pour montrer ses désintérêts aux Biens matériels
    faisait des colliers avec des plaques d’Or ainsi que des Lingots d’or pour attacher et cloturer ses troupeaux de (Mouton, Vache, Chameau, Cheval…)
    —————————
    le prophète
    يعقب Yahaqouba Aleyhi salat wa salam
    pour montrer ses désintérêts aux Biens matériels
    ne mangeait qu’une fois par jour et une fois par nuit pourtant entourer de ses troupeaux plein de (Mouton, Vache, Chameau, Cheval…)
    —————————
    le prophète
    يوسف Youssoufa Aleyhi salat wa salam
    pour montrer ses désintérêts aux Biens matériels
    mangeait les mêmes repas que ceux servi aux prisonniers même après qu’il était devenu gouverneur des Biens matériels du Pays entier (Égypte) un peu comme les ministres des Finances actuels.
    —————————
    le prophète
    Nuhu koro Aleyhi salat wa salam
    pour montrer ses désintérêts aux Biens matériels
    se nourrissait que de takoula 1 fois matin et 1 fois et soir avec seulement 3 gorgées d’eau pourtant il possédait de champs de Riz et son troupeau (poules, dindes, cannes…)
    ———
    le prophète
    Solomana Aleyhi salat wa salam
    pour montrer ses désintérêts aux Biens matériels
    mangeait les mêmes repas que les serviteurs de sa cours Royale, tout le monde mangeait les mêmes types de repas.
    —————————
    le prophète
    أيوب Ayyouba Aleyhi salat wa salam
    pour montrer ses désintérêts aux Biens matériels
    après qu’il fût guérit de sa Maladie et retrouva le bonheur de vivre.
    mais pourtant après sa guérison et le retour de sa fortune, Il ne mangeait qu’un Fruit le matin et un fruit le soir (un fruit A la taille d’une pomme et n’en prenait que 4 bouchées et donna le reste aux animaux) puis ensuite il ne buvait que seulement 3 gorgées d’eau le matin et 3 gorgées le soir.
    —————————
    le prophète
    موسى Moïse Aleyhi salat wa salam
    pour montrer ses désintérêts aux Biens matériels
    dormait par terre et sans oreillers malgré qu’il était le Roi des Yaoudia.
    —————————
    le prophète
    يونس Yoûnousa Aleyhi salat wa salam
    pour montrer ses désintérêts aux Biens matériels ne portait qu’un seul vêtement (tunique) et se lavait directement avec dans la mer et attendait A la plage toujours habiller avec le vêtement mouillé que ça sèche avant de rentrer en ville et faisait cela chaque jour et en 24h il ne mangeait que 3 raisins et ne buvait que 3 gorgées d’eau.
    —————————
    le prophète
    Issa Aleyhi salat wa salam
    pour montrer ses désintérêts aux Biens matériels
    ne mangeait aussi qu’un Fruit le matin et un fruit le soir (un fruit A la taille d’un raisin) et n’a jamais voulu construire de maison ni marier de femme et vivait et dormait dans la nature (Forêt) un peu comme certains soufis font.
    —————————
    le prophète
    محمّد Mohammad Aleyhi salat wa salam
    pour montrer ses désintérêts aux Biens matériels
    ne portait qu’un simple pagne sans poches !!!
    —————————
    ALLAHOUMMA SOLi WA BARiKA ALA RASSOUL MOHAMMAD
    WA AZWADJiHi WA ZURiYATiHi KAMA SOLAYLA WA BARAKTA
    ALA IBRAHiMA WA ALA ALY IBRAHiM WA SALIM
    wa salamoun alal Moursalin wal hamdou LiLLahi Rabbal Alamin.
    ——————————-

  21. Abdoulaye-garib27 dit :

    quand je dis que
    les invocations (doivent) donc employer les pronoms (Tu, Vous..) pour s’adresser Au Seigneur et
    les pronoms (Je, MOi, NOUS, LEUR..) sont employés pour s’identifier dans sa propre invocation adresser Au Seigneur de l’Univers
    ———————
    c’est pour dire qu’on peut parler de 2 ou plusieurs types d’invocation
    mais prenons seulement 2 types d’invocation, et nous aurons ainsi
    ——————–
    1- l’invocation directe et ciblée
    2- l’invocation vague et non-ciblée
    ——————-
    et si la 1ere aura tendance A répondre +rapidement (par OUi ou NON)
    quant Au second type d’invocation, la réponse est souvent très lente que ce soit un OUi ou un NoN, car la demande aussi reste VAGUE sans préciser le domaine pour lequel on invoque….
    cependant du moment que ce second type d’invocation apporte une réponse celle-ci peut être de de grandes valeurs bénéfiques touchant favorablement A la fois A la vie sociale professionnelle et familiale personnelle
    ——————
    1- voici un exemple d’invocation directe et ciblée
    SOURATE 23 VERSET 26
    Il [Nuhu koro] dit :“Seigneur ! Apporte-moi secours parce qu’ils me traitent de menteur”.
    ——————
    et
    2- voici 2 exemples d’invocation vague et non-ciblée
    SOURATE 48 VERSET 14
    Au Seigneur appartient la souveraineté des cieux et de la terre. Il pardonne à qui Il veut et châtie qui Il veut. le Seigneur demeure cependant, Pardonneur et Miséricordieux.
    SOURATE 5 VERSET 54
    Telle est la grâce d’Allah. Il la donne à qui Il veut. Allah est Immense et Omniscient.
    ——————-

  22. Abdoulaye-garib27 dit :

    salam alkm
    A PROPOS DES iNVOCATiONS
    ———————– —–———————
    qu’on me traite d’Anti-conformiste genre Uranus
    ou celui qui veut bouleverser les anciennes bases
    ou qui remet en cause les structures des Anciens
    peu importe ce qu’on me qualifie !
    l’essentiel c’est d’apporter ses Arguments
    MashaAllahou
    ———————– —–———————
    récemment je disais que le mot
    ASTAGHFiROULLAH
    n’est pas adapté pour les demandes de pardon…
    ce point de vue n’est aucunement faux…
    cependant la plupart de gens préfères la facilité des mots…
    et pour ceux qui n’ont pas compris que des exemples
    de la manière d’invoquer sont donnés dans le coran
    et le mot ASTAGHFiROULLAH n’a jaucunement été citer comme exemple d’invocation…
    voici donc QUELQUES exemples de la façon d’invoquer donner dans le saint coran
    ———————– —–———————
    Sourate 3
    v38
    Alors, Zachariah pria son Seigneur, et dit :
    “ô mon Seigneur, donne-moi, venant de Toi, une excellente descendance. Car Tu es Celui qui entend bien la prière”.
    ———————– —–———————
    s11v45
    Et Nuhu koro invoqua son Seigneur et dit :
    “ô mon Seigneur, certes mon fils est de ma famille et Ta promesse est vérité. Tu es le plus juste des juges”.
    ———————– —–———————
    Sourate 19
    v1
    Kaf Ha Yé Ayn Sôd
    v2
    C’est un récit de la miséricorde de ton Seigneur envers Son serviteur Zachariah.
    v3
    Lorsqu’il invoqua son Seigneur d’une invocation secrète
    v4
    et dit :
    “ô mon Seigneur , mes os sont affaiblis et ma tête s’est enflammée de cheveux blancs. [Cependant], je n’ai jamais été malheureux [déçu] en te priant, ô mon Seigneur.
    v5
    Je crains [le comportement] de mes héritiers, après mois. Et mon épouse est stérile. Accorde-moi, de Ta part, un descendant
    v6
    qui hérite de moi et hérite de la famille de Yacouba. Et fais qu’il te soit agréable, ô mon Seigneur”.
    v7
    “Yâ Zachariah, Nous t’annonçons la bonne nouvelle d’un fils. Son nom sera Yahya [Jean]. Nous ne lui avons pas donné auparavant d’homonyme”.
    v8
    Et [Zachariah dit]:
    “ô mon Seigneur, comment aurai-je un fils, quand mon épouse est stérile et que je suis très avancé en vieillesse ? ”
    v9
    [le Seigneur] lui dit :
    “Ainsi sera-t-il ! Ton Seigneur a dit : “Ceci m’est facile. Et avant cela, Je t’ai créé alors que tu n’étais rien”.
    ———————– —–———————
    Sourate 2
    v201
    Et il est des gens qui disent :
    “Seigneur ! Accorde nous belle ici-bas, et belle part aussi dans l’au-delà; et protège-nous du châtiment du Feu ! ”.
    v202
    Ceux-là auront une part de ce qu’ils auront acquis. Et Allah est prompt à faire rendre compte.
    v250
    Et quand [Daouda et ses fidèles] affrontèrent [le géant] Djalouta et ses troupes, ils dirent : “Seigneur ! Déverse sur nous l’endurance, affermis nos pas et donne-nous la victoire sur ce peuple infidèle”.
    ———————– —–———————
    sourate 3
    v35
    (Rappelle-toi) quand la femme d’Imran dit :
    “Seigneur, je T’ai voué en toute exclusivité ce qui est dans mon ventre.
    Accepte-le donc, de moi. C’est Toi certes l’Audient et l’Omniscient”.
    CELLE-Ci EST D’AiLLEURS comme on le voit LA PRiERE idéale DE LA FEMME ENCEiNTE PENDANT LA GROSSESSE AFiN QUE L’ENFANT QUi NAiTRA PUiSSE DEVENiR UN BON’SERViTEUR DU SEiGNEUR DE L’UNiVERS mashaAllahou.
    ———————– —–———————
    v36
    Puis, lorsqu’elle en eut accouché, elle dit :
    “Seigneur, voilà que j’ai accouché d’une fille”; or Allah savait mieux ce dont elle avait accouché ! Le garçon n’est pas comme la fille.
    “Je l’ai nommée Mariama, et je la place, ainsi que sa descendance, sous Ta protection contre sheytan, le banni”
    v84
    Dis :
    “Nous croyons au Seigneur de l’univers, à ce qu’on a fait descendre sur nous, à ce qu’on a fait descendre sur Ibrahim, Ismaïl, Ishaqa, Yacouba et les Tribus, et à ce qui a été apporté à Moïse, à Jésus et aux prophètes, de la part de leur Seigneur : nous ne faisons aucune différence entre eux; et c’est à Lui que nous sommes Soumis”.
    ———————– —–———————
    Sourate 20
    v25
    [Moïse] dit : “Seigneur, ouvre-moi ma poitrine ,
    v26
    et facilite ma mission,
    v27
    et dénoue un noeud en ma langue,
    v28
    afin qu’ils comprennent mes paroles,
    v29
    et assigne-moi un assistant de chez moi :
    v30
    Aarouna, mon frère,
    v31
    accrois par lui ma force !
    v32
    et associe-le à ma mission,
    v33
    afin que nous Te glorifions beaucoup,
    v34
    et que nous T’invoquions beaucoup.
    v35
    Et Toi, certes, Tu es Très Clairvoyant sur nous”.
    v36
    [le Seigneur] dit : “Ta demande est exaucée, ô Moïse.
    v37
    Et Nous t’avons déjà favorisé une première fois,
    ———————– —–———————
    Sourate 21
    v83
    Et Ayyouba, quand il implora son Seigneur :
    “Le mal m’a touché. Mais Toi, tu es le plus miséricordieux des miséricordieux” !
    v84
    Nous l’exauçâmes, enlevâmes le mal qu’il avait, lui rendîmes les siens et autant qu’eux avec eux, par miséricorde de Notre part et en tant que rappel aux adorateurs.
    v87
    Et Younousa quand il partit, faché pensa que Nous N’allions pas l’éprouver. Puis il fit, dans les ténèbres, l’appel que voici :
    “Pas de divinité à part Toi ! Pureté a Toi ! J’ai été vraiment du nombre des injustes”.
    v88
    Nous l’exauçâmes et le sauvâmes de son angoisse. Et c’est ainsi que Nous sauvons les croyants.
    v89
    Et Zachariah, quand il implora son Seigneur :
    “Ne me laisse pas seul, Seigneur, alors que Tu es le meilleur des héritiers”.
    v90
    Nous l’exauçâmes, lui donnâmes Yahya et guérîmes son épouse . Ils concouraient au bien et Nous invoquaient par amour et par crainte. Et ils étaient humbles devant Nous.
    ———————– —–———————
    Sourate 23
    Alors les notables de son peuple qui avaient mécru dirent : “Celui-ci n’est qu’un être humain comme vous voulant se distinguer à votre détriment. Si Allah avait voulu, ce sont des Anges qu’Il aurait fait descendre. Jamais nous n’avons entendu cela chez nos ancêtres les plus reculés.
    v25
    Ce n’est en vérité qu’un homme atteint de folie, observez-le donc durant quelque temps.
    v26
    Il dit :
    “Seigneur ! Apporte-moi secours parce qu’ils me traitent de menteur”.
    v27
    Nous lui révélâmes : “Construis donc l’arche sous Nos yeux et selon Notre révélation. Et quand Notre commandement viendra et que le four bouillonnera, achemine là-dedans un couple de chaque espèce, ainsi que tes proches, sauf ceux d’entre eux contre qui la parole a déjà été prononcée; et ne t’adresse pas à Moi au sujet des injustes, car ils seront fatalement noyés.
    v28
    Et lorsque tu seras installé, toi et ceux qui sont avec toi, dans l’arche, dis : “Louange à Allah qui nous a sauvés du peuple des injustes.”
    v29
    Et dis : “Seigneur, fais-moi débarquer d’un débarquement béni. Tu es Celui qui procure le meilleur débarquement”.
    CETTE iNVOCATiON est idéale AVANT TOUT DEPART EN VOYAGE 99Fois
    v30
    Voilà bien là des signes. Nous sommes certes Celui qui éprouve.
    ———————– —–———————
    Sourate 25
    v30
    Et le Messager dit :
    “Seigneur, mon peuple a vraiment pris ce Coran pour une chose délaissée ! ”
    v31
    C’est ainsi que Nous fîmes à chaque Messager un ennemi parmi les criminels. Mais ton Seigneur suffit comme guide et comme soutien.
    v32
    Et ceux qui ne croient pas disent :
    “Pourquoi n’a-t-on pas fait descendre sur lui le Coran en une seule fois ? ”
    Nous l’avons révélé ainsi pour raffermir ton coeur.
    Et Nous l’avons récité soigneusement .
    v33
    Ils ne t’apporteront aucune parabole,
    sans que Nous ne t’apportions la vérité avec la meilleure interprétation.
    ———————– —–———————
    CES QUELQUES exemples SUFFiSSES LARGEMENT A SE FAiRE UNE BONNE iDÉE DE LA FAçON D’INVOQUER
    CE SONT Lâ DES PRONOMS (JE, MOi, TU, TOi, NOUS, VOUS…) QUi SONT directement EMPLOYER DANS TOUS CES EXEMPLES D’iNVOCATiON et non pas DES RECOMMANDATiONS COMME pour les cas DES ASTAGHFiROULLAH
    ثم أفيضوا من حيث أفاض الناس واستغفروا الله إن الله غفور رحيم
    الله فيغفر لمن يشاء ويعذب من يشاء والله على كل شيء قدير
    فإن انتهوا فإن الله غفور رحيم
    ainsi on trouve les mots
    اغفر لنا aghfir’lanâ => pardonne-nous
    فيغفر Fayagh’fir => Il pardonnera….
    غفور Ghafoura => Le Pardonneur…
    فاغفر لي Fa’aghfir’Lî => pardonne-moi….
    ———————– —–———————
    s2v286
    Le Seigneur n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. Elle sera récompensée du bien qu’elle aura fait, punie du mal qu’elle aura fait. Seigneur, ne nous châtie pas s’il nous arrive d’oublier ou de commettre une erreur. Seigneur ! Ne nous charge pas d’un fardeau lourd comme Tu as chargé ceux qui vécurent avant nous. Seigneur ! Ne nous impose pas ce que nous ne pouvons supporter, efface nos fautes, pardonne-nous et fais nous miséricorde. Tu es Notre Maître, accorde-nous donc la victoire sur les peuples infidèles.
    لا يكلف الله نفسا إلا وسعها لها ما كسبت وعليها ما اكتسبت ربنا لا تؤاخذنا إن نسينا أو أخطأنا ربنا ولا تحمل علينا إصرا كما حملته على الذين من قبلنا ربنا ولا تحملنا ما لا طاقة لنا به واعف عنا واغفر لنا وارحمنآ أنت مولانا فانصرنا على القوم الكافرين
    Là aussi c’est le mot
    اغفر لنا aghfir’lanâ => pardonne-nous
    qu’on retrouve dans ce dernier verset de la sourate2
    ———————– —–———————
    Sourate 28
    v16
    [Moïse] dit :
    “Seigneur, je me suis fait du tort à moi-même; pardonne-moi”. Et Il lui pardonna. C’est Lui vraiment le Pardonneur, le Miséricordieux !
    قال رب إني ظلمت نفسي فاغفر لي فغفر له إنه هو الغفور الرحيم
    v17
    Il dit :
    “Seigneur, grâce au bienfaits dont tu m’as comblé, jamais je ne soutiendrai les criminels”.
    قال رب بما أنعمت علي فلن أكون ظهيرا للمجرمين
    dans ce verset 16 de la sourate 28,
    on voit le mot « PARDONNE-MOi » qui donne
    فاغفر لي Fa’aghfir’Lî => PARDONNE-MOi => Pm-1401
    ———————– —–———————
    on conclu donc que DANS TOUS CES EXEMPLES D’iNVOCATiON
    citer dans le saint le coran,
    le mot ASTAGHFiROULLAH n’a jamais été citer comme exemple
    ———————– —–———————
    les invocations (doivent) donc employer les pronoms (Tu, Vous..) pour s’adresser Au Seigneur et
    les pronoms (Je, MOi, NOUS, LEUR..) sont employés pour s’identifier dans sa propre invocation adresser Au Seigneur de l’Univers
    ———————– —–———————
    Mais kèlai taala dèh sabou biyé jour de la Paix yé en Côte d’Ivoire
    et vive la Paix Au monde et mes respect Aux honorables membres
    ———————– —–———————
    s12v97
    Ils dirent :
    “ô notre père, implore pour nous la rémission de nos péchés. Nous étions vraiment fautifs”.
    قالوا يا أبانا استغفر لنا ذنوبنا إنا كنا خاطئين
    iCi ON RETROUVE LE MOT ASTAGHFiR LANÂ استغفر لنا EN TANT QUE RECOMMANDATiON et non pas UNE iNVOCATiON PROPREMENT DiTE
    et le
    v97
    Il dit :
    “J’implorerai pour vous le pardon de mon Seigneur. Car c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux”
    قال سوف أستغفر لكم ربي إنه هو الغفور الرحيم
    Là non plus ! il n’est pas question d’une iNVOCATiON directe Adresser Au Seigneur
    ———————– —–———————
    encore autre exemple du mot ASTAGHFiR
    sourate 12 verset 29
    Youssoufa, ne pense plus à cela ! Et toi, (femme), implore le pardon pour ton péché car tu es fautive”.
    يوسف أعرض عن هذا واستغفري لذنبك إنك كنت من الخاطئين
    Là encore il s’agit d’une RECOMMANDATiON et non pas
    UNE iNVOCATiON directe de demande de PARDON
    ———————– —–———————
    on pouvait encore citer d’autres exemples concrets sur le mot ASTAGHFiR
    cependant on conclu que DANS tous CES EXEMPLES D’iNVOCATiON cités
    dans le saint le coran,
    le mot ASTAGHFiRULLAH n’a aucunement été citer comme exemple clair
    mais plutôt les mots
    اغفر لنا aghfir’lanâ => pardonne-nous
    فاغفر لي Fa’aghfir’Lî => pardonne-moi….

    • Sags dit :

      salam aley kum maitre, donc si je comprend bien , on doit dire maintenant: donne
      فاغفر لي Fa’aghfir’Lî => PARDONNE-MOi ci combien de fois dans notre invocation de pardon.. Merci d’avance maitre…WASALAM!

  23. Modibo dit :

    La TARIQA
    Le disciple est donc rentré dans un ordre de soufis, dirigé par un maître, le morchid, et ce maître
    va le conduire d’étape en étape au but qu’il désire.
    Il va passer par trois stades
    a – novice, c’est le mourid
    b – progressant, c’est le salik
    c – parfait, c’est le kamil ou muhaqqiq
    7
    Cette progression peut s’étaler sur une vie entière.
    Les « maqamats « sont – en général – au nombre de sept :
    1 – le repentir ou « tawba «
    2 – le scrupule de conscience ou « wara’ «
    3 – le renoncement aux biens de ce monde, même légitimes ou « zuhd « (ascèse)
    4 – la pauvreté ou « faqr « (conséquence de la précédente. Mais certains ordres refusent la
    mendicité).
    5 – supporter l’adversité ou « sabr «
    6 – confiance en Dieu ou « tawakkul «
    7 – l’agrément donné à tout ce qui arrive. Ce n’est plus seulement l’acceptation de l’adversité,
    mais dire que tout ce qui arrive est bien, bénéfique, car voulu par Dieu. Toutes ces étapes peuvent
    durer un temps plus ou moins long et seul le chef de l’ordre soufi peut décider du moment où va
    commencer l’étape suivante. C’est tout un travail de perfectionnement sous la direction du
    maître spirituel. Le novice doit être formé à l’humilité, au remords de ses fautes, à faire silence, à
    jeûner. C’est ainsi que dans certaines confréries soufies, dont celle des derviches tourneurs, on
    donnait au novice, afin de le mortifier et de le tester, un travail fatigant ou rebutant : balayer le
    plancher, nettoyer les latrines, réparer les chaussures etc. et cela durant sa « retraite « . En effet,
    certaines confréries imposent des moments de retraite à leurs novices, retraites qui peuvent durer
    quarante jours. Il couche sans matelas, ni couverture, et s’il fait froid il a seulement le droit de ne
    pas se déshabiller..Les repas sont pris en commun, et sont très frugaux. Certains ordres vont
    même jusqu’à exiger de leurs adeptes une position inconfortable pour qu’ils n’aient qu’une envie,
    quitter la table le plus vite possible.
    Entre le maître et le novice vont se tisser des liens très étroits, car ce maître n’est pas ce que l’on
    appelait à une époque en France un « directeur de conscience « . Il n’est pas là uniquement pour
    enseigner une méthode, conformément aux aptitudes d’hommes aspirant à une vie spirituelle. Il
    est aussi le transmetteur d’une Initiation, au sens fort du terme, d’une influence spirituelle dont il
    est le dépositaire, car il est un élément d’une chaîne qui remonte au prophète, et il va transmettre
    cet influx divin, ce don que l’on appelle la « baraka « . Ce rite d’initiation est symbolisé par la
    remise au novice d’un manteau, et cela n’est pas sans faire penser à la prise de froc d’un moine.
    ou à d’autres rites initiatiques.
    Un dicton dit que le novice doit être dans les mains de son maître comme le mort dans les mains
    du laveur. Cela va induire une notion de fraternité entre tous les novices, fraternité indivisible due
    à des liens spirituels qui sont peut-être plus puissants que ceux du sang, tous ces hommes étant
    unis dans le même amour de Dieu, et au sein d’une Tariqa (ordre ou confrérie) ce sont les notions
    d’humanité, de fraternité, d’humilité et surtout de Tolérance qui vont prédominer.. mais aussi
    dans la vie quotidienne.
    Il faut insister sur cette notion de tolérance, car l’intolérance est le reproche le plus souvent
    entendu à propos de l’Islam. Cela est normal car, pour un musulman orthodoxe qui a été élevé
    dans l’idée de la supériorité indéniable de sa religion sur les autres – elle EST la parole de Dieu
    qui annule toutes les religions précédentes – le prosélytisme est une attitude logique et morale.
    Pour un soufi, la vision est différente. Tous les soufis, de par l’intériorisation de leur foi, ont
    parfaitement compris que si les religions sont différentes, elles ont toutes le même but, et c’est
    cela qui compte. Peu importe le sentier suivi si c’est pour se diriger vers le même sommet. Cette
    8
    attitude leur a souvent valu la colère et les critiques des tenants de l’orthodoxie, comme Ibn
    Tammiya, au 14è siècle.
    Le novice, avec l’aide de son maître spirituel va donc tenter, à travers toutes les étapes
    mentionnées, qui constituent une ascèse, de parvenir à la Haqiqa.
    Une image très fréquente dans la pensée soufie est celle du miroir, opaque et terni au début et que
    ces étapes vont peu à peu nettoyer jusqu’à ce qu’il soit net, exempt de toute souillure. Le coeur –
    car c’est lui le miroir, et non le mental – pourra alors refléter l’image de Dieu. Il est évident que
    cette netteté représente l’intégrité morale.
    Le travail principal auquel les soufis doivent s’astreindre a lieu lors de séances de méditation
    durant lesquelles le murid ou novice va apprendre les techniques nécessaires pour atteindre l’état
    d’union à Dieu auquel il aspire.
    La plus importante, et qui existe dans tous les ordres soufis, est le DHIKR, c’est à dire la
    répétition incessante de la moitié de la chahada, ou du mot Allah.
    Le DHIKR
    C’est la reprise de la même phrase, véritable mantra des musulmans, qui se termine par celle du
    nom d’Allah, puis de Huwa (LUI), pour s’anéantir dans la simple émission du souffle. Il ne faut
    pas oublier que le monde fut créé par le souffle de Dieu, c’est à dire par un acte unique. Kun. fa
    Yakun. Sois… et il fut Le Dhikr, « re-citation « réactualise la Révélation telle que Dieu la révéla
    au prophète Mohammed par l’intermédiaire de l’ange Gabriel.
    Il n’est pas sans rappeler les pratiques du japa-yoga, de la prière de l’hésychiasme dans l’église
    orthodoxe, ou le membustu japonais.
    Le nombre de « re-citations « varie selon l’état du novice, et un chapelet de 99 grains (les 99
    noms du prophète) peut l’aider. Il est évident que prononcer la même formule, voire le même
    mot, durant des heures, et souvent en accélérant la prononciation, nécessite une technique du
    souffle très particulière, ce d’autant que cette récitation n’a de sens que si elle est accompagnée
    de l’intention « droite « , c’est à dire qu’elle ne doit absolument pas devenir un automatisme. Il
    faut une attention constante du coeur sur l’Objet mentionné dans la formule. Toute sensation ou
    imagination doit être exclue Cette discipline du souffle s’accompagne d’une gestuelle appropriée,
    ainsi que d’une manière particulière de prononcer le Dhikr.
    C’est ainsi qu’il faut être assis sur le sol, jambes croisées, les genoux levés, bras autour des
    jambes, la tête baissée entre le genoux et les yeux fermés.
    L’assise est aussi celle de l’âme qui doit faire face aux perturbations des sentiments, des instincts,
    des désirs.
    Les deux genoux sont le Coran et la Sunna que le croyant serre entre ses bras pour s’en pénétrer
    et s’assurer de leur présence, la tête est baissée en direction du coeur, et les yeux sont fermés pour
    que aucune distraction extérieure ne vienne s’interposer.
    La illaha : « Il n’y a pas d’autre divinité « on relève la tête vers la droite et à ce moment on
    prononce illa « si ce n’est « très fortement car il faut que cette négation se grave dans tout le
    9
    corps puis on baisse la tête et l’on prononce le nom Allah, « DIEU « énergiquement, en face du
    coeur..
    Le DHIKR est donc une intériorisation, une réalisation intime du dogme de l’absolue
    transcendance de Dieu. Aucune autre divinité ne peut lui être associée, mais lorsque le soufi
    affirme cette transcendance, il ne fait pas uniquement allusion aux divinités païennes du monde
    arabe avant l’Islam, mais aussi à toutes les « divinités « dont l’homme risque d’être l’esclave : le
    pouvoir, la puissance, la gloire, l’argent, le sexe etc. Lorsque cette récitation a pénétré le coeur
    de celui qui prie, il passe au seul nom d’Allah, et la gestuelle va changer. Puis à Huwa (LUI), et
    les deux syllabes qui constituent ce mot vont petit à petit ne plus être audibles pour laisser place
    au seul bruit du souffle.
    Car dans ce souffle qui est celui de Dieu créateur du monde, le soufi va
    abolir son identité. Il s’annihile et atteint le « fana’« .
    Il faut préciser que, au fur et à mesure que se poursuit cette récitation, tous les soufis font état de
    phénomènes visuels qu’ils interprètent comme étant une lumière divine.
    Ce dont il faut se souvenir est que l’être humain, dans cette vision musulmane, comme dans la
    perception orientale de l’être humain, est composé d’une âme et d’un corps, mais aussi d’un
    souffle.
    L’âme, en arabe « nafs « , est la psyché, l’âme charnelle, pleine de
    désirs
    Jism, le corps
    et le souffle, ruh, l’esprit divin.
    Un problème se pose avec le Dhikr collectif.
    En effet, technique du souffle, rythme respiratoire et gestuelle, pratiqués par un groupe de
    personnes risquent de provoquer une transe qui n’a plus rien de comparable avec l’absorption en
    Dieu qui est le but final de la séance, et qui peut s’apparenter à une hypnose collective.
    La pensée fondamentale du soufi est que le monde contingent n’est que le reflet manifesté de la
    seule essence divine, et l’esprit humain une émanation directe de l’essence incréée. L’existence
    n’a donc aucune profondeur d’être et doit s’abolir (fana’) en Dieu qui seul perdure.
    Il est évident qu’une telle interprétation du texte coranique était beaucoup trop éloignée des
    milieux populaires qui ressentaient eux aussi ce besoin d’une religion moins formelle et plus
    vivante, plus charnelle. Toutes ces spéculations étaient beaucoup trop difficiles à comprendre, et
    l’on a assisté dans le monde musulman à la naissance des « confréries « .
    L’émergence de ces ordres soufis et de ces confréries est liée à l’éclatement du monde musulman
    au 13e
    siècle, lorsqu’il s’est morcelé en pays différents. L’unité de la OUMMA a disparu, et l’on
    a assisté dans les régions nouvellement converties, à un retour des survivances, des modes de
    pensée, des traditions que l’islam orthodoxe avait occultés mais non effacés.
    A ce retour d’une identité marginalisée, viennent s’ajouter des problèmes religieux ou politiques,
    car, et il ne faut jamais l’oublier – le monde contemporain en est un excellent exemple – toutes les
    contestations, toutes les révolutions, toutes les oppositions, ont pour origine une interprétation du
    texte religieux, la religion étant le seul terrain se prêtant à la contestation politique, dans la
    mesure où il n’y en a pas d’autre. Fondamentalisme, intégrisme, islamisme etc., tous ces
    mouvements qui font parler d’eux en ces temps troublés ont une base essentiellement religieuse,
    10
    mais orientée vers un but politique. C’est ainsi que certaines confréries se sont disqualifiées,
    notamment au début du XXème siècle par leur compromission avec la colonisation, et d’autres
    par le fait que pour atteindre l’extase, tous les moyens risquent d’être utilisés, y compris les
    excitants ou même les stupéfiants. On aboutit alors à des confréries qui n’ont de mystique que le
    nom, et qui s’adonnent à des excès très spectaculaires, car leurs adeptes arrivent à une
    insensibilisation telle qu’ils sont capables de se brûler, de se meurtrir, sans manifester la moindre
    douleur. Aïssaouas, Hamadchas, etc.
    Cela dit, on ne peut oublier l’une des manifestations les plus célèbres du DHIKR collectif : la
    danse cosmique des derviches tourneurs.
    Bien entendu le mot danse ne doit pas faire sourire, car en fait il s’agit d’un office liturgique, dont
    chaque geste est symbolique et a une signification.
    C’est Jalal ed Din Roumi qui l’a rendu célèbre, avec son maître, Shams de Tabriz.
    La danse est cosmique, car elle symbolise la ronde des sphères, et la musique est celle
    précisément de ces sphères.
    Le corps du danseur est l’axe du monde, qui relie le ciel et la terre. il reçoit le flux divin, la
    grâce, par la main droite dont la paume est tournée vers le ciel, et il restitue cette énergie divine
    par la main gauche dont la paume est tournée vers le sol. Il est donc le réceptacle de cette énergie
    divine et il en est transformé.
    Il tourne jusqu’à l’extase.
    Avant de commencer à danser les derviches font trois fois le tour de la piste, ce chiffre 3
    représentant les 3 étapes qui rapprochent de Dieu : la science (charia), la Tariqa, et enfin la
    Haqiqa, l’Union.
    Après les danseurs abandonnent leur manteau noir, comme s’ils se dépouillaient d’une peau,
    s’avancent vêtus de blanc, signe d’une renaissance, et se mettent à tourner au son de la flûte.
    A Konya, lorsque l’on entre dans le mausolée de Rumi, on peut lire la phrase suivante :
    « Viens, qui que tu sois, croyant ou incroyant, viens ; c’est icila demeure de l’espoir «
    Nous sommes loin, très loin de soufisme d’un Ibn Arabi, soufisme métaphysique et gnostique.
    D’une culture immense, cet andalou mort à Damas, fut influencé par le stoïcisme, le
    néoplatonisme, l’ismaélisme, la gnose, le christianisme.. et il aboutit à un amour naturel et
    universel, privilégiant l’esprit sur la lettre, pour déboucher sur un panthéisme qui lui valut
    l’ostracisme de certains puristes.
    Dans une strophe de « L’interprète des désirs « il écrit :
    Mon coeur est capable de devenir toutes les formes distinctes
    Il est une prairie pour les gazelles
    Il est le cloître du moine chrétien
    Il est un temple pour les idoles
    Il est la « kaaba « du pèlerin
    Il est la table de la loi de Moïse
    Il est le Saint Coran
    Ma religion est l’amour
    De quelque côté que se tournent mes montures L’AMOUR est ma religion et ma foi…..

    à suivre….

  24. Modibo dit :

    Le Soufisme, une voie pour l’Esprit
    Le Soufisme peut être défini comme l’appréhension spirituelle, voire mystique, du texte
    coranique. Il est avant tout une expérience qui relève d’un monde personnel très particulier. Des
    soufis ont tenté de décrire ce qu’ils éprouvaient lors de leur approche de Dieu, et il faut admettre
    que la lecture de ces textes nous fait prendre conscience de la difficulté, voire de l’impossibilité
    d’exprimer en termes de conscience une expérience qui ne relève pas de la conscience.
    Cet intérêt pour le Soufisme est aussi déterminé par sa présence dans l’Histoire du monde
    musulman car il est impossible de passer sous silence le rôle et l’impact de la religion dans le
    quotidien, dans le politique, et à ce titre, les Soufis, surtout lorsqu’ils sont regroupés en
    confréries, ont joué un rôle fondamental dans cette Histoire. Il faut rappeler, à titre d’exemple,
    que l’homme qui a symbolisé l’opposition à la conquête française en Algérie, Abdelqader, était
    soufi, et que, à l’heure actuelle, la contestation politique dans certains pays musulmans est menée
    par des Soufis.
    Qui plus est, le monde arabe tel qu’il est présenté par les médias, compte tenu des événements
    récents que nous connaissons, n’a pas une image particulièrement positive, et peut être serait-il
    bon d’en montrer un aspect peu connu du monde occidental.
    Définitions :
    Beaucoup d’auteurs utilisent à propos du mot soufisme, le terme de mystique musulmane.
    Cela est un peu gênant car le mot mystique renvoie à une réalité occidentale très connotée. On
    pense alors à la vie et aux textes de Saint Jean de la Croix, Sainte Thérèse d’Avila, Maître Eckart
    etc. On imagine les mystiques dans leur couvent, vivant une vie ascétique, remplie de prières et
    d’oraisons, dans la chasteté la plus totale, au sein de leur communauté. Telle est la vision
    classique du mystique que l’homme d’occident a gravé dans son imaginaire.
    Rien de comparable dans l’ISLAM, et ce pour des raisons historiques, mais aussi religieuses. Le
    Soufi est un homme comme les autres, qui vit dans la communauté musulmane, avec son travail,
    sa femme, ses enfants. Aucune marque extérieure ne le distingue des autres… Etant musulman
    avant tout, il se doit d’assumer la place que Dieu lui a assignée sur terre, et de mettre au service
    de la communauté musulmane dans laquelle il vit les qualités qui sont les siennes.
    D’autre part, il ne faut pas confondre l’ascèse morale avec la vie mystique. Si le mystique va
    vivre selon les exigences de la voie qu’il a choisie, le croyant pieux et zélé, qui pratique une
    certaine ascèse, peut lui aussi, à propos de certains textes, donner la primauté à l’esprit sur la
    lettre, mais cela ne fait pas de lui obligatoirement un mystique.
    Revenons rapidement sur les fondements de l’Islam, contenus dans le CORAN, car la psalmodie
    du CORAN est un acte que va accomplir le soufi.
    Le CORAN
    2
    Il fut révélé progressivement au prophète MOHAMMED. Né aux environs de 570, Mohammed
    fut élevé par son oncle avec son cousin ALI. Ali et Mohammed vont grandir ensemble, et Ali
    épousera plus tard Fatima, une des filles du prophète. Très jeune, Mohammed fut engagé par une
    riche veuve de la Mecque, Khadija, pour diriger ses caravanes. Il faut se souvenir que, à cette
    époque, La Mecque était déjà un haut lieu de pèlerinage, car les caravanes avaient l’habitude de
    s’y arrêter lors des jours de marché et des foires annuelles qui s’y tenaient. Les caravanes
    constituaient la principale ressource des gens, mais elles constituaient aussi une proie pour les
    tribus ennemies. Lors des foires, une trêve était instituée pour permettre à tous de s’y rendre.
    Trois déesses soumises à un Dieu appelé Allah étaient l’objet d’un culte de la part des Bédouins.
    Mohammed épousa Khadija à 23 ans, et devint ainsi riche et considéré. C’est à partir de la
    quarantaine que la révélation lui fut apportée par l’ange Gabriel, qui lui donna l’ordre de prêcher
    la nouvelle religion. Précisons que pour la tradition musulmane, Mohammed était illettré. En
    effet il était nécessaire que son esprit fût vierge de toute connaissance pour transmettre le
    message divin dans sa pureté et son originalité.
    La prédication de Mohammed se heurta à de nombreux obstacles, et fut même rejetée car son
    message allait à l’encontre des croyances et des intérêts de la société dans laquelle il vivait. En
    effet, il mettait l’accent sur une plus grande générosité à l’égard des pauvres. La solidarité entre
    les tribus devait céder la place à une communauté de croyants tous égaux devant un Dieu Unique.
    Les idoles devaient donc disparaître, ce qui compromettait les revenus des pèlerinages. Qui plus
    est, il interdisait tout affrontement entre musulmans, ce qui supprimait les ressources rapportées
    par les razzias… L’hostilité à son égard devint de plus en plus grande, voire dangereuse, ce
    d’autant qu’il perdit en 619 sa femme et son plus fidèle allié, son oncle Abu Talib.
    Il quitta La Mecque en 622, pour s’installer dans l’oasis de Yathrib. Celle-ci devint « La ville du
    Prophète » , « Madinat en nabi « en arabe, ce qui fait que toutes les villes du monde arabe ont
    une « médina « , en fait la ville ancienne. Cet exil, en arabe « Hijra « , marque l’an 1 de
    l’Hégire. Mohammed organisa une nouvelle société centrée sur la notion de « Oumma » ou
    communauté des croyants, qui coiffe tribus et clans et en abolit toutes les traditions antérieures.
    Seuls les impératifs de l’Islam devront être appliqués. En 624, il décida que la direction de la
    prière serait La Mecque et non plus Jérusalem. De même les razzias – aspect du « djihad » (guerre
    sainte contre les ennemis d’Allah) – auront pour cibles uniquement les tribus non musulmanes, et
    les infidèles. En 632 il rentre en vainqueur à La Mecque, où il meurt en juin de la même année.
    C’est donc la parole de DIEU qui s’exprime, dans le CORAN, à travers 114 sourates, totalisant
    6211 versets. Elles furent consignées sous le règne du 3e
    calife, OTHMAN, qui voulut établir un
    corpus définitif.
    On peut regretter que ce ne soit pas l’ordre chronologique qui ait été choisi, car on distingue une
    évolution dans le message, certains versets en annulant d’autres, et l’orientation allant vers un
    durcissement des préceptes moraux.
    Le CORAN rétablit dans sa pureté originelle le message de Dieu – toujours le même depuis
    Abraham – lequel message fut d’abord envoyé aux Juifs, puis aux Chrétiens. Mais Juifs et
    Chrétiens l’ont faussé et falsifié. Il fallait donc qu’il fût donné aux hommes une dernière fois.
    MOHAMMED est l’ultime prophète envoyé au monde. Il scelle la prophétie et ne peut avoir de
    successeur. L’Islam est ainsi la meilleure des religions puisqu’elle parachève et précise d’une
    façon définitive toutes celles qui l’ont précédée.
    3
    Cela explique que toute apostasie d’un musulman représente une régression, une insulte à Dieu et
    elle doit être punie de la peine de mort. Pour la même raison, les pays musulmans ont refusé de
    signer le préambule de la charte des Nations Unies qui fait de la liberté de conscience un droit
    imprescriptible. Un musulman ne peut pas- officiellement- changer de religion. L’Islam, qui
    signifie se confier à Dieu, s’abandonner à sa volonté, possède un Credo très simple, résumé dans
    la profession de foi : la Shahada du verbe Shuhud : témoigner, attester.
    « La Illaha illa Allah oua Mohammed rassul Allah «
    « Il n’y a pas d’autre divinité que Dieu, et Mohammed est son prophète « .
    Pour l’Islam, il n’y a ni incarnation, ni trinité, ni rédemption. La notion de péché originel n’existe
    pas : le Christ n’est donc pas mort sur la croix pour le rachat des hommes. La création est bonne,
    et l’homme doit jouir, sans excès, des ressources que Dieu lui octroie. La mort, ressortissant du
    décret divin doit être acceptée sans révolte car la Résurrection précédera l’entrée des croyants au
    Paradis. Etre musulman consiste donc à vivre en conformité avec la Loi, que ses prescriptions
    soient religieuses ou sociales. En effet, l’Islam a cette particularité d’englober autant le spirituel
    que le temporel. Tout acte, quel qu’il soit, a une double résonance. Vis-à-vis de Dieu certes, mais
    aussi vis-à-vis des êtres humains.
    Les Piliers de l’Islam sont au nombre de cinq :
    1- la « shahada « ou profession de foi
    2- la prière. Il y en a cinq par jour.
    3- la « zakat » ou aumône légale.
    4- le « ramadan » qui est un jeûne diurne, durant le 9e
    mois de l’année musulmane.
    5- le pèlerinage à la Mecque.
    Il semble donc que cette religion soit relativement simple si l’on s’en tient à ses aspects formels.
    Mohammed est un annonciateur, un homme comme les autres. Il veut ramener ses compatriotes
    au vrai Dieu, dans un contexte polythéiste, et leur apporter la LOI, la « Charia « qui n’est que
    l’expression de la volonté divine. Cette loi régit tous les actes du musulman, et s’y conformer
    suffit à assurer le bonheur ici-bas, et dans l’au-delà.
    L’Islam est présenté comme une religion du juste milieu, sans matérialisme mais sans angélisme.
    Etre musulman c’est s’en remettre à Dieu, donc obéir à sa loi, et non avoir une vie d’amour avec
    lui, ce que demanderont certains soufis.
    Il faut bien comprendre que ce qui caractérise l’Islam, par rapport au Christianisme par exemple
    c’est l’absolue transcendance de Dieu, l’absence de tout intermédiaire entre le croyant et lui.
    Aucun intercesseur n’est admis. Dieu ne possède aucun attribut visible, et les mots qui pourraient
    être perçus comme de l’anthropomorphisme ont très vite été interprétés symboliquement (Dieu
    est assis sur un trône, il voit, et il a des mains). Il n’y a rien de comparable à la souffrance de la
    vierge devant le supplice de Jésus Christ. D’ailleurs dans le CORAN il est dit – c’est DIEU qui
    parle – que le Christ n’a pas été crucifié. Aucune effusion n’est possible dans une mosquée.
    4
    Rien sur les murs, en dehors de phrases tirées du
    Coran ou la calligraphie des différents noms de Dieu. Il y a une volonté de nudité, qui très vite,
    va être perçue comme de la sécheresse et provoquer divers mouvements au sein de l’Islam, dont
    le Soufisme.
    Il faut aussi se souvenir que l’Islam est une religion sans église organisée, sans hiérarchie, sans
    Pape pour dire la norme. N’oublions pas aussi les divergences d’école entre Sunnites et Chiites.
    Le Sunnisme réunit la majorité des musulmans, dont les bases religieuses sont le CORAN,
    complété par la SUNNA qui regroupe tous les faits et gestes du prophète, considéré comme
    l’archétype de l’Homme Parfait. L’imiter constitue donc la garantie d’une vie parfaite.
    Le Chiisme regroupe sont ceux qui ont préféré suivre Ali, gendre du Prophète car il avait épousé
    sa fille Fatima. Lors de la scission avec les Sunnites à l’occasion d’un arbitrage, les partisans de
    Ali et leurs successeurs ont prétendu que la « Baraka « du Prophète ne s’était pas éteinte avec sa
    mort, mais se perpétuait par sa descendance. Le message de Dieu perdure et s’actualise à travers
    les Imams, dont le premier est Ali. Ce sont des « Ayat Allah « (Ayatollah), des signes de Dieu.
    Ils sont des médiateurs entre Dieu et les hommes, et il faut reconnaître que leur influence fut
    grande dans l’exégèse du texte coranique. Contrairement aux Sunnites, les Chiites possèdent un
    clergé très bien structuré, encadrant la population, ce qui peut explique certains événements qui
    se sont produits dans des pays comme l’Iran. Ajoutons un dernier aspect du chiisme. Ce fut, lors
    des débuts de l’Islam, le courant adopté par les musulmans d’origine non arabe (essentiellement
    les Persans). Pour préparer les gens à la vie future, il faut commencer par organiser la vie ici-bas,
    et c’est le rôle de la Charia, dont l’application relève du gouvernement, c’est à dire du Sultan, ou
    du Roi, ou du Président. Il est aidé en cela par des « Oulémas « qui sont des spécialistes de la
    religion, car en ISLAM, on ne rend pas à César ce qui est à César, car tout est à Dieu. DIN WA
    DOULA.
    Régir la cité, ses affaires, organiser ses ressources, c’est prier. Pour peu que l’on s’éloigne de
    cette doctrine, et si la vie de la cité est perturbée, ce ne peut être que le résultat de la non
    application de la Charia, dont le respect sera exigé par les fondamentalistes, et autres intégristes.
    Prétendre interpréter la parole divine est donc une activité à hauts risques, proche du blasphème,
    car quel est l’homme assez prétentieux pour vouloir interpréter la parole de Dieu ? Dans le
    contexte d’une communauté en voie de formation, en butte à de nombreux ennemis, toute mise en
    cause de l’orthodoxie fut énergiquement combattue, car l’Islam était le ciment de cette nouvelle
    union des croyants.
    Le soufisme reste donc un « épiphénomène « dans le courant de l’Islam. Ce dernier finira par
    l’accepter, mais à contre cour, et ne lui donnera jamais la première place.
    Le SOUFISME :
    Vient du mot « sof « qui signifie la laine dont été confectionné le vêtement de ces soufis, ce qui
    était pour eux une façon de réagir contre le luxe ostentatoire des dirigeants. Plus profondément, le
    soufisme est né d’une réaction contre le formalisme et la dogmatique des tenants de l’orthodoxie,
    mais aussi contre la conduite répréhensible des chefs. Cela amènera les premiers soufis à être
    persécutés, emprisonnés et souvent exécutés, dans la mesure où leur comportement risquait de
    perturber l’ordre public.
    5
    Pour lutter contre l’aspect sclérosé, obtus et desséché d’une religion dont les représentants
    officiels privilégiaient la lettre sur l’esprit, les soufis vont opposer à l’interprétation littérale et
    extérieure du texte – le zahir – une interprétation plus intérieure, mettant l’accent sur le sens caché
    – le batin. Ce sens caché doit être dévoilé – il y a de nombreux voiles- non par l’intelligence pure
    et le mental, mais par une approche sensible du texte, qui doit parler avant tout au COEUR.
    Dans le CORAN, il est dit à propos des incrédules (sourate 22, verset 46) : « Ce ne sont pas les
    regards qui sont aveugles, mais les coeurs qui sont dans les poitrines « et le prophète Mohammed
    répondra lorsqu’on lui demandera s’il a vu Dieu : « Oui, avec mon coeur « . C’est grâce à ce
    coeur que les voiles qui cachent la Réalité Ultime, la Haqiqa, seront ôtés, un par un, au cours
    d’un voyage spirituel, qui devrait amener le soufi, le dernier voile disparu, à contempler Dieu,
    voire s’anéantir pour se fondre en lui.
    Toutefois, sans pour autant avoir une vision mystique du texte coranique, les soufis, et d’autres
    religieux, vont interpréter les textes, dans un sens où l’esprit domine la lettre.
    Exemple :
    C’est ainsi que la sourate IX, est une sourate qui a fait couler beaucoup d’encre. D’une part bien
    qu’elle soit la 9e
    dans l’ordre coranique, elle est en fait la dernière qui a été révélée au Prophète, à
    un moment de sa vie où il était chef religieux mais aussi politique.
    Cette sourate – parole de Dieu – enjoint aux croyants de tuer tous ceux qui refusent de devenir
    musulmans (exception faite des juifs et des chrétiens)
    « Combattez les idolâtres totalement
    « Combattez les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de sédition et que la religion soit toute à Dieu. »
    Le soufi va interpréter ces phrases comme appelant à lutter contre nos mauvaises tendances
    jugées inférieures, nos passions, nos instincts et c’est cela qui sera le vrai, le grand Jihad.Ce
    terme, qui a fait couler beaucoup d’encre, connote l’idée d’un effort. Cet effort peut avoir pour
    but la lutte contre l’infidèle, pour défendre l’Islam si celui-ci est attaqué, et le Jihad sera
    synonyme de guerre sainte.Mais, pour les soufis, et de nombreux musulmans, le grand Jihad sera
    l’effort que le musulman entreprendra contre ses penchants, ses désirs, ses tentations. C’est donc
    le coeur qui va être le siège de cette perception de la religion, et c’est sur le coeur qu’il faut agir
    pour y arriver. Cette interprétation mystique de L’Islam a des origines nombreuses et
    controversées.
    Certains chercheurs ont mis en avant l’exemple des pères chrétiens du désert, d’autres des
    éléments hindouistes, car il est vrai que lors de la conquête les troupes musulmanes sont entrées
    en contact avec cette religion. Certains ont même établi un parallèle entre les techniques du Yoga
    et celles utilisées par les soufis. Ce qui est beaucoup plus certain, car là les textes existent, c’est la
    très nette influence des religions persanes sur les soufis musulmans de l’Iran, et le plus célèbre
    d’entre eux Sohrawardi.
    Cela n’a rien d’étonnant, car cette nouvelle religion, lorsqu’elle était adoptée par des gens qui
    n’étaient pas arabes, était perçue à travers leur culture, leurs grilles de lecture, leurs schémas
    intellectuels et leur langue. Et il ne fait aucun doute que, tant l’Islam que le Soufisme ont été
    informés (au sens étymologique du terme) par le contexte culturel du pays.
    6
    A cela il faut ajouter que le CORAN possède des éléments ascétiques et mystiques. L’accent est
    souvent mis sur la pauvreté, la justice et la charité, et des mots comme ceux de lumière, de feu, et
    d’oiseau seront des supports de méditation pour les soufis. Il est souvent mentionné que la vie de
    ce monde n’est que de l’eau qui coule, alors que seul Dieu demeure. Cette permanence de Dieu,
    face à l’impermanence de l’être humain, est au cour de la tentative du soufi, qui voudra se perdre
    en Dieu.
    « En vérité nous sommes à Dieu et en vérité nous retournons à lui « (2-156)
    « N’est-ce pas à Allah que toute chose retournera ? « (10-56)
    « Et vous serez ramenés à LUI « (11-123)
    « O Toi, âme apaisée, retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée !
    Entre parmi Mes serviteurs ! Entre dans mon paradis ! « (89- 27/30)
    Le SOUFI, comme tout bon musulman se doit de respecter la CHARIA, même s’il doit ensuite,
    en dépasser le sens littéral pour donner la priorité à l’esprit.
    Ce mot signifie le chemin qu’empruntaient les bêtes qui rentraient des pâturages pour se rendre à
    l’abreuvoir. On voit très bien ici le symbole. La Charia, si on la suit, sans le moinde écart, va
    mener à l’eau, source de vie dans le désert, c’est-à-dire la parole divine.
    Mais tout en respectant scrupuleusement les obligations prescrites, pour être tout simplement un
    musulman qui obéit aux prescriptions divines, le soufi va s’engager sur une Voie, qui porte le
    nom de Tariqa (tariq : la rue), que les soufis disent être une voie d’amour, et qui doit leur
    permettre de réaliser l’Unité à laquelle ils aspirent. Cette aspiration part de l’idée, vécue ou non,
    que l’âme, en s’incarnant, descend du monde de la lumière dans celui des ténèbres. En
    descendant dans ce corps chargé de désirs, de passions plus ou moins louables, cette âme
    s’alourdit, elle devient dense et opaque. Il lui est donc difficile de se détacher de sa glaise, et elle
    souffre car elle aspire à retourner au lieu d’où elle est partie.
    Et lorsque le croyant prend conscience du côté illusoire de la vie et qu’il aspire à retourner à la
    lumière de l’unité, c’est à ce moment que se situe l’éveil. Cette prise de conscience peut se
    produire à différents moments, et dans diverses circonstances (souffrance, maladie, mort, etc..).
    Il va s’adresser à un maître spirituel, un cheikh dont le but est de l’amener à la purification de son
    âme, à travers une série de stations, que l’on appelle des « Maqamat », et à chaque station
    correspond un état psychique, ou « ahwal « . Au bout de ce voyage spirituel, le soufi atteint le
    moyeu de la roue, qui est fixe, et qui représente DIEU, la Haqiqa (la réalité). A ce stade, le « moi
    « disparaît « fana « pour rester en Dieu, c’est l’état de « baqa « celui de la pérennité. La
    contingence s’annihile dans l’Etre qui est la seule réalité.

    • Abdoulaye-garib27 dit :

      contenu assez riche et assez fournis sauf que vous avez traité 2 sujets en un
      le sujet du soufisme
      et
      le sujet sur l’histoire de l’islam et de la vie du prophète Mohammad aleyhi salat wa salam
      mais ce n’est pas si grave mon cher ami & karamogoba Modibo le grand
      mes respect et bien A vous et A tous

      • Modibo dit :

        Salam… merci tresgrandmaitre garib…en fait, ce n’est que du copier-collé….je n’y ai aucun merite, vraiment !
        mais je vais profiter de ton signal.. pour une question… quelle est la diffrence – s’il y en a, bien sur – entre les formules * Tawakaltou ala allah* et *Hasbounallah*. merci d’éclairer comme d’habitude et belle journee !

  25. Modibo dit :

    ET DU ROI-SERPENT DE L’EMPIRE DU GHANA…..

    Cette seconde étude porte davantage sur les doctrines traditionnelles africaines. L’auteur indique que « [René Guénon] ne pouvait ignorer un texte […] sur l’empire noir du Wagadu, fondé et dirigé par l’élite des clans soninké […] dont le « centre permanent » dont dépendait l’empereur (le « maître de l’or ») et l’ensemble de la tradition impériale, était régi précisément par un « homme-serpent » que les Soninké appellent « le Bida« .

    Puis l’auteur, sur la base des travaux de Guénon sur Set/Sheth, relie l’Homme Primordial, l’Adam Qadmôn, au serpent. En effet le serpent a certains aspects bénéfiques, notamment en Ancienne Egypte (Kneph, produisant l’Oeuf du Monde, symbolique du Verbe, etc). Il génère la manifestation, il est « productif », il est à l’origine du monde visible. Le serpent est relié à l’idée même de « vie ». L’auteur mentionne ensuite les gnostiques Sethiens et Ophites (serpent=ophis). L’auteur pense donc que la tradition impériale du Wagadu a des origines atlantéennes, comme l’hermétisme égyptien. Comme ces civilisations auraient dégénéré depuis l’époque atlante/druidique, le symbole du serpent aurait pris des connotations négatives et magiques qui n’étaient pas forcément présentes à l’origine. En effet, en Afrique, le serpent est aussi associé à l’arc-en-ciel. Le serpent est à la fois maître du ciel et de la terre.

    « L’homme-serpent » Bida habite une sorte de puis situé au centre d’un réseau de galeries souterraines qui évoque le symbolisme du labyrinthe, il apparaît essentiellement comme le maître de la pluie et d’un « or » qui vient du Ciel. L’origine et la nature céleste de l’or du Wagadu sont indiscutables ; la meilleure preuve en est que, selon les récits mythiques des Soninké, l’or ne devint souterrain qu’après la rutpure du pacte avec le Bida, qui entraîna la fin de l’Empire noir » (p.109)

    Ensuite, Charles-André Gilis relie ce « roi-serpent » des Wagadu au « Dieu d’eau » des Dogons. En effet, l’eau et le serpent sont tous les deux représentés par une ligne ondulée. Ils symbolisent la force vitale, la puissance créatrice (comme la kundalini). Marcel Griaule qui a étudié les Dogons explique que les jumeaux Nommo étaient un « couple né complet et parfait; par ses huit membres, son chiffre était huit, symbole de la parole. » Ils ressemblent également à Fo-Hi en Chine (Fuxi).

    « L’homme fut serpent autrefois » signifie que, dans les enseignements ésotériques où le Verbe est conçu comme un « serpent divin », l’homme primordial est nécessairement perçu étant lui-même de nature ophidienne, car, avant la chute, « il n’avait pas d’articulations »; et ce n’est qu’après avoir été « foudroyé par le Nommo » que l’ancêtre détenteur de la norme primordiale se retrouvait « bras et jambes brisés, à hauteur des coudes et des genoux qu’il n’avait pas jusque là. » De la même manière qu’Adam, dans le récit de la Genèse, est désormais obligé de « gagner son pain à la sueur de son front », de même l’homme déchu issu de l’homme-serpent « reçoit les articulations propres à la nouvelle forme humaine qui allait se répandre sur la terre et qui était vouée au travail ». C’est en vue du travail que le bras de l’homme s’est plié, car « les membres souples étaient impropres aux tâches de la forge et des champs. Pour frapper le fer rouge et pour creuser la terre, il fallait le levier de l’avant-bras. » (p.112-113)

    Le serpent est donc relié à la nature subtile du corps humain, l’âme dansante, qui a subi un « processus de solidification » qui a eu pour effet « d’atrophier les facultés subtiles des hommes« . L’auteur ajoute : « Une des caractéristiques fondamentales de la race noire est d’avoir été moins atteinte que les autres par ce processus, d’où la difficulté insurmontable qu’elle éprouve à trouver sa place dans le monde moderne et le rôle ambigu qu’elle joue en son sein« . (p.115) Le processus alchimique consisterait donc à retrouver la nature serpentine de l’homme. L’auteur évoque que le suaire du Kaya-Magha (le Maître de l’Or) était un tissu évoquant par sa couleur et sa forme la peau d’un serpent. Il relie donc ce symbolisme du tissage et tressage au culte du Bida. Les Soninké appellent « tisserande du Grand Ciel » l’araignée, et on peut faire des liens entre le Tantra (=tissu), le fil en alchimie (Ariane), et cette élite Wage spécialiste du tissage. Après de nombreux rapprochements avec l’hindouisme, l’auteur ajoute : « le serpent est le symbole et le maître par excellence de la science des lettres et des mantras (appelée au Soudan la « langue noire », c’est-à-dire secrète). »

    Puis revenant sur Sheth, l’auteur écrit : « Selon Jandî, dans son commentaire des Fûsus, Shîth (Sheth) « est le premier homme à qui ont été révélées les sciences des « dons traditionnels », celles des esprits et des anges qui ont pour fonction particulièrement de soumettre, d’influencer et de gouverner les êtres au moyen des Noms, des Lettres, des Mots et des Versets » (Cf. Le Livre des Chatons des Sagesses, p.94)

    • Abdoulaye-garib27 dit :

      c’est just dommages que ces (vrais) légendes reliées aux serpents légendaires ce sont finalement tourner A des cultes d’adoration et de sacrifices animal de sang devant les lieux abritant ces serpents.;;
      ça reste toutefois un sujet culturel
      encore merci A vous grand maitre

  26. Modibo dit :

    DES DJINNS
    L’ouvrage de Charles-André Gilis, « Aperçus sur la doctrine Akbarienne des Jinns« , aux éditions Albouraq, est constitué de deux études destinées aux « musulmans africains de race noire » selon la quatrième de couverture. Il évoque le conflit et l’assimilation de l’Islam au Soudan au premier siècle de l’Hégire, qui donna lieu à « l’islam noir ». Cela conduit l’auteur à rapprocher ces deux traditions en évoquant leur point commun : leur référence au « monde intermédiaire » (barzakh) et au « Centre suprême ». L’ésotérisme de ces traditions est commun, car il est le noyau de la religion. L’auteur considère ainsi l’Islam comme un « rappel » de cette tradition identique, qu’Ibn Arabi a « formulé de manière complète ».

    Première étude : Aperçus sur la doctrine akbarienne des Jinns

    L’auteur explique que ces êtres ont mauvaise réputation mais que cependant, « l’intérêt qu’ils présent pour les sciences ésotériques est considérable. Ils constituent un des degrés fondamentaux de la manifestation universelle, entre les anges et les hommes. » (p.15) L’auteur donne ensuite la signification du terme « Jinn ». Ce terme vient d’une racine qui signifie « caché aux regards » (ex: Junna=Bouclier). En effet, tans une conception traditionnelle corps/âme/esprit, les hommes se manifestent en tant que corps, et les Jinns se manifestent en tant qu’âme, dans un état subtil qui est invisible pour le commun des mortels : « Ils circulent à l’intérieur des Fils d’Adam de manière insensible, comme le sang« .

    Dans le Coran, le terme « jinn » désigne aussi l’intériorité de l’homme, au contraire de l’extérieur désigné par « ins ». « Allâh le Très-Haut a créé les esprits du feu et de la lumière, c’est-à-dire les jinns et les anges, et les a associés dans le fait d’être cachés aux yeux des hommes, bien qu’ils soient présents parmi eux. Où qu’ils se trouvent, Allâh a placé entre eux et les regards des hommes un « voile caché » de nous : les « jinns » sont les êtres cachés de nous par ce voile; nous ne pouvons les voir, sauf quand ils veulent se manifester à nous. C’est pour cela qu’Allâh a nommé ces deux catégories d’esprits : « jinns », c’est-à-dire « cachés de nous » et invisibles pour nous. » (Cor., 37, 158) « Jinn » signifie donc ce qui n’est pas manifesté, ce qui concerne le monde de l’âme, et donc également les êtres qui occupent ce monde « parmi nous », composé de matière subtile invisible.

    L’auteur explique qu’ensuite, comme les Jinns ne sont cependant pas entièrement spirituels, on les associe aux hommes dans la catégorie des « êtres lourds » (ath-thaqalân). C’est-à-dire que les Jinns vivent aussi dans un monde composé des quatre éléments, cependant ils sont plus « légers » que les hommes. Les jinns sont essentiellement « air et feu » tandis que les hommes « terre et eau ». Il d’agit d’un degré de réalité différent, d’un point de vue cosmologique. L’auteur détaille ensuite ces différentes constitution et l’origine mythique de chacun des types d’êtres. « La doctrine akbarienne rejoint ici celle du Sânkhya dans l’hindouisme, où la procession des tattwas (qui sont les « degrés du cosmos ») est envisagée à partir du Prakriti. » (p.31)

    Symbole Ophite

    Reprenant le modèle de la division tripartite Esprit/Âme/Corps, l’auteur explique que l’âme correspond au feu. Les jinns constitués de « feu » sont donc dans ce monde intermédiaire entre l’esprit et la matière. Ils sont à la fois proches des anges et des humains. « Ils sont invisibles et peuvent prendre de multiples formes. » (p.34) Certains Jinns seraient alors plus matériels tandis que d’autres plus spirituels. Les premiers sont « ceux qui ont commerce avec les hommes : leurs lieux de résidence sont connus et ils sont habituellement considérés comme « dangereux »; ils peuvent se marier avec les êtres humains, négocier et conclure des alliances avec eux; ils ont le pouvoir de les servir ou de leur nuire; ils peuvent être guidés par eux dans la voie de l’islâm et rechercher la compagnie des saints; enfin, ils peuvent former des armées et combattre pour les hommes; cela est avéré dans l’histoire des peuples négroafricains et confirmé dans le Coran à propos de Sulaymân : « On rassembla pour Sulaymân ses armées composées de jinns, d’êtres humains et d’oiseaux » (p.35) L’auteur note en bas de page que les « armées du roi forgeron Soumaworo Kanté étaient des armées de jinns« .

    Dans le chapitre suivant, Charles-André Gilis montre en quoi le fait que les Jinns soient composés de feu pose problème : « c’est le feu qui engendre la recherche du pouvoir contraignant, de la domination et de la puissance, car c’est l’élément qui occupe la place la plus élevée » (p.38) C’est pourquoi Iblis ne s’est pas soumis, il disait que comme il était créé de feu, il était nettement meilleur que l’homme créé d’argile. Cependant, l’eau d’Adam a allégoriquement la capacité d’éteindre le feu des Jinns, et la terre est plus stable. L’auteur reviendra longuement dans les chapitres suivants (p.54 sqq) sur la prééminence de l’eau : « le secret présent dans la force de l’eau était caché [à Iblis] » (p.54) L’eau, passif et associé à la féminité, serait plus fort que le feu. (p.58) Bien sûr, tous les éléments doivent être réunis pour former ce qu’en alchimie on appelle « eau de vie », « eau de feu », « feu liquide », etc (p.61).

    Ibn Arabî conseille donc à quiconque de ne pas chercher la compagnie des Jinns. L’homme avisé doit fuir les jinns. Ils se mêlent constamment de tout et ils sont « les plus ignorants au sujet d’Allâh ». Si l’on transpose le discours d’Ibn Arabî à notre époque, on pourrait penser qu’il s’adresse à ceux qui cherchent à « contacter les esprits » ou faire du « channeling » sans précaution : « Celui qui les fréquente imagine qu’ils peuvent le renseigner sur les êtres qui sont dans le cosmos et sur le devenir du monde, alors qu’ils ne font que reproduire ce qu’ils ont pu entendre et dérober au Plérôme supérieur; il imagine qu’il s’agit d’un don qu’Allâh leur a conféré, alors qu’il n’en est rien ! On n’a jamais vu personne fréquenter les jinns et obtenir d’eux une science quelconque au sujet d’Allâh. Il n’y a à cela aucune exception. La plus haut préoccupation de esprits d’entre les jinns, et le meilleur qu’ils puissent donner, c’est la science relative aux propriétés des plantes, des arbres, des noms et des lettres, qui relèvent de la magie (sîmîa). » (p.41) Ibn Arabî indique ensuite que ceux qui communiquent avec les jinns deviennent orgueilleux et méprisants.

    Comment donc se manifestent les jinns ? « Ils peuvent revêtir toutes les formes sensibles qu’ils désirent. » Leur nature est instable, « comparable à celle des formes engendrées par l’imagination. » (p.45) On évoque parfois des « tourbillons de vapeurs et de fumées » (à ce propos, des petites tornades sont rapportées par certains abductés lors de rencontres rapprochées, et Castaneda décrit la venue des êtres inorganiques par le vent, un courant d’air, un tourbillon). La nature « aérienne » des jinns les rapproche à nouveau de ce monde intermédiaire, l’air dans les doctrines hindoues étant le domaine psychique ou la manifestation subtile (René Génon). Le symbole géométrique du monde intermédiaire est l’octogone, et le nombre huit est fondamental dans de nombreuses traditions (y compris celle du Wagadu).

    Charles-André Gilis revient à nouveau, vers le milieu du livre, sur l’importance de l’eau et de la femme. Selon Ibn Arabi en effet, « Il n’y a, dans tout le monde créé, aucune force plus intense que celle qui procède de la femme; et cela à cause d’un secret que connaissent uniquement ceux qui savent en quoi le monde a été existencié et par quel « mouvement » Dieu l’a existencié. Il est le produit d’un couple de prémisses. Ce qui recherche l’union est demandeur et le demandeur est dépendant; ce qui est recherché pour l’union est demandé, et ce qui est demandé détient la force à l’égard de ce qui a besoin de lui. Le désir ardent (de celui qui demande) est irrésistible. Telle st la situation de la femme au sein de l’existence; telle est la Dignité divine qui la concerne en propre; telle est la cause de la force qu’elle détient. » (p.66) Puis l’auteur note que bien que cette fin de cycle corresponde à un « obscurcissement », « les démons ne peuvent rien contre cette « force intense qui procède de la femme » (sakîna) qui est une présence victorieuse et pacificatrice dans le coeur des vrais croyants. »

    Tlazolteotl, déesse des sorcières tenant le serpent rouge

    Après avoir abordé dans plusieurs chapitres des points de la doctrine d’Ibn Arabi à propos de la nature de la réalité, l’auteur cite des anecdotes rapportées par Ibn Arabi à propos des jinns. L’une d’elle évoque un bûcheron qui avait tué un serpent, et qui a été enlevé par les jinns qui l’accusèrent d’avoir « tué le fils de notre oncle paternel ». L’Envoyé d’Allâh intervient alors en prenant la défense du bûcheron : « Si l’un d’entre vous prends une forme autre que la sienne et est tué dans cette forme, cela ne donne lieu, ni à l’application du talion, ni au prix du sang. » Ici, un jinn s’était donc transformé en serpent. On peut penser ici au bâton de Moïse qui s’st transformé en serpent. On retrouve également chez les Aztèque cette association entre le bâton et le serpent.

    « C’est la même doctrine, celle du barzakh suprême et du renouvelle de la création à tout instant, qui rend compte de l’aspect principiel dont procèdent aussi bien les jinns que le serpent primordial. Par ailleurs, les peuples noirs de l’Afrique subsaharienne, qui ont recueilli de longue date une partie de la tradition égyptienne, sont aujourd’hui presque totalement islamisés. Les jinns manifestent dans cette région une omniprésence constante et l’on y trouve de très nombreux récits qui relatent leurs relations avec les hommes. » (p.91)

    « Indiquons, à titre d’exemple, le cas du chef des jinns Shamharûsh, qui a été mentionné plus haut. Dans une lettre inédite, datée du 14 juillet 1937, René Guénon écrit : « Shamharûsh n’est ni un ange ni un archange, c’est le roi des jinns mu’minîm (croyants), ce qui est tout différent; quand à l’origine de son nom, je n’en ai jamais vu aucune explication. Il paraît d’ailleurs qu’il est mort (passé à un autre état) et que le roi actuel est Maimûn, si bien que nombre de magiciens qui ignorent ce changement s’entêtent à répéter en vain des formules qui ont perdu toute efficacité ! » Il n’est pas sans intérêt de signaler que le nom de Shamharûsh est connu tout aussi bien au Maghreb que dans la région soudanaise et que les récits circulant dans cette région mentionnent le mariage d’une « Maïmûna, fille de Shamharûsh » avec un important « génie tutélaire » survenu en 1922 ou 1923 sur les bords du fleuve Niger. »

    « A ce propos nous ferons l’observation suivante. L’expansion ancienne de l’islâm a entraîné des contacts entre les représentants d’organisations relevant du tasawwuf et ceux des élites négro-africaines. On peut tenir pour assuré qu’il y a eu, là comme ailleurs, une histoire secrète dont la connaissance permettrait seule d’éclairer et d’interpréter les événements extérieurs. » (p.92)

  27. Modibo dit :

    « PARLEZ NOUS DE LA MORT » …

    Alors Almira parla, disant : nous voudrions maintenant vous questionner sur la mort.

    Et il dit:

    Vous voudriez connaître le secret de la mort.
    Mais comment le trouverez-vous sinon en le cherchant dans le cœur de la vie?
    La chouette dont les yeux faits pour la nuit sont aveugles au jour ne peut dévoiler le mystère de la lumière.
    Si vous voulez vraiment contempler l’esprit de la mort, ouvrez amplement votre cœur «au corps de la vie.
    Car la vie et la mort sont un, de même que le fleuve et l’océan sont un.

    Dans la profondeur de vos espoirs et de vos désirs repose votre silencieuse
    connaissance de l’au-delà;
    Et tels des grains rêvant sous la neige, votre cœur rêve au printemps.
    Fiez-vous aux rêves, car en eux est cachée la porte de l’éternité.
    Votre peur de la mort n’est que le frisson du berger lorsqu’il se tient devant
    le roi dont la main va se poser sur lui pour l’honorer.
    Le berger ne se réjouit-il pas sous son tremblement, de ce qu’il portera l’insigne du roi?
    Pourtant n’est-il pas plus conscient de son tremblement?

    Car qu’est-ce que mourir sinon se tenir nu dans le vent et se fondre au soleil?
    Et qu’est-ce que cesser de respirer, sinon libérer le souffle de ses marées inquiètes,
    pour qu’il puisse s’élever et se dilater et rechercher Dieu sans entraves?

    C’est seulement lorsque vous boirez à la rivière du silence que vous chanterez vraiment.
    Et quand vous aurez atteint le sommet de la montagne, vous commencerez enfin à monter.
    Et lorsque la terre réclamera vos membres, alors vous danserez vraiment.

    Le prophète – Khalil Gibran

  28. jasmin lila129 dit :

    Dans un Hadîth que rapportent les Imâm as-Souyoûti, al-Qastallâni, ibn ‘Arabi as-Soûfi et d’autres… Jâber (ra) demanda un jour au Prophète Bien-Aimé (Sws)) : « Ô Messager d’Allâh, quelle est la première chose qu’Allâh a créé ? » Il répondit : « Ô Jâber, il s’agit de la Lumière de ton Prophète, Allâh l’a créé et Il créa ensuite en elle tout ce qu’il y a de bien, puis Il créa toute chose ». Et lorsqu’Il créa cette Lumière, Il la plaça face à Lui dans le degré du rapprochement (maqâm ul-qurb) durant 12 000 ans, puis Il la divisa en quatre parties : d’une de ces parties Il créa le Trône (al-‘Arch), d’une autre partie Il créa le Piédestal (al-Kursi ), d’une autre encore Il créa les anges porteurs du Trône et ceux du Piédestal. Quant à la quatrième partie, Il la plaça dans le degré de l’Amour (maqâm ul-Hubb) durant 12 000 ans, puis Il la divisa en quatre parties : d’une de ces parties Il créa la Plume (al-Qalam), d’une autre partie Il créa la Tablette (al-Lawh), d’une autre encore Il créa le Paradis.Quant à la quatrième partie, Il la plaça dans le degré de la peur (maqâm ul-khawf) durant 12 000 ans, puis Il la divisa en quatre parties : d’une de ces parties Il créa les anges, d’une autre partie Il créa le soleil, d’une autre encore Il créa la lune et les planètes.
    Quant à la quatrième partie, Il la plaça dans le degré de l’espoir (maqâm ul-rajâ’) durant 12 000 ans, puis Il la divisa en quatre parties : d’une de ces parties Il créa l’intellect (al-‘aql), d’une autre partie Il créa la science et la sagesse, et d’une autre encore Il créa les anges qui empêchent de commettre le mal (‘isma) et la facilité du chemin vers le bien (at-tawfîq).Quant à la quatrième partie, Il la plaça dans le degré de la pudeur (maqâm ul-Hayâ) durant 12 000 ans, puis Allâh –‘azza wa jall- la regarda, la Lumière se mit alors à perler de sueur, et en coulèrent 124 000 gouttes de Lumière. Allâh créa alors de chaque goutte l’esprit d’un prophète ou d’un messager. Puis les esprits des prophètes respirèrent, et Allâh créa de leurs souffles les saints (awliyâ), les martyrs (chuhadâ), les bien-heureux (su’adâ) et les obéissants (mutî’oûn) jusqu’au jour du Jugement. Le Trône et le Piédestal sont donc créés de ma Lumière, les anges des sept cieux sont créés de ma Lumière, le soleil, la lune et les planètes sont créés de ma Lumière, l’intellect et la facilité du chemin vers le bien sont créés de ma Lumière, les esprits des messagers et des prophètes sont créés de ma Lumière, et les martyrs, les bien-heureux et les pieux sont issus de ma Lumière.Allâh créa ensuite 12 000 voiles et établit ma Lumière, qui est la quatrième partie de chaque voile, et dans chaque voile il y a 1000 années, qui sont les degrés de la servitude (‘ouboûdiya), de la quiétude (sakîna), de la patience (sabr), de la sincérité (sidq) et de la certitude (yaqîn). Allâh plongea alors cette Lumière dans chaque voile durant 1000 ans, et lorsqu’Il l’en ressortit, Il la plaça dans la Terre. Cette Lumière éclaira alors tout ce qu’il y a entre l’orient et l’occident tel un flambeau au cœur de la nuit noire .Allâh créa ensuite Âdam de terre et plaça en lui cette Lumière sur son front, et après Âdam la Lumière fut transmise à son fils Shîth, et ainsi elle n’a cessé d’être transmise d’homme pur en homme bon, et d’homme bon en homme pur, jusqu’à ce qu’Allâh la fasse parvenir à ‘AbdAllâh ibn ‘abd al-Muttalib, et de lui elle fut transmise à l’utérus de ma mère Âmina bint Wahb, ma Lumière fut ensuite mise au monde et je fus fait seigneur des Messager, Sceau des Prophètes, Miséricorde pour les mondes et chef de file de ceux qui, au Jour du Jugement, portent les traces blanches laissées par les ablutions. Voilà, c’est ainsi qu’a commencé la création ô Jâber. » relaté par l’Imâm as-Souyoûti dans al-Khasâ’is al-Kubrâ]
    Dans ce Hadîth, nous voyons que la Lumière Mouhammadienne, lors de la création de l’univers, fut placée dans cinq stations successives :
    la station de la Proximité (maqâm al-qurb), qui correspond au Point Trésoriel.
    la station de l’Amour (maqâm al-Hubb), qui correspond au Alif.
    la station de la Peur (maqâm al-khawf), qui correspond au lâm al-marifa.
    la station de l’Espoir (maqâm al-Rajâ’), qui correspond au lâm al-qabd.
    la station de la Pudeur (maqâm al-Hayâ’), qui correspond au hâ’ al-hawiya.
    Puis, le Prophète ( Sws) nous informe que : « Allâh créa ensuite 12 000 voiles et établit ma Lumière, qui est la quatrième partie de chaque voile, et dans chaque voile il y a 1000 années, qui sont les degrés de la servitude (‘ouboûdiya), de la quiétude (sakîna), de la patience (sabr), de la sincérité (sidq) et de la certitude (yaqîn). Allâh plongea alors cette Lumière dans chaque voile durant 1000 ans, et lorsqu’Il l’en ressortit, Il la plaça dans la Terre. Cette Lumière éclaira alors tout ce qu’il y a entre l’orient et l’occident tel un flambeau au cœur de la nuit noire. ».

    Il est fait référence ici aux 12 lettres de la Parole lâ ilâha illa Allâh : dans chaque lettre se trouve 1000 voiles. Or, cette Parole est composée de trois lettres différentes : Alif, lâm et hâ’… de même que le Nom Allâh est composé d’un Alif, de deux lâm et d’un hâ’. Toute la Science de « lâ ilâha illâ Allâh » est donc comprise dans « Allâh » : « Dis : « Allâh » puis laisse-les s’amuser dans leur égarement » [s6.v91]. La Science du Tassawwuf, qui est la mère de toutes les sciences (religieuses comme profanes) est donc entièrement réunie dans la Lecture du Nom Allâh, selon les cinq stations susmentionnées de la Connaissance divine et auxquelles viennent s’ajouter deux stations de Connaissance de la Nafs. L’objectif du cheminant étant de remonter chacune de ces stations jusqu’à atteindre la Proximité divine, ce qui correspond au retour vers le lieu en dehors de l’espace et au moment en dehors du temps où chaque âme attesta du Tawhîd : « Et quand ton Seigneur tira une descendance des reins des fils d’Adam et les fit témoigner sur eux-mêmes: «Ne suis-Je pas votre Seigneur?» Ils répondirent : «Mais si, nous en témoignons…» – afin que vous ne disiez point, au Jour de la Résurrection : «Vraiment, nous n’y avons pas fait attention» » [s7.v172].

  29. Modibo dit :

    Dans cet extrait de l’Ode mystique 123, Rûmî nous invite à nous rappeler que tout comme l’a dit Moïse: « Je n’ai plus à chercher, puisque j’ai trouvé. »
    Grâces soient rendues à Dieu !
    La demeure du coeur ne contient que Lui seul.

    J’ai vu ce noble Roi au beau visage,
    Celui qui est l’oeil et le luminaire des coeurs,
    Celui qui est le compagnon et le compatissant des coeurs,
    Celui qui est l’âme et l’univers qui engendre les âmes,
    Celui qui octroie la sagesse à la sagesse,
    Celui qui donne de la pureté à la pureté,
    Celui qui est le lieu de la prosternation de la lune et du firmament,
    Celui qui est la qibla de l’âme des saints.
    Chaque atome de mon corps s’écriait séparément: Grâces soient rendues à Dieu !*
    Quand Moïse aperçut soudain
    Cet éclat provenant du Buisson Ardent,
    Il s’écria : « Je n’ai plus à chercher,
    Puisque j’ai trouvé un tel don »
    Dieu dit : »O Moïse, renonce à ton voyage,
    Jette ce bâton que tu tiens à la main (Coran,XXVII, 10)
    En cet instant Mpïse exila de son coeur
    Voisins, parents, connaissances.
    « Enlève tes sandales » (Coran XX, 12), consiste en ceci :
    Détache-toi du désir des deux mondes ;
    La demeure du coeur ne contient que Lui seul
    Le coeur connait le zèle des prophètes.
    Dieu dit : « Je ferai de ton ennemi une main tendue par amitié,
    Je métamorphoserai ton ennemi en appui,
    Afin que tu saches que c’est seulement par Ma grâce
    Qu’existent les amis pleins de charme et de fidélité.
    Ta main et ton pied deviendraient pour toi comme un serpent,
    Si j’y mettais la souffrance.
    O main ne saisis que Nous-même.
    O pied, ne recherche que le But.
    Ne fuis pas Notre peine, car partout
    Où se trouve la peine, existe un moyen d’y remédier. »
    Personne n’a pu fuir la peine, sans que
    Lui soit arrivé en échange quelque chose de pire.

    Donc, ne sois pas de ceux qui doutent (Coran VI, 114

  30. Modibo dit :

    LE VOYAGE DE LA GUIDANCE OU LE VOYAGE D’ABRAHAM, L’AMI INTIME – SUR LUI LA PAIX –.

    « Je vais vers mon Seigneur ; Il me guidera » (37: 99). Dieu lui offrit comme hospitalité la rançon de son fils, quand il descendit chez Lui. La jouissance grandit en effet à la mesure de l’amertume de la peine. Après avoir reçu la bonne nouvelle que sa prière avait été exaucée : « Seigneur, fais-moi don d’un enfant d’entre les saints ! » (37: 100), l’objet de cette nouvelle fut une source d’épreuve pour lui, car il avait demandé à Dieu autre chose que Lui. Dieu est jaloux et Il éprouva Abraham en lui demandant le sacrifice de son fils, ce qui était encore plus terrible que de lui demander le sacrifice de son âme, qui ne lui opposait d’autre adversaire qu’elle-même, et que par la moindre des pensées il pouvait repousser sans avoir beaucoup à combattre. Tandis que dans l’épreuve du sacrifice de son fils, le grand nombre de ses adversaires lui imposaient un combat d’autant plus fort. Il fut donc éprouvé par le sacrifice de ce qu’il avait demandé à son Seigneur, réalisa l’origine de cette épreuve et, sous la loi de l’événement, ce fut comme si, bien que toujours vivant, il avait lui-même été sacrifié. C’est alors que lui fut annoncé Isaac – sur lui la paix – sans demande de sa part. Il reçut tout à la fois rançon et substitution, tout en gardant celui auquel Isaac avait été substitué et réunit acquisition et don. Le sacrifice est une œuvre acquise par Abraham du fait de Sa demande, et donnée de par la rançon qu’il n’avait pas demandée. Isaac fut donné et Ismaël réunit en lui les aspects d’acquisition et de don. Il fut pour son père à la fois acquis et donné. La perfection de sa réalité essentielle lui valut de porter dans ses reins Muhammad – que Dieu répande sur lui la grâce et la paix – ou plutôt c’est parce que Muhammad se trouvait dans ses reins, qu’Ismaël bénéficia de cette perfection et de cet accomplissement. C’est pourquoi dans notre loi les bêtes sacrifiées sont pour nous une rançon qui nous délivre du feu.

    Celui qui cherche à accomplir ce voyage de la guidance accordée par Dieu, qu’il réalise pleinement le monde de son imagination, où les réalités supérieures doivent descendre sur lui. La difficulté de cette étape vient de ce qu’elle est un lieu de passage, non recherché pour lui-même, mais pour ce qui doit s’y accomplir. Ne franchit cette étape que l’homme véritable. On appelle interprétation du songe (ta’bîr al-ru’yâ) « l’action de passer» (‘ibâra) car l’explication passe du songe à sa signification. Le Prophète ­ que Dieu répande sur lui la grâce et la paix ­ passa ainsi du lien à la fermeté dans la religion et du lait à la science (1). Une fois arrivé, on trouve. Si l’Ami intime de Dieu ­ sur la paix ­ était passé de son fils au bélier, il aurait vu la rançon avant son occurrence et il se serait conformé à l’ordre divin le cœur serein, ayant connaissance de l’aboutissement final (2). Mais la demande à son Seigneur autre que son Seigneur le plongea dans une obscurité qui l’empêcha de franchir ce « passage », car il est impossible de passer dans l’obscurité, on ne sait où poser le pied. Il n’aurait pas connu alors une telle jouissance ni une grâce divine aussi visible. La rançon fut le bélier, maison zodiacale de la haute noblesse (3) du centre et esprit du monde, la plus noble et la plus élevée des maisons zodiacales. Le bélier fut le substitut du corps d’Ismaël non de son esprit, car le corps et la maison ont ceci en commun : le sacrifice n’affecte que le corps, et la destruction et la ruine ne touchent que les maisons.

    Quand l’homme voyage dans le monde de son imagination, il doit le dépasser pour arriver à celui des réalités supérieures. Il voit alors les choses telles qu’elles sont et reçoit le don absolu qui n’est conditionné par aucune œuvre d’acquisition ; il tire sa nourriture « d’au-dessus de lui » alors qu’auparavant il la tirait « de dessous ses pieds » (4). Le don divin procure la permanence en Dieu au contraire de la contemplation (5). Il est donc écrasement (sahq) (6) et non effacement (mahq) (7). Celui qui est écrasé voit séparées toutes les parties de lui-même. Son éloignement est donc encore plus grand que l’état d’effacement. Si Abraham n’avait commencé sa prière en disant : « Fais-moi don d’un enfant d’entre les saints ! », il aurait reçu comme bonne nouvelle une contemplation, non Isaac. Isaac écrasa (ashaqa Ishâq) celui qui demandait une créature, en l’éloignant de l’effacement de son être. Cette bonne nouvelle faisait donc allusion à la station de l’éloignement impossible. En effet, les choses divines descendent selon la prédisposition du réceptacle, qui était ici insuffisamment dépouillé et tourné vers Lui. Comment lui ferait-Il don de l’être (8), alors qu’il ne pourrait le recevoir ? Le Donateur est très-Savant et très-Sage ; l’instant est juge et le fils procède du monde du partage (‘alam al-tabdîd) (9).

    (1) Deux interprétations du Prophète : la première dans un hadîth indiquant certaines clés pour l’interprétation ; la seconde, à propos d’une vision où le Prophète se voit boire du lait et donner le reste à ‘Umar. Cf. Bukhârî, Sahîh, ta’bîr, 14-5 et 24, IX 45 et 47-8.
    (2) Sur l’absence d’interprétation de la vision par Abraham, voir également Fusûs al-hikam, p. 85. On remarquera que dans cet ouvrage, le sacrifice et l’interprétation sont traités dans le Verbe d’Isaac.
    (3) Pour rendre les deux sens du mot sharaf, noblesse et élévation au sens spatial.
    (4) Cf. Coran 5 : 66 : « S’ils s’en tenaient de façon droite à la Torah, à l’Evangile et à ce qui leur a été révélé, ils mangeraient d’au-dessus d’eux et de dessous leurs pieds …» ; allusion, selon Ibn ‘Arabî, aux sciences inspirées et aux sciences acquises par les œuvres. Cf. Futûhât II 488 chap. 206, 594-5 chap. 276, III 439 chap. 371.
    (5) Car la contemplation, résultat d’une acquisition, conduit à l’extinction.
    (6) « Jeu de mot » sur le nom d’Isaac en arabe : Ishâq, qui est en même temps le nom d’action du verbe ashaqa, de même racine que sahq, l’« écrasement », mais signifiant « éloigner » ; cf. l’expression ashaqa-hu ’llâh « que Dieu l’éloigne ».
    (7) Sur cette notion, cf. Futûhât, II 554 chap. 155.
    (8) Al-‘ayn : l’identité de l’être.
    (9) Tabdîd vient de baddada qui signifie « séparer » (= farraqa), mais un autre verbe de la même racine : badda signifie «donner à chacun sa part » (budda). Tabdîd connote donc les sens de don, de séparation et de fragmentation.

    [Muhyî-d-Dîn Ibn ‘Arabî, Kitâb al-isfâr ‘an natâ’ij al-isfâr, présenté, traduit et annoté par Denis Gril dans Le dévoilement des effets des voyages, éditions de l’éclat, 1994.]

  31. Modibo dit :

    Sur les vaines occupations des gens du siècle

    Quel charme vainqueur du monde
    Vers Dieu m’élève aujourd’hui ?
    Malheureux l’homme, qui fonde
    Sur les hommes son appui.
    Leur gloire fuit, et s’efface
    En moins de temps que la trace
    Du vaisseau qui fend les mers,
    Ou de la flèche rapide,
    Qui loin de l’oeil qui la guide
    Cherche l’oiseau dans les airs.

    De la Sagesse immortelle
    La voix tonne, et nous instruit,
    Enfants des hommes, dit-elle,
    De vos soins quel est le fruit ?
    Par quelle erreur, Ames vaines,
    Du plus pur sang de vos veines
    Acceptez-vous si souvent,
    Non un pain qui vous repaisse,
    Mais une ombre, qui vous laisse
    Plus affamés que devant ?

    Le pain que je vous propose
    Sert aux Anges d’Aliment :
    Dieu lui-même le compose
    De la fleur de son froment.
    C’est ce pain si délectable
    Que ne sert point à sa table
    Le Monde que vous suivez.
    Je l’offre à qui veut me suivre.
    Approchez. Voulez-vous vivre ?
    Prenez, mangez, et vivez.

    O Sagesse, ta parole
    Fit éclore l’Univers,
    Posa sur un double Pôle
    La Terre au milieu des Mers.
    Tu dis. Et les Cieux parurent,
    Et tous les Astres coururent
    Dans leur ordre se placer.
    Avant les Siècles tu règnes.
    Et qui suis-je que tu daignes
    Jusqu’à moi te rabaisser ?

    Le Verbe, image du Père,
    Laissa son trône éternel.
    Et d’une mortelle Mère
    Voulut naître homme, et mortel.
    Comme l’orgueil fut le crime
    Dont il naissait la Victime,
    Il dépouilla sa splendeur,
    Et vint pauvre et misérable,
    Apprendre à l’homme coupable
    Sa véritable grandeur.

    L’âme heureusement captive
    Sous ton joug trouve la paix,
    Et s’abreuve d’une eau vive
    Qui ne s’épuise jamais.
    Chacun peut boire en cette onde.
    Elle invite tout le monde.
    Mais nous courons follement,
    Chercher des sources bourbeuses,
    Ou des citernes trompeuses
    D’où l’eau luit à tout moment.

    Jean Racine, Cantiques spirituels

  32. jasmin lila129 dit :

    Avant de pénétrer dans le monde de l’imaginal, je partage avec vous ce cours que j’ai eu avec L’EFT
    Essayons de préciser et de définir les différents concepts du vocabulaire de l’imaginaire car il n’est pas toujours facile de se retrouver dans les différents termes d’imagination, d’imaginaire et d’imaginal.

    L’imagination peut être la faculté de la psyché, à partir de ce qu’elle connaît, à se représenter des images (dans le sens d’une représentation mentale du monde matériel, visible ou du monde immatériel, invisible), des sensations ou des situations qu’elle a déjà perçues et qu’elle se remémore. A l’aide de ces images connues la personne peut projeter, par la pensée, une situation future ou, inversement, se souvenir du passé ; c’est ce qui, pour nous, correspond à l’imaginaire social institué et à la capacité de se remémorer le monde de la réalité concrète et matérielle. Mais l’imaginaire c’est aussi la faculté de former des images qu’on ne connaît pas ou de créer des images en combinant les idées. Il s’agit ici de créer ou d’inventer des images, des situations, des sensations et de permettre l’actualisation d’un potentiel par l’éveil de ce qui, en l’homme, existe à l’état de disposition.

    Cette faculté de créer, d’imaginer quelque chose que l’on ne connaît pas, peut être orientée selon deux possibilités : 1) les idées, les concepts nouveaux permettant le progrès de tout ce qui se rattache au monde de la réalité concrète (progrès scientifique, technique, intellectuel, etc…) ; cette fonction de création est dirigée vers le mental, l’intellect, la raison. L’imaginaire est alors le reflet de la pensée et des conditionnements sociaux, culturels, religieux…, permettant de reproduire par la pensée les symboles, les signes, les images acquises de l’extérieur au cours de la socialisation et de l’éducation, sans qu’il n’y ait aucun effet transformateur de la conscience. ) l’émergence d’images, de sensations ou de situations nouvelles, complètement inconnues permettant l’accès au monde du réel, non-rationnel, immatériel et ouvrant à la transcendance, c’est-à-dire à l’esprit. Il s’agit là d’une imagination créatrice produite par l’ouverture de la psyché aux grands mythes, symboles, archétypes, au sans fond du monde, permettant l’émergence de la création du monde sensible et d’une recherche de sens de l’existence.

    Ainsi la conscience dispose de deux manières pour se représenter le monde. L’une correspond à la représentation exacte d’une réalité connue, l’autre symbolise la perception intérieure de quelque chose d’impossible à voir, qui n’a aucune réalité matérielle et qui peut sembler être une illusion.

    Nous pensons que les concepts d’imaginaire et d’imagination active ou créatrice renvoient aux concepts de réalité et de réel. Qu’est-ce que la réalité ? Qu’est-ce que le réel ? Nous définissons la réalité comme le monde des significations construites par la pensée et par l’intermédiaire du langage, c’est-à-dire de l’imaginaire social institué, au sens de Castoriadis3, et qui nous permet de percevoir le monde extérieur. Le monde de la réalité est un monde signifiant et limité. Dans le monde de la réalité, c’est-à-dire le monde culturel et social dans lequel nous vivons, nous évoluons par accumulation du savoir et analyse rationnelle des phénomènes. C’est un monde conceptuel permettant à l’homme de créer du sens pour son existence mais au sein duquel il ne parvient parfois plus à percevoir ce qu’il y a au-delà de cette réalité construite et qui finalement, est illusoire. Le monde de la réalité est également constitué de l’imaginaire religieux et psychologique, pouvant nous permettre de nous ouvrir à notre monde intérieur tout en le conceptualisant

    Le réel est ce qui se découvre et dont on fait l’expérience lorsque l’on s’éloigne des codages religieux, sociologiques, psychologiques et de toutes réalités établies. C’est ce moment où l’on entre dans un silence intérieur où il n’y a plus ni concepts, ni images ; on accède alors à une connaissance directe du monde. L’accès au réel peut s’effectuer par ce que Jung a nommé l’imagination active et/ou créative ou par l’Imaginal, correspondant à une fonction transcendante de la psyché permettant à l’homme de relier le visible et l’invisible, le matériel et le spirituel.

    Ainsi, l’imaginaire crée la réalité et constitue le monde des significations qui tentent d’expliquer les mystères de la vie, tant à travers le scientisme que les systèmes philosophiques ou religieux. L’imaginaire est créateur de sens, il construit le sens de notre vie. Cette réalité, créée de toute part par l’homme correspond-elle à la vérité ? Est-elle une illusion ? Ces constructions conviennent-elles à l’ensemble des êtres, les rendent-elles heureux ou les aliènent-elles en les faisant parfois souffrir ? La souffrance semble souvent provenir du fait que l’homme, depuis toujours, confond la réalité signifiante qu’il prend pour la vérité et à laquelle il s’identifie avec le réel avec lequel il n’a plus de contact et qu’il juge illusoire.

    Le scientisme et le rationalisme enferment l’homme dans une conception du monde matérielle, concrète ; l’imaginaire est, dans cette vision du monde, uniquement tournée vers l’aspect rationnel des choses. La plupart des hommes semblent avoir perdu la relation avec l’imagination créative permettant de s’ouvrir à la partie immatérielle et non-rationnelle du monde et ouvrant sur le réel, propre à développer leurs capacités personnelles à trouver du sens et à cheminer vers eux-mêmes. Nous pensons que c’est en dépassant l’imaginaire social institué, c’est-à-dire la réalité signifiante que l’on prend pour la Vérité mais qui n’est qu’une illusion, qu’un être humain peut, par l’intermédiaire de l’imaginal tourné vers la dimension spirituelle, accéder à toute une part oubliée de lui-même, puis laisser le réel se dévoiler et accéder à la totalité de l’être et du monde.

    L’imaginal ouvrent l’homme à la transcendance, au monde invisible du « réel » et lui permet de cheminer vers son plus haut degré de réalisation et de sens de la vie, par la réconciliation des contraires : le réel et la réalité, l’invisible et le visible, le spirituel et le matériel, l’Esprit et le corps. Quand cette réconciliation se produit l’homme s’ouvre à sa véritable nature, dépasse les limites de sa conscience personnelle (moi/ego) et accède à une conscience plus haute (Soi) conduisant à l’expérience de la non dualité, de l’amour, de la compassion, de l’humilité, de la responsabilité et au sentiment de reliance au monde et à l’autre.

    C’est en étudiant la spiritualité et la philosophie iranienne qu’Henry Corbin a pu élaborer son concept d’imaginal à partir de l’idée qu’il existe un monde intermédiaire entre le sensible et l’intelligible, entre la réalité et le réel, entre le visible et l’invisible ; c’est le monde de l’imaginal qui permet de trouver l’équilibre entre ces deux polarités.

    Il est impossible de pénétrer dans le monde de l’imaginal avec les sens, c’est le lieu des événements psycho-spirituels (visions, intuitions, rupture avec les lois physiques de l’espace et du temps). Ce monde est souvent jugé imaginaire, c’est-à-dire irréel par la vision rationnelle et empirique du monde scientifique actuel. C’est par l’imagination active ou méditation qu’il est possible d’atteindre ce monde de l’imaginal, transmutant ainsi les données sensibles en symboles. C’est par le processus de cette transmutation que s’effectue une transformation de la conscience et le passage du matériel au subtil ou spirituel. Nous trouvons, dans la tradition iranienne, l’idée d’un état intermédiaire de la conscience, entre veille et sommeil, permettant de pénétrer dans le monde des visions et de la connaissance, enseignant à l’homme sa véritable nature. « L’organe de cette vision, c’est l’imagination active qui seule pénètre dans le royaume intermédiaire, se rend visible à elle-même l’invisible du visible »… »L’imagination est essentielle et consubstantielle à l’âme ; elle est pour l’âme un organe au même titre que ta main est un organe pour ton corps physique ».

    L’homme, avec son corps matériel et ses sens, construit sans cesse un monde de signification, l’empêchant d’avoir accès au monde du réel. Un voile empêche l’homme d’avoir l’intuition du monde intermédiaire. Ce n’est guère que par son inconscient, lorsqu’il s’endort, qu’il parvient encore à entrer en contact avec le monde d’images actives. Ainsi l’imaginal est comme captif, enfermé au plus profond du corps matériel de l’homme. En soulevant le voile de l’ignorance dans laquelle il est enfermé, par l’exode qui le mène hors de son imagination captive, l’homme peut rejoindre le monde de l’imaginal et entrer dans des états modifiés de la conscience, pouvant conduire à la révélation de l’individualité éternelle et à la connaissance du monde de l’Esprit. Le monde mystique des images archétypales a une valeur noétique, dans la mesure où les perceptions imaginatives peuvent être les fenêtres par lesquelles pénètre en nous la lumière du monde supérieur. L’illumination ou l’état de grâce est ce moment où l’individu est touché ou pénétré par une image archétype chargée de l’énergie du monde céleste et comme transformé par elle.

  33. Modibo dit :

    La louange est à Dieu le Créateur du monde Celui Qui existe sans début, sans fin, sans endroit, sans comment et ne dépend pas du temps, rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit, quoi que tu puisses imaginer Dieu en est différent, et que l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordées à notre Maître MouHammad Al-‘Amîn, l’Honnête, celui qui a appelé à la religion de vérité, l’Islam la religion de tous les Prophètes du premier ‘Adam `alayhi s-salâm au dernier MouHammad Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam

    Fakhr d-dîn ar-Râzî explique le sens de Istawâ

    Le Qour’ân honoré comporte des ‘âyah (versets du Qour’ân) explicites (mouHkamât) et des ‘âyah non explicites (moutachâbihât). Allâh Ta`âlâ dit :

    ﴿ هُوَ الَّذِيَ أَنزَلَ عَلَيْكَ الْكِتَابَ مِنْهُ آيَاتٌ مُّحْكَمَاتٌ هُنَّ أُمُّ الْكِتَابِ وَأُخَرُ مُتَشَابِهَاتٌ فَأَمَّا الَّذِينَ في قُلُوبِهِمْ زَيْغٌ فَيَتَّبِعُونَ مَا تَشَابَهَ مِنْهُ ابْتِغَاء الْفِتْنَةِ وَابْتِغَاء تَأْوِيلِهِ ﴾

    (houwa l-ladhî ‘anzala `alayka l-kitâba minhou ‘âyâtoun mouHkamâtoun hounna ‘oummou l-kitâbi wa ‘oukharou moutachâbihât fa’amma l-Ladhîna fî qoulôubihim zayghoun fayattabi`ôuna mâ tachâbaha minhou btighâ’a l-fitnati wa btighâ’a ta’wîlih)

    Ce qui signifie : « Allâh est Celui Qui a fait descendre sur toi le Livre qui comporte des ‘âyah explicites qui sont la base du Livre et d’autres non explicites. Quant à ceux dont le cœur comporte un égarement ils vont s’attacher à ce qui n’est pas explicite pour en donner une mauvaise interprétation afin d’égarer les gens », [sôurat ‘Ali `Imrân / 7]. Le Messager de Allâh, Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam a dit :

    « القرءان إما حجة لك أم عليك »

    ( Al-Qour’ânou ‘immâ Houjjatoun laka ‘am `alayka )

    ce qui signifie : « Le Qour’ân est une preuve pour toi ou contre toi », c’est à dire que si la personne interprète mal le Qour’ân cela sera contre elle. Ainsi il n’est pas permis d’interpréter le Qour’ân selon son propre avis mais on demande aux gens de la connaissance, dignes de confiance. Allâh Ta`âlâ dit :

    ﴿ فَاسْأَلُواْ أَهْلَ الذِّكْرِ إِن كُنتُمْ لاَ تَعْلَمُونَ ﴾

    (fas’alôu ‘ahla dh-dhikri ‘in kountoum lâ ta`lamôun)

    Ce qui signifie : « Demandez aux gens de la connaissance si vous ne savez pas », [sôurat An-NaHl / 43].

    Par ailleurs il faut savoir que le Qour’ân a été révélé en langue arabe et il n’est pas permis de le traduire mot à mot comme font certaines personnes ignorantes de la science de la religion. Ceux qui traduisent mot à mot, induisent ainsi plusieurs contradictions or dans le Qour’ân il n’y a pas de contradictions. La manière correcte est de traduire l’interprétation correcte du verset, le sens de la ‘âyah donné par les savants interprètes.

    Donc si quelqu’un dit des paroles en français qui comporte une assimilation de Dieu à Ses créatures (en lui attribuant les organes ou la localisation ou l’établissement ou le contact ou le déplacement ou la position assise ou debout ou le changement d’humeur ou la colère ou les sentiments ou tout ce qui est des attributs des créatures), on lui dit ces paroles c’est toi qui les a dites ou tu les a lues dans certains livres qui prétendent traduire le Qour’ân, or ces paroles en français sont l’œuvre d’un humain et ne proviennent pas du Qour’ân qui est bien en langue arabe et ces paroles en français contredisent les versets explicites indiquant clairement que Dieu n’a aucune ressemblance avec les créatures et ceci nous indique clairement que ces paroles en français qui comportent une assimilation de Dieu à Ses créatures sont catégoriquement rejetées.

    De plus il n’est pas permis de dire que Dieu a un fils pas comme nous ou un visage pas comme nous ou une main pas comme nous ou qu’Il s’assoit ou s’établit pas comme nous car tout ceci n’est pas valable du point de vue de la langue et de la religion et ceci est de la mécréance et celui qui a commis de la mécréance doit prononcer qu’il n’est de dieu que Dieu et que MouHammad et le messager de Dieu pour revenir à l’islam en ayant délaissé la mauvaise croyance (on dit à la personne qui prétend ces mauvaises paroles au sujet de Dieu, toi tu n’accepterais pas qu’on dise de toi tu es stupide mais pas comme les stupides car le mot stupide n’admet qu’un seul sens du point du vu de la langue qui est péjoratif).

    L’Imam Ach-Chahrastani parle du fait de traduire les termes au sujet de Dieu dans une autre langue
    L’Imam Ach-Chahrastani dans son livre al-milal wa n-niHalDans son livre « Al-Milal wa n-Nihal » (page 68 de cette édition), l’Imam Ach-Chahrastani a dit :

    « Certains [savants] étaient prudents au point qu’ils ne traduisaient pas les mots « yad », « wajh » et « istiwa » en farsi [persan] ainsi que pour tout ce qui est parvenu et qui est du même genre. S’ils avaient besoin d’une expression pour les mentionner, ils citaient mot pour mot [les expressions révélées en arabe]. En effet telle est la voie saine : cela ne constitue en rien de l’assimilationnisme tachbîh. »

    Informations utiles :

    – Le Chaykh MouHammad Ibnou ‘Abdou l-Karim Ach-Chahrastani est décédé en 548 de l’Hégire (raHimahou l-Lah) c’est-à-dire il y a plus de 880 ans. Il était du madh-hab (école de jurisprudence) de l’Imam Ach-Chafi`iyy.

    – Son livre « Al-Milal wa n-NiHal » traite des différentes religions et des différentes sectes se réclamant de l’Islam tel que les mou`tazilah, les jabriyyah, les khawaridj, les mouchabbihah etc…

    L’Imam Ach-Chahrastani parle du fait de traduire les termes au sujet de Dieu dans une autre langue – Ici il dit que certains savants ne s’aventuraient pas à traduire certains mots présents dans les versets non-explicite (moutachâbihât) tel que « yad », « wajh » ou « istiwa » ainsi que les autres termes du même ordre. Et que ces savants se contentaient de citer mot pour mot le terme tel qu’il est mentionné dans les textes du Qour’ân et du Hadîth, c’est à dire en arabe.

    – Cela a également été mentionné par l’Imam Abou Hanîfah dans son livre « Al-Fiqh Al-Akbar », dans lequel il dit qu’on ne peut pas traduire le terme « yad » en persan, car le mot persan ne donne que le sens de l’organe.

    – Ceux qui sont précautionneux concernant leur religion suivent également cette règle pour le français. Ou bien ils traduisent selon l’interprétation correct donnée par les savants de l’Islam.

    – Malheureusement dans de nombreuses prétendues traductions du Qour’ân et des recueils de Hadîth, les auteurs n’ont pas fait preuve de prudence et se sont aventuré à traduire ces termes selon le sens apparent et non selon le sens du verset et du Hadîth. Par cela ils ont induit en erreur beaucoup de personnes ignorantes de la richesse de la langue arabe. Au point qu’en lisant ces ouvrages, certains se sont mis à croire que Allâh aurait des mains, un pied, un visage, des yeux; qu’Il serait concerné par l’étonnement, l’orgueil, le rire, la colère, l’oubli, la position assise, l’établissement, la descente, la venue, la direction, l’endroit et de nombreuses autres caractéristiques humaines. Ainsi ces gens là pense avoir lu le Qour’ân, et des Hadîth du Prophète (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam) et ils pensent être musulman alors qu’ils ont une croyance très éloignée de l’Islam.

    – Alors soyons prudent, car les livres que l’on trouve sur le marché français sont dans de nombreux cas parsemés non seulement d’expressions qui nuisent à la compréhension, mais aussi et surtout, d’expressions qui nuisent à la vraie croyance.

    Les versets explicites sont les versets dont le sens visé est connu d’une manière claire, tels que Sa parole Ta`âlâ :

    ﴿ لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ ﴾

    (layça kamithlihi chay’ )

    Ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui » [sôurat Ach-Chôurâ /11], de même Allâh Ta`âlâ dit :

    ﴿ وَلَمْ يَكُن لَّهُ كُفُوًا أَحَدٌ ﴾

    (wa lam yakoun lahou koufouwan ‘aHad )

    Ce qui signifie : « Il n’a aucun équivalent », [sôurat Al-‘IkhlâS / 4]. Quant à ce qui est non explicite, c’est ce qui comporte plusieurs sens dans la langue et qui a besoin d’une interprétation convenable pour retenir le sens conforme à ce qui est explicite. Il n’est donc permis à quiconque de faire exégèse du Qour’ân selon son propre avis. On demande plutôt aux gens de science afin de ne pas assimiler Dieu à Ses créatures. Ainsi, il est un devoir d’interpréter ce qui est non explicite dans les textes d’une manière conforme aux textes qui sont explicites. A cette occasion, nous allons citer certains versets non explicites en donnant leur interprétation, conforme aux versets explicites. Allâh Ta`âlâ dit :

    ﴿ إِلَيْهِ يَصْعَدُ الْكَلِمُ الطَّيِّبُ وَالْعَمَلُ الصَّالِحُ يَرْفَعُهُ ﴾

    (‘ilayhi yaS`adou l-kalimou T-Tayyibou wa l-`amalou S-SâliHou yarfa`ouh)

    Ce qui signifie : « Les bonnes paroles montent vers l’endroit honoré par Allâh et les bonnes œuvres y sont élevées » [sôurat FâTir / 10]. L’endroit honoré par Allâh est le ciel, ce qui est conforme au verset :

    ﴿ لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ ﴾

    (layça kamithlihi chay’)

    Ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui » [sôurat Ach-Chôurâ /11]. Ceci est une interprétation correcte qui ne comporte pas d’assimilation de Allâh avec Ses créatures.

    Allâh Ta`âlâ dit dans le Qour’ân honoré:

    ﴿ الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى ﴾

    (Ar-RaHmânou `ala l-`archi stawâ)

    Ce qui signifie : « Allâh domine le Trône par Sa puissance et Il le préserve » [sôurat Tâhâ / 5]. L’objectif dans ce verset est que nous sachions que Allâh est tout puissant sur toutes les créatures. En effet, le Trône étant le plus grand de tous les corps, si Allâh domine le Trône, Il domine à plus forte raison tout le reste. Il est interdit d’interpréter un verset non explicite dans un sens qui ne convient pas d’être attribué à Allâh `azza wa jall. Ainsi il n’est pas permis de dire que (istawâ) signifie « s’est assis ou établi » comme ont mal traduit certains gens égarés, car ceci impliquerait une assimilation de Dieu à ses créatures, en effet celui qui est assis ou installé est limité et a donc besoin de qui lui a donné cette limite et celui qui a besoin n’est pas Dieu. Dieu n’a besoin de rien. Voir: La Croyance en Dieu, Unicité, TawHid

    Ainsi celui qui dit que Dieu « s’est assis ou établi », a commis de la mécréance et doit délaisser cette croyance et dire les deux témoignages pour revenir à l’Islam: il n’est de dieu que Dieu et MouHammad est le messager de Dieu, voir : Comment le Musulman Préserve sa Foi. Éviter Apostasie, Mécréance, Blasphème.

    L’Imâm `Aliyy Ibnou ‘Abî Talib a dit :

    « إن الله خلق العرش إظهارا لقدرته ولم يتخذه مكانا لذاته »

    (‘inna l-Lâha khalaqa l-`archa ‘iDH-hâran liqoudratiHî wa lam yattakhidh-hou maknan lidhâtih)

    Ce qui signifie : « Certes Allâh a créé le Trône comme manifestation de Sa toute puissance et ne l’a pas pris comme endroit pour Lui-même ».

    Il faut savoir que Allâh a créé les âmes et les corps et qu’Il n’est ni une âme ni un corps. Quant à Sa parole Ta`âlâ :

    ﴿ فَنَفَخْنَا فِيهِ مِن رُّوحِنَا ﴾

    (fanafakhnâ fîhi min rôuHinâ )

    qui signifie : « Nous avons fait insuffler dans son corps l’âme que Nous avons créée et honorée » [sôurat At-TaHrîm/ 5], ce verset signifie que Allâh a ordonné à l’ange Jibrîl d’insuffler dans le corps de Maryam l’âme de `Içâ qui est une âme honorée. Les âmes sont en effet de deux sortes : il y a des âmes honorées et de mauvaises âmes, des âmes malignes. Les âmes des prophètes font partie de la première sorte. Quant au fait que Allâh s’attribue les âmes de ‘Içâ et de ‘Adam, exprimé par le pronom possessif (nâ) dans (min rôuHinâ), ceci exprime la marque d’honneur (‘iDâfatou tachrîf). On dit la même chose à propos du verset :

    ﴿ أَن طَهِّرَا بَيْتِيَ لِلطَّائِفِينَ وَالْعَاكِفِينَ ﴾

    (‘an Tahhirâ baytiya li T-Tâ’ifîna wa l-`âkifîn)

    ici aussi (baytiya) renvoi au sens de l’honneur : la Ka`bah est un endroit honoré selon le jugement de Allâh.

    Quant à Sa parole Ta`âlâ :

    ﴿ يَخَافُونَ رَبَّهمْ مِن فَوْقِهِمْ ﴾

    (yakhâfôuna Rabbahoum min fawqihim)

    qui signifie : « Ils craignent Allâh Lui Qui les domine par Sa toute-puissance » [sôurat An-NaHl]. Ainsi (min fawqihim) signifie la domination par la toute puissance (al-qahr), et non pas d’être au-dessus, c’est-à-dire l’endroit ou la direction.

    Concernant le sens de la parole de Allâh qui concerne le blâme fait à Iblîs :

    ﴿ مَا مَنَعَكَ أَن تَسْجُدَ لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ ﴾

    (mâ mana`aka ‘an tasjouda limâ khalaqtou biyadayya)

    qui signifie : « Qu’est ce qui t’a empêché de te prosterner pour celui que J’ai créé et J’ai honoré » [sôurat Sad], il est permis de dire que (biyadayya) signifie ici : l’honneur et la préservation et cela ne veut pas dire la main car Dieu est exempt de cela.

    Et Sa parole Ta`âlâ :

    ﴿ وَجَاءَ رَبُّكَ وَالمَلَكُ صَفًّا صَفًّا ﴾

    (wa jâ’a Rabbouk)

    signifie : « Les manifestations de la puissance de Ton Seigneur apparaitront » [sôurat Al-Fajr], car des évènements éminents seront manifestés au jour dernier et cela ne signifie pas que Dieu se déplace et celui qui attribue à Dieu le mouvement ou l’immobilité devient mécréant.

    Et la parole de Allâh Ta`âlâ :

    ﴿ وَهُوَ مَعَكُمْ أَيْنَ مَا كُنتُمْ ﴾

    (wa houwa ma`akoum ‘aynamâ kountoum)

    qui signifie : « Certes Allâh sait tout de vous où que vous soyez », [sôurat Al-Hadîd] et cela ne signifie pas que Dieu serai localisé dans tous les endroits car Dieu existe sans endroit.

    Quant à Sa parole Ta`âlâ :

    ﴿ وقِيلَ اليَومَ نَنسَاكُمْ كَمَا نَسِيتُمْ لِقَاءَ يَوْمِكُمْ هَذَا ﴾

    (wa qîla l-yawma nansâkoum kamâ nacîtoum liqâ’a yawmikoum hâdhâ)

    elle exprime le reproche et signifie : « Vous êtes maintenant privés de Notre miséricorde comme vous avez négligé d’obéir à Allâh dans ce bas monde en ayant foi en Lui », [sôurat Al-Jathiyah]. et cela ne signifie pas que Dieu oublie, en effet Dieu sait toute chose avant qu’elle arrive.

    De même, la parole de Allâh Ta`âlâ :

    ﴿ إنَّ الله لا يَسْتَحْيِى أن يَّضْرِبَ مَثَلاً مَّا بَعُوضَةً ﴾

    (‘inna l-Lâha lâ yastaHyî ‘an yaDriba mathalan mâ ba`ouDatan)

    [sôurat Al-Baqarah /26], le sens du verset est que Allâh ne délaisse pas de faire éclater la vérité par pudeur comme le feraient les êtres humains, c’est-à-dire que Allâh ne délaisse pas de faire éclater la vérité et ne la délaisse pas par timidité ou par honte comme le font les créatures, c’est une chose impossible s’agissant de Allâh. Ainsi il est interdit de nommer Allâh par al-moustaHî (le timide) !

    Quant à Sa parole Ta`âlâ :

    ﴿ وَلَنَبْلُوَنَّكُمْ حَتىَّ نَعْلَمَ المُجَاهِدِينَ مِنكُمْ وَالصَّابِرِينَ ﴾

    (wa lanablouwannakoum Hattâ na`lama l-moujâhidîna minkoum wa s-Sâbirîn)

    [sôurat MouHammad / 31], elle ne signifie pas que Allâh saura qui sont les moujâhidîn après l’avoir ignoré en les éprouvant et en les testant, ceci est impossible s’agissant de Allâh Ta`âlâ. Allâh sait toute chose avant qu’elle n’arrive, Sa science ne change pas. Le sens du verset est que Allâh manifestera aux esclaves par les épreuves qui d’entre eux font preuve d’effort et de patience ou non. Celui qui dit que Allâh acquiert une nouvelle connaissance devient mécréant.

    Et la parole de Allâh Ta`âlâ :

    ﴿ الله نُورُ السَّمَـوَاتِ وَالأرْضِ ﴾

    (Allâhou nôurou s-samâwâti wa l-‘arD)

    [sôurat An-Nôur] signifie que Allâh est Celui Qui guide les habitants des cieux et les habitants croyants de la terre vers la lumière de la foi. Allâh n’est pas une lumière dans le sens qui est le contraire de l’obscurité car Il est Celui Qui crée la lumière.

    Il a dit ta`âlâ dans sôurat Al-‘An`âm :

    ﴿ وَجَعَلَ الظُّلُمَاتِ وَالنُّورَ ﴾

    (wa ja`ala dh-DHouloumâti wa n-nôur)

    qui signifie : « Et Il créa les obscurités et la lumière », Dès lors, comment serait-il possible qu’Il soit une lumière comme Ses créatures ?! Allâh est absolument exempté de cela. Il est donc interdit de croire que Allâh aurait une couleur ou une forme.

    Quant à ce qui a été rapporté dans le Hadîth, que Allâh est (jamîl), cela ne signifie pas qu’Il serait beau mais qu’Il a des attributs de perfection dignes de Lui ou encore qu’Il accorde le bien.

    Quant au (nouzôul) rapporté dans le Hadîth :

    (( يَنـزِلُ رَبُّنَا كُلَّ لَيْلَةٍ إِلَى السَّمَاءِ الدُّنْيَا ))

    (yanzilou Rabbounâ koulla laylatin ‘ila s-samâ’i d-dounyâ)

    cela veut dire que c’est un ange qui descend sur ordre de Dieu pour transmettre de Sa part ce qui signifie : « Qui M’invoque, Je l’exauce, qui Me demande pardon, Je lui pardonne, qui Me demande, Je lui accorde ». L’ange reste le dernier tiers de la nuit dans le ciel de ce bas monde jusqu’à l’aube.

    Il a été rapporté de l’imam Mâlik qu’il a interprété le Hadîth par la descente de la miséricorde de Allâh et de Son ordre ou de Ses anges comme on dit dans la langue le sultan a fait telle chose si ses sujets font sur son ordre [dans le livre : charH z-Zourqâniyy sur le mouwaTTa’ de l’imam Mâlik p34].

    Quant à celui qui dit : yanzilou (en gardant le terme en arabe) sans comment, ceci est vrai, car lorsqu’il a dit sans comment, il a nié le mouvement et le déplacement du haut vers le bas au sujet de Dieu.

    Ces interprétations correctes ont été rapportés par des grands savants comme an-Nawawiyy dans son commentaire de SaHîH Mouslim, ainsi que ibnou Hajar al-`Asqalâniyy dans son livre fatHou l-Bârî, commentaire du SaHîH al-Boukhâriyy.

    De plus la version du Hadîth rapporté par an-Naçâ’iyy qui est SaHîH confirme que c’est un ange qui descend sous l’ordre de Dieu :

    إن الله يمهل حتى يمضي شطر الليل الأول فيأمر مناديا فينادي …

    (‘inna l-Lâha youmhilou Hattâ yamDiya chaTrou l-layli l-‘awwal faya’mourou mounâdiyan fayounâdî …)

    ce qui signifie : « Quand s’écoule la première moitié de la nuit, Allâh ordonne à un ange qui appelle … ».

    Par ailleurs certains de ceux qui ont rapporté les Hadîth de Al-Boukhâriyy ont transmis le Hadîth avec la Dammah sur le yâ’, c’est-à-dire (younzilou) : Il fait descendre, c’est à dire qu’Il ordonne à un ange de descendre :

    (( يُنزِل ربٌّنا ))

    (‘inna l-Lâha younzilou koulla laylatin ‘ila s-samâ’i d-dounyâ…)

    ce qui signifie : « Allâh fait descendre [un ange] chaque nuit jusqu’au ciel du bas-monde… ».

    Le président des juges châfi`iyy en Égypte à son époque, Badrou d-dîn ibnou jamâ`ah (décédé en 728h) a dit dans son livre : IDâHou d-dalîl fî qaT`i Houjaji ‘ahli t-ta`Tîl page 164 : « sache qu’il n’est pas permis de donner le sens du déplacement de haut en bas [à Dieu] dans le Hadîth du nouzôul, et ceci pour plusieurs raisons :

    – La première : la descente est un attribut des corps et de ce qui entrent en existence, elle requiert trois choses : un espace de déplacement, un espace qui est quitté et un espace qui est atteint, et tout cela est impossible s’agissant de Allâh.

    – La seconde : si la descente était une réalité pour Allâh, il se renouvellerait pour Lui chaque jour et chaque nuit beaucoup de mouvements qui L’occuperaient entièrement toute la nuit, de même que beaucoup de déplacements. En effet, le tiers de la nuit se renouvelle pour les gens de la terre au fur et à mesure à chaque moment, cela impliquerait son déplacement dans le ciel du bas-monde nuit et jour, d’un peuple à l’autre, son retour vers le Trône à chaque instant selon leurs dires, et sa descente à chaque instant dans le ciel du bas-monde. Et cela, quelqu’un doué d’un minimum d’intelligence et d’entendement ne le dit pas.

    – La troisième : à celui qui dit que Allâh est sur le Trône, et qu’Il le remplit ; comment le ciel du bas-monde pourrait-il Le contenir alors que ce ciel est par rapport au Trône comme un anneau dans une terre déserte ? Selon vos dires, il ne resterait que deux solutions : soit l’agrandissement du ciel du bas-monde à chaque moment pour Le contenir, soit la réduction de l’être glorifié (Qui est absolument exempt de cela) jusqu’à rentrer dedans. Quant à nous, les gens de Ahlou s-Sounnah, nous sommes formels à nier les deux cas.» fin de citation.

    [Remarque : le tiers de la nuit est calculé depuis le couché jusqu’à l’aube divisé par trois, la dernière partie étant le dernier tiers de la nuit. Par exemple en se levant une heure avant l’aube, la personne est dans le dernier tiers de la nuit. Il est recommandé et non obligatoire que la personne accomplisse dans ce temps là beaucoup d’invocations et des prières surérogatoires].

    Allâh n’a pas besoin des créatures. Il n’a nul besoin d’autrui, de toute éternité alors que toutes les créatures ont besoin de Lui. Allâh n’a pas besoin de l’endroit. Il n’est pas localisé dans un endroit ni dans une direction, car Il existe ta`âlâ de toute éternité avant l’endroit sans endroit, et c’est Lui Qui a créé l’endroit, Il n’a donc nul besoin de l’endroit.

    L’objectif de l’Ascension (Al-Mi`râj) n’est pas de faire parvenir le Prophète à un endroit où serait localisé Allâh. L’objectif est d’honorer davantage le Prophète en lui montrant les choses extraordinaires qui sont dans les mondes célestes, c’est de glorifier son degré et de lui accorder la vision de Allâh par le cœur sans que Allâh soit localisé dans l’espace et les directions.

    Notre maître le Calife bien guidé l’Imâm `Aliyy Ibnou Abî Tâlib que Allâh l’honore, a dit : « Dieu existe de toute éternité alors qu’aucun endroit n’est de toute éternité et Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité – c’est-à-dire sans endroit – ».

    Ce dont on tient compte dans la croyance n’est pas basé sur les illusions mais sur la raison saine qui est témoin de la religion, car si Allâh était dans un endroit, Il aurait des limites, des extrémités, des fins et celui qui est ainsi a forcément une existence précédée du néant c’est-à-dire qu’Il est créé et n’est donc pas Dieu.

    Comme il a été validé que Allâh existe sans endroit avant la création des endroits et des directions, il est validé qu’Il existe après les avoir créés sans endroit. Et ceci ne constitue pas une négation de l’existence de Allâh Ta`âlâ.

    L’Imam AHmad ibnou Hanbal, ainsi que l’imam Dhou n-Nôun Al-MiSriyy [élève de l’imam Mâlik] ont dit :

    « مهما تصورت ببالك فالله بخلاف ذالك »

    Ce qui signifie : « Quoi que tu imagines, Dieu en est différent », [rapporté par le Hâfidh ‘Abôu Bakr l-khaTîb al-Baghdâdiyy dans son livre târikhou baghdâd avec une chaîne de transmission remontant jusqu’à Dhou n-Nôun Al-MiSriyy et rapporté aussi par ‘Abôu l-FaDl At-Tamîmiyy Al-Hanbaliyy dans son livre ‘i`tiqâdou l-‘imâm ‘AHmad ], ainsi il est impossible d’imaginer le Créateur car Il ne ressemble pas aux créatures.

    Quant au Hadîth de Zaynab Bintou JaHch, la femme du Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam dans lequel elle disait : ((زَوَّجَكُنَّ أَهَالِيكُنَّ وَزَوَّجَنِيَ اللهُ مِنْ فَوْقِ سَبْعِ سَمَوَاتٍ)) (zawwajakounna ‘ahâlîkounna wa zawwajaniya l-Lâhou min fawqi sab`i samawât) ce qui signifie : « [Ô femmes] ce sont vos familles qui vous ont mariées alors que moi, c’est Allâh qui m’a mariée, mon mariage était inscrit au-dessus des sept cieux ». Ceci signifie que le mariage du Prophète avec elle est inscrit dans la Table Préservée de façon spécifique, cette table qui est au-dessus des sept cieux.

    Al-HâfiDH Ibnou Hajar a dit dans FatHou l-Bâriy , Al-Karmaniy a dit : « sa parole fi s-samâ’ , le sens apparent n’est pas visé car Allâh est exempt d’être localisé dans un endroit et ainsi ont répondu d’autres que lui concernant les termes de al-fawqiyyah et ce qui est du même genre ».

    Chihabou d-dîn al-qasTalâniyy dans son commentaire qui s’appelle irchâdou s-sâliy charH SaHîH Al-Boukhâriyy a dit pour le commentaire de ce Hadîth : « sa parole » inna l-Lâha ‘ankaHanî fi s-samâ’ : Allâh est exempt des endroits et de la direction. Ce qui est visé par sa parole fi s-samâ’, l’indication de l’éminence de Allâh et de Ses attributs et cela ne vise pas que Allâh serait localisé dans le ciel, Allâh est totalement exempt de cela ».

    An-Naça’iyy a rapporté le Hadîth avec le terme inna l-Lâha `azza wa jall ‘ankaHanî mina s-samâ’ « . L’imam As-Sindiyy a dit dans son commentaire as-sounan An-Naça’iyy : « sa parole » ‘ankaHani mina s-samâ’ » c’est-à-dire que Dieu a révélé Sa parole zawwajanâkahâ [sôurat Al-‘aHzab ‘âyah 37]»

    الحمد لله رب العالمين

    La louange est à Allâh, le Créateur du monde

  34. Modibo dit :

    bendron dit :
    7 juin 2015 à 14 h 58 min
    Salam

    « Si vous ne commettiez pas de péchés, Dieu vous aurait emportés et vous aurait remplacés par un peuple de pécheurs qui Lui demanderait pardon et auquel Il aurait pardonné. » (Livre #37, Hadith #6621 – Sahih Mouslim)

    C’est la réponse au verset d’Allah :

    « Dis : «Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez point de la miséricorde divine ! En vérité, Dieu absout tous les péchés, car Il est le Clément et le Compatissant. » [Sourate des Groupes (Az-Zumar), 39:53].

    ALLAH AKBAR!!!
    najoi nella dit :
    7 juin 2015 à 17 h 40 min
    sadak allahadime

  35. Modibo dit :

    Le Noble Prophète (que la Paix soit sur lui et sur sa Famille) a dit :

    « Celui qui, parmi ma Communauté, mémorise quarante Traditions ou Ahadith concernant des sujets de la Religion dont on a besoin, Allah le ressuscitera le Jour du Jugement comme une personne ayant une perspicacité profonde dans la foi et comme un érudit. »

  36. Modibo dit :

    EXTRAITS DE LA LETTRE OUVERTE DE 38 MUSULMANS AU PAPE…
    L’AMOUR DE DIEU
    L’AMOUR DE DIEU EN ISLAM
    Les témoignages de foi
    Le credo central de l’Islam consiste en deux témoignages de foi ou Shahadah [1], qui affirment : il n’y a de dieu que Dieu, Muhammad est l’envoyé de Dieu. Ces deux témoignages sont le sine qua non de l’Islam. Celui ou celle qui les prononce est un musulman ; celui ou celle qui les nie n’est pas musulman. D’autre part, le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) a dit : « La meilleure invocation est : il n’y a de dieu que Dieu. » [2]

    La meilleure chose que tous les Prophètes ont dite
    Développant cette meilleure invocation, le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) a dit aussi : La meilleure chose que nous avons dite – moi et les prophètes qui m’ont précédé – est la parole : “il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui le Royaume ainsi que la Louange, et Il est puissant sur toutes choses[3]. Les phrases qui suivent le premier témoignage de foi sont toutes tirées du Coran ; chacune décrit un aspect de l’amour et de l’adoration de Dieu.

    Le terme Seul rappelle aux musulmans que leurs coeurs [4] doivent être consacrés à Dieu Seul, puisque Dieu dit dans le Saint Coran : Dieu n’a pas doté l’homme de deux coeurs (Al-Ahzab, 33:4). Dieu est Absolu, et l’adoration qui Lui est consacrée doit donc être totalement sincère.

    L’expression Sans associé rappelle aux musulmans qu’ils doivent aimer Dieu uniquement, sans rival en leurs âmes, puisque Dieu dit dans le Saint Coran : Il est des hommes qui prennent en dehors de Dieu des associés qu’ils se mettent à aimer à l’égal de Dieu Lui-même ! Mais ce sont les croyants qui vouent à Dieu le plus grand amour. (Al Baqarah, 2:165). En effet, leurs peaux et leurs coeurs s’adoucissent à l’évocation de Dieu…. (Al-Zumar, 39:23).

    L’expression : A Lui le Royaume rappelle aux musulmans que leurs pensées ou leurs compréhensions doivent être totalement vouées à Dieu, car le royaume correspond précisément à tout ce qui se trouve dans la création ou dans l’existence, et tout ce que la pensée peut connaître. Et tout est dans la Main de Dieu, puisque Dieu dit dans le Coran : Béni soit Celui qui détient le royaume et qui est Tout-Puissant (Al-Mulk, 67:1).

    L’expression : A Lui la Louange rappelle aux musulmans qu’ils doivent être reconnaissants envers Dieu, et Lui faire confiance avec tous leurs sentiments et toutes leurs émotions.

    Dieu dit dans le Saint Coran : Si tu leur demandes : « Qui a créé les Cieux et la Terre ? Qui a assujetti le Soleil et la Lune ? », ils répondront sûrement : « C’est Dieu ! » Pourquoi alors se détournent-ils de Lui ? N’est-ce pas Dieu qui prodigue Ses richesses ou les mesure à qui Il veut parmi Ses créatures, et dont la science englobe toute chose ? Et si tu leur demandes : « Qui fait tomber l’eau du ciel pour revivifier la terre après sa mort ? », ils répondront sûrement : « C’est Dieu ! » Dis : « Louange à Dieu ! » Mais la plupart d’entre eux ne raisonnent pas ! (Al-‘Ankabut, 29:61-63) [5]

    Pour tous ces dons et plus encore, les êtres humains doivent toujours être sincèrement reconnaissants : C’est Dieu qui a créé les Cieux et la Terre. C’est Lui qui fait descendre du ciel une eau par laquelle Il fait produire des fruits pour vous nourrir. C’est Lui qui a mis à votre service les vaisseaux qui, par Son ordre, voguent sur la mer, comme Il a mis à votre service les rivières. Et c’est pour vous aussi qu’Il a assujetti le Soleil et la Lune à une gravitation perpétuelle, de même qu’Il a mis à votre service la nuit et le jour. Il a accédé à presque toutes vos demandes, au point que si vous essayiez de compter les bienfaits du Seigneur, vous ne sauriez les énumérer. Mais l’homme est pétri d’injustice et d’ingratitude. (Ibrahim, 14:32-34) [6]

    En effet, la Fatihah – qui est le chapitre le plus important du Coran [7]– commence par la louange adressée à Dieu :

    Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux Louange à Dieu, Seigneur des Mondes ! Le Clément, le Miséricordieux Le Roi au Jour du Jugement dernier C’est Toi que nous adorons ! C’est Toi dont nous implorons le secours ! Guide-nous dans la voie droite, La voie de ceux que Tu as comblés de bienfaits, non la voie de ceux qui ont mérité Ta colère ni celle des égarés !(Al-Fatihah, 1:1-7)

    La Fatihah, récitée au moins dix-sept fois par jour par les musulmans dans les prières canoniques, nous rappelle la louange et la gratitude qui sont dues à Dieu pour Ses attributs de Bien infini et de Toute-Miséricorde ; pas seulement pour Sa bonté et Sa miséricorde à notre égard en cette vie, mais, en dernière instance, le Jour du Jugement [8] quand elles compteront le plus, et quand nous espérerons être pardonnés pour nos péchés.

    La Fatihah finit par des demandes de grâce et de guidance, pour que nous puissions atteindre – à travers ce qui commence par la prière et la gratitude – le salut et l’amour, car Dieu dit dans le Saint Coran : Ceux qui auront cru et accompli de bonnes oeuvres, le Miséricordieux sera pour eux Plein d’amour. (Maryam, 19:96)

    L’expression : Il est Tout-Puissant sur toutes choses rappelle aux musulmans qu’ils doivent garder à l’esprit la Tout-Puissance divine et craindre Dieui [9] Dieu dit dans le Coran : … Craignez Dieu et sachez qu’Il est avec ceux qui Le craignent. / Faites des largesses pour soutenir la Cause de Dieu ! Ne vous exposez pas, de votre propre initiative, à la perdition ; mais agissez de la manière la plus bienfaisante, Dieu aime les gens vertueux. (Al-Baqarah, 2:194-5)…

    Craignez donc Dieu et sachez que Dieu est implacable quand Il sévit. (Al- Baqarah, 2:196)

    A travers la crainte de Dieu, les actions et la force des musulmans devraient être totalement vouées à Dieu. Dieu dit dans le Saint Coran : …Et sachez que Dieu est avec ceux qui Le craignent. (Al-Tawbah, 9:36) …. Ô vous qui croyez ! Qu’avez-vous à rester cloués au sol, lorsqu’on vous dit : « Allez combattre pour la Cause de Dieu ? » Préférez-vous la vie présente à la vie future ? Mais les plaisirs de cette vie ne sont-ils pas bien peu de chose ? / Si vous refusez d’aller au combat, Dieu sévira durement contre vous, et choisira un autre peuple que vous pour Le servir, sans que vous puissiez Lui nuire en quoi que ce soit, car Sa puissance n’a point de limite. (Al-Tawbah, 9:38-39)

    ***
    L’expression : A Lui le Royaume et la Louange, et Il est Puissant sur toutes choses, prise dans son ensemble, rappelle aux musulmans que, de même que tout dans la création glorifie Dieu, tout en eux doit adorer Dieu :

    Tout ce qui est dans les Cieux et sur la Terre glorifie Dieu ; à Lui appartient le Royaume et la Louange, et Il est puissant sur toutes choses.(Al-Taghabun, 64:1)

    Car, en effet, tout ce qui est dans les âmes humaines est connu de Dieu, et Il en peut demander compte :

    Il sait ce qu’il y a dans les Cieux et sur la Terre, et Il connaît ce que vous cachez et ce que vous divulguez. Et Dieu est parfaitement Informé de ce que renferment les poitrines des hommes. (Al-Taghabun, 64:4)

    Comme nous pouvons le voir à partir des passages cités plus haut, les âmes sont dépeintes dans le Saint Coran comme étant douées de trois facultés principales : la pensée ou l’intelligence, qui est faite pour comprendre la vérité ; la volonté qui est faite pour la liberté de choix ; et le sentiment qui est fait pour aimer le bien et le beau [10] En d’autres termes, nous pourrions dire que l’âme humaine connaît, à travers la compréhension, la vérité, à travers la volonté, le bien, et à travers des émotions vertueuses et le sentiment, l’amour pour Dieu. En continuant dans la même sourate du Coran mentionnée précédemment, Dieu ordonne aux gens de Le craindre autant que possible, et d’écouter (et donc de comprendre la vérité), d’obéir (et donc de vouloir le bien), et de dépenser (et donc d’exercer l’amour et la vertu), ce qui, dit-Il, est meilleur pour nos âmes. En engageant tout ce qui constitue nos âmes – les facultés de connaissance, de volonté et d’amour – nous pouvons parvenir à être purifiés, et atteindre la réussite ultime :

    Craignez donc Dieu autant que vous le pouvez ! Ecoutez, obéissez, dépensez, dans l’intérêt de vos âmes, car ce sont ceux qui se prémunissent contre leur propre avarice qui seront les bienheureux.(Al-Taghabun,64:16)

    ***
    En bref, lorsque la phrase entière : Seul et sans associé, à Lui le Royaume et la Louange, et Il est puissant sur toutes choses, est ajoutée au témoignage de foi – il n’y a de dieu que Dieu –, cette expression rappelle aux musulmans que leurs coeurs, leurs âmes individuelles ainsi que toutes les facultés et les capacités de leurs âmes (ou simplement leurs coeurs et leurs âmes en entier) doivent être totalement voués et attachés à Dieu. Ainsi Dieu dit-Il au Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) dans le Saint Coran :

    Dis : Ma prière et mes actes de dévotion, ma vie et ma mort sont entièrement voués à Dieu, Seigneur des Mondes, / qui n’a point d’associé. Tel est l’ordre que j’ai reçu et auquel je suis le premier à me soumettre. / Dis : Devrais-je chercher un autre maître que Dieu, alors qu’Il est le Seigneur de toute chose ? Nul ne commet le mal qu’à son propre détriment, et nul n’aura à assumer les fautes d’autrui. (Al-An’am, 6:162-164)

    Ces versets résument la parfaite et complète dévotion du Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) à Dieu. C’est pourquoi, dans le Saint Coran, Dieu recommande aux musulmans qui aiment Dieu de suivre l’exemple prophétique [11],afin d’être aimé en retour [12] par Dieu : Dis (Ô Muhammad, aux êtres humains) : Si vous aimez Dieu, alors suivez-moi ; Dieu vous aimera et vous pardonnera vos péchés. Dieu est Plein de Pardon et de Miséricorde. (Aal ‘Imran, 3:31)

    L’amour de Dieu, en Islam, fait donc partie intégrante de l’adoration complète et totale de Dieu ; il ne consiste pas en une émotion partielle et vague. Comme nous l’avons vu plus haut, Dieu commande dans le Coran : Dis : Ma prière et mes actes de dévotion, ma vie et ma mort sont entièrement voués à Dieu, Seigneur des Mondes, / qui n’a point d’associé. Cet appel à être totalement voué et attaché à Dieu, coeur et âme, loin d’être un appel à une simple émotion ou une humeur, est en fait une injonction qui requiert un amour constant, actif et complet pour Dieu. Il exige un amour auquel le coeur spirituel le plus intérieur ainsi que l’ensemble de l’âme – avec son intelligence, sa volonté et son sentiment – prennent part à travers la dévotion.

    ***
    Personne n’accomplit chose meilleure
    Nous avons vu combien la phrase bénie : Il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, et Il est Puissant sur toutes choses – qui est la meilleure chose que les prophètes ont dite – explicite ce qu’il faut entendre par la meilleure invocation (Il n’y a de dieu que Dieu), en montrant ce qu’elle exige et entraîne, à travers la dévotion. Il reste à dire que cette formule bénie est aussi en elle-même une invocation sacrée – une sorte d’extension du Premier témoignage de foi (Il n’y a de dieu que Dieu), dont la répétition rituelle peut apporter, à travers la grâce de Dieu, certaines des attitudes dévotionnelles qu’elle exige, c’est-à-dire aimer et adorer Dieu de tout son coeur, de toute son âme, de toute sa pensée, de toute sa volonté ou sa force, et de tous ses sentiments. Ainsi le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) a-t-il recommandé cette invocation en disant :

    Ceux qui répètent cent fois par jour : « Il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, et Il est Puissant sur toutes choses », cela équivaut pour eux à libérer dix esclaves. Cent bonnes actions sont inscrites pour eux, et cent mauvaises actions sont effacées. Cette formule ainsi répétée est une protection contre le diable pour cette journée jusqu’au soir. Personne n’accomplit chose meilleure que celle-ci, excepté celui qui fait davantage. [13]

    En d’autres termes, l’invocation bénie : Il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, et Il est Puissant sur toutes choses, n’exige et n’implique pas seulement que les musulmans doivent être totalement voués à Dieu et L’aimer avec tout leur coeur, toute leur âme, et tout ce qui est en eux.

    Cette invocation leur permet, comme son début (le témoignage de foi) – à travers sa répétition fréquente [14] – de réaliser cet amour avec tout leur être. Dans l’une des toutes premières révélations dans le Coran, Dieu dit : Invoque le Nom de ton Seigneur et consacre-toi à Lui totalement. (Al-Muzzammil, 73:8).

    L’AMOUR DE DIEU : PREMIER ET PLUS GRAND COMMANDEMENT DANS LA BIBLE
    Le Shema dans le Livre du Deutéronome (6:4-5), un élément central de l’Ancien Testament et de la liturgie juive, énonce : Ecoute, Ô Israël : le Seigneur, notre Dieu, le Seigneur est Un ! / Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force.I[15]

    De même, dans le Nouveau Testament, lorsque Jésus-Christ, le Messie (sur lui la Paix), est interrogé à propos du plus grand commandement, il répond :

    Les pharisiens ayant appris qu’il avait réduit les sadducéens au silence, se réunirent, et l’un deux, docteur de la Loi, vint lui poser cette question pour le mettre à l’épreuve : « Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? » Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ton intelligence. C’est là le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements procèdent toute la Loi et les Prophètes. » (Matthieu 22:34-40)

    Et ailleurs :

    Un des scribes, les ayant entendu discuter, s’avança et, voyant que Jésus leur avait bien répondu, lui demanda : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus répondit : « Le premier, le voici : Ecoute, Israël, le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est Un. Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta force. C’est là le premier commandement. Le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » (Marc 12:28-31)

    Le commandement d’aimer Dieu complètement est donc le premier et le plus grand commandement de la Bible. En effet, on en trouve nombre d’occurrences à travers la Bible, comme : Deutéronome 4:29, 10:12, 11:13 (faisant aussi partie du Shema), 13:3, 26:16, 30:2, 30:6, 30:10 ; Joshua 22:5 ; Marc 12:32-33 et Luc 10:27-28.

    Toutefois, en ces divers endroits de la Bible, ce commandement apparaît dans des formes et des versions légèrement différentes. Par exemple, dans Matthieu 22:37 (Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ton intelligence), kardia étant le terme grec pour « coeur », psyche celui pour « âme », et le terme dianoia pour « intelligence ». Dans la version de Marc 12:30 (Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute intelligence et de toute ta force), le mot « force » est ajouté aux trois termes susmentionnés, traduisant le terme grec ischus.

    L’expression du docteur de la Loi dans Luc 10:27 (qui est confirmée par Jésus- Christ (‘a.) dans Luc 10:28 contient les mêmes quatre termes rapportés par Marc 12:30.

    L’expression du scribe dans Marc 12:32 (qui est approuvée par Jésus-Christ (‘a.) dans Marc 12:34) contient les trois termes kardia (« coeur »), dianoia (« intelligence »), et ischus (« force »).

    Dans le Shema du Deutéronome 6:4-5 (Ecoute, Ô Israël : le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est Un ! Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force), en hébreu le terme signifiant « coeur » est lev, le mot pour « âme » est nefesh, et le mot pour « force » est me’od.

    Dans Joshua 22:5, les Israélites reçoivent de Joshua (sur lui la Paix) l’ordre suivant d’aimer et d’adorer Dieu :

    « Soyez attentifs à accomplir le commandement et la loi que Moïse, le serviteur du Seigneur, vous a ordonnés : d’aimer le Seigneur notre Dieu, de marcher dans toutes Ses voies, de garder Ses commandements, de tenir fermement à Lui, et de Le servir de tout votre coeur et de toute votre âme. » (Joshua 22:5)

    Ce qu’ont en commun toutes ces versions – malgré les différences de langage entre l’hébreu de l’Ancien Testament, les mots originels de Jésus-Christ (sur lui la Paix) en araméen, et la version grecque actuelle transmise dans le Nouveau Testament –, c’est de commander d’aimer Dieu totalement de tout son coeur et de toute son âme, et d’être pleinement voué à Dieu. C’est le Premier et le Plus grand commandement pour les êtres humains.

    ***
    A la lumière de ce que nous avons vu comme nécessairement impliqué et évoqué par la parole du Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) : La meilleure chose que nous avons dite – moi et les prophètes qui m’ont précédé – est la parole : “il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui le Royaume ainsi que la Louange, et Il est puissant sur toutes choses [16], nous pouvons à présent comprendre l’expression : La meilleure chose que nous avons dite – moi et les prophètes qui m’ont précédé – comme assimilant la formule bénie “il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui le Royaume ainsi que la Louange, et Il est puissant sur toutes choses, au « premier et plus grand commandement » qui consiste à aimer Dieu de tout son coeur et de toute son âme, suivant les différentes versions de la Bible. On pourrait dire que le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines), par inspiration divine, réaffirmait et exhortait au rappel du premier commandement biblique. Dieu sait mieux, mais nous avons certainement vu que leurs significations étaient effectivement similaires.

    En outre, nous savons également (comme les notes finales l’indiquent), qu’il est possible d’établir un autre parallèle remarquable entre ces deux formules : le fait qu’elles apparaissent à plusieurs reprises dans des versions et des contextes légèrement différents, dont tous, néanmoins, soulignent la primauté de l’amour et de l’adoration totale de Dieu. [17]

    (II) L’AMOUR DU PROCHAIN
    L’AMOUR DU PROCHAIN EN ISLAM
    On trouve nombre d’injonctions en Islam concernant la nécessité, et l’importance éminente, de l’amour pour – et de la miséricorde envers – le prochain. Aimer le prochain est une partie intégrante et essentielle de la foi en Dieu et de l’amour pour Dieu, parce qu’il ne peut y avoir, en Islam, de vraie foi en Dieu ni de droiture sans amour du prochain.

    Le Prophète Muhammad (ç.) a dit : « Aucun d’entre vous n’est croyant tant que vous n’aimerez pas pour votre frère ce que aimez pour vous-mêmes. » [18] Et aussi : « Aucun d’entre vous n’est croyant tant que vous n’aimerez pas pour votre prochain ce que vous aimez pour vous-mêmes. » [19]

    Cependant, l’empathie et la sympathie à l’égard du prochain – et même les prières formelles – ne suffisent pas. Elles doivent s’accompagner de générosité et du sacrifice de soi. Dieu dit dans le Saint Coran :

    La piété ne consiste pas à tourner sa face [20] du côté de l’Orient ou de l’Occident ; la piété, c’est croire en Dieu, au Jugement dernier, aux anges, aux Livres et aux prophètes ; la piété, c’est donner de son bien – quelque attachement qu’on lui porte – aux proches, aux orphelins, aux indigents, aux voyageurs et aux mendiants ; la piété, c’est aussi racheter les captifs, accomplir la prière, s’acquitter de l’aumône, demeurer fidèle à ses engagements, se montrer patient dans l’adversité, dans le malheur et face au péril. Telles sont les vertus qui caractérisent les croyants pieux et sincères. (Al-Baqarah 2:177)

    Et aussi :

    Vous n’atteindrez la piété qu’en faisant aumône d’une partie des biens que vous aimez. Et quelque aumône que vous fassiez, Dieu en est parfaitement Informé. (Aal ‘Imran, 3:92)

    Sans donner au prochain de ce que nous aimons, nous n’aimons pas vraiment Dieu ni le prochain.

    ***
    L’AMOUR DU PROCHAIN DANS LA BIBLE
    Nous avons déjà cité les paroles du Messie, Jésus-Christ (sur lui la Paix), concernant l’importance éminente, juste après l’amour de Dieu, de l’amour du prochain :

    C’est le premier et le plus grand commandement. / Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements procèdent toute la Loi et les Prophètes. (Matthieu 22:38- 40)

    Et aussi :

    Le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. (Marc 12:31)

    Il convient d’ajouter que ce second commandement se trouve également dans l’Ancien Testament :

    Tu ne couvera pas de haïne pour ton frère dans ton coeur. Tu blâmeras certainement ton prochain, et tu ne porteras pas de faute à cause de lui. Tu ne prendras pas vengeance, ni garderas rancune envers les enfants de ton peuple, mais tu aimeras ton prochain comme toi-même : Je suis le Seigneur. (Lévitique 19:17-18)

    Ainsi le second commandement, comme le premier commandement, exige générosité et don de soi, et de ces deux commandements procèdent toute la Loi et les Prophètes.

    (III) VENEZ A UNE PAROLE COMMUNE ENTRE VOUS ET NOUS
    Une parole commune
    Alors que l’Islam et le Christianisme sont, de façon évidente, des religions différentes – et que certaines de leurs différences formelles ne peuvent être minimisées –, il est clair que les deux plus grands commandements représentent un terrain d’entente, ainsi qu’un lien entre le Coran, la Torah et le Nouveau Testament.

    Ce qui précède les deux commandements mentionnés dans la Torah et le Nouveau Testament, et ce d’où ils viennent, est l’Unité de Dieu, c’est-à-dire qu’il n’y a qu’Un seul Dieu. En effet, le Shema commence ainsi dans la Torah : (Deutéronome 6:4) Ecoute, Ô Israël, le Seigneur notre Dieu, est Un ! De même, Jésus (‘a) dit : (Marc 12:29) « Le premier de tous les commandements est : Ecoute, Ô Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un. »

    De la même manière, Dieu dit dans le Saint Coran : Dis : Lui, Dieu, est Un. Dieu Se suffit à Lui-même. (Al-Ikhlas, 112:1-2) Ainsi l’Unité de Dieu, l’amour pour Lui, et l’amour du prochain constituent la base commune sur laquelle l’Islam et le Christianisme (et le Judaïsme) se fondent.

    Comment pourrait-il en être autrement puisque Jésus (sur lui la Paix) a dit : (Matthieu 22:40) « De ces deux commandements procèdent toute la Loi et les prophètes. ». De plus, Dieu confirme dans le Saint Coran que le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et la bénediction divine) n’a rien apporté de fondamentalement ou essentiellement nouveau : Ce qui t’est dit aujourd’hui est la même chose que ce qui était dit aux prophètes qui t’ont précédé (Fussilat 41:43). Aussi : Dis (Muhammad) : Je ne suis pas nouveau parmi les messagers ! J’ignore le sort que Dieu nous réserve aussi bien à moi qu’à vous. Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé, et ma mission ne consiste qu’à avertir en toute clarté. » (Al-Ahqaf, 46:9). Dieu confirme par là dans le Coran que les mêmes vérités éternelles que sont l’Unité de Dieu, la nécessité d’aimer et d’adorer Dieu totalement (en excluant donc toute fausse divinité), et la nécessité d’aimer les êtres humains, ses semblables, (et donc la justice), sous-tendent toute religion vraie :

    En vérité, Nous avons envoyé un prophète à chaque communauté avec le message suivant : « Adorez Dieu et éloignez-vous du culte des idoles ! » Et si certaines de ces communautés ont suivi la Voie de Dieu, d’autres ont préféré le chemin de l’erreur. Allez donc de par le monde et voyez quelle a été la fin de ceux qui criaient au mensonge ! (Al-Nahl, 16:36) Nous avons envoyé Nos messagers munis de preuves irréfutables, et Nous avons fait descendre avec eux le Livre et la Balance, afin de faire régner la justice parmi les hommes. (Al-Hadid, 57:25)

    ***
    Venez à une parole commune !
    Dans le Saint Coran, Dieu le Très-Haut indique aux musulmans de lancer l’appel suivant aux chrétiens (et aux juifs – les gens des Ecritures) :

    Dis : « Ô gens des Ecritures ! Elevez-vous à une parole commune entre vous et nous, à savoir de n’adorer que Dieu Seul, de ne rien Lui associer et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors de Dieu. » S’ils s’y refusent, dites-leur : « Soyez témoins que, en ce qui nous concerne, notre soumission à Dieu est totale et entière. » (Aal ‘Imran 3:64)

    Il est clair que l’expression bénie : de ne rien Lui associer se réfère à l’Unité de Dieu, tandis que l’expression : de n’adorer que Dieu Seul se réfère au fait d’être voué totalement à Dieu. Elles renvoient ainsi au premier et plus grand Commandement. Selon l’un des plus anciens commentaires coraniques (tafsir) faisant autorité – le Jami’ Al- Bayan fi Ta’wil Al-Qur’an d’Abu Ja’far Muhammad bin Jarir Al-Tabari (m. 310 A.H. / 923 C.E.) –, de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors de Dieu signifie « de ne pas obéir les uns aux autres en désobéissant à ce que Dieu a commandé, ni les glorifier en se prosternant devant eux comme ils se prosternent devant Dieu ».

    En d’autres termes, musulmans, chrétiens et juifs devraient être libres de suivre ce que Dieu leur a ordonné, sans avoir à « se prosterner devant des rois et autres » [21] ; car Dieu dit ailleurs dans le Coran : Nulle contrainte en religion… (Al-Baqarah, 2:256), ce qui se réfère indéniablement au second Commandement, c’est-à-dire à l’amour envers leprochain, dont la justice, [22] et la liberté religieuse, sont une partie cruciale. Dieu dit dans le Coran :

    Dieu ne vous défend pas d’être bons et équitables envers ceux qui ne vous attaquent pas à cause de votre religion, et qui ne vous expulsent pas de vos foyers. Dieu aime ceux qui sont équitables. (Al-Mumtahinah, 60:8)

    ***
    En tant que musulmans, nous invitons ainsi les chrétiens à se souvenir des paroles de Jésus

    [1] En arabe : La ilaha illa Allah Muhammad rasul Allah. Les deux paroles de la Shahadah apparaissent en fait (bien que séparément) sous forme de phrases dans le Saint Coran (la première dans Muhammad 47:19, et la seconde dans Al-Fath 48:29). ↩
    [2] Sunan Al-Tirmidhi, Kitab Al-Da’awat, 462/5, no. 3383 ; Sunan Ibn Majah, 1249/2. ↩
    [3] Sunan Al-Tirmidhi, Kitab Al-Da’awat, Bab al-Du’a fi Yawm ‘Arafah, Hadith no. 3934.
    Il est important de remarquer que les phrases supplémentaires, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, et Il est Puissant sur toutes choses, proviennent toutes du Coran, exactement dans cette forme, dans différents passages. Seul – se référant à Dieu (que Soi Majesté soit exaltée) – se trouvent au moins six fois dans le Coran (7:70 ; 14:40 ; 39:45 ; 40:12 ; 40:84 et 60:4). Sans associé apparaît sous cette forme au moins une fois (Al-An’am, 6:173).

    L’expression à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, et Il est Puissant sur toutes choses, est mentionnée telle quelle une fois dans le Coran (Al-Taghabun, 64:1), tandis que des parties de l’expression apparaissent à maintes reprises (par exemple, l’expression Il est Puissant sur toutes choses, apparaît au moins cinq fois : 5:120 ; 11:4 ; 30:50 ; 42:9 et 57:2).

    [4] En Islam, le coeur (spirituel, et non corporel) est l’organe de la perception de la connaissance spirituelle et métaphysique. A propos d’une des plus grandes visions du Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines), Dieu dit dans le Coran : Le coeur ne saurait démentir ce qu’il a vu (al-Najm, 53:11) En effet, ailleurs dans le Coran, Dieu dit : En vérité, ce ne sont pas les yeux qui se trouvent atteints de cécité, mais ce sont les coeurs dans les poitrines qui s’aveuglent. (Al-Hajj, 22:46 ; voir tout le verset, et aussi : 2:9-10 ; 2:74 ; 8:24 ; 26:88-89 ; 48:4 ; 83:14. Le coeur et ses synonymes sont en fait mentionnés plus d’une centaine de fois dans le Coran.) On trouve différentes interprétations parmi les musulmans en ce qui concerne la Vision directe de Dieu (en tant qu’opposée à celle des réalités spirituelles), que ce soit dans cette vie ou dans l’Autre. Dieu dit dans le Coran (à propos du Jour dernier) : Ce jour-là, il y aura des visages qui brilleront d’un vif éclat / et qui seront tout absorbés dans la contemplation de leur Seigneur (Al-Qiyamah, 75:22-23) Mais Dieu dit aussi : Tel est Dieu, votre Seigneur ! Il n’y a point de divinité excepté Lui, le Créateur de toutes choses. Adorez-Le ! C’est Lui qui a la charge de toutes les créatures. / Il est inaccessible aux regards, alors que Lui pénètre tous les regards. Il est le Subtil, Il est le Bien-Informé. / Des preuves évidentes vous sont parvenues de la part de votre Seigneur. Quiconque se montre clairvoyant le sera à son propre avantage ; et quiconque demeure aveugle le sera à son propre détriment. Je ne suis nullement chargé de votre sauvegarde. (Al-An’am, 6:102-104) Néanmoins, il est évident que la conception islamique du coeur (spirituel) ne diffère pas de la conception chrétienne, comme on le voit dans cette parole de Jésus (sur lui la Paix) rapportée par le Nouveau Testament : Heureux ceux qui ont un coeur pur car ils verront Dieu (Matthieu 5:8) ; ainsi que la parole de Paul : Pour le moment, nous voyons dans un miroir, de façon troublée, mais alors nous verrons en face. Maintenant je connais partiellement, mais alors je connaîtrai comme je suis connu. (1 Corinthiens 13:12) ↩
    [5] Voir aussi : Luqman, 31:25. ↩
    [6] Voir aussi : Al-Nahl, 16:3-18. ↩
    [7] Sahih Bukhari, Kitab Tafsir Al-Qur’an, Bab ma Ja’a fi Fatihat Al-Kitab (Hadith no.1) ; et : Sahih Bukhari, Kitab Fada’il Al-Qur’an, Bab Fadl Fatihat Al-Kitab, (Hadith no.9), no. 5006. ↩
    [8] Le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) a dit : Dieu a divisé la miséricorde en cent parts. Il en a fait descendre une dans le bas-monde parmi les jinns et les êtres humains, ainsi que les animaux. C’est grâce à cette part que les créatures se font mutuellement miséricorde, et que l’animal sauvage prend soin de son petit. Dieu a conservé auprès de Lui quatre-vingt-dix-neuf parts, par lesquelles Il fera miséricorde à Ses serviteurs le Jour du Jugement. (Sahih Muslim, Kitab Al-Tawbah ; 2109/4 ; no. 2752 ; voir aussi Sahih Bukhari, Kitab Al-Riqaq, no. 6469). ↩

    [9] On rapporte cette parole du Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) : Le sommet de la Sagesse est la crainte de Dieu – exalté soit-Il ! (Musnad al-Shahab, 100/1 ; Al-Dulaymi, Musnad Al- Firdaws, 270/2 ; Al-Tirmidhi, Nawadir Al-Usul ; 84/3 ; Al-Bayhaqi, Al-Dala’il et Al-Bayhaqi, Al-Shu’ab ; Ibn Lal, Al-Makarim ; Al-Ash’ari, Al-Amthal, et al.) Cette parole ressemble évidemment à celle du Prophète Salomon (sur lui la Paix) dans la Bible : La crainte du Seigneur est le début de la Sagesse…. (Proverbes 9:10) ; et : La crainte du Seigneur est le début de la connaissance. (Proverbes 1:7). ↩

    [10] Dans le Coran, Dieu dit aux êtres humains de croire en Lui, et de L’appeler (en utilisant l’intelligence) avec crainte (qui motive la volonté) et avec espoir (donc avec sentiment) : Seuls croient réellement à Nos versets ceux qui s’empressent de se prosterner lorsqu’on les leur rappelle, qui exaltent la louange de leur Seigneur, et se dépouillent de tout orgueil ; / ceux dont les flancs s’arrachent à leurs lits pour prier leur Seigneur ; avec crainte et espoir, et qui donnent en aumône une partie de ce que Nous leur avons accordé. / Nul ne peut soupçonner les multiples joies dont seront récompensées les oeuvres de ces hommes !(Al-Sajdah, 32:15-17)
    (Ô hommes !) Invoquez votre Seigneur humblement et secrètement. En vérité, Dieu n’aime pas les transgresseurs. / Ne semez pas le désordre sur la terre, après que l’ordre y a été établi. Invoquez votre Seigneur avec crainte et espoir. La miséricorde de Dieu est à la portée de ceux qui font des oeuvres salutaires. (Al-A’raf, 7:55-56) De la même manière, le Prophète Muhammad lui-même est décrit en des termes qui manifestent la connaissance (donc l’intelligence), encourageant espoir (et donc le sentiment) et inspirant crainte (et donc motivant la volonté) :

    Ô Prophète ! En vérité, Nous t’avons envoyé comme témoin, annonciateur de bonnes nouvelles et avertisseur. (Al-Ahzab, 33:45) En vérité, Nous t’avons envoyé (Ô Muhammad) comme témoin, porteur de bonnes nouvelles et avertisseur. (Al-Fath, 48:8).

    [11] L’amour et l’adoration parfaite du Prophète Muhammad pour Dieu est un modèle que les musulmans cherchent à imiter. Dieu dit dans le Saint Coran : En vérité, vous avez dans l’envoyé de Dieu un excellent exemple pour celui qui espère en Dieu et dans le Jour dernier, et qui se souvient de Dieu fréquemment. (Al-Ahzab, 33:21) La totalité de cet amour exclut toute mondanité et tout égoïsme, et cet amour est beau et cher aux musulmans. Ils aiment l’amour de Dieu. Dieu dit dans le Saint Coran : Sachez que l’envoyé de Dieu est parmi vous. S’il écoutait trop souvent ce que vous lui racontez, vous seriez aux prises avec de grosses difficultés. Mais Dieu vous a fait aimer la foi qu’Il a embellie dans vos coeurs, tandis qu’Il vous a fait détester l’impiété, la perversité et la désobéissance. Ce sont ceux-là les bien-guidés. (Al-Hujurat, 49:7) ↩
    [12] Cet « amour particulier » s’ajoute à la Miséricorde universelle de Dieu, qui embrasse toutes choses (Al- A’raf, 7:156) ; mais Dieu sait mieux. ↩
    [13] Sahih Al-Bukhari, Kitab Bad’ al-Khalq, Bab Sifat Iblis wa Junudihi ; Hadith no.3329.20
    Autres versions de la parole bénie

    Cette parole bénie du Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) se trouve dans une douzaine de hadith (paroles du Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines)) suivant différents contextes, et avec quelques légères variantes. Celle que nous avons citée dans le texte (Il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, et Il est puissant sur toutes choses) est en fait la plus courte des versions rapportées. On la trouve dans Sahih al-Bukhari : Kitab al-Adhan (no. 852) ; Kitab al-Tahajjud (no. 1163) ; Kitab al-‘Umrah (no. 1825) ; Kitab Bad’ al-Khalq (no. 3329) ; Kitab al-Da‘awat (nos. 6404, 6458, 6477) ; Kitab al-Riqaq (no. 6551) ; Kitab al-I‘tisam bi’l-Kitab (no. 7378) ; dans Sahih Muslim : Kitab al-Masajid (nos. 1366, 1368, 1370, 1371, 1380) ; Kitab al-Hajj (nos. 3009, 3343) ; Kitab al-Dhikr wa’l-Du‘a’ (nos. 7018, 7020, 7082, 7084) ; dans Sunan Abu Dawud : Kitab al-Witr (nos. 1506, 1507, 1508) ; Kitab al-Jihad (no. 2772) ; Kitab al-Kharaj (no. 2989) ; Kitab al-Adab (nos. 5062, 5073, 5079) ; dans Sunan al-Tirmidhi : Kitab al-Hajj (no. 965) ; Kitab al-Da‘awat (nos. 3718, 3743, 3984) ; dans Sunan al-Nasa’i : Kitab al-Sahw (nos. 1347, 1348, 1349, 1350, 1351) ; Kitab Manasik al-Hajj (nos. 2985, 2997) ; Kitab al-Iman wa’l-Nudhur (no. 3793) ; dans Sunan Ibn Majah : Kitab al-Adab (no. 3930) ; Kitab al-Du‘a’ (nos. 4000, 4011) ; et dans Muwatta’ Malik : Kitab al-Qur’an (nos. 492, 494) ; Kitab al-Hajj (no. 831).

    Une version plus longue, comprenant les mots yuhyi wa yumit – (Il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, Il donne la vie et Il donne la mort, et Il est puissant sur toutes choses.) – est rapportée dans Sunan Abu Dawud : Kitab al-Manasik (no. 1907) ; dans Sunan al-Tirmidhi : Kitab al-Salah (no. 300) ; Kitab al-Da‘awat (nos. 3804, 3811, 3877, 3901) ; et dans Sunan al- Nasa’i : Kitab Manasik al-Hajj (nos. 2974, 2987, 2998) ; Sunan Ibn Majah : Kitab al-Manasik (no. 3190).

    Une autre version, plus longue, comprenant les mots bi yadihi al-khayr – (Il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, Il détient en Sa main le bien, et Il est puissant sur toutes choses.) – se trouve dans Sunan Ibn Majah : Kitab al-Adab (no. 3931) ; Kitab al-Du‘a’ (no. 3994).

    La plus longue des versions rapportées, qui comprend l’expression yuhyi wa yumit wa Huwa Hayyun la yamut bi yadihi al-khayr – (Il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, Il donne la vie et Il donne la mort, Il est le Vivant qui ne meurt pas, Il détient en Sa main le bien, et Il est puissant sur toutes choses.) –, se trouve dans Sunan al-Tirmidhi : Kitab al-Da‘awat (no. 3756) et dans Sunan Ibn Majah : Kitab al-Tijarat (no. 2320), avec cette différence que ce dernier hadith donne : bi yadihi alkhayr kulluhu (Il détient en Sa main tout le bien).

    Toutefois, il est important de noter que le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) a seulement décrit la première (et plus courte) version comme : la meilleure chose que nous avons dite – moi et les prophètes qui m’ont précédé, et c’est seulement de cette version que le Prophète a dit : Personne n’accomplit chose meilleure que celle-ci, excepté celui qui fait davantage. (Ces citations se réfèrent au système synoptique The Sunna Project’s Encyclopaedia of Hadith (Jam‘ Jawami‘ al-Ahadith wa’l-Asanid), préparé en coopération avec les savants d’Al-Azhar, qui comprend Sahih al-Bukhari, Sahih Muslim, Sunan Abu Dawud, Sunan al-Tirmidhi, Sunan al-Nasa’i, Sunan Ibn Majah, et Muwatta’ Malik.)

    [14] Le Saint Coran compte nombre d’injonctions invitant à invoquer, ou à se rappeller, Dieu fréquemment : Souviens-toi du Nom de ton Seigneur matin et soir. (Al-Insan, 76:25) Invoquez Dieu debout, assis ou couchés. (Al-Nisa, 4:103). Invoque (Ô Muhammad) ton Seigneur au fond de toi-même avec humilité et crainte ! Invoque-Le à voix basse, matin et soir, sans te laisser distraire. (Al-A‘raf, 7:205). … Invoque donc souvent le Nom de ton Seigneur et glorifie-Le au crépuscule et à l’aurore. (Aal ‘Imran, 3:41). Ô croyants ! Invoquez souvent Dieu ! / Glorifiez-Le matin et soir ! (Al-Ahzab, 33:41-42). (Voir aussi : 2:198-200 ; 2:203 ; 238-239 ; 3:190-191 ; 6:91 ; 7:55 ; 7:180 ; 8:45 ; 17:110 ; 22:27-41 ; 24:35-38 ; 26:227 ; 62:9-10 ; 87:1-17, et al.) De même, le Coran contient de nombreux versets soulignant l’importance fondamentale du souvenir de Dieu (voir : 2:151-7 ; 5:4 ; 6:118 ; 7:201 ; 8:2-4 ; 13:26-28 ; 14:24-27 ; 20:14 ; 20:33-34 ; 24:1 ; 29:45 ; 33:35 ; 35:10 ; 39:9 ; 50:37 ; 51:55-58 ; et 33:2 ; 39:22-23 et 73:8-9 déjà mentionné, et al. ). Ne pas pratiquer l’invocation de Dieu expose à des conséquences néfastes (voir : 2:114 ; 4:142 ; 7:179-180 ; 21 18:28 ; 18:100-101 ; 20:99-101 ; 20:124-127 ; 25:18 ; 25:29 ; 43:36 ; 53:29 ; 58:19 ; 63:9 ; 72:17 et al. ; voir aussi 107:4-6). Finalement, Dieu dit dans le Coran : Alors, le moment n’est-Il pas venu pour ceux qui croient de laisser leurs coeurs se remplir d’humilité à l’évocation de Dieu… (Al-Hadid, 57:16) ; …Et ne négligez pas de M’invoquer (Taha, 20:42), et : Souviens-toi de ton Seigneur lorsque tu oublies (Al-Kahf, 18:24). ↩
    [15] ci toute citation de la Bible est traduite depuis la New King James Version. Copyright 1982 par Thomas Nelson, Inc. Utilisé avec permission. Tous droits réservés. ↩
    [16] Sunan Al-Tirmithi, Kitab Al-Da’wat, Bab al-Du’a fi Yawm ‘Arafah, Hadith no. 3934. Op. cit. ↩
    [17] Le christianisme et l’islam partagent des conceptions comparables concernant la création de l’homme dans la forme la plus parfaite à partir du Souffle de Dieu. Le Livre de la Génèse dit : (Génèse, 1:27) Dieu créa l’homme à Son image ; à l’image de Dieu, Il le créa ; mâle et femelle Il les créa. Et : (Génèse, 2:7) Et le Seigneur Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, et insuffla le souffle de la vie dans ses narines ; et l’homme devint être vivant.
    Le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénedictions divines) a dit : En vérité, Dieu créa Adam à Son image. (Sahih Al-Bukhari, Kitab Al-Isti’than, 1 ; Sahih Muslim, Kitab Al-Birr 115 ; Musnad Ibn Hanbal, 2 : 244, 251, 315, 323 etc. et al.) Nous vous avons créés, Nous vous avons modelés, puis Nous avons dit aux anges : « Prosternez-vous devant Adam ! » Tous s’exécutèrent, Iblis seul refusa de s’incliner. (Al-A’raf, 7:11)

    Par le figuier et l’olivier, par le mont Sinaï et par cette cité sacrée ! En vérité, Nous avons doté l’homme, en le créant, de la forme la plus parfaite, pour le ravaler ensuite au plus bas de l’échelle, excepté ceux qui croient, font oeuvre pie, et qui recevront une récompense qui ne sera jamais rappelée ! Comment peux-tu après cela douter encore du Jugement dernier ? Dieu n’est-Il pas le plus équitable des juges ? (Al-Tin, 95:1-8)

    Tel est Dieu qui a fait pour vous de la Terre un lieu de séjour et du firmament une immense voûte, qui vous a pourvus de formes harmonieuses et qui vous a procuré une subsistance délicieuse. Tel est Dieu, votre Seigneur ! Béni soit Dieu, le Maître de l’Univers ! (Al-Ghafir, 40:64)

    Cependant, les injustes n’en continuent pas moins à suivre inconsciemment leurs passions. Mais qui donc peut guider ceux que Dieu égare ? Ceux-là n’ont personne pour les secourir. Consacre-toi à la religion, en monothéiste sincère ! C’est Dieu qui a voulu que cette croyance fût inhérente à la nature de l’homme. Et l’ordre établi par Dieu ne saurait être modifié. Telle est la religion de la rectitude, mais la plupart des hommes n’en savent rien. (Al-Rum, 30:29-30)

    Une fois que Je lui aurai donné sa forme définitive et l’aurai animé de Mon Esprit, vous vous prosternerez devant lui. (Sad, 38:72)

    Quand ton Seigneur dit aux anges : « Je vais installer un représentant sur la Terre. » Et les anges de repartir : « Vas-tu établir quelqu’un qui y fera régner le mal et y répandra le sang, alors que nous chantons Ta gloire et célébrons Tes louanges ? » Le Seigneur leur répondit : « Je sais ce que vous ne savez pas. » Et Il apprit à Adam tous les noms ; puis les présenta aux anges en leur disant : « Faites-Moi connaître les noms de tous ces êtres, si vous êtes véridiques. » Et les anges de dire : « Gloire à Toi ! Nous ne savons rien d’autre que ce que Tu nous as enseigné ; Tu es, en vérité, l’Omniscient, le Sage. » Dieu dit alors : « Ô Adam ! Fais-leur connaître les noms de ces choses ! » Et lorsque Adam en eut instruit les anges, Dieu ajouta : « Ne vous avais-Je pas avertis que Je connais le secret des Cieux et de la Terre, ainsi que les pensées que vous divulguez et celles que vous gardez dans votre for intérieur ? » Et lorsque Nous dîmes aux anges : « Prosternez-vous devant Adam ! », ils s’exécutèrent tous à l’exception Iblis qui refusa avec orgueil, et fut ainsi du nombre des infidèles. Nous dîmes alors : « Ô Adam ! Installe-toi avec ton épouse dans le Paradis. Mangez de ses fruits à satiété et où il vous plaira ; mais ne vous approchez point de l’arbre que voici, sinon vous vous mettriez du côté des injustes. (Al-Baqarah, 2:30-35)

  37. jasmin lila129 dit :

    Cet exemple pourrait illustrer le mode opératoire en circonvolution de Ṣanhājī, (l’auteur)
    Par ailleurs généralisable pour le reste du texte. Ainsi, il fournit
    l’intitulé d’un chapitre en titre : Du sommeil en tant que mort et des rêves.
    Il le fait immédiatement suivre d’un ou plusieurs versets coraniques qui en posent la
    première prémisse problématique : « Dieu accueille les âmes au moment de leur
    mort ; Il reçoit aussi celles qui dorment, sans être mortes. Il retient celles dont Il
    a décrété la mort. Il renvoie les autres jusqu’à un terme irrévocablement fixé. »
    Coran (XXXIX. 42). L’auteur commente dans un premier temps sommairement
    le verset cité : Dieu, Très-Haut, montre que le sommeil s’assimile à une mort,
    et la mort s’assimile à une vie. L’auteur étaie le verset de plusieurs hadiṯs et qui en
    constituent la première ossature interprétative. Le Saḥīh dit : « Dieu prend nos esprits et nous les restitue, à Sa guise. » Bilāl, présent, lui dit : « Qu’il
    prenne mon âme, celui qui prendrait la tienne ! » Il le fait ensuite suivre d’un
    certain nombre de propos sensés renforcer d’avantage ce qui précède et
    l’illustrer : récits de compagnons, de savants, de successeurs, personnages
    réputés pour leur science, pour leur piété, illustres inconnus. De la sorte
    plusieurs propos s’enfilent en chapelet :
    D’après Ibn ‘Aṭiyya : la loi soutient la saisie de l’esprit et de l’âme à l’état de sommeil ;
    Selon al-Tha’labī, d’après Ibn ‘Abbās et d’autres commentateurs : « Les
    esprits des vivants et des morts se rencontrent à l’état de sommeil et se
    reconnaissent, autant que Dieu le veut. Et quand ils veulent, tous, revenir, Dieu
    retient ceux des morts et restitue ceux des vivants à leurs corps » ;
    D’après Ibn Jubayr : « Dieu achève les âmes ; retient celles des morts, et
    renvoie celles des vivants. » ;
    D’après Ibn ‘Abbās : « En chaque enfant d’Adam se trouve une âme
    et un esprit liés entre eux comme par un rai de soleil. L’âme est chargée de
    la raison et du discernement ; à l’esprit est dévolu le souffle et le
    mouvement. Quand un homme dort, Dieu retient son âme, mais point son esprit. » ;
    L’on dit encore : « Dieu saisit les âmes mortes, en anéantissant aussi
    bien leur souffle que leur discernement ; Il saisit également les âmes qui ne sont
    pas encore mortes en n’anéantissement que leur discernement. »
    Ibn ‘Aṭiyya souligne que ces propos ne sont que pures supputations. La
    vérité est que Dieu s’en réserve le mystère comme le dit le verset : « Ils
    t’interrogent au sujet de l’Esprit. Dis : “ l’Esprit procède du commandement de
    mon Seigneur ! ” » Coran (XVII. 85) Le commentaire personnel, dans les
    étapes ci-devant, reste assez minime, sinon dans le choix, l’ordre et la manière
    de procéder. A la fin vient un récapitulatif où l’auteur donne son avis et qui
    commence invariablement par la formule : j’ai dit. L’avis personnel n’est pas,
    pour autant, totalement dégagé, il trahit souvent la formation classique et
    traditionaliste de Sanhājī et met en relief cet aspect sinusoïdal de son écriture ;
    car, à son tour, il peut faire appel à un verset, un hadiṯ, où à une citation d’un de ses maîtres, voire à plusieurs en cascade. Comme il le fait ici.
    J’ai dit : les songes se déclinent selon plusieurs catégorie :
    La premier catégorie touche à la différence entre songe (ru’ya) et vision
    (ru’yā). D’après l’auteur de Al-Qabas, l’on dit : (ra’aytu ru’yatan) lorsque tu
    as vu quelque chose de tes propres yeux ; et (ra’atu ru’yā) d’une perception par
    le cœur et (ru’yā), en abrégeant, si c’est un songe. L’on dit que l’on use du
    terme de (ru’yā) quand la vision est une certitude, comme en ce verset du Très Haut
    : « Nous n’avons fait de la vision que Nous t’avons montrée ainsi que de
    l’arbre maudit, mentionnée dans le Coran, qu’une tentation pour les hommes. »
    Coran (XV60), selon la doctrine de la majorité, et qu’elle a lieu à l’état de veille.
    La deuxième catégorie concerne la vérité des visions. Il y a plusieurs
    propos à ce sujet : le premier est du qāḍī Abū Bakr qui les considère comme des
    pensées et des convictions ; le deuxième est de al-Aṣfahānī : c’est la perception
    de quelques fragments que la nuit n’a pas dissous ; le troisième est de Ibn
    Fawrak : ce sont des hallucinations ; le quatrième est celui des Muˁtazila : ce
    n’est que de l’imaginaire sans réalité véritable, ni preuve. C’est, de leur part, une
    position doctrinale qui révoque en doute le point de vue commun, touchant à des
    principes de dogme, comme les djinns, les anges et leurs paroles, par des
    assertions de ce genre : si l’ange Gabriel avait parlé au Prophète, paix et grâce
    sur lui, d’une voix audible, ceux qui étaient présents auraient entendu. Les
    naturalistes, eux, disent qu’elles se font grâce aux mélanges d’humeurs, chaque
    mélange déterminant une vision particulière ; le cinquième est celui d’un groupe
    de théosophes qui soutient que les images du monde sont gravées dans l’ombre
    du Trône, quand se lèvent les voiles, obscurcissant la vue, les images
    mystérieuses s’incrustent dans le secret de l’âme. Vers ce point de vue tendent
    quelques soufis dont Ibn ‘Arabī al-Ḥātimī l’hôte de Damas ; le sixième, que ce
    sont les paroles de Dieu, Très-Haut, à son serviteur en état de sommeil, la
    preuve de cela figure dans le Musnad de al-Tirmidhī au chapitre consacré au
    Sceau des Prophètes, paix et grâce sur lui : la vision pour le serviteur est une
    parole que Dieu, Exalté et Magnifié, lui adresse dans son sommeil.
    C’est la bonne nouvelle annoncée dans le verset : « Ils recevront la bonne nouvelle en
    cette vie et dans l’autre. » Coran (X. 64), ainsi l’expliqua l’Envoyé de Dieu,paix et grâce sur lui, à Abū l-Dardā, en ajoutant : personne avant toi ne m’a interrogé sur ce sujet;
    Le septième celui de Ṣāliḥ al-Mu’azilī, c’est une perception par l’œil, citée par l’auteur de Al-Qabas Le huitième d’après d’autres : c’est une vision par les yeux du cœur qui permettent un regard éclairé.
    La troisième catégorie touche à la distinction des visions : celles que l’on
    traverse, et celles que l’on ne peut traverser. Al-Karmānī, dans son célèbre livre
    Al-Ru’yā, soutient : « Les visions se subdivisent en huit catégories. On peut en
    traverser une, et non les sept autres. Quatre, de ces dernières, découlent des
    quatre mélanges d’humeurs selon leur proportion dominante, de sorte que celui
    qui est dominée par tel mélange s’en laisse imprégner. A titre d’exemple : celui
    en qui domine le fiel jaunâtre tend vers les couleurs jaunes, les nourritures
    amères, les poisons, les épices, les foudres, et autres. Celui en qui domine le
    sang tend vers les couleurs pourpres, les nourritures sucrées, les exultations, car
    le rouge est excitant et cause de la jouissance et de la douceur, tandis que le fiel
    jaunâtre est aigre et timoré. Celui que domine le phlegme tend vers les couleurs
    blanches, la pluie, les eaux, la neige. Celui que domine l’humeur sombre tend
    vers les couleurs noires, les choses brûlantes, les nourritures acides qui
    alimentent l’humeur noire. Cette domination d’une humeur est connue par des
    preuves que donne la médecine. La cinquième touche aux entretiens intimes de
    l’esprit. C’est une activité dont on est conscient, puisqu’elle se produit à l’état
    de veille : le ressassement de certaines idées est si intense que, la nuit venue,
    elles se transforment en rêves. La sixième vient de Satan. Ce sont des
    suggestions qui vont à l’encontre de la loi religieuse, ou qui sont légales, mais
    débouchent sur quelque chose de condamnable, comme de faire des pèlerinages
    surérogatoires au détriment de la famille et des parents. La septième contient en
    partie des visions oniriques. La huitième est la seule que l’on puisse traverser.
    Elle échappe aux catégories précédentes et vient du royaume des visions, de la
    tablette gardée touchant aux affaires de ce monde-ci ou à celles de l’au-delà, en
    bien comme en mal, sans rien en omettre:
    Le connaît qui le connaît, l’ignore qui l’ignore, le mentionne qui le mentionne, l’oublie qui l’oublie !
    C’est le seul type qui requière l’interprétation anagogique, et aucun autre que celui-ci ne le
    peut…..
    Source Sanhaji au confluent des cultures

  38. Modibo dit :

    DE L’HOMME VICAIRE DE DIEU SUR TERRE !

    Au Nom d’Allah le Tout Miséricordieux le Très Miséricordieux, et que le salut et la paix d’Allah soient sur le plus noble des messagers, notre prophète Mohammad. Louange à Allah, nous recourons à Lui et nous Lui demandons de nous guider, nous pardonner, et nous préserver de nos mauvaises actions. Celui à qui Allah montre le bon chemin est guidé et celui qui s’égare n’a ni maître ni conseiller.

    Objectif :

    La dernière fois, nous avons parlé des raisons qui nous ont poussés à choisir ce sujet : Récits des envoyés de Dieu. C’était une introduction résumant les objectifs de l’analyse de tels récits, la différence entre messager et prophète, leur nombre, etc.

    Il est donc naturel que nous commencions aujourd’hui par l’histoire du premier prophète Adam (BP sur lui). Certes, c’est le premier prophète et le premier homme aussi, mais avant lui, comment était-ce ? Comment était l’univers ? Qu’y avait-il avant Adam, avant la création du Paradis, avant les Anges, avant les cieux la terre et les montagnes, avant les océans, nuages et air ? Ce sont des interrogations qui nous ramènent au début, le début de tout.

    Au début, il y avait seulement Dieu et rien d’autre. Allah que Son nom soit exalté dit –ce qui peut être traduit comme : «C’est Lui qui a créé les cieux et la terre en six jours puis Il S’est établi sur le Trône; Il sait ce qui pénètre dans la terre et ce qui en sort, et ce qui descend du ciel et ce qui y monte, et Il est avec vous où que vous soyez. » (TSC[1], Al-Hadîd ‘Le Fer’ : 4). C’est une vérité qui donne à réfléchir. Quelle est donc notre vraie place dans cet univers ? A la fin de ce discours, vous découvrirez que nous sommes infiniment petits !

    Le commencement de la création :

    En voyant tant de gens, de technologies, de créatures, il est difficile de penser qu’à un moment donné, au tout début, rien de tout cela n’existait et Qu’il y avait seulement Dieu. Un homme vint voir le prophète (BP sur lui) et lui demanda : « Où était notre Dieu avant d’avoir créé les cieux et la terre ?

    Le prophète répondit : Il était dans le vide. » (Rapporté par Imam Ahmad.) Le mot ‘vide’ ici traduit le mot ‘’ama’’ qui signifie ce que le cerveau ne peut percevoir ou imaginer.

    Imran Ibn Houssain -Que Dieu l’agrée- a rapporté : « Un groupe de Yémen arriva chez le prophète et lui demanda : « ô envoyé de Dieu, nous sommes venus apprendre la religion et pour savoir comment tout a commencé ? Le prophète (BP sur lui) répondit : « Dieu seul exista d’abord et rien hormis Lui. Son Trône était sur l’eau, Il écrivit sur la tablette toute chose et Il créa les cieux et la terre. ». Que sommes-nous donc comparés à tout ce pouvoir ?

    Allah nous le rappelle si bien –ce qui peut être traduit comme : « S’est-il écoulé pour l’homme un laps de temps durant lequel il n’était même pas une chose mentionnable ? » (TSC, Al-‘Insân ‘L’Homme’ : 1). Il s’est donc passé un temps où nous n’existions pas, où nous n’étions rien, pourquoi alors nous conduisons-nous avec arrogance ? Pourquoi refusons-nous d’obéir à notre Créateur ?

    « Ils n’ont pas estimé Allah comme Il devrait l’être alors qu’au Jour de la Résurrection, Il fera de la terre entière une poignée, et les cieux seront pliés dans Sa [main] droite. Gloire à Lui ! Il est au-dessus de ce qu’ils Lui associent » (TSC, Az-Zoumar ‘Les Groupes’ : 67). Faudra-il attendre le jour de la résurrection pour nous rendre compte de nos erreurs ? Mais de ce jour là Allah dit –ce qui peut être traduit comme : « Le jour où Nous plierons le ciel comme on plie le rouleau des livres. Tout comme Nous avons commencé la première création, ainsi Nous la répéterons ; c’est une promesse qui Nous incombe et Nous l’accomplirons ! » (TSC, Al-‘Anbiyâ’ ‘Les Prophètes’ : 104.)

    Abdellah Ibn Umar raconte qu’un jour le prophète monta sur la chaire et répéta à voix haute ce verset plusieurs fois –ce qui peut être traduit comme : « Ils n’ont pas estimé Allah comme Il devrait l’être. » Puis il entama de réciter les plus beaux noms de Dieu, ensuite il dit : «Allah se complémente et dit : Je suis Le Souverain, Je suis Le Contraignant, Je suis Le Très Fort, Je suis Le Puissant, Je suis Le Premier, Je suis Le Dernier.

    Le prophète répétait frénétiquement les plus beaux noms de Dieu et nous regardions la chaire trembler ». La chaire, faite de bois, a tremblé d’émotion alors que nos cœurs sont durs. «Les sept cieux et la terre et ceux qui s’y trouvent, célèbrent Sa gloire.

    Et il n’existe rien qui ne célèbre Sa gloire et Ses louanges. Mais vous ne comprenez pas leur façon de Le glorifier. Certes c’est Lui qui est Indulgent et Pardonneur. » (TSC, Al-‘Isra’ ‘Le Voyage Nocturne’ : 44.)

    Qui es-tu donc pour dire :’je ne veux pas effectuer la prière’ ?! Qui es-tu pour dire :’Je n’ai pas envie de porter le voile ?! Et alors que Dieu (que Son nom soit exalté) dit –ce qui peut être traduit comme : «…Agissez avec bonté envers (vos) père et mère » (TSC, An-Nisâ’ ‘Les Femmes’ : 36), tu continues à leur être ingrat et désagréable!
    Cela était le commencement ; comment sera la fin ? Nous avons rempli ce monde, nous estimons que c’est le notre, mais qu’en est-il vraiment ?

    La fin de la création :

    Nous avons besoin de parler de la fin comme nous avons parlé du commencement, pour nous rendre compte de notre faiblesse et de notre constant besoin de Dieu.

    «Et on soufflera dans la Trompe, et voilà que ceux qui seront dans les cieux et ceux qui seront sur la terre seront foudroyés, sauf ceux qu’Allah voudra [épargner]… » (TSC, Az-Zoumar ‘Les Groupes’ :68)

    Quel est donc ce souffle qui foudroie toutes les créatures, les bêtes, les hommes, les djinns ?

    Mais qui sont ceux qu’Allah voudra épargner ?
    A cet instant, Allah (que Son nom soit exalté) demande : « Ange de la mort, qui est resté en vie ? L’ange répond :- Israfil, Gabriel, Mikaël et moi Ton serviteur. -C’est-à-dire qu’à cet instant tu es mort, tu n’existes plus. Cela te fait-il un peu penser à tes péchés ? Combien d’années es-tu resté éloigné d’Allah ? Où es-tu en ce moment ?- Allah ordonne : « Ange de la mort, prends l’âme d’Israfil » Puis dit : « Qui est resté en vie ? » -Gabriel, Mikaël et Ton serviteur. Allah dit : « Ange de la mort, prends l’âme de Mikaël, puis l’interpellera de nouveau : Ange de la mort prends l’âme de Gabriel, ensuite demandera : Qui est resté en vie ?- Ton serviteur, ô Seigneur. Allah dit : « Ange de la mort, prends ton âme. » Allah dit alors : « Où sont les puissants? Où sont les hautains ? A qui appartient la royauté, aujourd’hui ? Mais personne ne répond puisqu’il n y a plus personne, alors Allah dit : La royauté est à Allah, l’Unique, le Dominateur. Le prophète (BP sur lui) a dit : « Allah (que Son nom soit exalté) dit : ‘La royauté aujourd’hui est à Allah, l’Unique ; le Dominateur, quarante’ ». Le temps est aboli et on ne sait pas s’il s’agit de quarante jours ou mois ou années. La Royauté est à Allah Seul. As-tu saisis le sens des beaux noms d’Allah ‘le Premier’ et ‘le Dernier’ ?
    « Tout ce qui est dans les cieux et la terre glorifie Allah. Et c’est Lui le Puissant, le Sage. A Lui appartient la souveraineté des cieux et de la terre. Il fait vivre et il fait mourir, et il est Omnipotent. C’est Lui le Premier et le Dernier, l’Apparent et le Caché et Il est Omniscient. » (TSC, Al-Hadîd ‘Le Fer’ : 1-4).

    Le prophète (BP sur lui) avait l’habitude de dire cette invocation : « Ô Allah, Seigneur des sept cieux et du Trône sublime, notre Seigneur et Seigneur de toute chose, O Allah, Tu es le Premier et rien n’existe avant Toi, Tu es le Dernier, rien n’existe après Toi, Tu es l’Apparent, rien n’existe au-dessus de Toi, Tu es le Caché, rien n’est plus près que Toi. ». Ce sont des mots qui remplissent le cœur d’adoration et d’amour pour Son créateur. Ce qui résume un des objectifs de l’étude des histoires des prophètes cités dans l’introduction qui est la consolidation de notre foi et croyance.

    Parmi les beaux noms de Dieu, figure le nom « Qui produit sans modèle ; Novateur », le verset le précise en effet –ce qui peut être traduit comme : « Ne voient-ils pas comment Allah commence la création puis la refait ?… » (TSC, Al-‘Ankaboût ‘L’Araignée’ :19) et aussi ce verset –ce qui peut être traduit comme : « Et c’est Lui qui commence la création puis la refait; et cela Lui est plus facile. Il a la transcendance absolue… » (TSC, Ar-Roûm ‘Les Romains’ :27). Nous n’existions pas, c’est Lui qui nous a créés. Sinon que répondre à ces questions ? «Ont-ils été créés à partir de rien ou sont-ils eux les créateurs ? Ou ont-ils créé les cieux et la terre ? Mais ils n’ont plutôt aucune conviction. Possèdent-ils les trésors de ton Seigneur ? Ou sont-ils eux les maîtres souverains ? » (TSC, At-Toûr : 35). Une interrogation réprobatrice qui nous incite à réfléchir sur le Créateur ; comment pouvons-nous Lui désobéir ?

    J’ai parlé du commencement et de la fin pour vous inciter à réfléchir sur la puissance divine, sur notre besoin de Lui et sur notre soumission à Allah. Beaucoup de nos jeunes sont prisonniers de leurs péchés ; les uns ont des relations illicites, les autres prennent de la drogue ; mais il est si simple de se libérer de tous ces péchés rien qu’en aimant Allah (que Son nom soit exalté). Si vous ressentez que vous êtes pauvres (dans le sens avoir besoin d’Allah), que vous avez besoin d’Allah, parlez lui, implorez Son pardon en Lui avouant votre faiblesse face aux péchés, Il vous aidera à vous en sortir et à vous repentir. Le prophète (BP sur lui) était l’exemple même de la soumission, il répétait fréquemment ces belles paroles d’invocation : « Ô mon Seigneur ! Je suis Ton serviteur, le fils de Ton serviteur, le fils de Ta servante, mon front est dans Ta main, Ton arrêt sur moi est exécutoire et le destin que Tu m’as prescrit est bien juste ». Le prophète (BP sur lui) raconte ce qu’il a vu dans son voyage nocturne : « J’ai vu Gabriel le jour de mon voyage semblable à une couverture de laine délavée par crainte d’Allah. » Avez-vous jamais ressenti ce sentiment de soumission et de crainte ?

    Abdelkader Al Kilani disait : « J’ai frappé aux portes et devant chaque porte je trouvais beaucoup de monde, j’ai essayé d’entrer par la porte de la prière mais j’ai trouvé des milliers devant la porte, puis j’ai frappé à la porte de la soumission et je n’ai trouvé personne alors je suis entré par cette porte et je vous ai dit entrez donc !»

    Les premières créations :

    Quelle est donc la première création d’Allah ? Certainement pas Adam qui fut créé en dernier, en parlant de ce sujet important, je fais attention à ne citer qu’une source sûre. Voici donc ce que dit le prophète dans un hadith rapporté par l’Imam Ahmed : « La première chose que Dieu créa est la plume (le Calame). Il dit : « écris tout ce qui sera dès maintenant et jusqu’au jour de la résurrection. » (Rapporté par Termizy, Abu Dawud et Imam Ahmad). Ce hadith a une version rapportée par Al Bûkhari : le prophète (BP sur lui) a dit : « Allah (que Son nom soit exalté) a dit à la plume : « Ecris Mon savoir sur toutes Mes créatures jusqu’au jour de la résurrection. »

    Il y a une question assez courante que certains posent dès qu’on leur dit que le destin a déjà été écrit : « Si tout est écrit depuis longtemps, pourquoi nous demandez-vous de faire ceci ou cela ?! ».
    J’ai trois remarques à vous faire :

    1) Qui sont les personnes qui posent généralement cette question ? Ce sont bien sûr les infidèles, avez-vous jamais entendu un bon croyant mentionner des doutes pareils ?!

    2) En ordonnant à la plume d’écrire Son savoir au sujet de ces créatures, Allah nous apprend qu’Il sait en avance ce que nous allons faire, Il ne nous oblige pas à commettre tel ou tel acte, en conséquence, nous sommes parfaitement responsables de nos actes.
    Prenons un exemple pour éclaircir cette idée. Soit un père qui a trois enfants. Il les rassemble et leur donne à chacun,10 livres , et leur dit : « Faites-en ce que vous voulez », puis il prend un cahier et écrit ceci : Le premier dépensera l’argent pour faire du bien, le deuxième qui est avare ne le dépensera pas, le troisième dépensera son argent dans quelque chose de mal. Après le retour des enfants, il s’avère que tout s’est passé comme avait prévu le père. Les avait-il obligés à quelque chose ? Non ! Seulement c’est leur père, il connaît leur façon de se conduire.

    Donc la transcription du destin dans les Tablettes est une transcription du savoir divin et non pas une transcription de contrainte. Et si vous avez encore des doutes sur ce sujet, posez-vous la question : Allah est-Il injuste ? Tant que tu es sûr qu’Il (exalté soit-Il) est juste, tu n’as aucun souci à te faire.

    Considérons les beaux noms de Dieu, n’ y a-t-il pas parmi ces noms, Le Juste, Le Miséricordieux ?! Comment pouvons-nous donc douter de sa justice ?
    Mais parlons plutôt du côté le plus important. Allah sait ce que nous faisons à chaque moment de notre vie, comment pouvons-nous Lui désobéir ? Avant de commettre un péché quelconque, le jeune homme s’assure d’abord que ses parents sont endormis, il s’enferme alors dans sa chambre.

    Ne sait-il pas que Dieu le regarde? Le lendemain il se dit tout content de lui : « c’est bien, personne ne m’a vu. » ! Si quelqu’un le voyait, il en mourrait de honte, mais son cœur ne tremble même pas à la pensée que Dieu le regarde ! Ecoutez ce verset –ce qui peut être traduit comme : « Ne vois-tu pas qu’Allah sait ce qui est dans les cieux et sur la terre ? Pas de conversation secrète entre trois sans qu’Il ne soit leur quatrième, ni entre cinq sans qu’Il ne soit leur sixième, ni moins ni plus que cela sans qu’Il ne soit avec eux, là où ils se trouvent. Ensuite, Il les informera, au Jour de
    la Résurrection, de ce qu’ils faisaient, car Allah est Omniscient. » (TSC, Al-Moujâdala ‘La Discussion’ :7).

    Le fait que tout soit déjà écrit, est une chose qui doit nous pousser à être confiant en Dieu.
    Oui, car enfin, pourquoi vous vous en faites pour votre avenir ? Ne faites-vous pas ce que vous devez faire ? Etudiez, apprenez, œuvrez et ne vous préoccupez pas du reste !

    La mère qui ne dort pas la nuit parce que sa fille aînée n’est pas encore mariée, apprenez madame que tout a été écrit, le nom du mari de votre fille comme tout le reste, alors pourquoi vous en soucier ?!

    Regarde comment le prophète (BP sur lui) apprend des concepts de foi importants à un gamin de treize ans -Ibn Abbas –Que Dieu l’agrée- a raconté « J’étais monté sur un chameau derrière le prophète (BP sur lui) quand il me dit : « Jeune homme ! Je veux t’enseigner des mots : « Respecte
    Dieu, tu Le trouveras toujours avec toi. Si tu veux quelque chose, sollicite Dieu. Si tu veux demander assistance, demande l’assistance à Dieu et Sache que si tous les hommes s’unissaient pour te rendre un service, ils ne pourraient le faire que dans la mesure où cela aurait été décrété par Dieu. Et si les hommes s’unissaient pour te nuire, ils ne pourraient le faire que dans la mesure où cela aurait été décrété par Dieu. Les plumes sont levées et les pages sont séchées. »

    Les deux premières créations sont donc la plume et la tablette préservée.
    Mais il y a quelque chose avant ces deux créations, quelque chose de très majestueux, quelque chose que nous verrons au paradis si Dieu le veut : le Trône du Tout Miséricordieux.

    Le prophète (BP sur lui) dit : « Dieu seul exista d’abord et rien hormis Lui. Son Trône était sur l’eau. » Mais êtes-vous désireux de voir le Trône ? Le prophète (BP sur lui) a dit : « Lorsque vous sollicitez Dieu, sollicitez l’Eden [le firdaws], c’est le milieu du paradis, et l’endroit le plus haut du paradis, et son toit est le Trône du Tout Miséricordieux. »
    Ceux qui résident dans l’Eden n’ont qu’à lever la tête pour voir le Trône. Mais est-ce que quelqu’un désire vraiment ce rang ? Ou bien, pensons-nous uniquement à manger, boire, travailler et mourir ?! Y ‘a-t-il des personnes qui possèdent cette motivation, et qui se disent : « Mon but est l’Eden, je ferai tout mon possible pour y arriver et Allah m’aidera »?

    Le prophète (BP sur lui) a dit : « Le premier ciel par rapport au second n’est qu’un grain de sable dans un désert, le second ciel par rapport au troisième n’est qu’un grain de sable dans un désert, de même que le troisième par rapport au quatrième, de même que le quatrième par rapport au cinquième, de même que le cinquième par rapport au sixième, et de même que le sixième par rapport au septième ciel. Le septième ciel par rapport au siège n’est qu’un grain de sable dans un désert, et le siège par rapport au Trône n’est qu’un grain de sable dans un désert, et le Trône par rapport à la main du Tout Miséricordieux n’est qu’un grain de sable dans un désert !

    Le prophète (BP sur lui) a dit, d’après Abdillah Ibn Amr Ibn Al-Aç : « Dieu a écrit la destinée de toutes les créatures cinquante mille ans avant la création des cieux et de la terre et Son trône était sur l’eau» (Rapporté par Muslim).

    Le prophète (BP sur lui) a dit, d’après Abu Hurayra : « Les gens ne cesseront pas de s’interroger mutuellement jusqu’à arriver à poser cette question: « Voilà qu’Allah a créé tout l’univers; qui est donc le créateur d’Allah? ». Au cas où vous heurteriez à cette question, invoquez la protection divine en disant: « J’ai foi en Allah! »». (Rapporté par Muslim)

    Le prophète dit aussi : « Méditer sur la création de Dieu, ne méditez point sur Son Essence, car vous ne L’estimerez pas comme Il doit l’être. » Ne cherche pas à méditer sur l’essence divine et dis-toi qu’il n’y a rien qui Lui ressemble.

    Le prophète (BP sur lui) a dit : « Les gens vont vous poser des questions à propos de tout, jusqu’à vous demander : « Voici ce que Dieu a créé, Qui a donc créé Dieu ? Si on vous le demande, dites : Dieu est avant tout, et a créé toute chose, et sera après toute chose. ».

    Un homme est venu voir Ibn Abbas et lui dit :’Je pense à des choses.’ –Quelles choses ? demanda Ibn Abbas. –Je n’ose pas les dire ! répondit l’homme. –Des doutes ? demanda Ibn Abbas. –Oui, répondit l’homme. Ibn Abbas rit de bon cœur et dit :-C’est tout à fait normal, chacun a ce genre de pensées au début de sa relation avec Allah. Si tu as de telles pensées, répète ces mots : Il est le Premier et le Dernier, Il est l’Apparent, et le Caché, il n’ y a d’autre divinité que Dieu.
    Des jeunes gens viennent me voir et me disent que depuis qu’ils ont quitté les péchés, ils commençaient à penser à des choses auxquelles ils ne pensaient jamais auparavant !

    Je vous rassure tout de suite, nous pouvons surpasser ce problème très facilement.

    Premièrement, il faut que vous sachiez que vous êtes bons, ce genre de doutes ne provient absolument pas de vous mais du diable, qui, conscient, que vous êtes entrain de lui échapper, tente de vous troubler et vous déstabiliser.

    Deuxièmement, au moment où ses pensées traversent votre esprit, dépêchez vous de dire ceci : «Je crois en Dieu et en son prophète. Il est le Premier et le Dernier, Il est l’Apparent, et le Caché, il n’ y a d’autre divinité que Dieu».

    Troisièmement et pour vous débarrasser progressivement de ces pensées, chaque fois que vous en avez, faites une aumône, après deux ou trois mois, le diable aura assez que vous accumuliez des bienfaits grâce à lui, il vous laissera tranquille, mais méfiez-vous, il ira trouver quelque nouvelle issue.

    Création des cieux et de la terre.

    « Allah qui a créé en six jours les cieux et la terre, et ce qui est entre eux. Ensuite Il S’est établi «Istawā» sur le Trône» (TSC, As-Sajda ‘La prosternation’ :4).

    La durée de la création est donc de six jours, puis Allah nous explique cette création plus en détail –ce qui peut être traduit comme : « Dis : « Renierez-vous [l’existence] de celui qui a créé la terre en deux jours, et Lui donnerez-vous des égaux ? Tel est le Seigneur de l’univers, c’est Lui qui a fermement fixé des montagnes au-dessus d’elle, l’a bénie, et lui assigna ses ressources alimentaires en quatre jours d’égale durée. [Telle est la réponse] à ceux qui t’interrogent. Il S’est ensuite adressé au ciel qui était alors fumée et lui dit, ainsi qu’à la terre : « Venez tous deux, bon gré, mal gré ». Tous deux dirent : « Nous venons obéissants. ». Il décréta d’en faire sept cieux en deux jours et révéla à chaque ciel sa fonction… ». (TSC, Foussilat ‘Les Versets Détaillés’ :9-12).

    A-t-il fallu quatre ou deux jours pour créer la terre ? Ils sont quatre jours dont deux jours pour créer la terre et deux jours pour y assigner ses ressources. Cela fait six jours avec les deux jours nécessaires pour la création des cieux.

    Il est une question qu’on pourrait se poser : Si Dieu est capable de créer l’univers par le seul mot « sois » et il est aussitôt, pourquoi les a-t-Il créés en six jours ?
    Il y a une leçon à tirer de cela, c’est qu’en fait tout doit se faire d’une manière progressive. Prenons l’exemple de quelqu’un qui tient absolument à ce que son ami effectue la prière, il conseille, insiste et réprimande son ami sans relâche. Après un certain temps, son ami sera plus contrarié que convaincu ! Il faut donc procéder par étapes en toutes choses et respecter la loi de l’univers qui consiste à donner à chaque chose son temps.

    Les juifs prétendent que Dieu a créé les cieux et la terre en six jours et qu’Il s’est reposé le septième jour ! Dieu (que Son nom soit exalté) leur répond –ce qui peut être traduit comme : « En effet, Nous avons créé les cieux et la terre et ce qui existe entre eux en six jours, sans éprouver la moindre lassitude. Endure donc ce qu’ils disent. ». (TSC, Qâf : 38). Dieu a mentionné ici l’endurance pour nous apprendre que pour toutes les actions que nous entreprenons, nous aurons besoin d’endurance et de persévérance. L’endurance est la solution à tous les problèmes.
    Création de choses extraordinaires :

    Les matrices :

    Dieu a créé des choses différentes qui relèvent plus des symboles et des concepts que des créatures. La première est la matrice ‘symbolisant le lien de parenté’. Abu Hurayra a rapporté que l’envoyé de Dieu (BP sur lui) a dit : « Allah a créé les êtres et lorsqu’il eut achevé la Création, le lien de parenté se leva et dit: « Voici le séjour de celui qui demande refuge contre la rupture des liens de parenté? ». – « Oui, répondit Allah, ne seras-tu pas satisfait que Je rapproche de Moi celui qui te maintient et que Je rompe avec celui qui te rompt? ». – « Certes oui, Seigneur », répondit-il. – « Eh bien! Je te l’accorde », reprit Allah»

    Allah accorde cette faveur en effet au lien de parenté, revoyez donc vos relations avec vos parents et tous vos proches car le lien de parenté nous en demandera compte au jour de la résurrection. Le prophète (BP sur lui) dit qu’au jour de la résurrection le lien de parenté sera accroché au bord du Sirat et demandera compte à chacun qui le traverse. Ceci ne vous fait pas réfléchir ? Aucune raison ne vous donne le droit de rompre vos liens de parenté, ni argent, ni brouille et encore moins les querelles et les malentendus.

    La porte du repentir :

    Un des compagnons du prophète (BP sur lui) rapporte : Une fois le prophète nous parla longuement. Il nous a mentionné une porte de l’Ouest dont la largeur est tellement grande qu’un chevalier ne pourra la parcourir qu’après quarante ou soixante années. Cette porte se trouve en face de Damas, Dieu l’a créée le jour où Il a créé les cieux et la terre. Elle restera ouverte pour le repentir, et ne se fermera pas avant que le soleil ne se lève de l’Ouest. »

    Dans ce hadith deux faits sont très révélateurs. Premièrement que la porte a été créée bien avant l’homme, ce qui veut dire que la miséricorde d’Allah est sans limites, puis que la porte est ouverte avant même qu’il ne soit créé.

    L’entrée par cette porte est chose aisée. En effet se repentir consiste en trois étapes : regretter les fautes déjà commises, cesser de les commettre et s’engager à ne plus les commettre.

    Que ce soit des relations illicites, abandon de la prière, ingratitude envers les parents, tout est pardonné, effacé, dès que ces trois points sont respectés. Pourquoi attendre alors ?!
    Il faut savoir que la porte ne restera pas ouverte éternellement, elle se fermera le jour où le soleil se lèvera du côté de l’est, et alors le repentir ne sera plus possible.

    Le livre :
    Dieu a écrit un livre avant de créer les cieux et la terre de deux milles ans. De ce livre deux versets ont été descendus sur l’homme. Quiconque lira ces versets trois nuits de suite, le diable n’approchera point sa demeure. Ces deux versets sont les derniers de la sourate Al Baqara –ce qui peut être traduit comme : « Le Messager a cru en ce qu’on a fait descendre vers lui venant de son Seigneur, et aussi les croyants : tous ont cru en Allah, en Ses anges, à Ses livres et en Ses messagers ; (en disant) : « Nous ne faisons aucune distinction entre Ses messagers ». Et ils ont dit : « Nous avons entendu et obéi. Seigneur, nous implorons Ton pardon. C’est à Toi que sera le retour ». Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. Elle sera récompensée du bien qu’elle aura fait, punie du mal qu’elle aura fait. Seigneur, ne nous châtie pas s’il nous arrive d’oublier ou de commettre une erreur. Seigneur ! Ne nous charge pas d’un fardeau lourd comme Tu as chargé ceux qui vécurent avant nous. Seigneur ! Ne nous impose pas ce que nous ne pouvons supporter, efface nos fautes, pardonne-nous et fais nous miséricorde. Tu es Notre Maître, accorde-nous donc la victoire sur les peuples infidèles. » (TSC, Al-Baqara ‘La Vache’ : 285-286.)

    « Nous avons entendu et obéi. » Ne pouvons-nous pas respecter notre parole ?
    Ne pouvons-nous pas nous engager à obéir à Allah, en effectuant la prière à son heure ? En baissant le regard sur les choses interdites ? En cessant de dire du mal des autres ?

    La Mecque :
    Le prophète (BP sur lui) a dit : « …Ce pays, Allah l’a rendu sacré, le jour où Il a créé les cieux et la terre. Ce territoire restera sacré par l’ordre d’Allah jusqu’au Jour de la Résurrection… » (Rapporté par Al-Boukhâri) Eprouvons-nous l’envie de la visiter ?

    La miséricorde :
    Abû Hurayra (qu’Allah soit satisfait de lui) a dit: L’Envoyé d’Allah (BP sur lui) a dit: Lorsque Allah eut terminé l’œuvre de la Création, II écrivit sur Son Livre, qui se trouve par-devers Lui, au-dessus du Trône: « Certes, Ma miséricorde l’emporte sur Ma colère! »

    ‘Abû Hurayra (qu’Allah soit satisfait de lui) a dit: J’ai entendu l’Envoyé d’Allah (BP sur lui) dire: « Allah a fait que la miséricorde soit formée de cent parties dont Il garda quatre-vingt-dix-neuf par-devers Lui, et envoya une seule partie sur la terre. C’est grâce à cette partie que tous les êtres sont animés d’un sentiment de bonté les uns envers les autres si bien que la bête de somme écarte son sabot de son petit dans la crainte de le blesser. Le jour de résurrection, Allah reprend cette partie et l’ajoute aux quatre-vingt-dix-neuf et répand le tout sur Ses créations, il ne sera alors perdu qu’un véritable malheureux ». C’est dire que la miséricorde de Dieu est sans limite.

    Création des Anges et des djinns.

    Parler des anges serait particulièrement apprécié par vous si vous croyez très fort en leur existence. Voici le premier hadith qui montre bien que notre foi ne serait complète sans cela.
    Abou Horaira- Que Dieu l’agrée- a rapporté : ‘Un jour que le prophète (BP sur lui) s’était montré aux gens, un homme vint vers lui et lui dit : ‘Qu’est-ce que la foi ? – Elle consiste à croire en Dieu, en Ses anges, à Sa rencontre (au jour de la résurrection), en Ses envoyés, et de croire aussi à la résurrection.

    Ce hadith nous montre de quoi sont crées les anges. Aicha –Que Dieu l’agrée- a rapporté que l’envoyé de Dieu (BP sur lui) a dit : « Les anges sont créés de la lumière, les djinns d’un feu pur, et Adam de la façon qu’on vous a décrite. »

    Les anges ont été créés avant Adam, ceci nous est prouvé par ce verset –ce qui peut être traduit comme : « Lorsque Ton Seigneur confia aux Anges : « Je vais établir sur la terre un vicaire (Khalifa) » (TSC, Al-Baqara ‘La Vache’ :30). Mais peut on les décrire ?

    Nous allons rapporter ce que dit le prophète (BP sur lui) lorsqu’il vit Gabriel pour la première fois : « J’ai vu Gabriel dans sa réelle image, il a six cents ailes dont chacune couvrait tout l’horizon ; je le voyais partout dans le ciel. »
    Songez combien il est grand, et songez combien nous sommes petits ! Je ne fais pas que vous donner des informations, il faut que cela vous incite à réagir, à améliorer vos prières et tous vos autres actes de foi.

    Il a été rapporté, dans leur description, que le prophète (BP sur lui) a dit : « J’ai été autorisé à parler d’un des anges qui portent le Trône, entre le lobe de l’oreille de l’un d’entre eux jusqu’à son épaule il y a une distance de sept cents années. » (Rapporté par Abu Dawud). Rappelles-toi des versets –ce qui peut être traduit comme : «Etes-vous plus durs à créer ? ou le ciel, qu’Il a pourtant construit » (TSC, An-Nâwi’ât ‘Les Anges qui arrachent les âmes : 27).

    Tous les anges ont-ils des ailes ? Allah (que Son nom soit exalté) dit –ce qui peut être traduit comme : « Louange à Allah, Créateur des cieux et de la terre, qui a fait des Anges des messagers dotés de deux, trois ou quatre ailes. Il ajoute à la création ce qu’Il veut, car Allah est Omnipotent. » (TSC, Fatîr ‘Le Créateur’ : 1)

    Les anges font aussi objet de préférence selon leur statut. Gabriel (Paix sur lui) vint trouver le prophète (BP sur lui) et lui dit :’Comment considérez-vous ceux qui ont pris part à la bataille de Badr ? ‘Il lui répondit :’Nous les considérons les meilleurs des musulmans’. Gabriel dit : ‘Nous avons la même estime pour les anges qui ont participé à Badr ». Contrairement aux hommes, les anges ne mangent pas et ne boivent pas. Allah dit –ce qui peut être traduit comme : « Puis, lorsqu’il vit que leurs mains ne l’approchaient pas, il fut pris de suspicion à leur égard et ressentit de la peur vis-à-vis d’eux. Ils dirent : « N’aie pas peur, nous sommes envoyés au peuple de Lot » (TSC, Hoûd : 70). «Ensuite il l’approcha d’eux… »Ne mangez-vous pas ? » dit-il. Il ressentit alors de la peur vis-à-vis d’eux…» (TSC, Adh-Dhâriyât ‘Qui Eparpillent’ : 27-28)

    Quel est leur nombre ? « Chaque jour il y a 70 mille anges qui circulent autour de la Maison peuplée [demeure céleste au septième ciel au dessus de la Ka’ba] et qui ne reviennent pas, jusqu’au jour de la résurrection. » 70 mille par jour, combien cela fait dans une année ? Combien cela ferait dans des millions d’années ? Le prophète (BP sur lui) dit : «Au jour de la résurrection on fera venir la Géhenne munie de soixante dix mille rênes, chacun des rênes sera tenu par soixante dix mille anges qui la traînent. »

    Les anges, comme l’homme, invoquent Dieu et lui obéissent de différentes manières. Allah (que Son nom soit exalté) dit en parlant des anges –ce qui peut être traduit comme : « Ils exaltent Sa Gloire nuit et jour et ne s’interrompent point. » (TSC, Al-‘Anbiyâ’ ‘ Les prophètes’ : 20) Les anges disent –ce qui peut être traduit comme : «nous sommes certes, les rangés en rangs ; et c’est nous certes, qui célébrons la gloire [d’Allah] » (TSC, As-Sâffât ‘Les rangées’ : 165). Les anges ne s’interrompent jamais d’exalter la gloire de Dieu, alors que nous avons du mal à évoquer Dieu et à

    Le mentionner même pour quelques minutes !

    Les anges ont une grande crainte de Dieu. Allah décrit cette crainte –ce qui peut être traduit comme : «Et ils n’intercèdent qu’en faveur de ceux qu’il a agréés [tout en étant] pénétrés de Sa crainte. » (TSC, Al-‘Anbiyâ’ ‘Les Prophètes’ : 28) Il y a des personnes qui n’ont jamais ressenti ce sentiment de crainte, qui ne se sont jamais repenties, n’ont jamais effectué une prière en étant soumises et craintives !

    Les anges sont craintifs nuit et jour, pourquoi nos cœurs sont-ils si durs ?! « Le moment n’est-il pas venu pour ceux qui ont cru, que leurs cœurs s’humilient à l’évocation d’Allah et devant ce qui es descendu de la vérité [le Coran] …» (TSC, Al-Hâdid ‘Le fer’ : 16)
    Les anges font aussi le pèlerinage autour de
    la Maison

    peuplée qui est une demeure céleste qui se trouve au septième ciel au-dessus de
    la Ka’ba. Allah que son nom soit exalté dit –ce qui peut être traduit comme : «Par At-Tur ! Et par un Livre écrit, sur un parchemin déployé ! Et par la Maison peuplée ! » (TSC, At-Toûr : 1-4) Je saisis cette occasion pour conseiller aux jeunes gens de faire le pèlerinage.

    Ne dites pas que vous êtes trop jeunes, je vous assure que cela vous sera très bénéfique. Vous pouvez selon vos moyens effectuer le pèlerinage ou la oumra. Cela vous permettra de renforcer vos liens avec Dieu. D’ailleurs le prophète (BP sur lui) nous incite à imiter les anges. En effet, un jour il s’adresse à ses compagnons juste avant d’effectuer la prière : « Ne voulez-vous pas être en rang comme le font les anges auprès de leur Seigneur ? ». –Et comment les anges se mettent-ils en rang devant leur Seigneur ?demandent-ils. – Ils complètent le premier rang, reprit-il, et ils se serrent dans le rang. »

    Le prophète (BP sur lui a dit : « Le ciel gémit à juste raison car il n’y a pas dans les cieux l’emplacement de trois doigts sans qu’il n’y ait un ange debout, en inclination ou en prosternation, ils resteront ainsi jusqu’au jour de la résurrection où ils se redresseront et diront qu’ils n’ont pas adoré Allah comme il se doit »

    Allah n’a pas besoin de nos actes d’adoration, le ciel étant rempli d’adorateurs, mais nous avons besoin de Lui. «O hommes, vous êtes les indigents ayant besoin d’Allah, et c’est Allah, Lui qui se dispense de tout et Il est Le Digne de louange. S’Il voulait, Il vous ferait disparaître, et ferait surgir une nouvelle création. Et cela n’est point difficile pour Allah » (TSC, Fâtir ‘Le Créateur’ :15). Nous avons vu comment les anges adorent Allah et malgré cela nous Lui sommes plus chers quand nous
    L’adorons et les anges seront à notre service au Paradis «…De chaque porte, les Anges entreront auprès d’eux : « Paix sur vous… » » (TSC, Ar-Ra’d ’Le Tonnerre’ :23-24). Tu es meilleur pour Allah avec ton repentir.

    Les Anges meurent-ils ? «… Tout doit périr, sauf Son Visage… » (TSC, Al-Qassas ‘Le Récit’ : 88) «Et on soufflera dans la Trompe, et voilà que ceux qui seront dans les cieux et ceux qui seront sur la terre seront foudroyés, sauf ceux qu’Allah voudra [épargner]… » (TSC, Az-Zoumar ‘Les groupes’ : 68). Est-ce une mort respectant le cycle de la vie ou une mort à l’au-delà ? Nous ne savons pas et nous ne demandons pas.

    Quelles sont les mœurs des anges ? En fait, le prophète ne nous a parlé que d’une qualité : la pudeur. Un jour qu’il était allongé, il reçut Abu Bakr et Umar sans changer de position, mais lorsqu’on annonça l’arrivé de Othman, le prophète (BP sur lui) changea de position, on lui demanda la raison de son attitude, il répondit : «Comment ne pas ressentir de la pudeur devant quelqu’un pour qui les anges eux-mêmes expriment un respect pudique face à sa pudeur et ses valeurs morales?».

    Les anges sont pudiques, je dis cela à la jeune fille et au jeune homme, qui se parlent au téléphone à deux heures après minuit, où est passée votre pudeur ? Comment osez-vous tenir des propos indécents à l’heure où Dieu descend et dit : «Y a-t-il parmi vous quelqu’un qui veut se repentir pour que J’accepte son repentir ? Y a-t-il parmi vous celui qui demande pardon pour que Je le lui accorde ? ».Quelle serait votre réaction si votre père entendait de tels propos ? Ne seriez-vous pas honteux et embarrassés ? Dieu que Son nom soit exalté dit –ce qui peut être traduit comme : « Ne sait-il pas que vraiment Allah voit ? » (TSC, Al-‘Alaq ‘L’Adhérence’ : 14).

    On voit partout des exemples de manque de pudeur :

    La jeune fille qui rit aux éclats en pleine rue, ou qui danse dans un mariage en disant : ‘Je danse juste parce que c’est un mariage !’. Ne sait-elle pas que la pudeur ne se divise pas : ou vous êtes pudique, ou vous ne l’êtes pas du tout.
    La jeune fille qui se permet d’avoir un petit ami. Ne ressens-tu pas de la honte en écoutant Dieu que Son nom soit exalté dire –ce qui peut être traduit comme : « ni ayant des amis clandestins » (TSC, ‘Anisâ’ ‘Les femmes’ : 25) ?

    Le jeune homme qui se croit le droit de connaître des filles avant le mariage, ne saisis-tu pas le sens de ce verset –ce qui peut être traduit comme : «… Et ce n’est pas un acte de bienfaisance que de rentrer chez vous par l’arrière des maisons. Mais la bonté pieuse consiste à craindre Allah.

    Entrez donc dans les maisons par leurs portes… » (TSC, Al Baqara ‘La Vache’ : 189). N’avez-vous pas honte de vous exhiber tous les deux dans les rues devant tout le monde ?
    La pudeur de la femme doit être sans limites, songez que pour prendre son avis pour son mariage, son père doit se contenter de son silence ?!
    Quelle est notre relation avec les anges ?

    Notre relation avec les anges est extrêmement plaisante. En fait les anges –ceux qui portent le Trône- prient pour nous et demandent le pardon de Dieu pour nous. Dieu que Son nom soit exalté dit –ce qui peut être traduit comme : «Ceux (les Anges) qui portent le Trône et ceux qui l’entourent célèbrent les louanges de leur Seigneur, croient en Lui et implorent le pardon pour ceux qui croient : « Seigneur ! Tu étends sur toute chose Ta miséricorde et Ta science. Pardonne donc à ceux qui se repentent et suivent Ton chemin et protège-les du châtiment de l’Enfer. » (TSC, Ghâfir ‘Le Pardonneur’ : 7) Vous vous rendez compte que les Anges demandent le pardon pour vous au septième ciel alors que vous ne voulez pas les connaître. Soyez sûr qu’il y a des choses plus magnifiques dont malheureusement beaucoup de personnes ignorent l’existence.

    Les anges nous portent les bonnes nouvelles. « Ceux qui disent : « Notre Seigneur est Allah », et qui se tiennent dans le droit chemin, les Anges descendent sur eux. « …N’ayez pas peur et ne soyez pas affligés ; mais ayez la bonne nouvelle du Paradis qui vous était promis » (TSC, Foussilat ‘Les versets détaillés : 30).

    Les anges nous entourent et veillent sur nous sans que nous ressentions combien cette proximité est bénéfique pour nous ! « Il [l’homme] a par devant lui et derrière lui des Anges qui se relaient et qui veillent sur lui par ordre d’Allah… » (TSC, Ar-Ra’d ’Le Tonnerre : 11). Ils nous entourent : Le prophète (BP sur lui) a dit : « Les anges n’ont de cesse de prier sur celui qui prie sur moi aussi longtemps que durera sa prière sur moi… ». Ils notent aussi toutes nos actions : « alors que veillent sur vous des gardiens, de nobles scribes. » (TSC, Al-‘Infitâr ‘La Rupture’ : 10-11) comme ils nous servent de messager. Le prophète (BP sur lui) dit : « Dieu possède des anges parcourant la terre et qui me transmettront les salutations de ma communauté. ».

    Les anges se chargent aussi de noter notre heure d’arrivée à la prière du vendredi : Le prophète (BP sur lui) a dit : « Lorsque vient le jour du vendredi, les anges se tiennent aux portes de toutes les mosquées et inscrivent les noms des fidèles dans l’ordre où ils sont entrés. Lorsque l’imam s’assied, ils ferment leurs registres et écoutent le sermon.» (Rapporté par Al-Bûkhari) Pour être inscrit, il faut arriver à l’heure, si vous arrivez en retard, c’est simple, votre nom ne sera pas retenu.

    Après toutes ces informations sur les anges, il vous est demandé de les aimer, d’aimer l’ange de droite et l’ange de gauche qui, inscrivent vos actions. Pensez qu’ils sont là au moment où vous allez commettre une mauvaise action. Le prophète (BP sur lui) dit : « Lorsque l’homme commet une faute, les anges s’éloignent de lui un mile par répugnance de ce qu’il vient de faire ». Il faut aussi que vous soyez propres, je dis cela aux fumeurs, les anges ne supportent pas l’odeur de la fumée pas plus que l’odeur de l’alcool. Le prophète (BP sur lui) a dit : «Les anges souffrent de ce dont le fils d’Adam souffre.»

    Un dernier point est à relever du hadith suivant, le prophète (BP sur lui) a dit : «L’ange (Gabriel) ne cessait de me recommander de bien traiter mon voisin, à tel point que j’ai senti qu’il voulait en faire l’un de mes héritiers. » La moindre des choses est d’honorer les anges qui sont vos voisins les plus proches.

    Sachant tout cela, nous devons croire en les Anges et en tout ce qui a été dit sur eux.

    Egalement, il faut croire en les djinns qui ont été créés après les Anges et avant Adam (Paix sur lui). Allah (Exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : « Nous créâmes l’homme d’une argile crissante, extraite d’une boue malléable. Et quant au djinn, Nous l’avions auparavant créé d’un feu d’une chaleur ardente. » (TSC, Al-Hijr : 26-27)

    Les djinns sont créés avant Adam et à partir de feu sans fumée, c’est un feu qui a l’effet de poison tellement elle est torride. « Il a créé l’homme d’argile sonnante comme la poterie ; et il a créé les djinns de la flamme d’un feu sans fumée » (TSC, Ar-Rahmân ‘Le Tout Miséricordieux’ : 14).
    Iblis appartient aux djinns : « Et lorsque Nous dîmes aux Anges : « Prosternez-vous devant Adam », ils se prosternèrent, excepté Iblis [Satan] qui était du nombre des djinns et qui se révolta contre le commandement de son Seigneur… » (TSC, Al-Kahf ‘La Caverne’ : 50).

    J’aimerais conclure avec une remarque. Allah a créé toutes les créatures, tels que les animaux, les oiseaux, etc. et ce n’est qu’ensuite qu’Il créa Adam. Pourquoi ?

    C’est que Allah a préparé tout l’univers pour recevoir Adam, oui, Allah dit –ce qui peut être traduit comme : « Lorsque Ton Seigneur confia aux Anges : « Je vais établir sur la terre un vicaire ‘Khalifa’… » (TSC, Al-Baqara ‘La Vache’ : 30).

    Nous avons un rang et une valeur supérieurs, nous n’avons pas été créés pour boire et manger ! Nous sommes responsables de gérer la terre, de faire en sorte qu’elle reste continuellement en parfaite harmonie avec son Créateur.

    Amr Khaled

  39. Modibo dit :

    Isaac (Ishaq) fIls d’Abraham :

    le noble, fils du noble, Ie saInt

    Isaac naquit alors que son pere avait cent ans et son frere
    Ismael quatorze. Quant A sa mere Sara, elle etait agee de quatre-vingt-dix
    ans lorsque la bonne annonce de sa naissance lui
    parvint. Dieu dit : « Nous lui times la bonne annonce
    d’Isaac comme prophete d’entre les gens vertueux. Et
    Nous Ie benimes ainsi que Isaac. Parmi leurs descendances
    il y a O’homme) de bien et celui qui est manifestement
    injuste envers lui-m@me. » (37, 112-113) Dieu a fait son
    eloge dans de nombreux versets de Son Livre saint.
    Nous avons rapporte, plus haul, Ie hadith d’Abu Hurayra
    on Ie Prophete, sur lui la grace et la paix, a dit : «Le noble, fils
    du noble, fils du noble, fils du noble, est Joseph fils de Jacob
    fils d’Isaac fils d’Abraham ».
    Les gens du Livre disent qu’A son mariage avec Rebecca
    la fille de Betouel, Isaac avait quarante ans et son pere emit
    encore vivant. lIs rapportent aussi que son epouse etait sterile
    et qu’il invoqua Dieu pour lui donner des enfants d’elle.
    Rebecca tomba alors enceinte de deux jumeaux qu’elle mit au
    monde. Le premier s’appelait Esau ; c’est lui que les Arabes
    appellent al-‘Ay~ ou ‘Ay~ft. II est, dit-on, l’ancetre des
    Romains. Quant au deuxieme, il s’appelait Jacob ou Israel.
    C’est de lui que se reclament les Juifs. lIs disent egalement
    qu’Isaac preferait son fils Esau A Jacob car c’etait son aine, et
    que sa femme Rebecca aimait Jacob par compassion pour lui
    car c’etait Ie plus jeune.

  40. Abdoulaye-garib27 dit :

    salam A la oumma
    @salam frère et maître MODIBO
    ———————————————–
    Anaa 7777 dit :
    23 octobre 2016 à 11 h 21 min
    « La hamza instable élidée peut même ne pas être écrite quand plusieurs mots avec une telle hamza se suivent. Ainsi, la célèbre formule d’ouverture du Coran بِسْمِ ٱللَّهِ, bi-smi-llāhi « au nom de Dieu », s’analyse بِ bi (particule de serment) suivi de إِسْمِ ʾismi, « nom » (portant une hamza instable) puis de اَللّٰه « ʾAllāh », (aussi avec hamza instable). Les deux derniers mots débutant chacun par une hamza instable élidée, une seule est écrite, au moyen du ʾalif waṣla, celle pour ʾAllāh. »
    —————————————————————–
    SALAM ALKM MON CHER MAîTRE & FRÈRE ANAA777
    VOTRE DEMONSTRATiON SEMBLE ASSEZ CORRECTE
    SUR LE PLAN GRAMMATiCAL LiTTERAiRE. J’ADMETS
    mais NOUS AVONS TENDANCE A OUBLIER 2 DETAiLS
    1- il n’y avait pas de ponctuation au temps du prophète.
    2- dans le coran nous avons effectivement les 2 mots :
    (Bismi بسم v1) et (Bi’ismi باسم s96v1) si on peut dire ainsi.
    —————————————————————–
    donc je suis d’accord avec vous sur le choix de:Bismi بسم
    mais
    il n’y a pas de mal non plus pour qui dira Bi’ismi باسم car
    c’est tout aussi correct et employer dans le même sens.
    « EN TON NOM » ou « AU NOM DE…. »
    —————————————————————–
    donc A ce niveau je ne vois pas de gros problématiques.
    mashaAllahou car dans la Basmala
    c’est après بسم Bismi que les choses deviennes ambigüës
    nous arrivons maintenant sur les raisonnements de maitre et frère
    BASSIROU CAMARA qui dit :
    24 octobre 2016 à 9 h 03 min
    Lisons ensemble : bi ismil-lâhir ra ahamânir rahiimin!!! (je précise que les différents attribus divins comportant ce verset sont tous conjugués au singulier),car,le fidèle s,adresse à dieu lui seul=illâhi au lieu du dieu de toutes les créatures des univers=allâhou etc..etc..!
    —————————————————————-
    SALAM ALKM MON CHER MAîTRE & FRÈRE BASSiROU
    JE PEUX TOUT AUSSi ADMETTRE VOTRE DEMONSTRATiON SUR CETTE BASMALA
    car EFFECTiVEMENT (ALLAHOU الله) et (iLAHi إله S114V3)
    ne s’écrivent pas de la même façon comme on le voit bien noter
    même si on ne comprend pas la Langue Arabe, on voit BiEN la difference entre
    ALLAHOU الله
    et
    iLAHi إله s114v3
    ——————————
    APPAREMMENT ce SONT 2 CHOSES DiFFERENTES comme on le voit tous.
    donc maintenant qu’on voit tous la difference d’écriture entre
    (ALLAHOU الله) et (iLAHi إله s114v3)
    quoique l’on le connaissait déjà mais c’est bien de le rappeler.
    maintenant
    voyons voir comment est noter la Basmala en question
    بسم الله الرحمن الرحيم
    donc on voit bien que c’est ALLAHOU الله qui est noter
    et non iLAHi إله qu’on trouve dans la dernière Sourate 114 au verset 3
    ————————————
    si on devrait prononcer iLAHi إله pourquoi donc ne pas noter ainsi
    بسم إله الرحمن الرحيم
    Là au moins il n’y aurait pas eu d’ambigüité ! certes !
    ———————————–
    il n’y a rien de tabous dans certaines écritures coraniques.
    tout est terre-a-terre (mais flexible et pas trop figer). car
    Dieu englobe toute chose et s’adapte A toute chose en Bien.
    ———————————–
    maintenant c’est aux musulmans (qui ont besoin de leur religion)
    de savoir comment cette écriture et sa prononciation sont si différentes ??
    ———————————–
    cette prononciation est devenu si general,
    qu’elle est devenue très naturelle aux yeux tous..
    ———————————-
    on peut aussi admettre les vocables de Bismillahi car
    ALLahou ou iLahi renvoie A la même et unique Divinité.!
    ———————————-
    iLAHi إله est l’énergie spirituelle (morale-mentale) entre l’homme et Dieu Très-Haut (3 Lettres)
    et
    ALLAHOU الله est l’énergie physique-cosmique (sans toucher) entre l’homme et Dieu Très-Haut (4 Lettres)
    ———————————–
    CE QUE BEAUCOUP OUBLi
    C’EST de se RAPPELER que nos ANCiENS CHEiKH et GUiDES NE POUVAiENT PAS FAiRE ATTENTION A TOUS LES DETAILS,
    CHAQUE ANCiEN NE PEUT APPORTER A LA OUMMA QU’EN FONCTiON DE CE QUE DiEU DANS SA GLOiRE LUi AURA FACiLiTÉ D’APPORTER A LA OUMMA.
    UNE SEULE PERSONNE NE PEUT PAS tout FAiRE,
    iL Y’A FORCEMENT DES SUJETS ou DETAiLS QUE CHACUN PEUT NE PAS Y S’iNTERESSER
    POUR des RAiSONS QUELCONQUES ou PAR MANQUE DE TEMPS..
    ———————————————————–
    EN TOUT CAS LA SUPPRESSION DES 2 AL dans « Al’Rahaman » et « al’Rahîm » se saurait être justifier en aucun cas.
    car
    on peut bien trouver des personnes qui s’appellent « Rashid »
    mais
    « AL Rashid » « le plus Droit Qui agit avec Droiture »
    semble spécifique A la Divinité
    ———————————————————–
    donc LA PRÉSENCE DES « AL’ » qui PRÉCÈDENT LES NOMS DiViN ont tout aussi leurs importances A jouer..
    car même si on a tendance A omettre les AL’ dans les calcul de Pm des Noms divin individuels
    comme dans « Rahaman » on compte 298 aulieu de « AL’Rahaman » qui fait 329
    cependant
    dans la Basmala, on oubli JAMAiS trop de calculer les 2 AL dans
    Bismillahi Al’Rahaman Al’Rahîm
    sinon
    sans les 2 AL le total de la Basmala donnerait ceci
    بسم الله ارحمن ارحيم
    somme numerique classic => 786 – 62 (les 2 AL) => 724
    et dans ce cas
    A quoi bon de considérer 786 ou 787 si on ne veut pas prononcer les 2 AL ??
    faudrait donc aussi les enlever dans les calculs. ce qui semble assez Logic !
    ———————-
    donc je conclu en disant que les 2 formes sont Admissibles A savoir :
    Bismillahi Al’Rahaman Al’Rahîm
    ou
    Bismi Allahou Al’Rahaman Al’Rahîm
    il peut même y avoir d’autres formes de prononciations !
    wa Allahou AaLam !
    ——————————-
    donc
    on peut bien les réciter sans les 2 AL mais dans ce cas,
    on peut pas trop escompter sur les bénefices des 2 « AL »
    ce qui es tout a fait Logic quoique
    Bismillahi ARahaman ARahîm
    soit tout aussi admissible mais incomplet !
    ——————————–
    mes respect A tous !
    ——————————–
    et Dieu connait mieux ce que gharib a dans son petit’cœur tout chaud !
    c’est aussi l’essentiel.
    ——————————-
    il y’a 2 bénéfices dans les « AL » qui précède les Noms divin
    – bénéfices spirituels certes
    – bénéfices mystiques certes
    car
    les Rouhan de la Basmala ne réagiront pas de la même façon avec les differentes prononciations A savoir

    Bismillahi ARahaman ARahîm
    ou
    Bismillahi AL’Rahaman AL’Rahîm
    ou
    Bismi Allahou AL’Rahaman AL’Rahîm
    ou
    Bismi Allahou AL’Rahaman AL’Rahîm
    ——————————–
    ce qui est Logic et dans
    « iLahi » on aura forcement A faire avec les Royhan de iLahi إله
    et
    dans الله on aura forcement A faire avec les Royhan du Nom suprême الله le Très-Haut et l’omnipotent (et c’est le Nom Suprême qu’on ne doit pas prononcer délibérément ! quoiqu’on a pris cet habitude !)
    ——————————–
    pareil si on prend l’exemple du Nom Latif
    on le trouve dans la s42v19 en ceci الله لطيف « Allahou Latif… »
    donc on voit bien l’omission volontaire du AL donc admissible ici !
    mais dans la s67v14 on a ceci
    ألا يعلم من خلق وهو اللطيف الخبير
    « Ala yahalam mane khalaqa waHouwa AL’Latîf AL’khabîr »
    donc
    ici on a « AL’Latîf » et non « Latif » tout court !
    ainsi
    si « Ya Latîf » ne repond pas vite pour certains
    pourquoi pas ne pas essayer
    « Ya Al’Latîf » ou « Ya Al’Rahaman »…etc…etc…
    ——————————-
    encore mes respect A tous
    @votre frère et apprenant Abdoulaye gharib27
    wa salam A tous.

  41. Modibo dit :

    Critiques des savants contre la narration d’Al-Waleed ibn Muslim.
    Il n’est permis d’appeler Dieu que par les noms cités dans le coran ou la sunnah ; mais on trouve dans ladite narration du hadith 21 noms qui ne remplissent pas cette condition :

    Al-Khāfid الخافض ; Al-Mu‘izz المعز ; Al-Moudhill المذل ; Al-‘Adl العدل ; Al-Jalīl الجليل; Al-Bā‘ith الباعث ; Al-Muhsi المحصي ; Al-Mubdi‘ المبدئ ; Al-Mu‘īd المعيد ; Al-Mumīt المميت ; Al-Wājid الواجد ; Al-Mājid الماجد ; Al-Wāly الوالي ; Al-Muqsit المقسط ; Al-Mughni المغنى ; Al-Māni‘ المانع ; Ad-Dār الضار ; An-Nāfi‘ النافع ; Al-Baqi الباقي ; Ar-Rashīd الرشيد ; As-Sabur الصبور

    L’Imam At-Tirmidhi, lorsqu’il a évoqué ces noms dans ses Sunan, a averti sur leur ton étrange, vu leur faiblesse et leur manque de preuves

    Les noms cités dans la narration d’Al walid ibn muslim sont les propos de ce dernier et non les paroles du prophète :

    يقول شيخ الإسلام ابن تيمية رحمه الله عن رواية الترمذي وابن ماجة : « وقد اتفق أهل المعرفة بالحديث على أن هاتين الروايتين ليستا من كلام النبي صلى الله عليه وسلم وإنما كل منها من كلام بعض السلف « . مجموع الفتاوى

    — Le Cheikh Ibn Taymiyya , MF9

    « Les connaisseurs du hadîth sont unanimes à dire que ces deux versions ne relèvent pas de la parole du Prophète, que Dieu le bénisse et le salue. Elles ne relèvent que de la parole de certains Prédécesseurs. »

    — MF9

    Ibn Hajar a souligné qu’il s’agit d’une incorporation :

    وساق الترمذي وابن حبان الأسماء. والتحقيق أن سردها إدراج من بعض الرواة

    — Ibn Hajar , Bulûgh ul-marâm, hadîth n° 12841

    « Il est relaté de Abû Hurayra qu’il a dit : Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) a dit : « Dieu a 99 Noms – 100 moins 1 – celui qui en fera le ihsâ’ entrera au paradis » : unanimement reconnu (comme authentique). At-Tirmidhî et Ibn Hibbân ont cité les Noms. L’avis pertinent est que cette citation est une incorporation (id’râj) de la part de certains transmetteurs »

    — Bulûgh ul-marâm, hadîth n° 12841

    Vu la chaine de transmission du hadith, Ibn Outheymine a révélé que ce hadith est faible :

    ولم يصح عن النبي صلى الله عليه وسلم تعيين هذه الأسماء، والحديث المروي عنه في تعيينها ضعيف ».

    — Ibn Outheymine, les règles optimale10

    « Ce n’est pas vrai que le prophète -la paix soit sur lui – a mentionné ces noms, et le hadith qui en parle est faible Da’îf »

    Les noms en vert sont cités dans la sunnah, ceux en jaune sont les noms absolus (الاسماء المطلقة) cités dans le coran puis en orange on trouve les noms restreints (الاسماء المقيدة) et les noms couplés (الاسماء المضافة) cités dans le coran :

    100 الأحد al-Ahad Dieu est Unique 11 قُل ھُوَ اللهُ أَحَد Dis : « Il est Allah, Unique12. Al-Ikhlaas:1

    101 الأعلى al-A’lâ { سَبِّحِ اسْمَ رَبِّكَ الأَعْلَى } Al–‘Aala:1

    102 الأكرم al-Akram { اقْرَأْ وَرَبُّكَ الأَكْرَمُ الذِي عَلمَ بِالْقَلَمِ } Al–‘alaq:3

    103 الإله al-Ilâh { وَإِلھُكُمْ إِله وَاحِدٌ لا إِله إِلا ھُوَ الرَّحْمَنُ الرَّحِیمُ } Et votre Divinité est une divinité unique. Pas de divinité à part lui 13 Al–Baqarah:163

    104 الجميل al-Jamîl إِنَّ اللَّه جَمِیلٌ یُحِبُّ الْجَمَالَ Allah est beau et aime la beauté 14,15 Muslim:91

    105 الجواد al-Jawâd (إن الله جواد یحب الجود ویحب معالي الأخلاق ویبغض سفسافھا) أخرجه البيهقي، عن طلحة بن عبيد الله، وأبو نعيم عن ابن عباس16

    106 الحافظ al-Hâfidh فَاللّهُ خَيْرٌ حَافِظاً وَهُوَ أَرْحَمُ الرَّاحِمِينَ Mais Allah est le meilleur gardien, et Il est Le plus Miséricordieux des miséricordieux 17 YUSEF:64

    107 الحفي al-Hafiyy سَأَسْتَغْفِرُ لَكَ رَبِّي إِنَّهُ كَانَ بِي حَفِيّاً J’implorerai mon Seigneur de te pardonner car Il a m’a toujours comblé de Ses bienfaits 18 Maryam 19:47.
    108 الحييّ al-Hayyiyy إِنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ حَلِيمٌ حَيِيٌّ سِتِّيرٌ يُحِبُّ الْحَيَاءَ وَالسَّتْرَ فَإِذَا اغْتَسَلَ أَحَدُكُمْ فَلْيَسْتَتِرْ Allah is forbearing, modest and concealing, and He loves modesty and concealment. When any one of you performs Ghusl, let him conceal himself.' » 19
    Sunanan-Nasa’i:406

    109 الخلاق al-Khallâq وَلَیْسَ الَّذِي خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالأرْضَ بِقَادِرٍ عَلَى أَنْ یَخْلُقَ مِثْلَھُمْ بَلَى وَھُوَ الْخَلاقُ الْعَلِیمُ Celui qui a créé les cieux et la terre ne sera-t-Il pas capable de créer leur pareil ? Oh que si ! et Il est le grand Créateur, l’Omniscient20. Ya-Sin 36:81

    110 الديان ad-Dayan { یَحْشُرُ اللَّه الْعِبَادَ فَیُنَادِیھِمْ بِصَوْتٍ یَسْمَعُه مَنْ بَعُدَ كَمَا یَسْمَعُه مَنْ قَرُبَ ، أَنَا الْمَلِكُ أَنَا الدَّیَّانُ } bukhari:bookof tawheed: explanationof thestatement ofAllah: 6/2719

    111 الرازق ar-Raziq { …إِنَّ اللَّه ھُوَ الْمُسَعِّرُ الْقَابِضُ الْبَاسِطُ الرَّازِقُ …} Allah is the one Who fixes prices, Who withholds, gives lavishly and provides21,
    AbuDawud:3451, at-Tirmidhee:1314, IbnMajah:2200

    112 الرب ar-Rabb Dieu nous éduque, éduque nos corps, nous-mêmes, et nos esprits22
    { سَلامٌ قَوْلاً مِنْ رَبٍّ رَحِیمٍ } « Salam » [paix et salut] ! Parole de la part d’un Seigneur Très Miséricordieux23.,
    Ya-Sin 36:58

    113 الرفيق ar-Rafîq { یَا عَائِشَةُ إِنَّ اللهَ رَفِیقٌ یُحِبُّ الرِّفْقَ Muslim: bookofpiety, good relations andgood manners: 4/2003

    114 السبوح as-Subboûh (سُبُّوحٌ قُدوُّسٌ رَبُّ الْمَلاَئِكَةِ وَالرُّوحِ) SaheehMuslim: bookof prayers(chapterof what tosay in rukuu and sujud:1/353:487

    115 الستير as-Sitîr Celui Qui cache, qui ne déshonore pas, Qui ne scandalise pas 24
    إِنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ حَلِيمٌ حَيِيٌّ سِتِّيرٌ يُحِبُّ الْحَيَاءَ وَالسَّتْرَ فَإِذَا اغْتَسَلَ أَحَدُكُمْ فَلْيَسْتَتِرْ Allah is forbearing, modest and concealing, and He loves modesty and concealment. When any one of you performs Ghusl, let him conceal himself.' » 19 Sunanan-Nasa’i406

    116 السيد as-Sayyid السَّیِّدُ الله The lord is Allah 25,26 SaheehAbuDaawud:4806

    117 الشافي ash-Shâfî اللَّهُمَّ رَبَّ النَّاسِ مُذْهِبَ الْبَاسِ اشْفِ أَنْتَ الشَّافِي لاَ شَافِيَ إِلاَّ أَنْتَ، شِفَاءً لاَ يُغَادِرُ سَقَمًا « O Allah! The Lord of the people, the Remover of trouble! (Please) cure (Heal) (this patient), for You are the Healer. None brings about healing but You; a healing that will leave behind no ailment. » 27
    Bukhari: bookof medicine: 5/2147

    118 الشاكر ash-Shâkir (وَمَنْ تَطَوَّعَ خَیْراً فَإِنَّ اللَّه شَاكِرٌ عَلِیمٌ) Et quiconque fait de son propre gré une bonne œuvre, alors Allah est Reconnaissant, Omniscient28. Al–Baqarah:158

    119 الطيب at-Tayyib { أَیُّھَا النَّاسُ إِنَّ اللهَ طَیِّبٌ لاَ یَقْبَلُ إِلاَّ طَیِّبًا } Allah est bon et n’accepte que ce qui est bon 15 SaheehMuslim: ThebookofZakaat: 2/703:1015

    120 العالم al-‘Aalim ثُمَّ تُرَدُّونَ إِلَى عَالِمِ الْغَيْبِ وَالشَّهَادَةِ فَيُنَبِّئُكُم بِمَا كُنتُمْ تَعْمَلُونَ Puis vous serez ramenés vers Celui qui connaît bien l’invisible et le visible, et alors, Il vous informera de ce que vous faisiez29. At-tuba :94

    121 القاهر al-Qâhir Le Dominateur Suprême, Gloire à Lui, Celui qui dompte sur toutes les créatures. Il est Supérieur dans Sa domination et Son pouvoir30, (وَھُوَ القَاھِرُ فَوْقَ عِبَادِهِ وَھُوَ الحَكِیمُ الخَبِیرُ) Al–An’aam:18

    122 القدير al-Qadîr إِنَّ اللّهَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ car Allah est, certes Omnipotent31. Al-bakara:148

    123 القريب al-Qarîb (فَاسْتَغْفِرُوهُ ثُمَّ تُوبُوا إِلَیْه إِنَّ رَبِّي قَرِیبٌ مُجِیبٌ) Mon Seigneur est bien proche et Il répond toujours (aux appels) »32. Hud:61

    124 المالك al-Mâlik « ‏ إِنَّ أَخْنَعَ اسْمٍ عِنْدَ اللَّهِ رَجُلٌ تَسَمَّى مَلِكَ الأَمْلاَكِ، لاَ مَالِكَ إِلاَّ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ ‏ » There is no king but Allah, the Exalted and Glorious33.
    Muslim: bookof Manners andEtiquette, TheProhibition OfThe Names MalikAl-Amlak OrMalik Al-Muluk 5338

    125 المبين al-Mubîn (يَوْمَئِذٍ يُوَفِّيهِمُ اللهُ دِينَهُمُ الحَقَّ وَيَعْلَمُونَ أَنَّ اللهَ هُوَ الحَقُّ المُبِينُ) et ils sauront que c’est Allah qui est le Vrai de toute évidence34.
    An-nur 24:25

    126 المحسن al-Muhsin (إذا حكمتم فاعدلوا وإذا قتلتم فأحسنوا، فإن الله عز وجل محسن 35
    Tabaraani in majmu’ kabeer: viewfrom hadeeth 7114to7123,and Musannaf Abdul-razzaq 4/492.

    127 المحيط al-Muhît Celui qui englobe toutes Ses créatures par Sa puissance et englobe toute chose par Sa science واللّهُ مُحِيطٌ بِالْكافِرِينَ et Allah encercle de tous côtés les infidèles36.
    Al-Bakara:19

    128 المسعَّر al-Mosa’îr { …إِنَّ اللَّه ھُوَ الْمُسَعِّرُ الْقَابِضُ الْبَاسِطُ الرَّازِقُ …} Indeed Allah is Al-Musa’ir, Al-Qabid, Al-Basir, Ar-Razzaq37.
    AbuDawud:3451, at-Tirmidhee:1314, IbnMajah:2200

    129 المعطي al-Mu’tî {مَنْ یُرِدِ اللهُ بِه خَیْرًا یُفَقِّھْه في الدِّینِ، وَاللهُ الْمُعْطِي 35
    Bukhari: bookof One-fifthof Booty tothe Causeof Allah(Khumus) :3/1143

    130 المليك al-Malîk (إِنَّ الْمُتَّقِینَ فِي جَنَّاتٍ وَنَھَرٍ فِي مَقْعَدِ صِدْقٍ عِنْدَ مَلِیكٍ مُقْتَدِر) Les pieux seront dans des Jardins et parmi des ruisseaux, dans un séjour de vérité, auprès d’un Souverain Omnipotent38.
    Al–Qamar:55

    131 المنان al-Mannân (اللَّھُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ بِأَنَّ لَكَ الْحَمْدَ لاَ إِلَه إِلاَّ أَنْتَ الْمَنَّانُ O Allah, I ask Thee by virtue of the fact that praise is due to Thee, there is no deity but Thou, Who showest favour and beneficence39, SaheehAbudaawud 1495

    132 المولى al-Mawlâ (وَإِنْ تَوَلَّوْا فَاعْلَمُوا أَنَّ اللَّه مَوْلاكُمْ نِعْمَ الْمَوْلَى وَنِعْمَ النَّصِیرُ) Et s’ils tournent le dos, sachez alors qu’Allah est votre Maître. Quel excellent Maître et quel excellent Protecteur40 !
    Al-Anfal:40

    133 النصير an-Nasîr (وَإِنْ تَوَلَّوْا فَاعْلَمُوا أَنَّ اللَّه مَوْلاكُمْ نِعْمَ الْمَوْلَى وَنِعْمَ النَّصِیرُ) Et s’ils tournent le dos, sachez alors qu’Allah est votre Maître. Quel excellent Maître et quel excellent Protecteur40 !
    Al-Anfal:40

    134 الوتر al-Witr وَھْوَ وَتْرٌ یُحِبُّ الْوَتْرَ and Allah is witr (one) and loves ‘the witr’ (i.e., odd numbers)41.
    Al-Bukhari:6047

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